COPIE COLLATIONNÉE , DUPLICATA
On fait dans l'usage, une différence entre duplicata et copie collationnée. Duplicata est une double expédition tirée sur la minute, au lieu que la copie collationnée n'est ordinaireïuent tirée que sur l'expédition.
COLLECTE , QUÊl E. On fait une quête pour les pauvres, et ce mot en^porte quelque chose d'bumilianl. On fait une collecte pour réparer un malheur qui est arrivé à quel-
qu'un, oti pour quelque antre œuvre àt bien*
faisance.
COLLECTION , RECUEIL. Ces deux mots se disent des choses que l'on a rassemblées pour en faire un tout que IVmi nomme collée* tion ou recueil.
Des choses que l'on a recueillies ou rassemblées , pour les consommer ou les disperser par l'usage qu'on en fait, ne sont ni des collée» dons ni des recueils , ce sont des récoltes oa lies provisions. Une grange pleine de gerbes de blé, ne renferme ni une collection ni un recueil de gerbes, elle renferme la récolte on une partie de la récolte; un grand nombre de matériaux rassemblés pour être employés à un édifice ne formé ni une collection ni un recueil.
On entend parles mots collection et recueil , une quantité de choses rassemblées pour en faire usage sans les disperser ni les détruire.
Collection ne désigne que des choses de même nature mises ensemble ^ rapprochées les unes des autres, abstraction faite de tonte liaison et de tout ordre. ^ecwezV suppose entre les choses une sirite, un ordre, une liaison. On fait une collection de poésies fugitives, et cette collection reste collection tant qu'on n'y peut remarquer ni liaison ni ordre, et qne chaque partie. reste séparée; elle devient recueil lorsqne ces poésies sont jointes en ordre les unes aux autres 'par le moyen de la bro-chnre ou de la reliure. ^
Voilà pourquoi on dit une collection de coquilles , de médailles , ete. ; ces choses ne peuvent être liées, attachées ensemble pour en faire un ouvrage distinct.
On appelle plutôt recueil ttn assemblage de petites pièces courtes et peu volumineuses; et collection un recueil de plusieurs pièces longues et volumineuses.' Ainsi on dit un recueil de poésies fugitives et la collection des Conciles, des Pères. La raison en est que les pièces courtes se confondent plus aisément les unes dans les autres , pour ne former qh'un seul ouvrage; au lieu que dans les grands recuèilst les divisions sont plus marquées et les parties plutôt rapprochées que confondues en un seul ouvrage.
COLLÈGUE. V. Associi.
. COLLINE , COTEAU , ÉMINENCE , MONlTCÛLE.Ces quatre mots se disent d'une élévation de terre peu considérable. La col-» Une est un terrein élevé en pente douce, et qui a une certaine étendue en largeur. Le CO' teau est un terrein élevé en plan incliné moins •considérable que la colline , et considéré relativem nt à ce qu'il domine. Cette plaine est dominée par un coteau, Véminence est une ' petite élévation moins étendue qii^e \^ eomne
COL
COL
et le coteau. Le monticule est une élévatioa pins cODsidérahIe que Véminence , mais qui n*a pas une étendue de teirein en largeur , comme la colline et le coteau,
COLLOQUE, CONVERSATION , ENTRE- TIEN, DIALOGUE. Ces quatre mots désignent également un discours lié entre plusieurs personnes.
La conversation se dit des propos familiers débités les uns après les antres par plusieurs personnes, sur toutes sortes de sujets que présente Toccasion . ou le hasard , et que l'on traite légèrement et, sans autre but que celui de passer agréablement le temps à discourir ensemble. Nous passâmes la soifée dans une conversation agréable.
"Ventretien diffère de la conversation en ce que le sujet en est déterminé, qu'il suppose une discusion plus approfondie et un résultat positif, et qu'il a pour but une décision, une i-ésolution, un ai*rangement ou quelque chose de semblable.
Colloque est un terme dont on se sert en matière de doctrine et de controverse, pour désigner dps assemblées dont les membres nommés et autorisés par des partis opposés prononcent des discours prémédités en faveur des opinions qu'ils sont chargés de défendre. On connaît le colloque de Poissi , composé de catholiques et de protestans.
Dialogue a une signification générale et peut également s'appliquer aux trois espèces .que Ion vient de définir. Il indique particulièrement la manière dont s'entendent les différentes parties du discours lié.
La liberté et Vaisance doivent régner dans les conversations; les entretiens doivent être
intéressans et ne perdre jamais de vue la dé- t 77 1 '. j j • c
cence; les <ro//oyi^. devraient être dégagésdes ^ soliloque, plus étendu dans sa sigmfiprévenUons et des haines qui accompagnent ^«^«"'^ "'^^««"n air dogmatique ou moral, ordinairement l'esprit de parti. Le dialo^^e ^"^ ^^. ^^ ^^^'^T'f*, ^« ^^ Augustm. Ce doit être aisii. *»r,,o«^ .. ï..^. „ A. j.?i- ^ot désigne particuheremeut les refl
COLLOQUE , SOLILOQUE , MONOLO- GUE, DIALOGUE. Ces quatre mots ont rapport en général aux discours qne tiennent les hommes.
Le colloque est proproment une conversation familière et libre , quji n'est astreinte à aucune règle particulière. ,.
Le dialogue est un entretien suivi et raisonné qui' est assujetti à des règles. On dit les colloques d'Erasme ou de Mathieu Cordier, et les dialogues de Platon ou de Fenélon.
Dans le colloque on devise; dans le dialogue on s'instruit et ordinairement on discute.
Le colloque est une espèce particulière de conversation. Ce mot ne se dit guère familièrement , et ne doit être appliqué qu'à des conversations légères , frivoles ou considérées comme des verbiages. Des coUoques d'enfans.
Le dialogue est une sorte d'entretien , mais il n'est pas toujours aussi grave qne l'entretien rigoureusement dit , et ne roule pas sur des affaires ou des matièirès aussi importantes que le sujet des entietiens.
Dans les entretiens, c'est le fond qu'on considère ; dans le dialogue, on considère spécialement les formes, la composition, l'exécution , l'art.
Le dialogue est spécialement pris pour un genre d'ouvrage qui a son art propre.
Soliloque , monologue. Le premier tire son origine du latin , le second du grec ; ils désignent le discours de quelqu'un qui parle seul. Mais l'usage a affecté au mot monologue un emploi particulier qui le restreint au théâtre. Le monologue est le discours d'un personnage qui , seul sur la scène , ne parle que pour les spectateurs.
doit être aisé, enjoué et sans apprêt dans la conversation; sérieux, grave et suivi dans les entretiens; clair , raisonné, travaillé , éloquent même et pathétique dans les colloques.
j Dans les sociétés de liaison et de plaisir on tieui des conversations plus ou moins agréables , selon que la compagnie est bien ou mal comjiosée. Dans les assemblées académiques on a des entretiens plus ou moins Utiles , selon que la matière est plus ou moins intéressante, que les membres en sont plus ou moins instruits, et qu'ils parlent avec plus ou moins de netteté.
Les conversations ne sont pas destinées à avoir un résultat ; les entretiens sont destnés à en avoir unj les colloques n'en ont point ordina^'ement.
guii particulièrement les réflexions et les raisonnemens qu'on fait avec soi, à part soi.