‹ Dictionnaire synonymique de la langue françaiseChapitre 103 sur 253 · BARBARIE , CRUAUTÉ , FÉROCITÉ · texte numérisé non relu

BARBARIE , CRUAUTÉ , FÉROCITÉ

Barbarie, cruauté qui provient de l'ignorance, de la stupidité, de l'erreur, de la superstition , des préjugés , en un mot du défaut d'éducation , d'instruction et de lumières.

Cruauté , inclination naturelle qui porte à verser le sang, à déchirer des animaux vivans.

férocité, qualité des animaux sauvages qui se nourrissent de chair, qui attaquent ouvertement les autres animaux, et les dévorent en paraisssant jouir du plaisir de se rassasier de leur proie et de celui delà voir souffrir.

JBar^arîe ne se dit que des hommes et de Iciurs actions , car les animaux n'étant susceptililes ni d'ignorance , ni d'erreur , ni de superstition , ni de préjugés , ni d'éducation i ni d'instruction , ni <le lumièces , on ne saurait leur attribuer un défaut qui provient de l'absence de tont^ ces choses.

La cruaafé se dit proprement des animaux ; mais elle se dit aussi des hommes , lorsque , par une disposition natorclle , ils aiment , comme les animaux cruels, à verser le sang.

Ij». férocité se dit aussi des animaux et des hommes, c'est l'excès de la cruauté; c'est une espèce île fureur qui fait que les animaux attaquent l'homme et les animaux pour se rassasier de leur sang , et que l'homme attaque dans le même dessein tous Iqs autres ani.

maux. On peut dire proprement que l'homme est le plus yèVocc de tous les anîmanx.

L'homme barbare outrage les mœurs, et se livre en aveugle à son funeste penchant; Vhommv • crnél n'éprouve aucun sentiment d'humanité et de commisération; l'honune féroce est emporté par le désir indomptable dé faire souffrit des «très vivans.

BARBARISME , SOLÉCISME. Ces deux n^ots marquent en général une faute contre la langue : yoiei en quoi ils di£Eèrent« Le bar^

BAR

harisme est nne locution étrangère; le ioUcisthe est nne faute contre la. construction d'une langue , faute que les naturels du pays peuvent faire par ignorance on par inadvertance , comme quand ils se trompent dans le genre des noms , od qu^ils font quelque faate contre la syntaxe de leur langue.

Le solécisme regarde le nombre et le genre des noms, comme quand on dit les emails an lieu des émaux ; les conjugaisons , A>nime si l'on disait il allait pour il alla ; la syntaxe , comme dans je n'ai point de l'argent , an liea de je n'ai point d'argent. ^

"Voltaire distingue des barbarismes de mots et des barbarismes de phrases : au parfait aa lieu de parfaitement ; éduquer pour élever , voilà des barbarismes de mots. Je crois de bien faire au lieu de je crois bien faire; encenser aux dieux pour encenser les dienx, voilà des barbarismes de phrase.

BARRE. V. Bawdk.

BARBON , VIEILLARD. Vieillard se dit de celui qui est parvenu au dernier terme de sa vie; ce mot se prend ordinairement en bonne part.

Barbon est un terme de dénigrement qui se dit de celui qui, à cause de son âge, n'est plus propre aux plaisirs de la jeunesse , on de celui qui blâme mal à propos les jeunes gens , qui est trop sévère à -leur égard.

BA.RBOUILLAGE, GRIFFONNAGE, ^«/v bouillage se dit d'une mauvaise écriture où les lettres et les mots sont confondus les uns dans les autres , d'un mauvais dessin , d'une mauvaise peinture où les traits et les couleurs sont tellement confondus , qu'on ne peut ni les distinguer , ni reconnaître ce qu'on a voulu leur faire signifier ou représenter. Cette écriture ^st un barbouillage que l'on ne peut pas lire. Ce dessin, ce tableau n'est qu'uA barbouillage.

Griffonnage ne se dit que d'une écriture dont les lettres sont mal formées, et que, par cette raison, on ne peut lire. que très diiUcilement.

BARGUIGNER, HÉSITER. Hésiter, c'est montrer de l'incertitude pour se décider à une chose, pour prendre un parti. Ce mot suppose dans l'esprit l'envie de faire une chose , et U crainte des inconvéniens qui peuvent en résulter.

Barguigner est un terme âinûlier qui iniH' que une hésitation minutieuse , et fojudée sac des raisons pea solides.

Celui qui examine sérieusement et qui voit de part et d'autre des avantages et deaincoor

BAfi

BAR

Teniens, hésite 9 diffère de se décider, ne se décide qaVvec crainte.

Lliomme faible, qui cède aisément anx illaslons qni le dominent toar à tonr, barguigne.

BARIOLER , CHAMARJ^ER. Ces deux mots signifient également peindre de différentes coalenrs, sans ordre, et d'une manière bizarre. Mais chamarrer se dit plnt6t d'une peinture de cette espèce faite sur des meubles on des vétemens ; et barioler , d'une peinture faite sur tontes sortes d'objets.

BAROQUE, BIZAARE. Baroque se dit des choses qui sont d'une irrégularité extraordi-p naire et désagréable. Bizarre se dit des choses qui s'éloignent du goût , de l'usage ordinaire. Baroque a plus de rapport à la forme des objets; bizarre en a davantage à la cause de l'irrégnlarité.

BAROMÈTRE , BAROSCOPE. Termes de physique. Le baroscope ne fait qu'indiquer ou faire voir les changemens du poids de l'atmosphère; le baromètre les mesure par des degrés ou divisions qui sont placés le iong du tuyau. Ainsi , ces degrés ou divisions font toute la différence du baromètre au baroscope. Au reste, il n'y a plus aujourd'hui de baroscope qui ne soit baromètre , et ces deux noms dési~ gnent absolument le même instrument.

BAROSCOPE. Y. Baromètre.

BARQUE, BATEAU. La barque est en général an petit bâtiment capable de porter snr les rivières , et même sur la mer , le long des

côtes.

Bateau , petit bâtiment moins grand que la harque^ dont on se sert snr la mer et sur les nvieres, mais particulièrement sur les rivières. 11 ne diffère de la barque qu'en ce qu'il est moins grand, «t qu'il est quelquefois couvert.

BARQUE, CHALOUPE. On se sert de la f^arquû sur la mer et sur les rivières, pour transporter des hommes et des niarchandises ; la chaloupe est un petit bâtiment léger qui *ert a communiquer en pleine mer de vaisseau * vaisseau « on des vaisseaux à la terre lorsqa onn'en est pas éloigné, et qu'on veut cependant se tenir an large. On s'en sert aussi pour ^« traversées.

Dans le cours àti voyage, la ahaloape se haie dans le vaisseau et s'embarque ; on la met a la mer dans les rades et lorsqu'on en a hesoin.

Î^RQUE, GALÈRE. La galère est plus grands que la barque et le bateau; c'est un l^atiment plat, long et étroit, bas de bord, et S^i va â rames et à voiles. Elle n'est employée ^au service des côtes , et tire peu d'eau.

BARQUE , NAVIRE. Si la barque est le plus

petit des batimens destinés à transporter des marchandises , le navire est le plus grand. Le mot navire se dit de tons les grands batimens qui servent soit à la guerre, soit au commerce; mais il se dit plus pârticuliéEement de ces derniers. On dit plus communément un vaisseau de guerre qu'un r^twire de guerre.

BARQUE, VAISSEAU. Ces deux mots diffèrent à peu près entre eux , conune barque et navire ; l'un est un des plus petits batimens que l'on emploie snr mer , et l'autre un des pins grands. Mais vaisseau, qui, comme navire , désigne les grands batimens flottans destinés à la guerre on au commerce , se dit plus particulièrement de ceux que l'on emploie à la guerre', et marque une grandeur plus considérable que celle du navire.

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