‹ Dictionnaire synonymique de la langue françaiseChapitre 102 sur 253 · BAN · texte numérisé non relu

BAN

prement condamner par antorîté de justice à sortir d*an État, d'une province, d'un ressort, etc.

Exiler se dit d'un ordre arbitraire de Tantorité qui enjoint à quelqu'un de sortir d'un État, d'une province, d'un district, d'une ville.

Les tribunaux qui bannissent veulent imprimer une sorte de honte à celui qu'ils ban-^ nissent; mais lorsque, dans les révolutions, les tribunaux bannissent pour opinion, la honte qu'ik veulent imprimer n'est pas toujours sanctionnée par la justice.

Exiler n'emporte pas l'idée du déshonneur, bannir la suppose toujours. '

^^ZTtTzîr n'exprime que l'idée de chasser d'un lieu; exiler sert aussi quelquefois à marquer le lieu où l'on est relégué. On bannit à perpétuité; on exile quelquefois un grand seigneur dans une de ses terres, ou dans une ville éloignée que l'on désigne.

On dit par extension bannir quelqu'un d'une société, d'une maison, pour dire l'en chasser , l'en éloigner, l'en exclure. Mais alors bannir n'est pas synonyme d'exiler, qui ne se dit point en ce sens. On ne dit pas exiler quelqu'un d'une société , d'une maison.

• BANNIR, DÉPORTER. Bannir, c'est, comme nous l'avons dit, chasser d'un pays par un jugement infamant.

Déporter, c'est transporter quelqu'un , par nn jugement, kors du pays, dans un Heu éloigné.

Ainsi bannir n'indique pas le, lieu où doit se rendre celui qui est condamné au bannissement, mais déporter indique ce lieu.

Dans les révolutions , on a souvent dit déporter, pour indiquer 1^ actes arbitraires d'un parti vainqueur qui faisait transporter dans des pays éloignés ceux du parti vaincu qu'ils craignaient ou qui leur déplaisaient.

Cette sorte de déportation n'emporte rien de déshonorant. La déportation n'est déshonorante que lorsqu'elle est la punition d'un crime , et la suite d'un jugement légal.

BANNISSEMENT. V. Bannir.

BANQUEROUTE, FAILLITE. Banqueroute , cessation de commerce pour cause d'insolvabilité feinte ou réelle.

Faillite, manque de paiement aux échéances, et déclaration dmsolvabiUté actuelle, en» demandant du temps.

Faire banqueroute, c'est fermer boutique, disparaître du commerce, y renoncer de gré on de force, faute de pouvoir payer.

Faire f milite, c'est manquer de payer aux échéances , se déclarer hors d'état de payer , et demander du temps.

La banqueroutâ exprime littéralement la cessation de commerce , par impossibitité réelle on simulée de payer. Lk faillite exprime la chute du commerce.

On se sert du mot banqueroute pour exprimer la banqueroute volontaire , fraudcdease et criminelle ; et du mot /aillite pour exprimer li faillite forcée, malheureuse, innocente.

BANQUET, FESTIN, REPAS. Repas est le terme général: il signifie tonte nourritare qu'on prend pour se sustenter. Les festins sont des repas somptueux; les banquets, des repas solennels, distingués par la haute qaa< lité des personnes qui les prennent.

À l'idée de festin est jointe celle de fête , de réjouissance. On donne des festins pour célébrer quelque événement important, pour témoigner solennellement à une personne de distinction la joie qu'on éprouve de quelque événement qui l'intéresse pour lui faire honneur , pour lui témoigner son amour , sa reconnaissance , etc. C'est ainsi que la ville de Paris donna dans plusieurs occasions impoiv tantes des festins à nos rois , comme après leur sacre, à l'occasion de leurs mariages, après leur rétablissement d'une maladie dangereuse, etc.

C'est ainsi que les grandes villes du royaume donnaient des festins à l'occasion de la paix, de la naissance d'un héritier présomptif de la couronne, du trône, ou de quelque autre événement de cette nature.

Ce sont ces sortes de repas qu'on appelle proprement festins. On disait autrefois des festins de noces, on ne dit plus aujourd'hui que repas de noces.

Banquet est un terme un peu vieux. Le banquet se distingue des repas et des festins, moins par la somptuosité et la magnii»cence que par l'éminente qualité .et la haute considération des personnes qui y assistent.

On appelle banquet des sept sage» un repas ou l'on dit que se trouvèrent les sept sages de la Grèce. En poésie on appeUe le banquet des dieux le repas où l'on supposait que les dieux se^ trouvaient avec Jupiter. En termes de dévotion on dit le banquet des élus. Les catholiques appellent 1» communion le ban' quet sacré.

Nous distinguons entre festin royal et baii' quet royal. Le festin royal est un festin ou le toi assiste ; le banquet royal est un repas ou assiste le roi et sa famille.

Les repas sont pour les particuliers. Il y des repas simples et des repas somptueux e magnifiques. Les festins sont pour les réjouissances publiques ; les banquets sent pour les princes et les rois.

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BAPTISER , ONDOYER. Termes de rcli- 1 consacré à rinfanterie. Atijonrd*hiii on dit gion chrétienne. Baptiser ^ c'est conférer le baraque pour l'ane et poar l'antre.

sacrement de baptême avec tonte les cérémonies ordonnées par l'Église.

Ondoyer, c'est jeter de l'eân sur la tête d'an o^nt an nom des trois personnes de la Trinité, en attendant la cérémonie dn baptême. Quoiqu'un enfant ondojri ait reçu l'essendeL du sacrement^ on dit anssi baptiser pour dire faire sur un enfant ondojré les cérémonies du baptême.

On ondoie ordinairement les 'Cnfans que Ton croit en danger de mort, dans la crainte qa'on n'ait pas de temps de les porter à l'église pour être baptisés.

Toute personne peut ondoyer; il n'y a qu'un prêtre qui puisse baptiser.

BAQUET, CUVIER. Le baquet est beaucoup plus petit que le ciwier, et les bords en sont beaucoup plus bas. On se sert de baqiiets dans un grand nombre d'arts et métiers; les cuviers serrent particulièrement à faire des lessives.

BARAGOUIN, BARAGOUINAGE. Le ba^ gouin se dit d'un langage corrompu qui est connu de. peu de gens; le baragouinage est une manière vicieuse de parler ou de prononcer une langue , de manière à n*être pas compris de ceux qui font usage de cette langue.

On appelle abusivement baragouin les langues qu'on ne comprend pas et qui n'ont aucun rapport avec la langue française. Les Français disent quelquefois le baragouin des Allemands.

BARAGOUINAGE. V. Baragouik.

BARAQUE, CABANE. La baraque est ordinairement faite de planches; la cabane est faite de planches et de branches d'arbres ou en partie de maçonnerie. La baraque est plus grande que la cabane,

BARAQUE, CHAUMIÈRE. La baraque est couverte de planches ; la chaumière est couverte de chaume. La baraque sert de retraite à des ouvriers, à des soldats, pour les mettre à l'abri des injures du temps; la chau" mière sert d'habitation aux pauvres gens de la campagne.

BARAQUE, CHAUMINE. H y a la même différence entre la baraque et la chaumine qu'entre la baraque et la chaumière, sinon que la chaujnine est une très petite chaumière.

BARAQUE, HUTTE. La baraque est une petite loge pour des soldats dans un camp.

La baraque dit quelque chose de plus considérable que la hutte. Autrefois ce mot se disait pour la seule cavalçriç, et hut^ était

Huttes se dit aussi des mauvaises cabanes où se retirent , a la campagne , les gens très pauvres, et quelques sauvages dans les Uenx qu'ils habitent.

BARBARES, SAUVAGES. Il y a cette différence entre les peuples sauvages et les peuples barbares^^ue les premiers sont de petites troupes dispersées qui, pour quelques raisons particulières , ne peuvent pas .se rctinir , an lieu que les barbares sont ordi- ' nairement de petites nations qui peuvent se réunir. Les peuples sauvages sont ordinairement des peuples chasseurs, et les peuples barbares des peuples pasteurs. Toute nation, ditBuffon , on il n'y a ni règle , ni loi , ni maître , ni société habituelle, est moins une nation qu'un assemblage tumultueux d'hommes barbores et indépendans , qui n'obéissent qu'à leurs jpassions particulières et qui ne peuvent avoir nn intérêt commun.

On donne le nom de barbares ou de sauva" ges aux peuples , sans civilisation , et sans lois.

BARBARE, CRUEL, INHUMAIN. Ces trois mots se disent des hommes et de leurs actions. Ils marquent une absence de tout sentiment d'humanité , de commisération , de pitie.

Un homme est barbare ^dx ignorance, .{^ défaut d'instruction , faute de réflexion et de raisonnement.

Un homme est cruel lorsqu'il aime à voir répandre le sang, qu'il tipuve du plaisir à voir souâir ^es semblables et les autres animaux.

Il est inhumain lorsqu'il n'éprouve point les sentimens qui rendent l'homme doux et compatissant, on qu'il les étouffe lorsqu'ils se présentent.

Cruel se dit de tous les animaux ; il marque une inclination , nn goût naturel.

Barbare et inhumain ne se disent que des hommes , parce que les causes de la barbarie et de l'inlmmanité ne peuvent se trouver que dans les hommes.

Ces trois mots se disent anssi des actions qui ont rapport aux vices qu'ils indiquent.

BARBARE. V. Atroce.

BARBARES, SAUVAGES. On donne ces noms à ceux qui n'ont pas fait de grands progrès dans ce que nous appelons notre civilisation , et à ceux qui vivent dégagés de tous les liens de cette civilisation. .Les peuples sauvages sont de petites nations dispersées qui , ne Ycalent point se réunir ; les peuples bar^

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Beres s'imisBeiit et ont des loU groissières différentes des nôtres. .

La liberté naturelle est le seul objet de la police des jeiuvages; avec cette liberté la nature et le climat dominent presque seuls chez eux. Occupés de la chasse on de la rie pastorale , ils ne se chargent point de pratiques religieuses, et n^adoptent point de religion qui les ordonne. Il y a plusittirs nation^ souvag^s en Amérique. Retirés dans les forêts et dans les montagnes , elles maintiennent leur liberté j et y trouvent des fruits en abondance* Elles cultivent quelques plantes céréales autour de leurs habitations, et la chasse et la pèche achèvent de les mettre en état de subsister.

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