‹ Dictionnaire synonymique de la langue françaiseChapitre 115 sur 253 · BLA · texte numérisé non relu

BLA

(rjnconséqnence et de mauvais goût que la fantaisie n'exprime pas. Il a eu la fantaisie dcbûtir; mais il a construit sa maison dans un goût bizarre.

Il y a encore des nuances entre avoir des fantaisiei et être fantasque. Le fantasque approche beaucoup plus du bizarre. Ce mot désigne un caractère inégal et brusque. L'idée d'agrément est exclue du mot fantasque , au lieu qu'il y a des fantaisies agréables. On dit quelquefois en conversation , une fantaisie masquée ; et musquée , en cette occasion , est nne expression explétive qui ajoute à la force da mot, comme on dit sottise pommée, folie iieffée, pour dire sottise et folie complète.

BLAFARD, BLÊME. PÂLE, LIVIDE, HÂVE. Un objet est pale lorsqu'il est faible de couleur, on décoloré par une teinte de blanc sans éclat ; un objet est blême lorsqu'il est très pâle , dépouillé de toute la vivacité de ses couleurs , ou plutôt changé de couleur ; il est livide lorsqu'il est plombé et taché, on chamarré de noir ^ il est hâve lorsqu'il est morne et défiguré par le décharnement ; il est blafard lorsqu'il est pâle jusqu'à l'affadissement, blanchi par l'extinction de ses coulears.

Le teint d'une personne est pâle dès qu'il n'est pas assez animé. Si les chairs ont perdu lenr couleur propre et leur vie , il est blême ; il* est livide lorsqu'un mélange de blanc et de noir lui donne une couleur sombre ou remhranie. Quand sa couleur est morte ou effacée par un blanc mat et inanimé , il est blafard. On dira plutôt une mine hâve qu'un teint hâve, parce que le mot teint n'exprime que le coloris, et que le mot hâve rassemble deux qualités, celle de la couleur, qui est d'un blanc-brun , et celle de la maigreur , qui n'est pas applicable au teint.

Un convalescent est pâle, il n'a point encore repris ses chairs ou sa carnation. Une personne saisie de crainte est blême, il semble que son sang se soit retiré ou glacé. Un mulheureux tout meurtri de coups est livide , « sang extravasé ou corrompu l'a noirci. Un pénitent consumé par des macératiofis est hâve; il est non-seulement décoloré , mais aussi défiguré, et porte les autres signes extérieurs d'épuisement ou de débilitation. Une femme crépie de blanc est blafarde; elle n'a plus de teint, et son visage est d'un blanc luort.

Un objet est pâle ou naturellement ou par

accident. Cet adjectif, se dit et des personnes

Pt des couleurs, de toute sorte de lumière ou

«le corps lumineux. Une persopne est pâle ^

«ne couleur e&t^pâle , une lumière est pâle , le soleil es|^ quelquefois pelle.

Un objet n'est guère blême que par accident," Cet adjectif ne convient' qu'aux personnes ou aux êtres personnifiés ; et dans les personnes, il n'y a que le visage, le teint ou la couleur , qui soit blême.

Livide ne se dit que des personnes.

Bave ne se dit aussi que "des personnes, et proprement de l'air du visage , de son ensemble. Les yeux creux , enfoncés , éteints , contribuent , comme les joues creuses , pâles , décnarnées, à former un visage hâve.

Blafard se dit en général de toute couleur, de to\}te lumière qui n'a point d'éclat ou de vivacité, de tous les oljjers qui tirent sur le blanc ou se blanchissent en se décolorant. Le soleil offusqué par des vapeurs qui ne font qu'amortir ses feux sans le cacher, est blafard. (Extrait de Roubaud. )

BLÂMABLE , RÉPRÉHENSIBLE. Ce qui est blâmables, rapport auxmœuiv et à. la probité ; répréhensible se dit de toutes sortes de fautes et d'erreurs. Les fautes qui viennent du cœur sont blâmables; celles qui viennent de l'esprit ne sont que répréhensibles. L'ingratitude est un vice blâmable; un barbarisme est une chose répréhensible dans un discours.

BLÂME, ADMONITION. Termes de palais. Ces deux mots signifient une remontrance que. fait le juge en matière de délit au déliquant à qui il remontre sa faute et qu'il avertit d'être plus circonspect à l'avenir.

"V admonition est moindre que le blâme , et n'est plus fiétrissante , si ce n'est qu'elle soit suivie d'amende.

BLÂMER, CENSURER, RÉPRIMANDER, Blâmer , penser ou dire qu'une action est

moralement anauvaise, ou qu'une personne

agit ou a agi moralement mal. .

Censurer , décider, juger qu'il y a du mal dans les ouvrages ou les actions d'autrui.

Réprimander, châtier par des paroles celui qui a commis une action répréhensible.

Blâmer ne suppose que la désapprobation de celui qui blâme; q'est une opinion. Censurer suppose un examen, une recherche entre plusieurs choses, et une décision sur celles que l'on croit mauvaises ; c'est un jugement. On blâme quelqu'un d'avoir fait une action que l'on croit mauvaise ; on cen^ sure les actions de quclc^u'un.

Le blâme peut . être secret ou manifesté seulement à celui qui a fait l'action; la ccn-, sure a toujours rapport aux autres. Elle suppose ou le dessein de leur faire conuaître que la chose est mauvaise, et qu'ils doivent fa re-

BLÊ

BLO

jeter , oa celai de les préserver des inflaence^ en la supprimait entièrement. ^

Le pouvoir de blâmer appartient « toat le monde; le pouvoir de censurer suppose une supériorité que l'on s'arroge sans raison , et que quelquefois l'autorité «confère , comme quand elle nomme des censeurs pour examiner les écrits destinés à l'impression. On ' ne peut pas dire ,' qui vous a donné le droit de blâmer mes actions ? car tout le monde a ce droit ; mais on peut dire, qui vous a donné le droit de censurer nnes actions ? parce que personne , si ce n'est Tautorité , n'a le droit d'examinçr les actions d'autrui et de prononcer qu'elles sont, mauvaises.

Le blâme, la censure et la réprimande ne tombent que sur des cfioses moralement mauvaises. Si , en examinant un ouvrage de littérature, on ne relève que les fautes de langue, de style ou de raisonnement, on ne censure pas , on critique ; c'est en relevant des choses qu'on croit moralement mauvaises qu'on blâme ou qu'on censure.

Répiimander, de même que censurer, suppose de la supériorité.

BLANCHIMENT, BLANCHISSAGE. On apjielle blanchiment des toiles , l'art de leur faire perdre la couleuf jaune, sale on grise qu'elles ont au sortir des mains du tisserand.

Le blanchissage est l'action de blanchir du linge dont on s'est servi et qui est sale.

Le blanchiment est une préparation nécessaire aux toiles nouvellement fabriquées avant de les porter au marché j le blanchissage est une opération que l'on fait subir au linge dont on s'est servi , avant de sVn servir de nouveau.

BLASER , AFFAIBLIR L'ACTIVITÉ des sens et du goût. Les infinnités , les maladies , la vieillesse affaiblissent l'activité du goût ; mais blaser ne se dît que de l'affaiblissement par l'excès de la jouissance. On perd le goût dans la vieillesse, on est blasé à tout âge.

BLASPHÈME, SACRILÈGE. Blasphème diffère de sacrilège en ce que le premier consiste dans des paroles , ' et le second dans de& actions.' On dira d'un homme qui a pris le nom de Dieu en vain, qui , dans l'emportement de la colère, aura ce qu'on appelle juré le nom de Dieu , qu'il a proféré un blasphème, mais on ne dira pas qu'il a commis un sacrilège; l'homme sacrilège est celui qui se par- ^ jure §ur l'Evangile j^ qui éfend sa rapacité sur les choses sacrées, qui renverse les autels, qui trempe sa majn dans le sang des pré- U'cs > etc.

BLÊME. V. Blatakd.

BLESSER i ESTROPIER, Blesser, c'est faire une blessure légère ou grave , abstraction faite des suites qu'elles peuvent avoir. Estropier , c'est faire une blessure dont les suites empêchent de se servir d'un membre comme on s'en servait auparavant , ou obUgent de l'amputer. Il a été blessé an bras , à la jambe. Il a été estropié d'un coup de feu , et il boitera toute sa vie. Un homme à qui on a coupé une jambe est estropié.

BLESSURE, CONTUSION, PLAIE. La blessure est une affection ou lésion de quelque partie du corps causée par un instrument externe et sensible, ou par un effort quelconque.,

Blessure est le terme générique ; contusion, plaie, sont les espèces.

La contusion est une blessure produite par l'impulsion d'une cause externe, par le choc dhin corps contondant.

La plaie est une solution de continuité', une division des parties molles faite par quelque cause externe.

La blessure n'est quelquefois qu'une meurtrissure qui n'a point entamé la peau , au lieu que la plaie suppose toujours une extension et une séparation produite dans les parties molles, par l'activité des humeurs qui cherchent une issue à travers les tégumens.

On appelle figurément blessure le tort , le dommage, le détriment, le mal fait par une action violente on maligne, à l'honneur, à la réputation , au repos d'une personne.

Les passions font aussi des blessures au cœur-, lorsque leurs impressions sont profondes.

BLOCUS , SIÈGE. Ces deux termes d'art militaire signifient également le campement d'une armée autour d'une place, à dessein de s'en emparer. Mais le but du blocus est de prendre la ville par famine en bouchant tous les passages et se saisissant de toutes les avenues , de façon qu'aucun renfort, aucune ptovision n'y puisse entrer; et celui du siège est de s'emparer de la place à force ouverte en faisant des attaques formelles.

SE BLOTTIR , SE TAPIR. Se tapir, c'est se cacher, se presseV, se ranger ou se serrer dans un coin pour tâcher de n'être point aperçu.

Se blottir, s'accroupir, se ramasser, se rouler sur soi-même.

Se tapir exprime essentiellement l'idée de se cacher. On se ta/nt derrière un buisson ou dans un coin*pour n'être point vu. Un lièvre se tapit dans son gîte.

Se blottir n^exprime que l'idée de se ployer

BLÙ

en denx. On clit qu'un enfant est tont blotti on conché en rond dans son lit, et il n'a pas eu l'intention de se cacher. Le froid fait natarellement qa'on se blottie sans avoir le dessein de se tapir,

SE BLOUSER, SE TROMPER. Se blouser est an terme de jeu de billard qui signifie faire aller par maladresse sa bille dans une blouse au lieu d'y pousser <:elle de son adversaire. Il signifie^ figurément et familièrement se faire illusion , se tromper dans les moyens qu'on a choisis pour parvenir à un but. À l'idée de tromper est jointe ici celle d'an avantage qu'on s'était promis du succès des moyens qu'on avait choisis. Se blouser, c'est se tromper en faisant à soi-même le mal qu'on voulait faire à un autre.

BLUETTE, ÉTINCELLE. Vétincelle est cette molécule enflammée et d'une grosseur sensible qui se d^ché d'un corps qui brûle , et qni s'en élance au loin. En frappant un caillou avec un briquet, on en fait sortir des étîncelîes.

Binette, petite étincelle sans actirité.

Vétincelle est brillante , ardente; elle jaillit, elle pétille , elle ranime les 'flammes et peut produire l'incendie. La bluette est pâle, faible, s'évanouit en un instant sans laisser aucune trace sensiblf d'elle-même*

La bluette indique l'existence d'un feu wché , mais faible et sans activité ; Vétincelle indique l'existence d'un feu actif, mais dont l'activité contrainte n'attend pour éclater que d'étie débarrassée des obstacles c^ui la compriment.

C'est proprement la bluette que vous voyez pâle et faible, luire et s'évanouir presque aussitôt sans produire ordinairement d'autre effet, sans laisser aucune trace sensible d'elleniême , lorsque vous cherchez du feu sous la cendre pour le rallumer. Mais lorsque vous attisez ou soui^ez le feu pour le rendre plus vif, c'est Vétincelle que vous voyez ardente, éclatante même, jaillir, pétiller , ranimer les flammes et produire souvent l'incendie.

L'action de la bluette est passive , elle ne ▼it nn instent que pour elle; l'action de l'e- ^ncelle est active, elle vit peu , mais elle embrase. • • • ■

En vertu de l'analogie reconnue entre ^'esprit d'une part et le feu ou la lumière, de Vautre, vous dites au figuré de^ bluettes, des étincelles d'esprit. En observant lés mêmes ûnances que dans le sens physique , la bluette prouve la présence 4» principe caché , et l'eitnùelle aa fécondité ou »on activité Mainte.

con-

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Comme vous tirez des étincelles de fea d'uA caillou, vous tirerez au moins des bluettes d'esprit d'une tête dure , sur-tout si vous l'électrisez par l'intérêt de l'amour-propré ou de quelque autre passion. Vous dites plutôt des bluettes de bon sens et des étincelles d'esprit, parce que le propre de l'esprit est d'étinceler, de jeter de l'éclat et du feu. Le bon sens jette ou plutôt répana une lumière plus douce , plus égale. Vous ne direz pas des bluettes de génie en parlant de ce feu qui excite l'enthousiasme du poète ou de ce feu sacré qui élève la vertu jusqu'à l'héroïsme , etc. ; vous direz plutôt des étincelles, parce que Içs -traits qui décèlent ces principes en portent toujours "les grands caractères.- Des bluettes de génie ne seraient guère que des traits d'imagination sans force, et l'expression ne serait pas juste. { Extrait de^ouBAUD.)

BOCAGE, BOSQUET. Ces deux mot» signifient également tjn petit bois. Mais le premier est un petit bois sans culture planté à la campagne pour se mettre à l'ombre ; et le second un petit bois embelli par l'art , destiné à faire l'ornement des jardins d'agrément.

Ces deux mots s'emploient également en prose et en vers.

BOCAL, BOUTEILLE. Le bocal est une grande bouteille à cou court et large; la ftoateilîe est un petit botfSil à cou étroit qui sert à contenir des liquides. On met dans le bocal des fruits et d'autres objets que l'on peut tirer par la large ouverture supérieure. On ne met dans la bouteille que des liquides qui peuvent sortir par son ouverture étroite.

BOIS, FORÊT, HAIE, BUISSON , BO- CAGE, PARC, FUXAIE, TAILLIS. Parle nomdeiowpris généralement, on comprend les forets , les bois, les haies et les buissons ou bocages. On entend vulgairement sous le nom de foret un bois qui etnbrasse une fort grande étendue de pays. Sous le nom de bois, on comprend nn bois de moyenne étendue. Le parc est un bois renfermé de murs. Lès noms de haie et de buisson ou bocage sont usités en quelques endroits pour signifier un bois de peu d'arpens. Néanmoins l'usage fait souvent employer indifféremment les noms de foret et de bois. Il y a même des bois d'une très grande étendue, des forêts qui occupent peu d'espace , et des bois qui nc sont appelés que haies ou buissons.

Toutes ces sortes de bois sont plantés d'arbres qui sont ou en futaie ou en taillis.

Futaie se dit des arbres qu'on laisse croître sans les couper que fort tard; taillis , des* arbres dont la coupe se fait de temps en temps ^

BOI

BOI

et plutôt qae celle de \a futaie ; il y a des^br^ts qui sont toutes en/ataie, d'autres toutes en taillis ; mais la plupart sont mêlées de Tune et de l'autre sorte.

Quand on parle de bois At futaie et de taiU lis , on considère les bois debout et sur le canton même qui en est couvert.

BOIS, CORNES. Ces mots se confondent quelquefois en zoologie , lorsqu'il s'agit de désigner les ornemens ou les défenses élancées sur la tête de certains animaux. En pharmacie , on appelle corne, le bois de cerf. Au figuré, on dit souvent indifféremment bois ou cornes.

Les bois et les cornes diffèrent dans leur substance, dans leur fopne, dans leurs accideos. La substance de la corne a de l'analogie avec celle des ongles , et la substance du bois

ordonne des bretwag^es. On fait an- usage bsL' hitnel des boissons ; les ôrewfûigv^ ne s'emploient que dans des cas, extraordinaires.

BOITE , TABATIÈRE. Ces deux mots se disent d'une petite boite où l'on met du tabac en poudre pour son usage. Il y eut un temps où le mot de tabatière paraissait ignoble aux gens du bel air ; ils le laissaient aux gens da peuple et disaient boite. Mais ce mot donna lieu à bien des équivoques. Cependant on le dit encore dans les cas où les circonstances indiquent clairement qu'il est question de tabatière. Le roi lui a fait présent d'une boite d'or enrichie de diamans. On dit à quelqu'un qui prend du tabac , vous avez là une belle boite. Mais boite ne se dit en général que des tabatières de prix; pour les autres , on dit

, , , , tabatière. Une boite d'or , une tabatière de

avec celle du bois végetid. Des bois de certains j bois. .

animaux , teU que le cerf, la chimie rire de» bqITER , CLOCHER. C^deux mots indi-

quent des vices dans la manière de marcher.

Boiter , c'est proprement marcher Bvec une sorte de vacillation , en se jetant d'un côté, de manière que le corps est ou jyarait déhanché , dégingandé , déboité dans quelqu'une de ses parties inférietires. Clocher , c'est marcher avec un pied raccourci , ou en se jetant sur nn côté trop court, de manière que le corps est ou parait être tronqué , mutilé , inégal d'un ou d'autre côté dans la base.

Le vice de boiter vient de l'emboîtement ou de l'enchâssement imparfait et difficile de quelqu'un des membres qui exécutent concarremmeht l'opération de marcher ; on d'une faiblesse , d'un relâchement des muscles qui ne peuvent soutenir assez le poids du corps, ou en îirrêlei' à propos le mouvement. Le vice d© clocher vient d'une disproportion entre les colonnes ou les côtés qui* soutiennent le buste, ou d'une sorte de raideur, d'inflexibilité, qui ne souffre pas d'une part la même extension que ces membres prennent librement de l'antre côté.

Celui qui va sautant à cloche-pied ne boite pas , mais il cloche ; il ne boite pas , car le corps reste droit et bien placé ; il cloche, car il va avec un pied raccourci. •

Celui qui jette alternativement le corps a droite et à gauche sur le pied qui porte et qui soutient, de façon qu'il tombe égalcmenl sur les deux côtés , ne cloché réellement pas; caries deux côtés et les deux monvemens sont égaux , mais il boite, car il y a -de l'un et de l'-autre côté un déplacement et une inclination desordonnée.

Clocher se dit au figuré, boiter ne a^J dit point. Clocher fcn ce sens indique un déîi^^

sels , et la médecine divers remèdes. Des cor-nés de divers quadrupèdes l'industrie a fait une multitude d'ouvrages connus.

La corne est un simple jet, droit ou courbe en divers sens, lisse ou strié et cannelé, creux à sa base , et placé sur une proéminence de l'os frontal. Le bois est une tige rameuse , revêtue d'une écorce dans le temps de son ac^ croissement, solide dans toute son épaisseur , divisée en rameaux , et en tout semblable à une prod notion végétale. La corne est permanente, elle ne tombe que par accident. Le bois tombe dans nne saison réglée , et ensuite il repousse. Le cerf, l'élan, le daim, le renne, ptc. , ont des bois; le bœuf, le bouc, le buffle, la chèvre , etc. , ont des cornes.

La

que.

girafe , le plus bel animal de l'Afria des cornes, mais pleines et solides comme les bois; elles semblent former le nœud d'union entre les deux genres. ( Extrait de RouBAUD. )

BOISEUX. , LIGNEUX. Ces deux m'ots signifient qui est dé la nature du bois ; mais boiseux est le terme ordinaire , et ligneux le terme scientifique. Les naturalistes disent ligneux.

BOISSON , BREUVAGE. On appelle boisson tout aliment fluide destiné À servir de nourriture aux hommes etaux animaux. L'eau, le • vin , la bière , le cidre , etc. , sont des boissons. Le breuvage esl une liqueur composée exprès pour produire quelque effet particulier et extraordinaire. Le nectar était un breuvage délicieux qui , avec l'ambroisie , procurait aux dieux mie cho^e extraordinaire , Vimmoi'talité. On donne des breuvages s'j\\itaires et des breuvages pernicieux. Il faut prendre des boissons pour vivre î la médecine

- . BON ( ,97

de j ustesse , d'égalité , de parité , .de mèsnre, etc. Nous disons^ qu'an vers cloche lorsqu'il n'a pas le rhythme requis ; ou que .toute comparaison cloche , parce que deux objets n'étant jamais parfaitement égaux ou pareils dans tous leurs rapports , la comparaison manque nécessairement d'une certaine justesse. Clocher au propre est peu usité. ( Extrait en grande partie de Roubaud. )

BOITER, FEINDRE. Boiter indique une claudication forte et bien déterminée ; feindre indique une claudication légère et en quelque sorte imperceptible.

Feindre se dit particulièrement des chevaux.

Un cheval près de sa chute à chaque pas qu'il fait , boite tout bas ; Idirsqu'il ne fait qu'hésiter en posant un pied à terre , 'û feint. Feindre se dit encore lorsqu'en frappant sur 1» pied de l'animal on en comprimant quelque partie de son corps , il nous donne, par le mouvemeilt auquel cette compression ou ce heurt rengage , des signes de douleur.

BOMBANCE,. BONNE CHÈRE. Bombance; repas où l'on* sert en profusion tout ce qui peut flatter le goût. Bonne chère , repas où l'on sert des mets délicats et recherchés. Bom* bance se dit de l'avidité , de l'excès dans le boire et le manger, et d'une sorte de fête bruyante qui accompagne cet excès. La bonne chère ne suppose que la délicatesse des mets.

BOMBARDER, LANCER DES BOMBES, TIRER DES BOMBES, JETER DES BOM- BES. On bombarde une place dans le dessein de la miner ou de la forcer à se rendre. On lance des bombes sur la partie qu'on veut détruire. Pour bombarder et lancer des bombes, il faut que les bombes soient chargées de poudre; mais tirer des bombes se dit d'un exercice que l'on fait en temps de paix avec des bombes vides, pour s'exercer dans l'art de jeter les bombes.

Jeter des bombes se dit de l'art de bombarder, de lancer des bombes,

BOMBE, BOULET d'artiUerie. Le boulet est une grosse balle de fer coulé qui est compacte et dont on charge les canons. La bombe est un gros boulet creux qu'on remplit de pdtltdre et qu'on jette par le moyen du mortier sur les objets qu'on veut détruire.

Le boulet tire son nom de sa forme , qui est celle d'une boule ; la bombe tire le sien du bruit qu'elle fait en écla&nt.

BONACE, CALME. Termes de marine. Le calme est un état où les vents ne soufflent point, et où les vagues de sont point agitées. La bonace est la cessation de la tempête, le

BON

grande agitsrtion, où les vagues s'appaisent après avoir été élevées.

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