CIR
centre. Le circuit est la ligne on le terme auquel aboutissent les parties d'un corps ou d'une étendue, en s' éloignant de la ligne di'oite , ou en formant des tours , des détours , d'es retours.
Vous faites le tour de votre jardin ; des remparts font le tour de la ville ; vous ne faites pas la circonférence d'un corps , mais le corps a sa circonférence ; elle est marquée par l'extrémité de ses parties , de ses rayons. Vous ne faites pas le circuit d^ la chose, mais la oliose a un circuit dans lequel elle se renferme , ou vous tracez le circuit qui doit former en quelque sorte son enceinte.
Tour est le ternie vulgaire et qui ne se prend pas toujours dans le sens rigoureux. On dit qu'on a fait le tour de la ville, quand on a été dans ses différens quartiers. Circonférence est un terme de géométrie. Circuit est un terme détourné de son sens propre , qui est de s'éloigner de la lignic droite, et défaire des détours.
En style de peinture et de scnlptnre , on dit le contour, pour désigner la ligne qni termine la figure , on les lignes qai terminent les dififérentes parties de la figure , qui la dessinent ou en marquent la forme.
En style d'architecture , ou dit le pourtour d'un bâtiment , d'une cour , d'une diiambre, pour désigner tout le tour , le tour entier de la chose dont on fait le toisé. ( Roubaud. ) CIRCONLOCUTION , PÉRIPHRASE. La périphrase et la circonlocution consistent à dire en peu de paroles ce que l'on aurait pu dire en moins. )
La périphrase suppose \è. phrase , nne proposition composée de divers termes et qni forme un sens. La circonlocution suppose la locution , et nous entendons par locution une certaine manière de s'exprimer qui a quelque chose de particulier. Ainsi Isl périphrase devrait naturellement rouler snr une proposition entière , et la circonlocution sur une expression quelconque. Par circonlocution vous appellerez Louis XII le Père da peuple ; Alexandre , le Vainqueur de Darias : ce n'est pas là une phrase. Par périphrase , vous direz que le soleil sort des bras de Thétis , ou qu'il se replonge dans l'Océan , pour dire, qu'il se lève ou qu'il se coï^he ; chacune de ces propositions a un sens complet. Cette différence est dans les termes , quoiqu'on n'y ait point d'égard ; car , ainsi que l'observe Dumarsais, la périphrase tient aussi la place d'un mot , quoique ce soit plutôt l'office de la circonlocution.
Périphrase est proprement un tenue de rhétorique ; la périphrase est une figure par laquelle , à l'expression simple d'une idée vous substituez une description ou une expression plus développée , pour rendre le discours plus agréable , plus noble , plus sensible , plus frappant , plus intéressant , plus pittoresque.
Circonlocution est un terme plus simple* la circonlocution sera plutôt une expression détournée , développée , et substituée à l'expression naturelle , sans art , ou moins par art ou avec une intention oratoire ou poe:
tique, que par nécessité , par conven^^nce , pour la commodité , pour l'utilité , soit parce qu'on n'a pas le mot ou l'expression propre , soit parce qu'il est à propos de s'en abstenir , ou parce qu'il s'agit de faciliter l'intelligence des choses. La ciVco«/ocwftort serait donc Idperi' phrase commune , familière , sans prétention de style et de recherche dans l'élocution; la périphrase serait donc la circonlocution oratoire ou poétique , faite pour embellir ou relever le discours.
GÏR
crr
Dans la conversation ordinaire ^ nous usons de circonlocutions pour faire entendre ce que noas ne voulons pas ou ne pouvons pas dire d'ane manière expresse ; etce.< détours i^e s'appellent pas des périphrases. Mais vous appe* lez périphrases , des circonlocutions inutiles , superflnes', étudiées , affectées , opposées à la simplicité naturelle de la conversation.
Ainsi la circonlocution sert plutôt à voiler , ^ déguiser , à affaiblir ou à adoucir par une manière détournée , • ce que la périphrase a phtdt pour objet de développer, d'éclairer on de renforcer et d'étaler par une exposition plus circonstanciée et plus frappante. (Blou-
BAUD
CIRCONSPECT. V. Avisé.
CIRCONSPECTION. V. Attention.
CIRCONSTANCE. V. Cas.
CIRCONSTANCE, CONJONCTURE. Cir^ constance, dit Diderot, est relatif à l'action; conjoncture est relatif au moment. La circonstance est une des particularités de la chose ; la conjoncture lui est étrangère, elle n'a de commQn avec l'action que la contemporanéité.
La ciràonstance j considérée comme une partie, une particularité de l'action, n'a rien de commun avec la conjoncture , étrangère à l'action et seulement contemporaine. Ces deux roots ne sont point alors synonymes. Mais noas disons sans cesse les circonstances des lieax, des temps, des personnes^ des choses relatives à un objet particulier ; c'est ce que noas appelons aussi conjonctures. Or, ces cirr constances sont hors de la chose, comme les conjonctures^ et les conjonctures ne lui sont pas absolument étrangères. L'un-et l'autre de ces mots annonce la disposition , l'état parti- <^iilier des choses qui doivent influer sur l'événement, sor le &nccès. Circonstance signifie, à 1 a lettre, l'état d'être autour; et conjoncture, la disposition à se joindre avec une chose; La circonstance est donc ce qui environne ou accompagne- la chose; la conjoncture, ce qui a du rapport avec elle, ou de l'influence siir elle. Quand nous disonç que les circonstances changent, qu'un homme se trouve dans une ^cheuse circonstance, qu'une circonstance empêche d'agir, nous ne prétendons pas désigner an changement dans la chose même ; ce cbangement est hors de la chose , mais il prodoit sur elle un effet particulier.
La conjoncture et la circonstance sont à la chose comme deuî: cercles concentriques à un point donné. La circonstance est le cercle renfermé dans la conjoncture. La conjoncture inflae de loin sur l'événement; la circonstance touche, pour ainsi dire, à l'action. La con-
joncture est un ordre de choses , une dispiôsition de circonstances générales les moins prochaines , favorables ou contraires à la chose. La circonstance, distinguée de la conjoncture, est une disposition particulière d'une chose qui favorise ou contrarie actuellement le succès. Les conjonctures sont disposées avant l'action et indépendamment de l'action; les circonstances sont avec l'action même. Il est difficile que le système ou l'ensemble des con^^ jonctures change ; mais il arrive sans cesse de^ changemens dans les circonstances, La circons* tance est une particularité de la conjoncture.
Les conjonctures préparent et présagent le succès d'une guerre; une circonstance împTé' vue fait perdre ou gagner une bataille.
Un bon esprit tire avantage des conjonc-^ tares; un esprit délié tire parti des circon^ stances. ( Extrait de Roubaud. )
CIRCONVENIR, TROMPER. Ces deux mots se disent au palais^ Circonvenir ses juges , c'est les entourer de gens ou d'apparences qui leur font voir les choses autrement qu'elles ne sont ; les tromper, c'est les induire en erreur de quelque manière que ce soit. Circonvenir emporte une idée de ruse, d'air tificej tromper emporte celle de fausseté, d'imposture, do mensonge.
CIRCUIT. V. CmCONFÉRENCE.
CIRCUIT, DÉTOUR. Ces deux mota se disent gour signifier Faction ^e «'écarter plus ou moins de la ligne droite qui" conduit à Un endroit. Mais le circuit marque un éloignement considérable en forme de cercle , et le détour un simple écart de la ligne.
CITÉ, VILLE. C/ft?, du latin coire, aller, joindre ensemble, se disait chez les anciens de la totalité des familles qui formaient un corps politique souverain , une république particuculière. Ils donnaient aussi ce nom à l'endroit principal où siégeait ftissemblée générale ou représentative d'un people souverain. Voilà pourquoi il y a encore dans quelques ^villes, comme Paris et Londres, des quartiers que l'on nomme la cité. Ces quartiers étaient les lieux où se tenaient anciennement les assemblées générales d'un peuple libre qui habitait le canton , et ils ont conservé ce nom.
Une Dille est l'assemblage d'un jjrand nombre de maisons disposées par rues, et fermées d'une clôture commune. ♦
La cité est composée de tous lés citoyens qui participent en commun au gouvernement.
La 'ville est composée de toutes les maisons qu'habite un certain nombre d'hommes, soit qu'ils aient ou non le droit de CfVe , soit qu'ils soient ou non citoyens.
la cité n*est composée qne det citoyens ; la wile ne renferme que des maisons et des habitans. .La 'V'V/e peat être détraite , et la cité subsister encore, si les citoyens ne sont pas exterminés on qae lears lois politiques ne soient point anéanties.
La cité peut être dispersée dans plusieurs villes y "àatii plusieurs contrées, lorsque plusieurs -d'entre les citoyens qui la composent sont dispersés dans ces wlles, dans ces provinces, dans ces contrées.
On n'emploie plus guère le mot de cité en M sens. On dit quelquefois qu'une grande Mé a été détraite, qu'une cité est commerçâtes etc. ; mais alors on prend cité dans le sens de ville; on appelle république ce qu'on
•appelait anciennement cité, mais ce mot n'a pas exactement le même sens que celui qu'on attachait autrefois k celai de cité, , CITBR. V. Allé&uer.
ÇITOyEN. V. Bourgeois.
CIVIL, Y. Affable , Poli.
...CIVIUTÉ. V. Affabilité.
CIVILITÉ, POLITESSE. Les hommes étant îéellçment tous égaux, quoique de conditions
• difCérentes , les égards qu'ils se doivent sont égaux aussi» quoique de différentes espèces. Les égards du sapérreur, par exemple, consistent à ne jamais laisser apercevoir sa supériorité, ni donner lieu de croire qu'il s'en souvient ; c'est en quoi consiste la véritable, politesse des grands ;'la simplicité en doit être le caractère. Trop de démonstrations extérieures nuisent soavent à cette simplicité; elles ont un air de
'faveur et de grâce sur lequel l'inférieur ne se mépi*end pas*, pour peu qu'il ait de la finesse dans !e i^ntiment. Il croit entendre le sapérieur lai dire par toutes ces démonstrations : Je suis fort au-dessus de vous, mais je veax bien l'oublier un moment, parce que je vous fai"s l'honneur de vous estimer, et qne je suis
'd'ailleurs assez grand pour ne pas prendre
'ayep vous tous mes avantages.
' La w^vt politesse est franche, sans apprêt, sans étude, sans morgue , et part du sentiment intérieur de l'égalité naturelle ; elle est la vertu
'd'une ame- simple, noble et bien née; elle ne consiste réellement qu'à mettre à leur aise ceux avec qui l'on se trouve. La civilité est
'bien différente; elle est pleine de procédés
'sans attacheinent. v
* CIVISME, PATRIOTISME. CiviAne, du latin cii^is, citoyen , indique le sentiment de celui qui est dévoué à ses concitoyens,' et les sert de tous les moyens qui sont en son pouvoir.
* ^ *" * oatrie, iudi-
( a58 ) CLA
Le patriote est celui qui aime sa patrie , sa nation ; le pafriotisme est cette vertu mise en action. '
Le civisme a plus de rapport aux concitoyens*, le patriotisme en a davantage à la patrie.
Celui qui s'expose à la mort pour sauver ses concitoyens fait un acte de civisme ; celui qui s'expose à la mort pour sauver sa patrie fait nn acte de patriotisme. C'est un acte de civisme de la part d'un général, de s'exposer pour épargner le sang de ses soldats ; c est un acte de patriotisme de donner une partie de #es biens pour venir au secours de TÉtat : le premier sauve des concitoyens ; le second fait tout ce qu'il peut pour sauver sa patrie.
Le civisme se montre dans toutes les circonstances de la vie, daiis tous les cas ou il s'agit de rendre des services désintéressés à ses concitoyens; le patriotisnie se montre partictilièrement dans les- conseik et dans les camps, dans tous les èHs où il est question de ser?ir sa patrie.
CLAIRVOYANT, ÉCLAIRÉ. Ce^ dcai termes sont rdatifs aux lumières de l'esprit
L'homme clairvoyant a une faculté naturelle par laquelle il apprend à connaître les choses, à les voir telles qu'elles sont, aies distinguer les unes des autres.
C'est par l'exercice de cette faculté qu'il devient éclairé; c'est-à-dire qu'il rassemble une quantité de connaissances propres à lui donner une idée juste des choses, à les lui faire distinguer les unes des anti*es.
L'homme clairvoyant. & la facnltéiïe bien voir, de bien connaitre; l'homme éclairé voit bien, connaît bien.
• Un juge clairvoyant pénètre les circonstances et la nature d'uiie cause; lorsqu'il les a pénétrées, il est éclairé.
11 faut être clairvoyant pour parvenir à bien connaitre une chose ; il faut être éciairé poureu bien juger.
L'homme éciairé sait ce qui est; l'homme clairvorant saix, ce qui doit avoir été, et prévoit ce qui sera.
L'homme clairvoyant pent se tromper, parce que, malgré tons ses efforts, il pent ne pas saisir la vérité qu'il poursuit, mais il ne peut être trompé par les autres, parce qu'il pénètre leurs intentions et leurs desseins; l'honime éclairé ne peut être abusé, parce que ses lumières sont fondées sar des notions claires et positives; il voit les choses telles qu'elles sont. c'est en vain qu'on voudrait les hii présenter sous un faux jour. "
Il faut être éclairé dans les matières des faits passés, des lois prescrites , et autres cbo-
CLA; ( aSp )
ses semUaliles qui ne sont point abandonnées à notre conjectare; il faut être clairt^ojane dans tous les cas où il s'agit de probabilités, et où la conjectare a lien.
CLAMEUR, CRI. Ces deux mois indiquent en général des sons inarticulés , poussés avec etti^vt par un être sensible.
Cri est le mot général, et ^e dit de tont son inarticulé poassé par une créature humaine ou par un animal, quelle qu'en puisse être la cause ow l'occasion. Cri de douleur, cri de joie.
Clcuneur ajoute à l'idée de cri celle de plusieurs personnes qui crient très haut, en tumulte, sans modération et sans retenue, dans l'intention de se plaindre , de demander
quelque chose ou de manifester leur haine ou leur indignation contre quelqu'un ou contre quelque chose. Ainsi clameur ne se dit point des animaux. On veut bien, dit Voltaire, faire des malheureux, mais on souffre d'entendre leurs clameurs.
Le en est l'expression des sentimens que l'on éprouve. Ainsi l'on manifeste par des ctis sa douleur, sa joie, son estime, son adni^ration, sa haine ouso^n amour, sou m^con^ tentementon &on contentement, son approbation t)u son improbation. La clameur est la manifestation publique et passionnée d'un désir ardeHt fondé ou non fondé.
Il y a toujours une certaine idée d^exagé^ ration jointe à la clameur, et cela «st naturel , puisqu'elle ne va point sans passion ; de là ' vient qu'on dit quelquefois clameurs pour indiquer des cris exagéra et ridicules, et qu'on prend souvent ce mot en mauvaise part.
Les clameurs de la popvlace , les clameurs des sots. Le «sage respecte le cri publie , et méprise les cTameurs des sots.
CLANDESTIN, SECRET. Une chose est jecz-èfe^orsqu'elle n'est pas connue du piihlic, parcfe qu'on est forcé de lui en dérober la connaissance ( une chose est clandestine lorsqu'elle a été faite secrètement dans le dessein d'éluder les lois <N2 de s'y soustraire. Un ma* riage est secret^ lorsqu'il n'a pdint été déclaré et qu'il -n'est point avoué par ceux qui i'ont contracté; il est clandestin lorsqij^on l'a contracté • en secret sans l'observation dés forma Htés'exigée.5 par les lois. Une assemblée est secrète si , quoique permise, elle a lieuf en secret ; elle est clandestine si elle est défendue par la Ici: Tout ce qui est seci^t n^est pas clandestin. - • '
CLARTÉ, LUMIÈRE, LUEUR , ÉCLAT, SPLENDEUR. Ces cinq mots ont rapport aux effets de la lumière (^\ rendent les abjets plus