‹ Dictionnaire synonymique de la langue françaiseChapitre 150 sur 253 · GER · texte numérisé non relu

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GEiB.

également éloigné des extrémités de Tarbre considéré dans tontes ses dimensions. Tout centre est milieu , mais tout miUeu n'est pas centre,

CEPENDANT, POURTANT, NÉAN- MOINS, TOUTEFOIS. Girard dit que/wurtant a pins d'énergie et affirme ayec plus de fermeté ; que cependant est moins absolu et affirme seulement contre les apparences ; que néanmoins indique deux choses dont on affirme l'une sans nier l'autre, et que toutefois marque une exception à une règle assez générale, ce qu'il confirme par les exemples snivans ou d'antres semblables. Que tous les critiques s'élèvent contre un ouvrage , qu'ils le poursuivent avec tonte l'injustice et la mauyaise volonté possible, ils n'empêcheront /70ur- Uint pas le public d'être équitable et de l'acheter s'il est bon. Quelques écrivains ont répandu dans leurs quvrages les maximes les plus opposées à la morale chrétienne , d'autres ont publié les systèmes les plus contraires à ses dogmes ; cependant les uns et les autres ont été bonsparens, bons amis, bons citoyens même, si on leur pardonne la faute qu'ils ont commise en qualité d'auteurs. Bourdaloue a de la sécheresse; néanmoins il fut célèbre parmi les orateurs de son temps. On dit que certains journalistes ne louent-que ce qu'ils font; toutefois ils ont loué l'histoire naturelle et d'autres excellens ouvrages qu'ils n'ont pas faits.

CERCEAU, CERCLE. Les cerceaux et les cercles servent à relier les tonneaux, les caves, les cuviers, les baignoires, etc.; mais on appelle cerceaux ceux qui sont faits avec dn bois qui se plie facilement , comme le châtaignier, le frêne, le tremble, le noisetier, le saule, etc.; et cercles ceux qui sont faits avec du fer, du cuivre, de l'argent, etc. Des cerceaux de frêne; des cef-cles de fer,

CERCUEIL, TOMBEAU. Ces deux mots signifient un lieu où l'on met un corps mort ; mais cercueil indique proprement un coffre de bois, de plomb ou d'autre matière dans lequel on renferme un corps mort; et tom»

beau l'endroit de la terre dans lequel on Tenfoait. Voilà pourquoi l'on dit creuser un tombeau , et non creuser un cercueil. On dit également, an propre et au figuré, mettre au cercueil et mettre au tombeuu,

CERTAIN. V. Assuré.

CERTAIN , ÉVIDENT. Ce qui est évident est tel, parce que l'esprit aperçoit tout d'un coup la liaison des idées qui le composent.

Ce qui est certain est tel, parce que l'esprit n'apercoi^ la UaisoA d«8 idées qui le compo-

sent que par le secours d*un certain nombr* d'idées intermédiaires. L« tout est plus grand que sa partie, est une proposition évidente par elle-même, parce que l'esprit aperçoit tout d'un coup, et sans aucune idée intermédiaire, la raison qui est entre les idées de tout, et de plus grand, de partie et de plus petite. Mais cette proposition, le carré de l'hypotbénuse d'un triangle rectangle est égale à la somme des carrés des deux côtés , est une proposition certaine et non évidente par ellemême, parce qu'il faut plusieurs propositions intermédiaires et consécutives pour en apercevoir la vérité.

La certitude, en mathématiques, naît toujours de l'évidence, puisqu'elle vient de la liaison aperçue successivement entre plusieurs idées consécutives et voisines.

On pourrait encore distinguer l'évidence, de la certitude, en disant que l'évidence appartient aux vérités purement spéculatives de métaphysique et de mathématiques ^ et la certitude aux objets pbysiques et aux faits que l'on observe dans la natnre , et dont la connaissance nous vient par les sens. Dans ce sens, il serait évident que le carré de l'hypothénuse est égal aux carrés des deux côtés dans un triangle rectangle; et il serait certain que l'aimanl attire le fer. V. Assuré.

CERTAINS, QUELQUES. Expressions vagues que l'on met devant des substantifs pour les désigner d'une manière indéterminée et sans les nommer. Certaines gens pensent, quelques personnes prétendent. Certains a plus de rapport à des qualités particulières des personnes ou des choses qu'on vent indiquer indéterminément; quelques en a davantage au nombre. Certaines personnes pensent, c'est-à-dire des personnes qui ont telle ou telle opinion, tel ou tel sentiment. Quelques personnes, c'est-à-dire un nombre indéterminé de personnes.

CERTAINEMENT , CERTES, AVEC CER- TITUDE. Ils n'avaient certainement pas assez d'énergie pour sentir celle du mot certes, ceux qui auraient voulu le bannir de la langue, on du moins du beau langage. Ils n'avaient donc pas été entraînés par le mouvement fort et rapide qu'il imprime au discours d'un Bourdaloue, lorsqu'à vec l'assurance de l'homme qui sait avec la pins grande certi" tude, cet orateur va , par cette transition vive et pressante , achever le triomphe de ses victorieux raîsonnemens.

La phrase avec certitude désigne principalement, par une simple assertion, que vous I avez les motifs les plus puissans pour assurer,

ctk

on les plus fortes nison» de croire et de dire I Tai va. Je dis qae cet homme tiendra eertcu'

une chose comme certaine en soi, oa dont ▼ons êtes certain. L'adverbe certainement est une affirmation qui désigne votre conviction , la persuasion où vous êtes et Fautorité que vous voulez donner à votre discours par votre témoignage , plutôt que les raisons que vous pouvez avoir d'assurer ou d'affirmer.

Certes est une ajffirmation tranchante et absolue qui annonce l'assurance fondée sur la certitude et la conviction la plus profonde; elle certifie la chose, emporte une sorte de défi , et vous défend , pour ainsi dire , d'élever un doute ou un soupçon contraire. Certes éqaivaut au latin certo , certiàs ^ et il a plus de hardiesse et de mouvement ; il équivaut à l'affirmation répétée en vérité, en vérité; et il est plus décidé et plus impérieux; il équivaut à sans contredit; mais il dit non-seuleuÉbnt qu'il n'y a point, à cet égard, de contradiction, mais qu'il ne peut y en avoir; qu'on ne la craint pas, qu'on la défie. Nous traduirions convenablement par certes ces espèces de juremens latins, herclcy œdepol, ^c. Voyez avec quelle assurance , qaelle fermeté , on vous répond, oui, certes, non, certes.

Tous savez une chose avec certitude , de science certaine , sans aucun doute ; vous l'affirmez certainement, sans crainte , et certes vous la garantissez en homme qui certifie , qui doit être cru , qui répond de la chose, qu'on n'aurait garde de contredire.

uivec certitude, certainement', certes , suivent la même gradation qu'avec vérité , vraiment, en vérité; mais ils ajoutent à l'idée de vérité celle de preuve. Ici vous annoncez avec confiance une chose vraie ou comme vraie; là vous annoncez avec assurance une vérité certaine ou comme certaine. Cette différence supposée, en vérité répond à certes, et se place de même dans le discours , à la tête surtout, et comme conjonction ; vraiment répond à certainement , et modifie comme lui le verbe ou l'action ; avec vérité répond à avec certitude, et marque également une circonstance de la chose.

Certainement affirme qu'on est convaincu , persuadé de la vérité d'une chose, ou qu'on est fermement résolu de la faire. Certainement il tiendra sa parole; certainement j'irai vous voir demain.

y4vec certitude tombe moins sur la conviction ou la persQîfeion de l'esprit qae sur la solidité, sur la force des raisons qui ont produit cette conviction, cette persuasion.

Votre père vous a écrit qu'il arrivera demain , certainement il arrivera. Votre père est arrivé, je puis voeu le dire avec certitude, je

nement sa parole, parce que plusieurs raisons m'ont persuadé qu'il la tiendrait; je dis avec certitude qu'il tiendra sa parole, parce qu'il m'a donné des preuves certaines de la ferme résolution où il est de la tenir ; parce qu'il m'a donné des garanties de sa fidélité , ou que je connais des circonstances' qui l'empêcheront d'y manquer. .

Certainement ne dit pas tant que avec certitude, car l'esprit peut s'abuser, et les motifs de persuasion s'affaiblir ou disparaître. Certainement n'exprime qu'une certitude morale qui peut être démentie; mais avec certitude exprime une certitude métaphysique , ou du moins le plus haut degré de certitade morale. Certainement la paix se fera bientôt , mais il peut arriver qu'elle ne se fasse pas. Certaine^ ment les choses changeront, mais il peut ar* river qu'elles ne changent pas. Je puis assurer avec certitude que deux et deux font quatre, parce que j'ai la certitude métaphysique que la chose ne peut être autrement. Je ne puis pas assurer avec certitude que j'irai vous voir demain, parce que plusieurs circonstances peuvent m'empêcher d'exécuter 'ma promesse, comme la maladie, la mort, etc.

Certes assure avec énergie, d'une manière tranchante et absolue; c'est une espèce d'exclamation d'une ame tellement pénétrée de la vérité d'une chose, qu'elle ne pense pas qu'on puisse raisonnablement en douter , la contester, la combattre. Après la contemplation de l'ordre et des beautés de l'univers , certes on ne peut nier l'existence d'un Dieu.

CERTES. V. Cektainemewt.

- CERTIFICAT. V. Attestation.

CERTITUDE. V. Certaiwemeht.

CERTITUDE, PROBABILITÉ. La certitude est par elle-même indivisible ; on ne saurait la diviser sans la détruire. On l'aperçoit dans un certain point fixe de combinaison , et c'est eelui où vous avez assez de témoins pour pouvoir assurer qu'il y a des passions opposées ou des intérêts divers; ou, si l'on v^t encore, lorsque les faits ne peuvent s'accorder ni avec les passions ni avec les intérêts de ceux qui les rapportent ; en un mot, lorsque du côté des témoins ou du côté du fait, on voit évidemment qu'il ne saurait y avoir unité de motif. Si vous ôteï quelque circonstance nécessaire à cette coiu' binaison, la certitude du fait disparaîtra pour vous. Vous serez obligé de vous rejeter sur l'examen des témoins qui restent, parce qu^ n'en ayant pas assez pour qu'ils puissent représenter le caractère de ronanimité , vous

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