‹ Dictionnaire synonymique de la langue françaiseChapitre 136 sur 253 · CACOPHONIE, HIATUS, BÂILLEMENT · texte numérisé non relu

CACOPHONIE, HIATUS, BÂILLEMENT

La eacophenie est un vire d'élocntion ; c'est nn son désagréable qui arrive ou par la rencontre de deux voyelles ou de deux syllabes, 'ou enfin de deux mots rapprochés , d'où il résulte un son qui déplaît k l'oreille.

Il y a eaeophonie,, so^-tont en Ven^par' la rencontre de deux voy^es ; cettf^ sorte de cadophonie se nomme ^hiatus 6vi bâillement.

CADAVRE, CORPS. Ces deux mots se disent du corps d'une créature humaine qui a perdu la vie. Mais corps se dit de celles qui ont perdu la vie depuis pende tonps et qui ne tout pas encore en proie à la corruption. Lorsqu'un homme est mort , on met son corps dans une bière ou dans un cercueil. On transporte son corps jusqu'au lieu de sa sépulture. Le mot de cadavre sera\t mal employé ici. Le corps ne devient cadavre, que lorsque l'individu est mort depuis assez 16ng*temps pour que la corruption ait pu l'attaquer. On a assassiné hier nn homme dans la foret , on a trouvé aujourd'hui son corps^ On a assassiné un homme dans une foret il y a six mois , on a trouvé aujourd'hui son cadavre» Le cadavre est toujours supposé attaqué de corrop- ' tion ; on dit une odeur cadavéreuse , on ne dit pas une odeur de corps mort.

CADEAU, DON. Le don ne signifie que la propriété transmise, il iait abstraction de tout motif. Le cadeau marque l'intention de faire [Saisit à celui à qui on le fait , celle de lui être agréable. Souvent le cadeau n'est accompagné d'aucun don<. On ne fait pas à* une dame le don d'un bal , d'une fête , on lui en fait le cadeau. Dans le cadeau, tout se rapporte an désir de plaire , d'être agréable ; dans le don , tout se rapporte à la propriété et à Pnsage de la chose donnée. J'ai un cheval que mon ami trouve très beau , je lui en fa,is cadeau. Mon ami a besoin d'nn cheval ^ je lui fais don du mien.

Le don suppose le besoin , l'usage ; le cadeau suppose l'agrément. Un homme vient m'exppser ses besoins , je lui fais un don ; un homme m'a rendu gratniteiiient des services , je. lui fais un cadeau ; je lui fais don d'une chose dont il n'a pas précisément besoin , mais qui lui est agréable , qui augmente ses jouissances on lui en doipme de nouvelles* V. Dow; '

CADENCÉ, NOMBRE. Termes de belleslettres. Cadence signifie dans le dbcours oratoire et dans la poésie, la marche harmonieuse de la prose et des vers.

Nombre se dit d*une certaine mesure , flroportion ou cadence , qui rend une période , un vers harmonieux à l'oreille. Le nombre de la poésie consiste dans une harmonie plus marquée qui dépend du nombre déterminé des syllabes , de la richesse , du choix , du mélange des rimes et enfin de l'asgorliment des mots et des sons dont ils sont composés.

CAD ( aiS )

Cest par le nomhre qa'an Vers est doue , conlant , son<Jre ; . et la prit^ation 4a nombre le rend faible , rade oa dur.

Le nombre de la prose est nne suite d^armonie simple et sans af£6ctatioii > moins marquée qne celle des vers , mais que Toreille pourtant aperçoit et goûte avec plaisir* C'est ce nombre qui rend le style aisé , lihre » coulant, et qui donne an discours une certaine ron« deor. . ^

La plus belle pçnsée plaît diffieilament lorsqu'elle y est énoncée en twmes durs et mal arrangés. Si Toreille est agréableii^nt flattée d'un discours doux et coulant , elle est choquée quand le nombre est trop confrt , mal soutenu , quand la chute est trop rapide.

L'orateur doit éviter et le style haché qui n'offre que des idées décousues , et le style traînant, languissant, qui lasse l'oreille et la dégoûte. C'est en gardant un juste milieu entre ces deux défauts , qu'on donne an discours cette harmonie toujours nécessaire pour plaire , et quelquefois pour persuader.

Notre langue a son harmonie propre et particulière qui résulte des ccLdences.X2t.nX.oX graves et tantôt légères et rapide» , tantôt fortes et impérieuses, tantôt douces et coulantes, que nos bons orateurs savent distribuer dans leurs discours , et varier selon la différence des snjets qu'ils traitent. Cest dans leurs ouvrages qu*il faut la chercher et l'étudier. ( Dic" donnisLire des difficultés, )

CADUCITÉ, DÉCRÉPITUDE. La caducité désigne la décadence , une ruine prochaine ; la ^ décrépitude annonce la destruction , la dissolution graduelle.

Décrépitude se dit proprement de l'homme, et ne peut se dire que 'des êtres animés. (7aducité se .dit même dé certaines «hoses ina* nimées. On dit la caducité d'un bâtiment , d'une fortune , d'une succession ; caduc se prend pour fragile , frêle , qui n'a qu'un temps, qui tire à sa fin, qui n'a point d'effet. Nous disons une santé caduque , c'est-à-dire frêle, chancelante ; et nous ne dirons pas une santé décrépite , car la décrépitude est une horrible maladie , manifestée dans toute l'habitude du corps décrépit.

L'usage emploie proprement ces terme» pour distinguer deux âges ou deux périodes, de la vieillesse. On Ut dans l'ancienne Encyclopédie que la caducité est une extrêipe vieillesse.

L'encyclopédiste semble prétendre par là qu'on ne saurait dire caducité dani certains cas ou Von se sen à propos de caduc ; par exemple;xn dit qu'aa jeune homme est caduc; ^ ron ne dira pas c^'il est dans la caduêtcé.

eu

Cela est Vrai', paroQ que eé mùtexpàm» ùTm dinairement la caducité de l'âge. Moia on dira très bien qn'U est dan» un .état de eadueitéi parce que cette manière de parler énmM« ^im»

plement un état pareil k celnidn grand Âge»

Il y a .une vi&llesse verte 9 nne viêOleriM caduque , une vieillesse déorqiite. La tueducité est une vieillesse avancée et inÔrOie , ifiA mène à la décrépitude, La décréptâide eit nncr vieillesse extrême , et pour, ainsi -dire ^;«K nisante, qui mène à la morti Let physiologifltee distinguent ces deux états par les iiatact^reri suivans.Dahs le vieillard caduc f k corps se courbe , l'estomac se délabre , les ndess'afH profondissent par l'exténuation 9 la voix M casse, la vue baisse chaque jouf dé plus en plus , tons les sens s'émonssent , la mémok« devient £aLutxve, tputes les fonctions sont len>* tes et pénibles. Tour dépérit dans le vieillard décrépit , le corps s'affaisse , l'appétit manqué absolument comme la mémoire , la langue balbutie , tous les ressorts sont usés , les sens se perdent, la maigreur est effrayante, la circulation du sang se ralentit à l'excès , ainsi que la respiration , tout se dissout. Le vieillard caduc achève de vivre; le 'vieillard décrépit achève de mourir. ( Extrait dé Kotr*

BAtTD. )

CAFARD. V. Bigot.

CAGOt. V. Bigot.

«AGOTERIE, CAGOTiSME.Le oigotisme est l'esprit , le caractère , le vioe do ctgot $ la cagoterie est une action on l^habitnde des actions qui proviennent de ce yioe. S s'imagine tromper les holdn^es par ses cago»

teries , mais tout le monde déteste son cmgom tisme,

CAGOTISME. V. CAfiOTKmM.

CAHOS, CONFUSION. Cahoi se dit du mélange confus de tous les élémens ayant la création dû monde , et par extension du naélange confus de plusieurs choses susceptibles d'ordre ; cahos dit plus que confusion. Us est difbcile et quelquefois impossible de mettre dé l'ordre dans ce qu'on appelle un cfl^o^/ à force de patience , on vient à bout d'arranger les choses qui sont en confusion, '

CAJOLER , CARESeER , FtATTER , FLAGORNER. Caresser est l'eipression générale î c'est la manière dont on caresse „ et le but qu'on se propose eu caressant qui forment les différences.,

^ Caresser en général , c'est témoigner "par des discours, par des actions, p^r desmanères, par des préveiiances, par des attentions, par dé? inarques d'estime , d'empressement, .d^fenîtié, que ^e!qu:im noua est cher.

CAJ.

- Dans tm sens plus restreint^ H se dit des actions, familières par lesquelles on témoigne que quelqaW nous est cher , comme quand on l'embcasse , quand on lui serre la main.

On caresse sur-tout les enfans , en leur passant la main sur le visage.

Flatter quelqu'un , c'est le caresser ^bt des diseoni» agréables qui intéressent sa vanité , cl^apuillentson amour*«propre , et enflent la bonne opinion qu'il a de lui-même. Ceux qui fiaitent piarquent un grand désir de plaire dans quelque dessein que ce soit. '

Flagorner, c'est flatter d'une manière hzss/e, grossière , impudente , et quelquefois aux dépens des antres.

.Cajoler, quelqu'un , c'est le caresser en lui disant des donoaurs , en affectant de lui tenir des propos obligeans , dan4 le dessein de gagner son affection , et ^e l'amener insensi- Meiiient à faire ce qu'on désire de lui.

JuGs caresses supposent que la personne à laquelle on les fait, est chère ou qu'on veut faire croire qu'elle l'est. Elles sont dans l'un ou l'autre cas l'expression de la vérité on de la fausseté.

Les flatteries supposent de la part de celui ' qui les fait, de la fansseté ou de l'exagération ; de la part de celui qui les reçoit , une vanité aveugle et un amour-propre excessif.

Les cajoleries supposent de la ruse et de la séduction de la part de celui qui les emploie , et de la fragilité de la part de celui qui se laisse cajoler.

l^i& flagorneries sont. l'excès df \si flatterie;

ellessupposent d'un côté beaucoup de fausseté,

de bassesse et de grossièreté , et de l'autre

^ beaucoup d'aveuglement , d'ignorance , de

stupidité ou de faiblesse.

On caresse ceux que l'on aime ou que l'on feint d'aimer, comme ses enfans, sa compagne, ses amis, et jusqu'aux animaux. Les grands et ceux qui affectent de se montrer supérieurs aux autres , ne souffrent point , par orgueil , qvConXes' caresse , dans le sens restreint de ce mot, parce qu'ils y voient une familiarité qui semble les dégrader. Mais ils sont ordinairement assez faibles ou assez vains pour prêter l'oreille à lu flatterie , et quelquefois assez sots pour se plaire à la flagornerie. On flatte ceux à qui on veut plaire , on cajole ceux que l'on veut faire tomber dans quelque piège ; on flagorne ceux que l'on méprise assez pour les croire incapables de sentir pt de repousser des louanges basàes et .grossières. '

Les caresses vraies exigent do- sentiment', les caresses fausses de la dissimulation.

( ai6 ) CAL

fléUter ; Ae Tesprit et de la légèreté ponr cajoler, . Celai qui flagorne a toujours l'anie basse.

CALAMISTRER, COIFFER , FRISER.

Coiffer^ c'est arranger la coiffure et tout ce qui en dépend, c'est orner la tête. Friser, c'est crêper, anneler, boucler les cheveux, de manière que la coiffure soit ^propre et agréable. Calamistrer est une expression ironique gué l'on emploie quelquefois pour sivgnifier arranger on friser leis cheveux avec un soin minutieux et ridicule.

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