HAÏSSAIS
larges par le bas, el une courroie de poilrail empêche la selle de glisser vers la croupe ; les branches du mors sont généralement représentées droites. La tête est habillée du dessus de tête, du frontal, de la sous-gorge, des têtières et de la muserolle. Les Normands des x'^ et xi" siècles étaient de terribles écuyers, battant sans cesse la campagne. C'est grâce à leur activité prodigieuse, à leur vigilance, que Guillaume put étendre et garder sa conquête. Plus lard, nous voyons ces mêmes cavaliers normands, en petit nombre, s'emparer de la Pouille, de la Sicile ; et cependant cette île ne man-
quait pas, pour la garder, de ces cavaliers arabes, excellents écuyers en tout temps. Il est donc difficile de faire croire que ces gens-là ne sussent pas monter à cheval et tirer de leurs montures tout le parti possible, que les bêtes ne fussent pas habillées de la manière la plus favorable au développement de leurs belles qualités. Cheval mal harnaché, si bon que soit le cavalier, ne fait pas un long service.
Des monuments français du commencement du xn^ siècle nous montrent fré(iuemment des selles sans bâtes, composées simplement d'une sorte de couverture (tig. 2 '). Dans cet exemple, une large courroie de poilrail empêche la selle de ghsser sur la croupe. Celte précaution était d'autant plus utile, que le cavalier se tenait droit sur les étriers, le plus souvent dans une position presque verticale el porté sur les épaules du cheval. La selle mordait plus sur le garrot qu'elle ne le fait aujourd'hui, et tendait par conséquent à glisser
' rragiiu'iil (1 lui cliaiàluaii du i.iurlic de Iri^lisc ahhaliak' (IcWv.clay (11,'JU uuvirouj.
— 433 — [ HAII.XAIS ]
vers les rognons; il fallait se maintenir en avant. Cotte habitiuie venait de l'usage de la lance, qui obligeait le cavalier à se tenir en avant le plus possible, afin de parer au choc. Dans la figure il, les étriers sont évidemment attachés aux élrivières perpendiculairement aux pieds, mais cela ne paraît pas général. On dut bien vite i-econnaître que les éliivières ainsi placées parallèlement froissaient les tibias du cavalier, après quelques heures de marche.
La ligure 3 ' donne le harnais civil d'un cheval de selle pendant les premières années du mh" siècle. Sous la selle, doid les (|uarliers sont noirs, est une couverture à pentes découpées. coubMir mairuii.
' Mail user. r>ililiolli. iiiilioii.. l'snKcr., laliii.
Les bâtes se délacliciU des arçons et paraissent être de bois recouvert de peau peinte en jaune, avec clous blancs. La bâte de garrot A et celle de derrière B (la cuiller) sont ajourées en a. En C, la cuiller est représentée vue de baut en bas, en perspective. La tête du cheval
est babillée comme dans le précédent exemple. Les brandies du mors sont légèrement recourbées. La selle est munie d'une courroie de poitrail avec support, et les éti-iers sont circulaires, attachés, comme on les attache aujourd'hui, dans le plan des étrivières.
Il se fit, pendant le cours du \uf siècle, des modifications importantes aux harnais civils. Tantôt on donna beaucoup d'importance à la bâte de garrot D, on la garnit de garde-cuisses ; on serra plus ou moins la bâte de derrière E ; on supprima parfois totalement la bâte de devant, en ne conservant que la cuiller (Cig. 4*). Dans cet
i Mauuscr. l'.ibliolh. iialiou , Uistoiie de la vie et des )niiac'es de suint Louis (1300 ciiviroiiV (".lu'Viil (le seri,'eiit iiiassicr iidii aniu', suiv:iut le roi.
— -i'^S — [ nAU>AIS ]
exemple, La bâte de derrière est très-f(;rméc, force le cavalier à se tenir sur ses reins. Cependant, lorsque ce cavalier chevauchait et ne chargeait pas, il tenait les jambes tendues en avant, suivant la ligne ab. La selle est ici retenue non-seulement par la sangle et la courroie de poitrail, mais par une combinaison de courroies formant large croupière. Elle était donc parfaitement fixée sur les reins de la
bête, et le cavalier, bien assis, ne faisait qu'un avec sa monture. En A, nous donnons une des bossettes '. Avant cette époque, vers 1240, nous voyons même des chevaux portant des selles sans bâtes (fig. 5 -). Ce harnais civil ne consiste qu'en une couverture de peau, probablement, retenue par une sangle, une large courroie de poitrail et une croupière en façon de réseau. Les élriers ne sont point indiqués. La couverture, coupée carrément sur les rognons, s'avance en pointe sur le garrot, de manière à le couvrir entièrement.
Mais Tusage des bâtes paraît reprendre, sauf de rares exceptions, au commencement du xiv" siècle, aussi bien pour les harnais civils que pour les harnais militaires. Ces bâtes prennent les cuisses du cavaiiei' comme dans une tenaille ouverte, et sont tellement fci inées, que, pour se mettre en selle, il fallait introduire la cuisse de champ entre leurs branches (fig. 6 •'). La" selle est ici maintenue par la sangle, la courroie de poitrail et une croupière combinée. Les bâtes, représentées
' Moilic (i"(3\('('iili()ii ; aiiiioy('i' do rc'cii de Krancc sur c'.Mini) de gueules (cabincl de l'aiilciir). C'csl la liusscUc de lrli(!rc H.
- Poi'Iail do la calhcdruli! do lioiins, purlc de droite, sur l'un des jandtagcs; irpivsculalion des Vices, r()i-i,'ueil.
^ IHanuscr. 15ii)liotli. nation.. />■ Linr du loij Moiius (l.'JiO à KJuO),
en perspective de haut en bas en A, forment un cercle ne laissant, entre les branches de la bâte de garrot et celles de la cuiller, que jiisie la place pour introduire les cuisses, qui sont ainsi maintenues
^""""^nir^^i
rigoureusement. Les quartiers de la selle sont échancrés, ne forment pas de ces angles aigus ou droits qui se retroussent facilement et peuvent blesser !e cavalier au-dessus des genoux.
Ces sortes de selles étaient très-difficiles à établir solidement ; il fallait les armer d'équerres de fer pour maintenir les bâtes hautes sur les arçons et les bandes ; dès lors, elles étaient lourdes : aussi chercha-t-on, pour les harnais civils, à alléger ces accessoires, et, vers la lin du xiv= siècle, on en était venu aux garrots en façon de garde-
— 437 — r IIAHNAIS J
cuisses très-bas, et aux cuillers étroites et beaucoup moins recourbées (fig. 7'). Le garrot a se prolonge jusqu'au-dessus des genoux du cavalier par une courbure adoucie ; le troussequin b, en forme de spatule, enveloppe le bas des reins et est planté verticalement sur la
selle ; les gardes ne descendent qu'à la liaiiteur des genoux. Dans le tracé perspectif A, on voit une croupière combinée avec pentes longues terminées par des besanis dont le poids empécbe cette croupière de sursauter. En B, outre les rênes tixées à l'extrémité des branches du mors, celui-ci es(. muni d'une bride, que l'on ne voit guère adoptée avant le milieu du xiv° siècle-. Cette bride ainsi (|ue la coui-rnie
' Mamiscr. r.ihliolli. nation., Livre de chasse da Oaston IMnvlnis (lin dn xiv"" sircle). - Voyez, pour la description délaillée des mors cl (!>lricrs, les Haiinais milita mi es. ,
de poitrail el la croupière sont ornées de lambrequins qui donnent du poids à ces accessoires, et contribuent à les maintenir à leur place. Alors les étriers sont triangulaires ou en ogive, les sangles sont fortes et bordées. Ces sortes de selles étaient garnies de cuir peint en rouge, en noir, en brun.
INous arrivons à l'époque où les harnais civils sont façonnés avec un luxe croissant. C'est aussi à dater de ce temps que les femmes cessent de monter à cheval comme les hommes, bien que dès le xn'' siècle des amazones soient représentées assises à la gauche de la monture : mais ce n'est pas la règle commune ; tandis qu'à dater du xV siècle, on ne voit plus d'écuyères enfourcher la haquenée. On donnait aux selles spécialement destinées aux femmes le nom de sambiies :
« Onques tresto lou jor uc montai au sainbuei. »
Il s'agit d'une demoiselle. La sambue était plutôt une couverture qu'une selle, sur laquelle s'asseyaient les femmes, les jambes pendantes sur le flanc gauche de la selle. Les écuyères ainsi placées, leur monture était dirigée par un homme qui, à pied ou même à cheval, tenait la bride.
Idoine, revenant de Rome à Lucques, est ainsi guidée par un vieux chevalier :
<■ Par la ricc rcsue la lient « .1. vins chevaliers qui la guie; " Car mult souvent ot en haillie « Teus gens les daines a guier, " Et a conduire et a mener-. "
Le nom de sambue est aussi donné à la couverture d'étolîe posée sons les quartiers de la selle des hommes •':
i< .V pallet'roit. vient si fauselle; " Le poitral laice et met le frein '► i< Et la sambue et le lorain^
' Floovant, chanson de geste, vers IT/Ii (xiiie siècle). - Li Romans d'Amndns et Idoinf, vers 4631 et suiv. (xiiF siècle;. ^ Certains chars et litières recouverts d'étotîe, spécialement réservés aux t'emmes, sont appelés sambices.
^ Le « nmrs ».
» Les « relies »,
« Qui valloit .1. riclie tirsor.
« Car toz csloit d'argeut et d'or :
« Nés les clochètes ki pandoient; " Qui ('Icrenicut rotantissoientl. >
Vers la lin du xiv^ siècle, on se servait aussi de selles garnies seulement d'une bàle large et peu élevée à l'arrière, sans aucune saillie au garrot (lig. 8 -). Ces sortes de selles étaient réservées aux pro-
menades. Elles étaient légères, les quartiers étaient piqués, et convenaient aux roussins, chevaux un peu épais, durs à la fatigue, de moyenne taille, à l'allure calme. Ces sortes de selles étaient garnies d'élolïes et non de peau.
Au commencement du xv° siècle , apparaissent des selles avec garrot peu élevé et troussequin renversé à la manière de nos selles anglaises (fig. 9 '■'), garnis de cuir avec clous. Ces sortes de selles ne paraissent [las avoir été fréiiuemmenl en usage. Les cavaliers
' l'Alrails du Dotopalhus d'ilcrhi'rs (xin'' siècle)
■ Mauuscr. r>il)lioUi. nation., Haytou, Histoire de la terre d'Orient, français (l.'J'JO).
' Mauuscr. liihliolii. \\AVu)n., Lmice'ot du Luc, IVaui;.. vignettes de; t'aclure italienne.
[ HAKNAIS ] — 440 —
avaient riiabilude des lrousse{|uins élevés et ne devaient pas se sentir bien assis sur ce plan fuyant vers rarrière-main. Elles ne convenaient qu'aux chevaux aux allures tranquilles, pour chevaucher au petit trot ou au pas. Pour une allure précipitée, la selle à troussequin dérobé ne convient qu'à la condition de porter le corps en avant et de monter à l'anglaise. Or, à cette époque, le cavalier était toujours sur ses reins, et avait besoin, pendant une allure vive, de sentir la cuiller de la selle, pour ne pas perdre les élriers.
On observera que les troussequins, les cuillers, sont toujours échancrés à leur base. Gela était fait pour laisser aux vêtements longs la place nécessaire qui permettait aux plis de tomber des deux côtés de la selle. Les hommes portaient alors des cottes dont la jupe descendait au moins à la hauteur des genoux. Il ne fallait pas que les bâtes fermées fissent plisser ces jupes sous le bas des reins du cavalier, ce qui eût été fort gênant; on les échancrait, et ainsi les jupes n'amassaient pas leurs plis en dedans de la selle.
On prisait foi1, pendant le moyen âge, les chevaux de sang et on les payait cher; on en prenait grand soin, on les aimait. Les romans sont pleins de détails relatifs aux qualités des chevaux. Leurs maîtres ont pour eux une sorte de tendresse ; ils les pleurent s'ils les per-
I IIAIO.US ]
dent ; ils leur parlent, leur racontent les peines qu'ils endurent, les plaignent s'ils les sentent fatigués. Il y a sur ce sujet des passages touchants. Ces chevaux étaient dressés avec soin, et quand un cheval paraissait avoir des qualités peu communes, les gentilshommes essayaient de tous les moyens pour se le procurer. Un pas.sage du Roman dAmadas et Idoine ' peint ainsi vivement le désir du héros de posséder un beau cheval qu'il voit passer dans la rue :
Qui bieu .(',. livres u plus vaut.
Endroit niiedi, por le caut.
Le menoit .1. vallès baiguier.
Quaut Ainadas voit le destrier,
Mult le convoite en son corage.
L'ostes-, qui ot le cuer niult sage,
Aperçoit bien sou samblant'*
Et a cou qu'il l'esgarde tant,
Que mult le convoite Aniadas.
A haute vois, isuel le pas,
Le vallet au borjois apele,
Et cil guencit'* la resne bêle,
Le boa ceval droit vers lui guie^.
Mais au veuir par cortoisie
Les jambes oevre .1. seul petit.
Et li destriers, selouc l'escrit,
Se lance avant comme .1. quariaus •"',
Voit le Amadas, mult li est biaus.
Mult le loe et dist mult vaut. »
Plus lard notre héros, qui est en quête de chevaux pour se rendre à un tournoi :
■I C'un palefroi revit passer
>. Qui bien faisoit a regarder,
(c {'.-Aï il n'estoit mie tondus ",
■< Aius ers trop cointemeut crenus,
« Graus erl et biaus ; ce m'est avis
« N'ot si bel (ui trente pais,
« De cors, de uicmbres, ne de teste.
« Ne quic uus lioiu si geutc besle,
' l'ulil. par M. Hippcau, vers -5139 et suiv. 2 L'liiit(3 d'Amadas.
^ « bou désir " .
* « Détourne >•.
'■' •< Dirige -".
i"' » Mais, jiar courtoisie, le valet ouvre légèrement les genoux, et le cheval. Iiicu dressé, part comme un(! Ilèclu! pour venir près li'Amadas. >- ' u 11 était il tous crins. ^
« Ne qui iniv; doio avoir bon los <c Dcboutô ; i]ii(! iiiult a le dos Il Cambre k niosurc, pour porter Il La sele à droit sans remuer ; « Costes et flans, crupe à raison « Large et Ice, sans niesprisou ; " Ample narine, les cels gros ; « Nés ert de Gale et du sour os « De blancheur resanbloit ermine.
« En jiourtraiture, n'en cortine, « N'en fu aine nus de sa biauté ' ; « Si vous di bien de vérité.
« Viste ciere ot, comme l'orguel.
Il loi en arcie et large entroel -.
Il La rue fait toute frémir « Et des cailliaus le fu salir , II Tant par va tost à desniesure, Il Si bel, si souef d'ambléure, i< (Vautres cevaus pas ne peiisl.
<i Si aler, ne si fais ne fust. »
Amadas voit ce cheval, et le convoite à part lui pour le donner à son amie; son hôte devine son désir, fait amener le cheval chez lui, l'achète et le fait richement harnacher.
Nous pourrions accumuler les citations de cette nature, qui montrent comhien on appréciait alors les qualités du cheval, combien les écuyers étaient amateurs de belles bêtes, et comme on cultivait l'art de les bien monter et de les habiller à souhait.
Les femmes, pour voyager, montaient le plus souvent des mules, qui étaient fort estimées et qu'on se plaisait à harnacher richement.
Nous avons dit que dès le commencement du xv= siècle les dames abandonnèrent l'usage d'enfourcher les chevaux, assez général jusqu'alors chez le beau sexe.
Les selles de femme sont disposées à peu près comme les nôtres (fig. 10 ^), avec une fourche sur le garrot pour maintenir la jambe droite, pliée habituellement; une longue couverture est posée sous la selle pour empêcher les jupes de l'amazone d'être gâtées au contact de la sueur de la bête. Précaution qui n'était pas inutile dans les longues chevauchées.
Les écuyers, vers 1440, se servaient souvent, pour les courses ([ui n'avaient pas un caractère militaire, de selles avec hauts trousse-
' Il On n'en voyait pas de plus beau en peinture et tapisserie. "
- Il II avait le regard lier comme l'orgueil, l'œil arqué, et large frout. »
'•'• Manuscr. liiblioLli. nation., Luncelot du Lac, franc;, (commeneemeul du xv siècle).
quins, sans bâtes de garrot (lî g. il '). Tout ce harnais est bleu et or ; le dehors du troussequin est noir. C'était d'un beau luxe d'avoir alors le harnais de même couleur que l'habillement du cavalier. Et, en
eiïei, le gentilhomme qui monte ce cheval est habillé de velours bleu. Il porte un surcot juste, suivant la mode du temps, avec collet montant du pourpoint et manches de dessous cramoisis ; son chapel est aussi de velours bleu, et trois tours d'une Une chaîne d'or tombent sur le dos et la poitrine ; son haut-de-chausses est vert, avec houseaux noirs à revers fauve. Les passe -poils du surcot sont d'or; la selle est couverte de velours bleu avec dehors du troussequin noir; l'ornement du poitrail, de la croupière, ainsi que la pente de la bride, sont de même de velours bleu, avec clous et (loches d'or. En A, est une variété du troussequin. Celui B est sim-
' Miiiiiisci'. lîitiliolli. ivaUiiu., (ifitirt (/e Nevers,
plement droit au faîte, avec embase inclinée. Les vêlements des hommes étaient alors très-courts, il n'était pas nécessaire d'échancrer le troussequin. Vers la seconde moitié du xv" siècle, la richesse
des harnais ne tlt que se développer. Nous donnons (fig. 12 ') Tun de ces habillements de montures pour les chevauchées de la paix. La selle est munie d'une bâte de garrot élevée (voy. en A). Le troussequin B se renverse un peu en avant et est en forme de large cuiller, légèrement échancrée à la base.
La croupière est maintenue en place à l'aide d'un jeu de courroies d'un brillant elfet, avec orfèvrerie et floches de soie. La bride ainsi que la courroie de poitrail sont également ornées de floches et d'orfèvrerie. L'habillement de tête est particulier : la muserolle n'est pas bridée sur les naseaux de la bête, mais est composée de deux courroies se croisant entre les yeux , passant derrière les
' Mainiscr. l'.ihlioUi. nution., Quhite-Curce, français, (l.'dir- à (',li;irlcs le Témérmre.
445 — L "AUNAis ]
oreilles et venant se rattacher aux bosseltes du frontal. La figure 13 explique clairement ce genre de bride '. Sur la selle est posée une
couverture .lui y demeurait lixée, et descendait sur les quartiers jusqu\à l'attache des étriers. Ainsi le bas des quartiers no pouvail-.l froisser le dedans des mollets du cavalier.
^ Voyoz. pour la desmption ,h's diverses i>:.rli.s ,!,■ la hri.l. H à. n.ors. rarlirle Harnais, daus la partie des Aumks.
Vers la (in du \v« siècle, les guerres entreprises en Italie eui'ent une influence sur la manière de liarnacher les chevaux de selle. Les harnais de l'Italie du nord étaient en grande estime à cette époque, aussi bien que les armes défensives. Ces objets se recommandaient
non-seulemenl par leurs richesses, mais aussi par leur belle exécution. Les selles notamment étaient fort recherchées par les gentilshommes français : larges, bien assises sur les reins de la monture, garnies d'un épais Iroussequin rembourré en dedans et qui enveloppait exactement le bas des hanches du cavalier, elles possédaient une bâte de garrot en ogive, descendant à la hauteur des genoux verticalement (tig. 14). Cette forme de selles était d'ailleurs aussi bien adaptée à l'usage civil qu'à la guerre ', mais dans ce dernier cas le troussequin et le garrot étaient garnis de fer. Les Italiens fabriquaient
' Voyez la sLaluc de ('.hUcdiic a Venise (plaee de Saiut-Jeau el Sainl-l'aulj.
aussi des selles plus légères eL qui convenaient mieux aux chevauchées de plaisance ((ig. lo), avec garrot en forme de spatule large et troussequin très-recourhé et échancré à la base. Cette jolie selle
PBB^"
date delà lin du xv° siècle; elle est entièrement composée de pièces d'ivoire avec légers filets délicatement perlés, et sculptures en plat relief représentant des personnages, des fleurs et ornements i. En A, est tracée la forme du troussequin par derrière, et en B la forme du garrot par devant. Cet exemple n'est pas le seul présentant des sujets sculptés sur le siège même de la selle.
La collection des armes du château de Pierrefonds possède une très-jolie selle de fabrication française, de bois de poirier, qui date de la tin du xv^ siècle, et qui est entièrement couverte de sculptures en plat relief (tig. 16). Le troussequin, divisé en deux lobes, est renversé, et l'extrémité supérieure du garrot se termine par deux disques inclinés qui retiennent les rênes dans le cas où le cavalier les abandonne. Ces sculptures, dans ces deux exemples, sont trop plates pour olîenscr les cuisses du cavalier, en supposant celui-ci vêtu d'un haut-de-chausses de peau. Ce sont des gravures très-
1 MusL'C nalioliiil a Kloi'eiue.
[ iiAU?<Ais ] — 448 —
légèremcnl modelées, qui ne pouvaient qu'empêcher récuyer de glisser.
Les gentilshommes, pendant le moyen âge, et particulièrement depuis la iin du mv^ siècle, dépensaient des sommes folles en har-
iS
nais. Olivier de la Marche nous a laissé des descriptions de ces équipages qui dépassent en richesse tout ce que l'on peut imaginer. C'était surtout dans les fêtes, les joutes, les tournois, que l'on déployait un luxe prodigieux de harnais. Nous nous sommes simplement attaché, dans cet article, à faire connaître les dispositions
— 449 — [ IIEIHES ]
adoptées dans riiabillement des montures et les formes successives des harnais civils. Dans les articles Tournois, Joutes, el dans la
iG
partie des Ahmes, on trouve les renseignements qui coniplètcnl l'aperçu présenté ici.
HAUT -DE -CHAUSSES, s. m. Ce vêtement dérive des braies. C'est, dans l'origine, à proprement parler, un caleçon plus ou moins ample ou collant, attaché au-dessus des hanches, et qui ne descend au {)lus qu'aux genoux. Il n'est pas question de hauts-de-chausses avant la fin du xV^ siècle, et à l'article Bkaies nous avons expliqué comment les hauts-de-chausses apparaissent.
HÉRIGAUT, s. m. — Voy. G.\iutE-coi5PS.
HEURES, s. 1'. Livr cont(!nant les prières (ju'on lisait iiciiilant les ullices ou lorsqu'on voulait faire acte de dévotion.
Dès le xni'' siècle, les dames avaient pour habiliule dt; porlcr en maintes occasions un livre d'heures sur elles, enfermé en un sachet richement brodé el orné de perles et de pierreries. Cri
[ iiEi:itEs 1 — 4o0 —
objet de dévolion devint un appendice de parure. Les bourgeoises elles-mêmes, quand elles sortaient pour aller en ville, attachaient à leur bras ce sachet contenant le livre d'heures. Ainsi paraissait-on sortir de l'église ou se disposer à s'y rendre ; et pour les femmes l'église était un des prétextes les plus fréquemment invoqués, lorsqu'elles voulaient pour quelques heures laisser là le logis. Ce sachet était fermé par une ganse coulant dans une coulisse. On passait la ganse au bras ou on l'attachait à la ceinture.
La ligure 1 ' nous montre un de ces sachets brodés, et la manière de le suspendre au bras. Souvent, ces sachets étaient très-longs, ce qui permettait d'y couler d'autres objets. Faits en forme de fourreau, leur extrémité antérieure entourait le bras (lîg. 2), ou était passée dans la ceinture, lorsque le vêlement comportait cet accessoire.
' Musco (ie Toulouse!, tombe d'une danie noble (lin du xni'" siècle).
— 4oi — I HEURES ]
L'exemple ligure 2 présente une jeune dame du commencement du xiv« siècle*. Elle est vêtue d'un bliaut par dessus la cotte et d'un chaperon.
Les heures étaient si bien considéi'ées, au xiv° siècle, comme un des accessoires indispensables à la toilette d'une femm.e de bonne maison, que le poêle Eustache Deschamps s'exprime ainsi à ce propos-.
' iMaiiuscr. liihliuUi. ii.'ilioii., le Miroir hisiuria/, IVaurais (1320 euvirou]. 2 {.c Miroir de riiariaga.
[ IIEUSE ] — 4o2 —
C'est le couseillei' qui parle, réclamant tout ce qui est indispensable à la femme pour qu'elle paraisse convenablement à la ville :
'1 Heures me fault de Nostrc-Daine, Cl Si comme il appartient k faine (1 Venue de noble paraige, « Qui soient de soutil ouvraige, '( D'oi" et d'azur, riehes et fointes, H Bien ordonnés et bien pointes, « De fin drap d'or très bien pouverles; « Et quant elles seront ouvertes, « Deux fermauk d'or qui fermeront.
u Qu'adonques ceuls qui les verront 'i Puissent partout dire et compter <i Qu'om ne ])uet plus belles porter. »
Cette habitude de porter les livres d'heures dans des sachets suspendus dura jusqu'à la fln du xv^ siècle.
Les liommes nobles se rendant à l'église faisaient porter leur livre par un page ; mais le plus souvent ils s'en passaient. Ce n'est qu'au xvii" siècle que l'on voit les gentilshommes, se piquant de dévotion, affecter de porter à la main ou dans leur poche un livre d'heures.
HEUSE, s. f. {home, housiau, linesel, œsse). « Heuses sont faites « pour soy garder de la boe et de froidure, quand l'on chemine « par pays, et pour soy garder de l'eauë *. » Il est question des heuses dès le xni* siècle : « Calceamentis militaribus, qua> vulgariter lieuses « dicuntur, seculariter, imo potius prodigaliter calceati et calca- « rati -. »
« Cil chamberlanc vont a li por servir, Il Vest le bliau et peliçon hermin, « Hueses tirées, espérons h or fin '. »
« Et pour ce meschief et pour l'enfermetei dou païs, là où il ne « pleut nulle foiz goûte d'yaue, nous vint la maladie de l'osl, qui « estoit tex que la chars de nos jambes sechoit toute, et li cuirs de « nos jambes devenoit tavelés de noir et de terre, aussi comme une « vieille heuse '*. »
A la fin du xi" siècle, on portait des heuses avec le vêtement mili-
1 Fécial, soiis le règne de Henri VI d'Angleterre : De officio heraldorum.
2 Mail). Paris, ann. 1247.
^ I.e Roman de Gnrùi.
* Hiat. de saint Louis, j ar ,1., sire de Joiuville, publ. par M. Nat. de Wailly.
[ HEUSt: ]
taire, et ces chaussures remontaient à une époque beaucoup plus ancienne (voyez, clans la partie des Armes, h l'article Armure, les figures 2 et 6). Les lieuses étaient des bottes plus ou moins hautes de tige et quelquefois agrafées latéralement et sur le tibia. Celles-Là étaient justes et se mettaient comme nos grandes guêtres. Souvent la tige se terminait par des revers.
Les piétons et les voyageurs à cheval portaient cette chaussure de cuir noir ou fauve, ou coloré en rouge ou en bleu. « Et Marcuflex « chaussa les heuses vermeilles, par l'aie et le conseil des autres " Grecs '. » Les pauvres gens ne portaient guère ces sortes de chaussures, qui étaient chères, et les remplaçaient par des jambières de peau non tannée, posées par-dessus les souliei's ; mais les gentilshommes et les bourgeois ne manquaient pas de mettre des heuses toutes les fois qu'il fallait cheminer dans la boue ou chevaucher.
En chasse, au xiv^ siècle, la noblesse portait des heuses très-bien combinées. Les unes (fig. 1) ne montaient qu'au-dessus des genoux,
' Villehardoiiin.
[ iiel:se ] — 454 —
avec retroussis serré, soit de peau légère ou de drap, qui empêchait la pluie de pénétrer dans la chaussure. Ces heuses étaient houclées latéralement du côté externe, seulement du dessous des genoux aux chevilles. Le pied et le genou étant fermés à demeure. Les autres (fig. 2) montaient jusqu'au milieu des cuisses, et étaient, des
genoux au cou-de-pied, agrafées latéralement. On voit en A comment se terminait l'agrafure sous le genou. En B, sont tracées les agrafes; a étant le bord interne du cuir des bielles et b le bord externe du cuir de recouvi-ement des agrafes cousues sous ce bord. On voit en c comment étaient cousues les bielles sur le cuir de l'autre partie. Les cuissots étant fermés jusques et y compris le dessous des genoux, on passait d'abord la jambe dans le canon /", puis le pied dans le soulier, sans difticullé, après quoi, on agrafait le recouvrement du libia. Les valets de chiens, les veneurs à pied, portaient des heuses
— 4oO — [ IIEISE ]
lacées (fin-. 3), laissant les genoux libres i. On portait aussi des lieuses faites comme nos bottes molles-. Vers le milieu du xv* siècle, les soudai'ds des compagnies franches, coureurs de grands chemins, gens à tout faire, élaient habilucllement chaussés de longues lieuses
qu'ils ne quittaient guère (lig. 4 '). Ces lieuses sont agrafées sur le tibia et le cou-de-pied, jusqu'à la hauteur des genoux; la partie qui couvre le bas de la cuisse est fermée. On y introduit la jambe d'abord en tirant sur les courroies, qui tombent le long des revers, puis on agrafe le bas. Ces chaussures devaient être excellentes pour la marche.
Dans un temps où les chemins n'étaient guère bons, où cependant
' Maiiuscr. Tîihlioth. nation., /e Livre de chasse de Gaston Phœbus (lin ilu xivc siècle). Ces trois exemples piovicnHcnl de ce manuserit. ■2 Voyez, à l'îirtii'lc Journade, la figure 2. 3 Maiiuscr. I!ihli<ilii. nation., Miroir /listuri'il, t'raurais (144(1 cnviriiii).
IIEUSE
l'habitude de voyager était familière à toutes les classes de la société, où la vie se passait en grande partie en plein air, on tenait fort à posséder des vêtements qui pussent garantir toutes les parties du corps, et principalement celles qui souffrent le plus des intempéries
et qui fatiguent; aussi, les habillements de jambes sont-ils, pendant le moyen âge, l'objet de précautions inliiiies. On portail, par exemple, des hauls-de-chausses, sortes de caleçons justes, qui descendaient à mi-cuisse, par-dessus lesquels on passait de longs bas-de-chausses recouvrant la partie inférieure des hauls-de-chausses, puis une seconde paire de bas-de-chausses plus épais, attachés au corset ou au pourpoint par des aiguillettes, puis des lieuses pour marcher dehors (lig. 5 •). C'est à dater de la seconde moitié du xiv siècle
' Mriiie iiuinusiTil.
— 457 — ' [ IIOQLETON ]
que Ton adopte ce mode de vèlir les jambes. La miniature d'après laquelle est faite la figure S montre, en A, le haul-de-chausses blanc ; on B, les bas-de-cliausses de dessous gris, puis les bas-de-chausses de dessus verts. Les beuses sont noires.
/L.a.aAùMjT.
Les élégants portaient, de 1440 à 1460, des bottes molles trèslongues, très-souples et dont les revers montaient au baut des cuisses (voyez, à l'article Corset, la figure 5). S'il fallait marcber dans la boue, on mettait par dessus ces heuses des patins à semelle de bois, altacbés par une courroie sur le cou-de-pied. Cet usage s'était conservé jusque vers le milieu du xvn"^ siècle. On donnait alors à ces patins le nom de galoches (voy. Chaussures). Il était une mode bizarre vers 1450, et qui consistait h. porter une botte fauve à l'une des deux jambes. Les Arrêts dUimour de Martial d'Auvergne font mention de cette étrange coutume. Il s'agit de dames qui réclament la faculté de porter une botte fauve à la jambe droite ou sénesli-c, ainsi que cela est pratiqué par les élégants. Les miniatures du manuscrit de Girart de Nevers, de la Bibliotliè(iue nationale, nous monli'cnt en effet un jeune gentiliiomme ainsi cliaussé *.
HOQUETON, s. m. {auijueton). Vêlement plutôt militaire que civil, à manclies courtes, assez amples, garni d'un capucbon, ol dont la
' Voici le litre du la vigncUc : << Do la gaigiire f|iie r.irart de Nevers lisl ii l'cii-
" couire de I.i/.iarl. coule de Foresl. » Les iiiinialures de ce maiiiisci'il duleiil de liid
cuviiou.
m. — uS
[ IIOQUETON ] — io8 —
jupe, fendue par devant, par derrière et latéralement, à la hauteur de Tentre-cuisses, descendait aux genoux. On portait le hoquelon pardessus rarmure. Le lioqueton appartenait à toutes les classes et même aux femmes :
« Mainte hele paieune vestue (ramiiiulou
« Vcissiés graot dol faire et erier a haut ton l. »
• Li rois fais as Ribaiis vc>tir les auqtietons -. »
Les nobles doublaient le lioqueton civil de fourrures et ornaient
l'extrémité des manches et le capuchon de passementeries ; quelque-
' La Conquête de Jérusalem, eh. V, vers 44oS (xiii^ siècle). ' Ibid. . ih. VI, vers 57G5.
— 4o9 — [ IlOQUETON '
fois môme le corps du vêtement était couvert de bandes horizontales brodées d'or ou de couleur.
La ligure 1 montre un hoqueton du commencement du xni» siècle '. (le boqueton primitif est simplement ouvert du liant eu bas
par devant, mais n'est fendu ni latéralement, ni par derrière. On passait ou Ton ne passait pas les mancbes, et, dans ce dernier cas, le vêtement était retenu autour du cou par un bouton ou une agi-afc Dans l'exemple ligure 1, le personnage a passé la manclie droite; ; la mancbe gauche tombe libre sur réi)aule. Le capuchon est doublé
' Minii.s.T. ISililiulli. nation , l'sahn., laliii (liOO à 1210}.
[ IlOQUETON ]
solidcmenl eL forme sur lu tète nue coiriïire épaisse et roiJe. Plus lard, vers le milieu du xiii" siècle, le lioqueton adopte une coupe qu'il ne perd plus jusqu'au moment où il disparaît pour faire place au surcol. La ligure 2 ' montre un genlilliomme vêtu du hoqueton civil,
doublé de fourrure. Alors les broderies ont disparu des manches et n'apparaissent plus que par bandes espacées dans la hauteur de la robe ; encore sont-elles rares.
Les hoquetons des gentilshommes étaient faits d'étoffe de soie épaisse et solide ; les plus ordinaires étaient coupés dans du drap
' Manuscr. nihlidlli. nation.. Romrm de In table ronde, français (1250 environ).
— 461 — [ IIOQLETOK ]
léger ou do la sei'gc. Ils sont toujours doublés, sinon de fourrure, au moins d'une étolTe légère et toujours claire. Le hoqueton que portaient les femmes ne ditîérait de celui des hommes que par la jupe, qui n'était pas fendue latéralement et qui descendait aux chevilles,
Les sergents d'armes portaient toujours le ho(iueton au \ni" siècle, soit en tenue civile, soit par-dessus l'armure. Ce hoqueton était aux armes du prince, et par-dessus on enfonrmnit encore le chaperon ((ig. 3 '). Sous le chaperon enfourmé on voit le capuchon du hoqueton hridé sui' le front du cavalier. Ce capuchon n'est pas toujours de la même couleur que le hoqueton. Dans cet exemple, il est rouge, tandis que le hoqueton est bleu glauque et le chaperon pourpre. Les chausses sont rouiies et les manches de la cotte de dessous
' Miinusrr. HiMiotli. nation., Hi.st. de Ut vie et îles inirncles de sninl. Louis, IVaiirîjis [l:)0() environ). Ce s(;rgent d'arnics suit le roi k clioval.
[ IIOL'PPELAiSDE ] — 462 —
roses. Ce sergent porte des gants blancs. Le lioqueton de la tin du ^ni' siècle était à peu près ajusté à la taille, ample au-dessus et audessous. On le passait comme on passe une chemise, car il n"claitpas fendu du haut en bas, comme le hoqueton primitif.
Ce n'est que vers la fin du xui" siècle que le capuchon du hoqueton diffère parfois de couleur avec le corps du vêtement. Avant celle époque le tout est taillé dans une étoffe de même nuance. On a donné aussi le nom de hoqueton à la dalmatique courte que portaient les hérauts d'armes.
La ligure 4 présente un de ces hérauts d'armes revêtu du hoqueton armoyé » d'or à l'aigle impériale de sable. Ses jambes sont armées de grèves et de genouillères, avec hauts-de-chausses rouges. Ce vêlement, traditionnel chez les hérauts d"armes, persiste jusqu'au xvf siècle.
HOUPPELANDE, s. f. Ce vêtement n'apparait que vers 43S0 ; il est très-usité jusqu'à la fin du règne de Charles VL On le retrouve encore plus lard, mais il prend alors 'des formes très-différentes 'de celles qu'il affectait primitivement. C'était un ample surtout ouvert par devant, possédant des manches larges, et habituellement décoré de broderies, de passementeries, doublé de fourrures et accompagné d'un chaperon. L'inventaire du trésor de Charles V mentionne un grand nombre de houppelandes : « Item une houppelande, « mantel et chapperon d'un veluiau azuré, fourré dermines et n'est '< point moucheté, et y a quatre boulons dor garniz de muglias - et « au bout de chacun bouton a une petite perle ^.. Item une houppc- « lande et un chapperon de mesmes ; de drap de soye vermeil à « feuilles en façon de coquilles, fourrez de menu vair ^ » Dans lès comptes de la seconde moitié du xiv° siècle, il est question de houppelandes bâtardes, de houppelandes longues, de houppelandes à micuisse, de houppelandes à chevaucher, de houppelandes descendant aux genoux ''. Bien que le chaperon fût assorti habituellement à la houppelande, il n'y tenait pas ; il était indépendant et s'enfourmail par dessus, dans les mauvais temps. Outre son ouverture de devant qui séparait le vêlement du collet au bas de la jupe, et permettait
' MauusiT. lîililiuUi. unliou. . Jus.'pliL', Hist. des Juifs, IVaurais (1 i70 eiivii'on).
- Muglias, sorte (r(''toffc piTcioiis •.
■' Mamiscr. r)ilili(ilh. nation., Inn-iit. du trésor de Char/es V, art. .']476.
i Art. 34S3.
'^ Voyez la Kotice !,ur les comptes de t'aryenten'e, \)nv M. UoiiiU d'Arcq, )i. xlvi.
(le le mellrc comme nous endossons nos pardessus, la houppelande était fendue à droite et à gauche latéralement, jusqu au-dessous des hanches. La ligure 1 donne la forme pi-emière de la houppelande '. Le collet de la houppelande serrait exactement le cou et était houtonné sur le devant. Ces houtons descendaient jusiiu'au nomhril. Les
manches, liès-amples, tombaient sur les mains. Il fallait les retrousser pour dégager celles-ci. Portée d'abord sans ceinture, la houppelande, sous Charles VI, est serrée à la taille par une riche courroie ; son extrême ampleur gênait les mouvements, d'autant qu'alors les manches furent si prodigieusement larges, qu'il n'était plus possible de se mouvoir dans cet amas d'étoile épaisse et fourrée. Cotte
.Mauiiscr. liiblioUi. luilioii., Tile Lue, fraiiriiis, dédié au rui Jean.
lIOLiPPELAINDE
ceinture ne tenant pas à l'Iiabit. on la mettait ou on ne la mettait pas, à volonté. La liouppelande parée était la plus longue et tombait sur les pieds. C'était un liabit de ville, de chevauchée et de cérémonie, court ou long de jupe, riche ou simple, suivant l'occurrence. Ainsi, la ligure 2 ' nous montre un seigneur à genoux velu d'une houppelande parée sans ceinture ; l'habit est rouge , fourré
d'hermine. Le chaperon, posé sur l'épaule, est fait ici d'une autre étoile; il est vert. La fourrure forme un bourrelet au sommet du collet qui enveloppe exactement le bas du visage. Les manches sont d'une ampleur démesurée et, le personnage étant à genoux, traînent à terre. Un manuscrit de 1390 - fournit plusieurs exemples de ces houppelandes longues, considérées comme vêtement paré (lig. 3). Celle-ci est lilas, avec broderies d'or et fourrée d'hermine. Le chaperon de ce personnage est pourpre, avec un joyau sur le devant. A la ville, les gentilshommes portaient la houppelande de même
' Minusi'i'. lîiblioUi. ualioa., P/ve/'ei'. hitiii (13S() euviron'. - IJibliotli. iiiilii)ii.. Lancelot du Lac. frani;ais.
DICTIONNAIRE DU MOBILIER FRANÇAIS