‹ Dictionnaire synonymique de la langue françaiseChapitre 105 sur 253 · BAS · texte numérisé non relu

BAS

ordinairement par précantion dans la campagne, et devant les places assiégées on menacées de l'être. Les barricades se lont ordinairement dans les villes où Tennemi est entré on près d^entrer. Elles supposent nn besoin pressant de se défendre, nn danger qne Ton n'avait pas prévn , et se font à la hâte avec des chaînes , des tonneaux, des (laniers remplis de terre, et tous les objets qui se présentent. Les retran' chemens, an contraire, se font avec des fossés, des abattis d'arbres, des palissades, etc.

BARRIQUE , TONNE , TONNEAU. Ces trois mots servent à nommer des vaisseaux de bois, formés de planches appelées douves, contenues par des cercles on des cerceaux, et destinés à y garder des liquides ou des madères sèches.

La tonne est plus grande que le u>nneau , le tonneau plus grand que la barrique.

BAS, INFÉRIEUR. Ces deux adjectifs marquent c« qui est au-dessous; mais le premier marque un rapport à la hauteur, à l'élévation , et le second un rapport d'ordre. Le bas étage est l'étage le moins haut, le moins élevé; un étage inférUur est celui qui a un ou plusieurs étages au*dessas de lui. Le second étage est inférieur au premier , ^et n'est pas le bas étage. La basse région de l'air est celle qui est la moins élevée de tontes. La région inférieure de l'air est la même région, mais considérée comme ayant les autres régions au-dessus d'elle.

BAS. V. AsjEcr.

BAS PRÎX , VIL PRIX. Une marchandise est k bas prix, quand .elle est à un prix bien inférieur à son prix ordinaire; elle est à vil prix, lorsque n'étant point recherchée on la donne pour très peu de chose. Le bois à brûler serait à bas prix k Paris s'il ne coûtait qne six frailcs le stère ; il est à vil prix dans les provinces où il y a besucoup de forêts, mais peu de consommation et nul débouché.

BAS , TRIVIAL. Bas se dit en littérature de tout ce qui est sans noblesse , sans élévation ; et dans cette acception , il est synonyme de trivial. Une idée basse est nne idée qai est regardée comme telle par la force de l'opinion et de rhabitude. Telle idée est basse chez une naticm qui ne Test pas chez une autre. Ulysse trouve la fille d'Alcinoûs lavant ^ lessive : cette 'idée n'était point basse chez les Grecs; elle l'est dans notre opinion.

Trivial %e dit des pensée» et des expressions, et signifie ce qui est extrêmement commun, usé, rebatlB.

Une idée est basse ^ lorsque au. lieu de pré* iiter de la noblesse, de î'élcvatiou» elle ne

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présente à Fésprit que des choses viles, méprisables, ou qui passent pour telles. Une idée est triviale lorsqu'elle est commune dans tontes les classes de la société, et qu'elle a été présentée mille et mille {êis. Une idée peut être basse sans, être triviale j et être triviale sans être basse.

Une expression est basse ^ lorsqu'elle réveille des idées contraires a la décence, à l'honnêteté , aux bonnes mœurs , ou des idées de choses qu'on est. convenu de rejeter da langage , comme basses et méprisables ; nne expression est triviale, lorsqu'elle n'est usitée que dans la dernière classe du peuple.

Telle expression est basse. en poésie, qui ne l'est point dans le discours ordinaire; maù l'expression triviale garde son caractèie dans tous les styles.

BASE, FONDEMENT.' Par le mot hase, on entend en général la partie la plus basse d'une chose élevée , et qui sert d'appai ani parties supérieures.

"Le fondement est une partie solide qui sert à supporter la charge entière d'une chose étendue en largeur et en longueur. La hase d'une colonne, lesfondemens d'un édifice.

La base fait partie de la chose; \eA fondement n'en sont qu'un accessoire. La base d'ane colonne fait partie de la colonne; ordinairement on n'enlève point l'une sans l'autre. Les fondemens d'un bâtiment sont un ouvrage à part , ils n'en font point proprement partie , et ne contribuent point aux agrémens de sa forme ou de ses commodités ; ils ne servent qu'à le rendre solide. •

Base se dit particulièrement en parlant des objets qui sont plus étendus en hauteur qu'en largeur. La base d'une colonne , là base d'une statue. La base est opposée au sommet, fondement se dit particulièrement des objets étendus en longueur et en largeur, et qui* par eux-mêmes, ne se soutiennent qu'imparfaitement. JjSB fondemens d'un édifice.

La base assure la solidité des parties snpérieni'es; \e& fondemens assurent la soUdité du tout.

Ces deux mots se disent au figuré avec des différences à peu près semblables. La boa d'un raisonnement est la proposition principale sut laquelle on l'appuie ; les fondemens d'un raisonnement sont les vérités qui s'y rattachent plus ou moins.

BASSESSE. V. AujECTioif , AnAissEMEWT.

BAS-VENTRE. V. Abdomew.

BATAILLE. V. Action.

BATAILLE, COMBAT. La bataille est une action plus générale et ordinairement précédée de quelque préparatiû. Le combat sem-

fc eommandBnt, ,'en «ndfX' '".W "^ M"»"'""^ q^^ sont désuni" f^"?". P»-

«tira rf.r^ ' ^"^ '* eagna , parce qu'elle lai '""chrétiens croT^»ti>;!Tr • *'W*'»

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b partie de la construcHouTuiTSfc'' "

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«genc^ les nnâ j^nt l» autcéa; oi^ lui dit pas MaV tine baraque. On bâtit un w, on cons' 'iruiehi cliaipénte dVn hâtîm^nt.

'" On dit cependant dans la marine bdtir U1^ Taissçap ; mais alors bâtir- ne se prend que ctan^ le premier sens que nous avona donné à tee mot. Sâtir nn vaisseau» cVst. faire un bâ- Umcjnt que Ton appelle vaisseau» abstractioii f^ite de Tart qui appartient 4 U construction. ï)*ailleurs ce mot de; bâtir en parlant des vais- Seaux est peu usité aujourd'hui. On disait autrefois rârt de bâùr dés vaisseaifx; osji dit aujourdliui Tart de construira les vaisseaux*. Les traités les pins modernes sur cette matièire ne sont .plus intitula comme autrefois , Fart de bâkr des vaisseaux , mais Vart de . com^ truire des vaisseaux y. ou. de, la çonstractiom des vaisseaux.

BÂTISSE , CONSTRUCTION. On n'an^ tend par bâtisse que la partie d'nne cob»

4tru0tiç^ qui compreivi .la maçoanam r et par çorAstrwtion Tensemble d*iin bâtiment, rela^ tiven^ent «i^x difféve^ftes parties • dont il . est composé 9 ^ aux. rapp09ls,'aax dimensions d« ces pa^es entre «Ues. >

Is. Jbâtisse d'an bâtiment pent être très bonne, et la construction en être mauvaise. lia bâtiiseiiÊSt bonno lorsqne la maçonnerie est •aJiée et bien hiH. La construction est mauvaise locsqne les autres parties ont des dé- &nts «uentlebk %a construction d'un bâtiment fSt mauvaise «piand la charpente tHest pas tofids:, qàand des pièces sont trop grandes ou trop petites pour leur destination, etc.

BÂTGîf, CANNE. Ces deux mots sont synonymes, eh ce qu'ils signifient l'un et Itatre an instrument dont on. se sert ordinairement pour s'appuyer en marchant.

Mais le bâton est' un morceau de ï>ois rond»

âtef^ son écorce ou sans son écorce, et tel d*aîHèurs qu'il a été th-é de l'arbre d'où il provient,

La hdnne est un morceau de joçic, on de bois djenviron trpis pieds de long, droit, ferme, couvert d'un vernis; armé par un bout d'une 'douille de fer, et d'une pomme de l'autre , et percé à quelques pouces au-dessous, de la ^omme d'un trou dans lequel on met.

un cordon ou l'on passe la main-

Les paysans portent ordinairement à.e9 bâtons, les gens des villes portent des cannes,.

Le bâton est une marque dé certaines dignités , et alors il est orné. Bâton de commandement, bâton pastoral, bâton de chantre.

En ce sens, bâton n'est pas synonyme de àanne,

' ^kiwmi^f biffï;r, Ef facer>

^ iji ) BAT

RATEE » HATtJEËIV. J94foitii«r et ^î^r KHii^ des termes de palais qiii se disent pour raywr, avec cette diiïerevLçe. t|Ue pour bâtonner ÏX sul^ de tracer en tcaviers des barres ou traita sur l'écriture qu'on yenx supprimer, et que pour biffer il faut passer la plumer sur tous lesmots^Èffacer , c'est passer des traits^surdee motsi ou sur des phrases i pour indiquer quik ne doivent point faire partie de l'écrit on ih, se trouvent. B^sr^ c'est en général passer des traiits de .pUune sur des mots ou des pas^ sfliff^^ ponr. mai^fy^i^jr <yi'on les a sfftranohéa de ]^é^nu,.^afurer, c!est raj^c^ avec soin ckea mots Qu.des pbr^ç;» 4® nuqûère qu'on ne puisse pli^s les liren

RATTCXLOGIE, PLÉONASME^, PÉRJSSO- LOGIË. Selon les granmMciens, 1» pldqiuis/ne eaft i^ie %!jq% de construction ^ui est exposée à rellips.9». EUe a liei^ . loi^que, daAs )e discours, on n*et q«çl.qne mot ç|ai est ^™^tile pour le sens, çt.qtq.^; étaijit 6 te,, lai

IBU-

.isse ce

sens d^us son intégrité , , .

Le mot de plémasme signifie ou pténitidde ou supex%it4.' Si on l'entend dans le premier sens, c'esti une ligure qui donne au discours plus de ^àce,-plns de. n^tt^té eu plus de force; si on. le prend dans le second sens, c'est un véritable défaut qui tend à la battOf lo^e,

Cest un défaut dans lé langage grammatical de désigner par un seul et même mot deux idées aussi opposées que "le sont celle d'une figure de construction , et celle d'uii vice d'élocution. À la bonne heure qu'on eût laissé à la figure le nom de pléonasme qui marque simplement abondance et richesse; mais il fallait désigner la superfluité des mots dans chaque phrase par un autre terme ; par .exemple, celui de jperissologie qui est connu, devrait être employé seul dans ce'^ens.

Il y a flêonasme lorsque des ' mots qui paraissent superflus, par rapport à l'întég.rité du sens grammatical , servent pourtant à y ajouter des idées accessoires, surabondantes^ qui y Jettent de la clarté ou qui en au^oipntent rénergie. Qc^anA on. dit, îe Tai vu de mes yeux, les mots de mes yeux sont effectivement superflus par rapport au sens grammatical du verbe j'ai vu, puisqu'on ne peut jamais voir *cpiie des yeux; et que qui dit j'ai vu', dit assey que c'est pat lés yeuxi et dé plui que c*cst parle» siens. Ainsi il y a, grahiuiaticalement parlant , une double superflàité , mais ce superflu grammatical ajoute des idées a^ccesâôirea qui augmentent l'énergie du sens et qui font entendre qu'on ne parie pas sur le rapport douteux d'autrui, on qu'on n'a pas -vu la '^cho96 par hasard et faut atten|ioii^ mais

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qa^on Ta vae arec réflexion et qn^on ne Ta^sare qa'après ià propre expjérîence bien constatée; c^est donc un pléonasme nécessaire à l'énergie du sens. Cela est fondé en raison > dit Yangela«> parce qne lorsque nous voulons l)ien assurer une chose , il ne suffit pas de dire simplement , je Fai vue, puisque ])îen sofuvent £1 nous semble avo^r vu des choses qae, si Ton nous pressait de dire la vérité, nocLs n'oserions assurer avoir vues; il faut done dire, je Paî va de mes propres yeux, pour ne laisser aucun sujet de aouter que cela ne soit ainsi ; tellement qu'à le bien prendre , il n'y a point de mots su|)er£lus , parce qu'an eontraire iis sont nécessaires pour donner ime pleine assurance de oe que l'on affirme.

Ett un mot , il suffit' que l'une des choses dise plas que l'antre pour éviter le vice du fiéonms^ê , ^est-à-dlre la périssologie qui consiste à dire une ménie. chose en paroles différentes et oisives,, sans qu'elles aient une àgnification ni- plus étendue, ni plus forte que les premières^

BATTRE, FRAPPER. Girard a dit , iX semble que p'our battre il faille redoubler les coups , et que pour frapper il suffise d'en donner un. Je ne pense pas que ce soit en cela que consiste la différence de ces âeux verbes, 011 homme (|m n'a reçu qu'un coup dit qu'il a ^té battu , àe même que celui qui en » reçu plasieiirs ;r et un homme qui a reçu Pleura coups >^t f«rt bien qu'on l'a frappé ^ plosiearS' rep^isci.

n paraîtrait par là que battre marque plus paiticc^rement'vl'abtlbn d'pffenser ou de faire du mal en donnant un ou plusieurs coups ; ^frapper Inaction particulière d'appHqaer un bu plusieurs coups.

^attrh de la part des hommes et de certains animaux comprend l'action de frapper ou donner des cou^s. tîn homme bat un antïe homme, ft^fsoni "chien, en leur donnant UM coups ; une vache bat unç autre Vachfl ei^ lui donnant un ou' plusieurs coups de oçme; uiais à l'égard des autres aûimaux ^ battre ne comprenqL pas l'idée de frapper. Un chien qui *a^tin autre chien neXe frappe pas; il se jette sur lui, le mo^d , le terrasse , le déchire.

Jiaetre exprime l'açtio^ sans spécifier la luanière j pour que cettcj manière soit, connue, ^ faut qu'elle soit exprimée , après le verbe. ^^ttr.e 4 .coups de pQin,g' , à ooups de bâton, à coups de vergesp.

• . ^^9Pfi^r marque , en général, un. endroit ou les coupa spnt portés , mais il marque <^et endroit sans le spécifier ; pour qu'il soit

«<)nûtt, i^ fam qu'ii »oiit. eatycuai açrè» k

v«rb^. IfrapBfir à. la tâte^ «• «Hsa^ MA U. dos , eto.

Battre suppose la luporioriilé «lesfwNMi de la part de celui qui h4f4, rinfàriorité on I* non usage des forces de la pai^ de œUii qui est battu. Frapper v^ suppose qa'tmcaapx ou plusieurs coups donnés, sans rapport aux forces de celui qui est battu.

On est humilié d'être battu , on VtU moins d'être frappé, parce qu'on n'est pas supposé avoir fait uaage de ses forces. Voilà pourquoi Ton àitplutôtyrflp/»er que ibatCr^^ lorsçpi'il cirt question d^une action exercée contre «on eu* çérieur, contre une personne recommandablé qu'on aurait du re^peçtpr. On bat ia éganx ou ses inférieurs ; nudj^ Oti frappe 'ses sapé*

• rieurs . ceux qu'on devrait respecter. Alors frapper suppose le crijoie et l'ai^dace. On. 6af

, son ennemi , qu 5<^r'^on chien. Mais nnsol-^ dat Insubordonné frappe son ofQcLQr ; si^ fils dénaturé /ra/5pe son père»

On dii| qu'uj) eni^nt à; la maiàelle &at sa mère qpi l'allaite , parée q^'il n'est pas encore en âge de mettre dans sçn action la naédtfWceté morale , et l'audace que suppose en ce sens le mot ffdpiper , parce qu'il ne sait^çe que c'est qu'un crime. Quand il aura l'âgç dq .rair son, on dira, s'il fait Ift même action, quHl a la méchanceté et l'audace àjt frapper sa mère;,

On n'est jamais ba^ti^ qu'on ne ^oitfra^péf dit encore Girard, mais on peut. être yra^^ sans êti*e battu. Cette observation n^est :pas juste ; car un chien, qni est batt^ par im ai^ tre chien n'en a pas été frappé ; les chiens ne frappent pas. Dans le sens où. les motstotre et frapper sont prif ici, frapper signifie battre j c'est unq manière df battre. Ainsi quand on est frappe pn c^ sens « on ^st battu. Un homme qu'on a frappé dit qu'on l'a battu,

BATTU, bÉFAIf, VAINCB. Ces twin^ «(.'appliquent c» général à nne armée qui a eia 4^ dessous dans unoacboo. IT^ci les nnanees qnl les distinguent.

XJm^ armée est ^iHÔncnes. quand eUe -a péMlti le cl^^anip de , bataille ; ic^llc ési Uttttie ^pumd elle l'a pendii avec ua é<jk»e conÂdérahle ;: c'est-à-dire beancoap' de> i&ort^ et de prison-niers î fUe est défaite lors<;»e cet échec va au pQint que l'armée est disj^'ipée , on tellement affaiblie qu'elle ne puisso ^las tenir la campagne»

On adit de plusieurs généraux quHîs avalent été vaincus sans avoir été défaits^ parce que le lendemain de la perte d'une iSataille il»

étaient en état d'en donner une notivelle.

On peut aussi observer <3(ue vHfn<u ^\ ^'*

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