‹ Dictionnaire synonymique de la langue françaiseChapitre 134 sur 253 · CACHER , DISSIMULER , DÉGUISER · texte numérisé non relu

CACHER , DISSIMULER , DÉGUISER

Cacher j c'est couvrir, ôter de la vue , ne pas laisser paraître , ne pas laisser connaître.

Dissimuler, c'esç cacher par une conduite résenrée ce qu'on ne veut pas laisser -aper^ cevoir.

Déguiser, c'est substituer aux apparences ordinaires et vraies des apparences fausses et trompeuses , de manière que l'objet ne soit pas Teconnu^on ne le soit que difficilement.

On cache ce qu'on ne vent pas qijd soit vu, aperçu, connu. On tiissimule les sentimens, les opinions , les affections que l'on a , en feignant de ne les pas avoir, en veillant sur tout ce qui pourrait les faire connaître ou soupçonner.

On dé^iise par des apparences contraires ce qu'on veut dérober à la pénétratioVi d'autrui.

n faut du soin et de l'attention pour cacher, de la retenue , de l'art et de l'habilité pour dissimuler; du travail et de la ruse pour déguiser,

CACHER, CELER, TAIRE. Taire marque le pur silence qu'on garde sur la chose; c<i-' cher, le mystère dans lequel on veut l'ensevelir ;. celer, le secret qu'on en fait.

VouT taire une chose, il suffit de ne pas la dire quand il y a occasion d'en parler; pour la celer, il faut non-seulement la taire, mais «ncore avoir une intention formelle de ne point la manifester, et une attention particulière à ne pas se déceler; pour la cacher, on est ol^é non seulement de la celer, mais

charité, par justice, par des motifs 'd'intérêt/ par de bonnes raisons, vous le celez ;^9t nnè grande crainte , par nn dessein profond , par de pnissans intérêts ou de grands moti£s, vous le cachez.

On tait ce qui déplairait à quelqu'un; on cèle ce qui lui nuirait; on cache avec le plny grand soin ce qui le perdrait, s'il n'y a pas une obligation de parler.

Dès -que vous n'avez point de raison de dire une diose, vous en avez uns de la taire; dès que vous écoutez le secret d'autrui, vous lui promettez de le celer g car s'il n'exige pas' expressément votre discrétion , U la -suppose , vous y êtes engagé d'avamce. Dès que vous n'avez découvert que par artifice ce- qu'on vous cachait , vous devez le cacher vousmême : c'est un larcin que vous avez fait, di vous n'avez que ce moyen de restituer en quelque sorte ce que vous avez dérobé. * , Il y a une manière de taire les choses qui en dit trop. Il y a une affectation à celer qui vous décèle. Il y a un embarras à les cacher qui les fait découvrir.

Il y a ce qu'il faut dire et ce qu'il faut taire f selon les circonstances t selon les gens de qui on parle , selon les gens à qui l'on parle.

Entre l'un et l'autre, la ligne de démarcation , souvent insensible, et qui change souvent,, est bien difficile à trouver au coup d'oeil. 'Il y a fort peu de confession«^bien franches et bien nettes; c'est du moins quelque circonstance qu'on cèle ou qu'on donne à fleviner; toujours quelque réticence, si le confesseur ne vous force dans vos re'tranchemens. Il en est de même de la plupart des éonsuhations et des justifications. |^ directeurs ; dit Nicole » cachent les péchés aux autres , par ignorance, quand ils ne les connabsent pas; par complaisance, lorsqu'ils ont peur de déplaire; par condescendance , lorsqu'ils craignent de décourager. Le mot caàher est peut-être en général trop fort dans eette phçase, mais asstt-

nieme de la renfermer dans le fond de son 1 rément impropre dans la première appUca- <^cear,et de l'envelopper de manière qu'elle tion : on ne peut pas dire qu'une personne

V«dK * A V •

ï^e puisse pas être découverte.

Il n'^ a qu'à retenir sa langue pour taire ce qu'il ne faut pas dire; on a quelquefois besoin de feindre et de dissimuler pour le celer a des gens qui cherchent à tirer votre secret. On est souvent réduit au déguisement, à l'ar^ ""ce, à la tromperie, pour le cacher à des gens pénétrans qui vous -sondent et vous retournent de miÛe manières poiir trouver le fond de vos pensées.

Par paresse, par timidité, par caprice, par *g*rd, par raison ou sans raison, vous taisez

cache ce qu'elle ne sait pas. (Extrait de Ron-

BAUD

CACHET, SCEAU. Le cachet et le sceau sont des morceaux de métal ou tuXit matière de diverses formes, à face plate, sur lesqueb on grave des têtes , des chiffres, 4es armes , etc., dont on applique l'empreinte sniw une substance fusible et amolie.

Le cachet est à l'usage des particuliers , il sert à fermer des lettres , des billets., ou pour donner une marque d'authenticité à 'nn.acte.

Sceau se dit de tons les instrumens de cette

que V0U9 pourriez dirç; par prudence, par j espèce quj servcij^t à inçm^^CT par leur em-

CAG

Page 1