‹ Dictionnaire synonymique de la langue françaiseChapitre 155 sur 253 · CHÂTEAU, MAISON, HOTEL, PALAIS · texte numérisé non relu

CHÂTEAU, MAISON, HOTEL, PALAIS

Ces quatre mots désignent des édifices égale-

ment destinés à lliabitation des hommes. La | rçTé^aS| par le droit dQnt ils 9Qnt en poi

CHA

différence vient oti de leur simplicité, dtt dé leur magnificence.

On entend en général par maison nn "ïAû" ment plus ou moins simple, destiné à l'habitation des hommes, et qui n'annonce ni na grand luxe ,' ni une grande magnificence. Les maisons sont ordinairement habitées par des personnes d'une fortune médiocre ou bornée.

Vhétel est un grand bâtiment dans une ville , caractérisé par le faste de son extérieur, l'étendue qu'il embrasse, le nombre et la divers site de ses logemens, la ridiesse de sa décoration.

Les hétels servent ordinairement à loger des personnes revêtues de grandes dignités, on qoi jouissent d'une fortune très considérable.

Le palais est un bâtiment magnifique, pro* pre à loger nn roi, nn prince, ou quelque autre personne revêtue d'uhe hante dignité.

H se disait autrefois , par abd»', des édifices on logent les évêques et les archevêques. On dit aujourd'hui l'évécfaé, l'archeréché.

CHÂTIER, PUNIR. Châtier, en latin «<»tigare, àexasttun agere, rendre bon, pur, irréprochable.

Châtier, c'est faire subir une peine à Un inférieur qui a commis une faute, dans le dessein dé le corriger, de le rendre meiUenr.

Punir, du latin /xr/ia, peine. Faire subir une peine , pour une faute , pour un crime.

Châtier et punir signifient également faire subir une peine ; la différence est dans l'intention. On châtie pour tendre meillear; on/?»nit pour faire expior.

Le châtiment dit ime correction; la puni' tion ne dit précisément qu'une mortification faite à celui qu'on punit.

Le mot de châtier porte toujours «veo lui une idée de subordination qui marque l'an*^ torité ou la supériorité de celui qni châtie sur celui qui est châtié. Mais le mot de punir n'enferme point cette idée dans sa signification : on n'est pas toujours puni par ses Supérieurs , on l'est quelquefois par ses égaux, par soi-même, par ses inférieurs, par le seol événement des choses, par le hasard, on par les suites mêmes de la faute qu'on A eommise.

On peut observer sur cette remarque, qni est de Girard, qu'il ne prend pas ici punir dans le sens d'Infliger une peine qui suppose toujours une personne , ou des personnes qui prononcent la peinç. En ce sens , punir enferme toujours l'idée d'autorité, de supériorité , car si ceux qui infligent la peine sont , dans la société , les égaux ou les inférieurs de relui qu'ils punissent, ils deviennent supéliears par l'autorité dont ils sont actuellement

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lésion. On peut donc dire qae punir, qqand i qu'elles ont été battues. Dans ce sens, on dit

tLZ V'A^T^^ 9.^^, punissent, enferme des maisons couvertes. de W/Ze.

toujours lidee d'autorité et de supériorité. Le chaume n'est pas d'une g,

La remarque de Girard ne pourrait être

juste que dans le sens passif, et lorsqu'il s'agit

de choses qai font éprouver une peine, et

non d'hommes qui l'infligent. Mais en ce sens punir n'est pas synonyme de châtier; car ces

deux mots supposent une intention, et punir,

dans le sens de Girard, l'exclut entièrement. CHÂTIMENT, PEINE. Châtiment est un terme qui comprend généralement tous les moyens de sévérité permis aux chefs des petites aociétés qui n'ont pas le droit de vie et de mort, et employés, soit pour expier les fautes commises par. les membre» de ces sociétés, soit pour les ramener à leur devoir et les y contenir. La fin du châtiment est toujouis ou l'amendement du châtié, ou la satisfection de l'offensé. U n'en est pas de même de la peine; sa fin n'esé pas toujours la réformation du coupable, puisqu'il y a un grand nombre de cas où l'espérance d'amendement vient à manquer, et où la peine peut être étendue jusqu'au dernier supplice. C'est le souverain qui inflige la peine; c'est un supéneur qui ordonne le châtiment, tes lois du gouvernement ont désignéles/?e«/iej,-les constituti6ns des sociétés ont marqué les chatimens. ( Encyclopédie. )

CRÂTRÉ. V. Castrat.

LE CHAUD. V. lA Chaleur.

CHAUFFER, ÉCHAUFFER. Chauffer, c est communiquer à une personne ou à une •chose la /îhaleur du feu, en la mettant et la tenant auprès.

Échauffer, c'est dissiper la sensation du froid par du mouvement, de l'exercice, ou de quelque autre manière semblable. On fait chauffer de l'eau en la tenant auprès du feu; on se chauffe en se tenant près du feu. On B échauffe en marchant, en courant, ou eu faisant quelque autre exercice. On échauffe un malade en mettant sur lui de bonnes couvertures, en lui faisant prendre des boissons échauffantes.

CHAUME, PAILLE. Chaume se dit, en général, de la tige des graminées, telles que Its blés et les avoines. On dit, en ce sens , une maison couverte de chaume.

Chaume se dit plus particulièrement de la partie de cette tige qui ïeste dans les champs

pas d'une grande utilité; dans plusieurs cantons , on l'abandonne aux pauvres, qui s'en servent pour se chauffer et pour quelque autres usages.

L'usage de la paille est très étendu. Elle sert de nourriture et de litière aux chevaux et aux autres bêtes de somme ; on en couvre les mabons des villageois; on en fait divers ouvrages.

CHAUTMIÈRE. V. Cabane.

CHEF, TETE. Chef, c'est proprement la partie la plus élevée de la tête de l'homme, celle qui serait coupée par un plan horizontal qui passerait au-dessus des sourcils. Il ne se dit guère au propre, si ce n'est en poésie et en parlant des reliques des saints, comme quand on dit Je chef de saint Jean.

Au figuré, ces deux mots sont usités, avec cette différence que le mot de tête convient mieux lorsqu'il est question de place ou d'arrangement , et que le mot de chef se dit particulièrement lorsqu'il s'agit d'ordre ou de subordination. On dit la tête d'un bataillon , le chefà'uu bataillon. Le chef d'un parti; commander en chef.

CHEF , PIÈCE. Termes d'économie rustique. On dit cent chefs de yolaille, pour dire cent pièces àt volaille. Ces termes s'appliquent aussi aux bêtes à cornes et à laine, quand on fair le dénombrement de ce qu'on en a, ou de ce qu'on en vend. Cent chefs de bêtes à cornes, cent 'pièces de bêtes à laine; cependant le mot chef ne s'emploie que quand la collection est un peu considérable, et on ne dira jamais deux chefs de bêtes à cornes.

CHEMIN, ROUTE, VOIE. Au propre, ces trois mote se disent d'un espace en longueur qu'on peut parcourir pour aller d'un lieu à un autre.

Le chemin est le terme général; il y a plusieurs sortes de chemins, et tous conduisent en un lieu. Il y a des chemins pour les gens de pied, il y en a pour les voitures.

Un chemin large, construit solidement de main d'homme pour toutes sortes de voitures, qui conduit d'un endroit considérable à un autre endroit considérable, dans une distance d'une longae étendue, est ce qu'on appelle une route. La route de Paris à Lyon, la route de Lyon à Paris. Il conserve le nom de che-

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après que les blés ont ete coupés. On ne dit min, si on le considère seulement comrfe un pas, en ce sens, nn*» mnicnn ^/^.^-r»»*.» j i » , .

pas, en ce sens, une maison couverte de chaume, parce qu'on ne couvre pas les maisons avec cette sorte de chaume,

l^tiïlle se dit de la tige des graminées après

espace sur lequel on peut cheminer, marche^, avancer; ou comme un moyen de communication entre deux endroits peu éloignés l'un de l'autre. La rouu d'Orléans est fort com-

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mode poar les rouliers; je me suis promené SOT le chemin d^Orléans.

Ainsi, chemin et route diffèrent aussi par réloignement des lieux où ils conduisent. On dit le chemin de Yincennes, de Passy; le chemin des Invalides, et la route de Bordeaux , de Perpignan , etc.

Plus Tendroit est éloigné, plus le nom de route est convenable. Le chemin du village, le chemin du cbef-lien; la route d'Italie, la route d'Allemagne.

Route se dit et des lieux où aboutit une route, la route de Bordeaux, la route de Strasbourg; et des lieux par où elle passe pour arriver à son dernier terme. Ainsi, Ton dit la route de Saint-Denis , pour dire la route qui passe à Saint-Denis; la route de Nevers, pour dire la route qui passe à Nevers. Mais si Fendroit par où passe une route est considéré comme sa fin, comme son terme, quoiqu'elle ne le soil pas en effet, la rpute prend alors le nom de chemin. Ainsi , Ton dit le chemin de Saint-Denis , lorsqu'on considère la route qui y conduit comme aboutis* sant à Saint-Denis , et ne se prolongeant pas plus loin; et Ton dit la route de Saint-Denis , lorsqu'on considère ce lieu comme un passage pour se rendre à d'autres lieux plus éloignés. D'après ces idées, on dit entreprendre une route ^ et non entreprendra un chemin. Mais on dit se mettre en chemin, quand on ne doit aller qu^à un endroit peu éloigné, et se mettre en route, quand le lieu où l'on veut aller est fort éloigné. Ainsi, on dit du même espace chemin on route, suivant les circonstances.

On se sert aussi, dit Girard, des mots de route ou de chemin pour désigner \à marche; mais il y a alors celte différence , que le pre- Dïier , ne regardant que la marche en ellemême , s'emploie dans un sens absolu ^et gênerai, sans admettre aucune idée de mesure ou de quantité. Ainsi , l'on dit simplement être en route , faire route; au lieu que le second , ayant non-seulement rapport à la marche, mais encore à l'arrivée qui en est le l^iit, s'emploie dans un sens relatif à une idée de quantité, marquée par un terme exprès, on indiquée par la valeur de ce qui lui est joint; de sorte qu'on dit faire peu ou beaucoup de chemin, avancer chemin,

IMous observerons sur cette remarque, que chemin et route ont également rapport^et à la marche et à l'arrivée qui en est le but. La route, de même que le chemin, conduit à un hea comme à un but. On dit être en route , mais on dit également être en chemin, et l'un * 1 autre signifient être en mouvement pour rapprocher du but. Si l'on ne dit pas faire

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chemin, comme on dit faire route , c'est que route suppose une longue marche, un long travail , et que chemin ne suppose qu'une marche courte , que. l'on ne considère pas comme une entreprise , comme un long travail. Mais on dit, il a fait la moitié de la route, et il a fait la moitié du chemin, et dans ces phrases , cheinin et route n'ont pas la différence que Girard leur assigne; ils signifient également la marche, avec rapport à l'arrivée au but.

JToie se dit des routes et des chemins considérés comme passages publics , et relative- ,ment aux personnes qui y passent. Ainsi, l'on dit embarrasser la *voie publique, pour dire mettre des embarras au passage du public; et obstruer la voie publique, pour dire mettre des obstacles au passage dans la voie publique. Exposer un enfant sur la voie publique, c'est l'exposer sur un endroit où l'on' passe, afin que les passans le remarquent, y fassent attention.

Voie se dit de la manière dont on voyage , aller par la voie d'eau, par la voie de terre.

Foie se dit au lieu de chemin et de route , en parlant des chemins et routes des anciens Romains.

On le dit aussi, en termes de chasse , du chemin par où la bête a passé.

Ei^ termes dé jurisprudence, on appelle voie privée , un chetnin qui n'est point fait pour le public, mais seulement pour l'usage d'un particulier; et voie publique, tout che^ min ou sentier qui est destiné pour l'usage du public.

Ces trois mots se prennent aussi daps le sens figuré, et ont entre eux quelques différences.

Le chemin et la route se disent de la conduite que l'on tient pour arriver à quelque fin ; ils disent quelque chose de plus fixe , de plâs certain, de plus sûr, de plus déterminé ; la voie dit quelque chose de vague, d'incertain, d'indéterminé. '

Le chemin et la route existent et sont connus avant que l'on agisse ; la voie dé])end de l'imagination, des lumières, de la prudence, de la manière de voir. On prend un chemin, on suit une route; on cherche une voie, et on est souvent trompé eu croyant en avoir trouvé une bonne. Le chemin et la jvufe conduisent nécessairement au but; les hommes s'égarent dans leurs voies.

Le chemin et la route vont au but de la manière la plus courte , la plus ouverte , la plus franchev; les voies sont souvent détournées, cachées, obscures.

Le chemin et la route ont rapport à. la con-

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