COL, PAS, DÉTROIT, DÉFILÉ, GORGE
Chacun de ces mots désigne un passage étroit.
Le détroit est en général un lieu serré, étroit, ou l'on passe dif licilemcDt. Use dit d'une mer ou d'une rivière resserrée entre deux terres, d'une langue de terre resserrée entre deux eaux, et d'un passage serré entre deux montagnes. Les détroits de Magellan, de Le Maire, de Gibraltar, etc., sont des bras de mer ; les Thermopiles , les fourches caudines , sont des détroits entre des montagnes; les isthmes de Corinthe , de Panama , sont des détroits de terre entre deux mers.
Défilé est un terme de guerre ; on entend par ce mot un passage ou chemin étroit à travers lequel un corps d'infanterie on dé cavalerie ne peut passer qu'en défilant ^ et en formant un très petit front. On garde un défilé ; on s'engage dans un défilé; on attend l'ennemi à un défilé ; on est pris dans un défié.
Gorge , entrée d'un passage dans des montagnes, ou entre deux collines. On n'entre dans la Valteline que par une gorge.
Col, terme de géographie. Passage long et étroit qui, comme le cou de l'homme, s'élargit à l'entrée et à la sortie, ou qui aboutit de chaque coté à des capacités plus grandes.
N Pas , passade étroit et difiicile dans une vallée , dans une montagne.
COLÈRE, COLÉRIQUE.. Ces deux mots ont rapport, à la passion que Ton nomme colère. Mais par le premier on désigne une personne qui se livre habituellement à cette passion; et par le second une personne qui y est poussée par son tempérament et son'humt'ur.
Un homme colère est tellement sujet à la colère que les actes de cette passion sont tournés chez lui en habitude; un homme colérique .éprouve à la moindre occasion les mouvemcns intérieurs de la colère , mais ordinairement il est assez fort pour les réprimer et les empêcher tle se manifester an dehors.
L'homme colère a un vice auquel il s'abandonne sans Césure et .sans réserve j l'homind
COL
COL
colérique a un défaut dont il parvient souvent ' à se rendre le maître.
C'est la sensibilité et la vivacité de rimagination qui rendent rhomme colère; c'est la vivacité du sang et une certaine humeur acre et dominante qui le rendent colérique.
Le premier ne Vappaise pas aisément; le second saisit l'occasion de réprimer son penchant.
a)LÈRE , COURROUX , EMPORTE- MENT. Ce trois mots expriment une émotion deTame, un accès momentané de fureur causé par le sentiment d'une injure et le désir de s'en venger.
Emportement, mouvement subit et momentané de Tame qui éclate au dehors contre qaelqa'un ou contre quelque chose qui nous a choqné on chagriné subitement.
Colère, mouvement de Tame plus durable qae V emportement , et qui a sa source dans une ame profondément blessée qui court à la vengeance.
Courroux y colère hautaine et sans retimue qui suppose dans celui qui s'y livre une supériorité réelle ou imaginaire, et qui tend nonseulement à se venger ou à punir, mais encore à humilier.
V emportement est ordinairement l'effet de la chaleur do sang et de la pétulance de l'imagination; la colère, reilfet d'une blessure profonde faite au cœur et dont l'impression est duraljle ; le courroux, l'effet d'une autorité ou d'une fierté blessée.
V emportement marque beaucoup d'aigreur et d'impatience; la co/è/e, beaucoup d'humeur et de sensibilité ; le courroux , beaucoup de hauteur et de fierté.
Il est rare qu'on ne rougisse pas de ses emportemens après qu'ils sont passés; qu'on ne se repente pas de sa colère lorsqu'elle a été portée trop loin. Le courroux qui suppose la vanité blessée, ne s'appaiae pas aisément; il se- repaît de soumissions et d'humiliations.
Vempartement ne dure qu'un instant, il fait beaucoup de brait et produit peu d'effet; la colère est quelquefois cachée, dissimulée, et n'en est que plus à craindre ; le courroux est toujours violent, et ne garde aucune retenue.
COLÉRIQUE. V. CotÈRE.