‹ Dictionnaire synonymique de la langue françaiseChapitre 163 sur 253 · CLY · texte numérisé non relu

CLY

coc

destiné à couvrir cette onvertare ou. à lu laisser tibre, poar l'an ou Vautre de ces usages.

A ce qui est clos il n'y a point dp passage, on ne peut y pénétrer; ce qui est fermé peut être ouvert, et on peut y pénétrer en l'ouvrant.

Ce qni dde est immobile et à demenre , il ne laisse aucun passage , il ne s'ouvre point ; ce qni fhrme est mobile et destiné à s'ouvrir pour favoriser l'entrée ou la sortie , on l'ouvre et on le f^rtne.

On dit par extension qu'une porte, qu'une fenêtre n'est pas bien close, quoiqu'elle soit \Àti\. fermée- y c'est-à-dire qu'il y a entre ses parties des intervalles qui laissent entrer l'air ou le froid , quoique l'ouverture destinée à faire entrer à volonté l'air, ou les personnes ou les animaux , soit exactement couverte.

Votre bourse est fermée, on peut l'ouvrir, elle n'est pas close; votre porte est close à certaines personnes , vous ne voulez pas qu'elle puisse leur être ouverte , vous voulez qu'elle soit pour eux aussi immobile qu'une partie de clôture. Dans les tribunaux, on juge certaines causes à buis clos , et non pas à ^ne fermées, car si elles n'étaient que fermées, on pourrait les ouvrir; mais elles sont closes, immobiles comme toute antre partie de clôture. La nuit close ne laisse plus pénétrer le jour. Un livre est fermé, mais on peut l'ouvrir, il n'est pas clos, -Lai main s'ouvre et ^ ferme; elle ne se clSt pas.

U n'y a point de jour, d'issue, de passage , a ce qui est clos; s'il s'y trouve des passages, des issues , des ouvertures , on les bouche ; on ne les ferme pas, parce qu'ils ne sont pas destines,à être ouverts on fermés,

CLYSÏÈRE, LAVEMENT, REMÈDE. Ces trois mots se sont succédé dans la langue , pour, signifier une sorte de médicament liquide qu'on introduit dans le gros intestin avec une seringue. On a abandonné le» mot cljrstère, dérivé d'un mot grec qui signifie laver , et on y a substitué avec raison le mot uivement , dérivé du latin , qui sigbifie la n»eme chose , mais qui est beaucoup plus à la portée de toutes les intelligences. Les ecclésiastiques se scandalisèrent de cett^ innovation, ^.arce que ce substantif est employé dans quelques cérémonies de l'Église. Ils cabalèrent a la cour pour faire déclarer que le mot lavenient était un terme déshonnête, et ils y parvinrent par le moyen des jésuites et de madame ûe Maintenon , qui , comme on sait , avaient des consciences fort délicates. L'académie française décida, par ordre de Louis XIV, qu on ne désignerait plus cette injection que

par le mot remède. Cette décision anadémîque • ne fut pas plus respectée par le public que tant d'antre», et l'on en revint bientôt au mot lavement, qui est plus clair que celui de remède , et n'offre point comme lui un sens équivoque; et le mot lavement s'est conservé, jusqu'à présent; les médecins, les apothicaires et la très grande majorité du public, disent un lavement, et avec raison. En effet, remède est un terme si général, si vague, si éloigné de ce qu'on entend par lavempnt, que si un médecin , voulant en ordonner nn à un malade, dit qu'il lui ordonnera un remède, on entend naturellement par là nn médicament propre à guérir, et nullement Tinjection dont il est question.

Cljrstère est vieux , il emporte avec lui une idée de ridicule qui le restreint au style burlesque. On ne le trouve plus guère que dans les farces de Molière.

. Lavement est un terme généralement employé par les niédecins, les apothicaires, et par toutes les personnes qni ne se piquent pas d'une délicatesse digne des précieuses ridicules, et qui parlent pour être entendues.

Page 1