GHE
CHE
dnite; la "voie a rapport à la manièi'e de diriger la condnite.
Chemin se dît d*ane détermination qne Ton prend dans les affaires particnlières ; route se dit de Texemple dn pins grand nombre qne Ton soit dans la condnite générale. Dans cette circonstance , il a snivi le chemin de l'honneur; dans tonte sa condnite, il se laisse entraîner dans la route dn vice.
Cette idée da plas grand nombre, attachée an mot route, fait qn^on ne dit pas la route du ciel, la route du saint; mais on dit le chemin da ciel, da salât; et la voie dd ciel, da saint.
CHEMINER , MARCHER. Cheminer, c'est avancer dans an chemin en marchant. Marcher, c'est proprement se transporter d*an lien à an autre par le mouyement de ses pieds.
Autrefois, le mot cheminer était employé aa propre et au figuré; aujourd'hui, il ne l'est plus qu'au propre. On dit qu'un homme marche bien, pour dire qu'il marche d'une manière convenable , ou qu'il supporte bien la marche. On dit qu'un homme chemine bien, pour dire qu'il avance beaucoup, qu'il fait beaucoup de chemin en marchant. Mais on ne dit plus, ao figuré, qu'un homme chemine bien , pour dire qu'il sait aller à ses fins. On dit, en ce sens, cet homme va son chemin, ou va bien son chemin.
On disait autrefois , au figuré , qu'un poème chemine bien , qu'une oraison chemine bien , pour dire que l'ouvrage est bien suivi, que les parties en sont bien disposées. On ne le dit plus aujourd'hui; on dit, en ce sens, qu'un poème est bien suivi , qu'une oraison est bien suivie.
CHEMINER. V. Acheminer.
CHEOIR, FAILLIR, TOMBER. Ckeoir ou choir ne se dit qn'à l'infinitif et au participe chu. Il ne se dit même guère que dans le style familier, quoique Corneille l'emploie si souvent comme un mot noble et usité , quoique nous n'ayons que chute pour exprimer l'action de tomber, quoique les composés échoir , décheoir soient usités.
Faillir ne se dit qu'à certains temps et au figuré ; c'est tomber dans une erreur, dans une faute , dans une méprise , dans line omission, dans un manquement; faire un faux pas , risquer de tomber, etc. De faillir vient défaillir, tomber doucement, insensiblement.
Tomber est une onomatopée ou imitation du bruit qu'on fait en tombant lourdement.
Ce verbe a pris la place des deux autres parce qa'il est régulier et entier, ou ^u'il a tous les temps graxnmaticaajt,
Cheoir désigne particulièrement an choc , un coup , une impulsion qui fait perdre l'équilibre, renverse, porte de haut en bas.
Faillir désigne proprement l'action de tomber f d'aller en bas , hors de sens par an faux pas , une faute , un défaut; et c'est en effet le sens qu'il a dans toutes les manières usitées de l'employer. Tomber marque spécialement nne chute lourde , brusque , bruyante , d'un liea très élevé , sans exprimer l'idée du renversement comme cheoir, ni celle de faute «u manquemelit comme faillir ; mais avec la .propriété de recevoir tontes sortes de modifications , puisqu'il peut seul être employé dam une foule de cas comme ayant seul tous les temps des verbes.
On tombe da ciel, des nues , de son faant:
indication d'une grande chute ou d'ane chute à grandes distances. On ne fera pas cheoir la pluie ou le tonnerre , Us tombent à cause de la hauteur et du bruit aans idée d'équilibre. Quand on tombe sar ses pieds on n'est qu'abaissé et non renversé. Vous dires figurément faillir quand il ne s'agira qae d'une légère faute, d'une légère méprise; et plutôt, tomber lorsqu'il s'agira d'une faate lourde ou d'une erreur grossière.
Cheoir n'entraîne guère à sa suite qn'nn des termes de l'action, lé lieu, l'état -où Ton tombe. Un homme est chu dans l'eau, dans la pauvreté. Faillir n'exprime que la chute ou la faute sans aacun rapport. On a failli , pécbe, manqué en ceci ou en cela , sans addition , sans indication que l'on soit tombé d^nnlitM* d'un état , ni que l'on soit tombé dans on autre lien , dans an autre état. Mais on dit également tomber sans aucune suite. Tomber d'un lieu , tomber dans nn autre , termes de l'action; tomber de son propre poids; tomber d'inanition, causes de la chute , etc. On tombe de fièvre en chaud mal. Un enfant tombe en chartre. On laisse tomber un discours. Un« chose tombe sous les sens. Les bras voos tombent. Une maison tombe en quenoaiIl«« Le jour tombe. Ainsi tontes les circonstances d'une chute, d'un abaissement, d'une décadence, d'une diminution et de tous leurs rapports , vous les exprimerez par le verbe on avec le verbe tomber. (Extrait de Roubaud.)
CHÉRIR. V. Aimer.
CHÉTIF , MAUVAIS. Chétif est un vienx mot qui signifiait autrefob malheureux, p^'*' vre , infortuné, et qui se dit aujourd'hui des animaux ou des plantes qui ne sont pas dans l'état de croissance, d'embonpoint , de vigueur où ils devraient être.
dîauyais, qui a quelque vice ou quelque
CHÉ ( aSi
défaut essentiel , ou qui n'a pas les qualités relatives à l'usage qa*on en attend.
Ces deax mots, selon Girard, sont s^^nonymes , en ce qa'ils marquent également nne sorte d'inaptitude à être avantageusement placés on mis en usage; et il confirme cette opinion en disant que rinutilité ou le peu de va leur rendent nne chose ckétive.
Ce n'est point là Tidée qu'il faut se faire de la signification du mot chétif. Une roche que l'on ne saurait employer ni mettre aTantageusement en usage à cause de sa dureté et de la diffidalté de la tailler , n'est pas pour <jela nne roche chétis^e ; un aigle qui n'est d'aucune Ittilité pour nos besoins n'est pas un animal chétif.
Chétif se dit proprement des animaux et des plantes qui sont petits et mal conformés , parce que la nature ne s'y est pas dévdoppée aussi complètement qu'elle se développe ordinairement dans les animaux et dans les plantes de la même espèce qu'elle conduit à leur perfection, ou parce que le défaut de sève ou de nourriture a contrarié ce développement. Un enfant est chétif loi*sqae la nature ne s'est développée en lui qu'imparfaitement, lorsque la nutrition a été arrêtée ou suspendue en lui , et alors il est plus petit qu'il ne devrait être; il est maigre, faible, décharné. Un arbre est chétif lorsqu'il n'a pas acquis la grosseur convenable, qu'il est faible et grêle , qu'il est dévié de sa direction naturelle « noueux, rabougri, mal fait.
Chétif &e dit aussi des espèces par comparaison avec celles dont les qualités sont plus considérables, plus étendues, plus actives, plas parfaites ; ou par la considération du peu de consistance, de stabilité, d'importance qu'ont en général les choses de ce monde. Un ciron est un chétif animal en comparaison d'an éléphant; les éphémères dont la vie dure à peine quelques heures sont de chétif s animaux ; l'homme même est un animal bien chétif fn comparaison des grandes merveilles de la nature.
On le^it aussi par analogie des choses qui ont peu d'énergie, de consistance, d'étendue, de stabilité , etc. Une- chétive espérance , une chétive existence ; c'est un salaire bien chétif pour un si grand travail.
On peut donc dire que chétif emporte Udée de l'exignité ou* de l'imperfection des qualités des choses considérées relativement à d autres choses. Il n'y a dans cette signification rien de commun avec mauvais, et ces deux mois ne peuvent point être considérés comme synonymes.