SE
CON • ( apo )
CONSSULER HONORAIRE. V. Cokseil-
LSR D*HOirirEUR..
CONSENTEMENT. V. Approbatiow.
CONSENTEMENT. V. Aorémkkt.
CONSENTEMENT. V. Accord.
CONSENTIR. T. Acquiescer.
CONSENTIR. V. Adhérer.
CONSENTIR À, CONSENTIR DE. Je pense qa'il faut employer à lorsqaMl s^agit d'une action que Ton consent à faire ; et que de est préférable l lorsqn'ij est question seulement de ne pas défendre , de ne pas empêcher , de ne pas s^opposer. Qn dira donc : je consens de le voir , de l'entendre , c'est-à-dire je ne m'oppose pas à ce qu'il se présente de- Tant moi ^.àce qu'il me parle y mais on dira, je consens à yous suivre, je consens à partir. Racine a dit :
CON
QéiZT lui même ici consent de vous entendre.
CONSENTIR. V. Acquiescer.
CONSENTEMENT. V. Accession.
CONSENTEMENT. V. Acquiescemeot.
CONSENTEMENT. V. Adhésiok.
CONSENTEMENT. V. Assentiment.
CONSÉQUENCE. V. Conclusiow.
CONSmÉRABLE , GRAND. Ces deux mots désignent en général l'attention qu9 n|érite ttuie chose paf sa quantité ou sa qualité. La coUectioiK des arrêts serait un ouvrage consi' dérahle. L'Esprit des Lois est un grand ouvrage. 0n courtisan accrédité est un homme considérable. Corneille était un^ran</homme; on dit de grands talens , et un rang considérable, ( D'Alshbert. )
CONSIDÉRATION. V. CiRcoirsPECTiow.
CONSIDÉRATION, RÉPUTATION. Ces deux mots ont rapport au cas qu'on fait des personnes et à l'estime qu'on a pour elles.
La considération est un sentiment d'estime mêlée d'une sorte de respect qu'on a pour quelqu'un à cause de son mérite , des places émincntes qu'il occape , de son crédit , de ses richesses, ou du besoin qu'on a de lui.
La réputation est un renom , une estime qui vient de l'opinion publique.
La réputation est , e\i général , le fruit des talens ou du savoir ; la considération est attachée à la place, au crédit, aux richesses ; ou , JBn général , aux besoins que l'on a de ceuAquion l'accorde. L'absence oul'éloignement , loin d'affaiblir la réputation , augmente aprèslamoit. L'envie n'est plus là pour la contrarier. La considération , au contraire , semble attachée à la présence.
T7n ministre incapable d« sa place a pins de considération et moins de réputation qn'nn honime de lettres ou un artiste célèbre. Un I homme riche et sot a plus de considération I et moins de réputation qu'on homme de talent pauvre. Corneille avait de la réputation comme auteur de Cinna , et Chapelain de la considération comme distributeur des grâces de Colbert.
On jouit mieux de la considéreuion que de la réputation ; l'une est plus près de nous , et l'antre s'en éloigne.
Nous obtenons la considération de cenx qui nous approchent , et la réputation de ceax qui ne nous connaissent pas.
CONSIDÉRATION. V. Célébrité.
CONSIDÉRATION, RESPECT , ÉGARDS, DÉFÉRENCE. Ces quatre mots désignent en général l'attention et la retenue dont on doit user dans les procédés à l'égard de quelqu'un.
Dans l'idée de chacun de ces mots , entre plus ou moins celle de respect.
Le respect, dans le sens ou nons le prenons ici , est le témoignage extérieur de l'aveu qae nons faisons de la supériorité d'un autre.
Il y a deux sortes de respect : le premier qui vient du cœur est inspiré ou par les sen- ' timens de la nature , comme celui d'un fils pour son père, d'un obligé pour son bienfaiteur , d'un homme juste pour celui en qui il reconnaît un mérite supérieur. Xe second qui naît de l'usage n'est qu'une formule de paroles ou délestes établie dans la société et à laquelle se soumettent les gens raisonnables ; tel est le respect qu'on rend aux places.
La considération est aussi de deux sortes:
ou elle est inspirée par une estime sentie pour le mérite de quelqu'un ; ou elle est produit par l'usage et l'exemple des autres, coranje celle qu'on a pour les richesses , pour le cré-
dit , pour la naissance , etc.
Les égards viennent d'une sorte de respect que l'on a pour le mérite de xjuelqn'un , oxi pour la considération dont il jouit ; ou bien pour sa faiblesse , pour sa misère , pour son malheur. Ils font qu'on évite de dire on de faire tout ce qui pourrait blesser sans neceS' site les unes on les autres.
La déférence est une sorte de complaisance respectueuse qui fait que nous abandonnons et soumettons aux antres nos avis , nos opinions, nos jugemens , nos prétentions, nos desseins.
On a un respect de cœur pour son père , pour sa mère, pour son bienfaiteur, etc.; on a un respect d'usage pour les places , ponr ^^ naissance, etc. On a une considération s^^^^^ pour ceux qu'on estime; on a xmt considération
CON
CON
d'usage ponr cens que l'on voît considérés par les aatres , s<ins qu'on connaisse leur mérite personnel. On a des égards pour ceux qui ont de la considérati >« ; on en a pour les malheureux. On a de la déférence pour ceux que l'on respecte , que l'on aime , que Fon craint d 'offenser.
CONSIDERATIONS , OBSERVATIONS , RÉFLEXIONS , PENSÉES. Ces quatre mots servent de titre à plusieurs ouvrages de littérature ; il s'agit ici de savoir ce qu'ils signifient sous ce rapport.
L.e terme de considérations est d'une signification plus .étendue. Il indique un ouvrage où l'objet est traité à fond et considéré sous toutes ses faces. Les considérations supposent de la profondeur, de la pénétration, de l'étendue dans l'esprit , et de la tenue dans les opérations.
Les (^servatwns sont les idées particulières que l'on s'est formées d'une chose, en l'ohser- Tant attentivement. Elles exigent de la sagacité pour démêler ce qui est le moins sensible, et du goât pour choisir ce qui est d^gne d'attention, et pour rejeter ce qui n'en mérite point. '
Les réflexions sont le résultat des observavalions et des comparaisons dont on a formé des jugemens. Elles doivent porter , pour être solides , sur des principes sûrs; elles demandent de la finesse , mais sur-tout de la justesse dans les applications.
Les pensées sont des résultats de V observation et delà réfleoSlon , sur quelque sujet que ce puisse être.
Nous avons les considérations de Montes^ qnieu sur les causes de la grandeur et de la décadence des Romains ; les considérations de Dnclos sur les mœurs de ce siècle ; les observations de l'Académie française sur le Cid; des réfiiexions sur toutes sortes de sujets ; les pensées de La Rochefoucault et de Pascal.
On donne ces titres aux ouvrages destinés particulièrement à rassembler les choses dont ils indiquent la nature ; mais les observations, les réflexions et les pensées n'en sont pas moins répandîtes dans tontes sortes d'ouvrages. CONSIDÉRATIONS , NOTES , OBSER- VATIONS , RÉFLEXIONS , REMARQUES.
Ces termes, présentés ailleurs comme synonymes, ne peuvent l'être tous dans une acception littéraire. J'avouerai même qu'il y a loin des notes aux réflexions ; cependant on en a même rapproché les pensées. Je n« vais pas jusque-là , et je ne suis la voie qu'on a tracée d'abord , que pour rendre plus sensibles les limites trop faiblement marquées entre ces différens mots.
L'îd^epropro d« no, not, est de C0Qnaîtr%' de faire bien connaître; la note fait connaître, mieux connaître ou ressouvenir. L'idée de marc, remarque est de former un signe distinctif ; la remarque fait distinguer , discerner et regarder attentivement ce qui peut être eonfondu, ce qui échappe. L'idée propre d'observer ( ob servare ) est de garder , de tenir devant soi, sous ses yeux, de fixer. V observation est un examen ou le résultat d'un examen attentif et de nouvelles recherches. La considértt" tion roule sur les différentes faces d'un objet, dont elle pénètre ensuite les profondeurs. L'idée de réfléchir , composée de fléchir , est de prendre ou de suivre une itouvelle direction , de se replier ; la réjlexion intellectuelle est un retour de l'esprit sur la pensée , ou la pensée ' approfondie ou mûrie.
Dans le cas présent , les notes servent proprement à éclaircir ou expliquer un texte; les remarques à relever ou dao» un ouvrage , 01^ dans un sujet, ce qui attire ou mérite particulièrement l'attention; les observations, à découvrir, par un nopvel examen.» àe& choses nouvelles, et à conduire, pai* de nouveaux développemens ou d'un ouvrage ou d'un sujet , à des résultats du moins plus certains; les considérations à développer avec étendue les différens rapports d'un objet intéressant, et la raison des choses, en présentant l'objet disanct sous ses différâtes faces; les r^/2ex{q|^ à creuser les idées, ou à tirer de gi^ouvelles pensées du fond des choses.
Les notes doivent être claires , courtes , précises, comme les notices et les notions, car il ne s'agit que d'expliquer des mots , des passages, des allusions , en un mot^e dissiper quelque obscurité; et si elles étaient forll^tendues, fUes seraient des commentaires.'On fait différentes sortes de notes sur un ouvrage, maipon n'en fait pas un livre , quoique dans plusieurs livres on soit obli^ de chercher le texte ^armi les notes»
"Les remarques AorrenX être nouvelles, utiles, car il serait peu judicieux de vouloir faire remarquer ce que tout le monde remarque ou ce que personne ne se soucie de remarquer.
Mais les beautés et les défauts , le bon et le mauvais qui ne frappent point sans beaucoup d'attention , c'est là l'objet des remarques^ soit sur un ouvrage , soit sur une matière. On fait des reniarques sur la langue frsuiçaise comme sur la philosophie d'Aristote. LaFontaise nous renvoie au livre des remarques»
' Les observations doivent être lumineuses « curieuses, savantes; car c'est pour démêler ce qu'il y a de plus fin, découvrir ce qui est caché , développer ce qui est intéressant ^ qu'pii
CON
met nue attention particulière à observer , f[u'ou étudie les nboses, qu*on exerce avec constance sa sagacité et sa critique. Les ob' sensations sont quelquefois des ouvrages particuliers , comme les remarques. On fait des observations , non-seulement dans la société et sur des écrits , mais sur tontes sortes de sujets physiques , mctaphysiqaes , moraux.
Beauzée donnerait , ce me semble , lieu de croire qu'il confond \t^ observations avec les remarques , car il dit que le mot à^ observation s1*t à exprimer les remarques que l'on fait dans la société ou sur les ouvrages; et il ajoute que les observations demandent de la sagacité pour démêler ce qui est le moins sensible, et du goiit pour clioisir ce qui est le plus digne d'attentioAf et pour vejeter ce qui n'en mérite point. Girard estime que ies remarques annoncent un choix et une distinction , et que les observations désignent quelque chose de critique et de recherché. Il y a certainement ■plus de recherchis dans Il's observations que dans les remarques : vous remarquez ce qui vous frappe ; et vous observez pour découvrir et savoir. Il (iuit, sans doute, dans les unes et dans les antres du goût et de la critique ; mais dans les remarques cicst plutôt la critique de l'homme de goût qui sent ; et dans les observationé, celle d'un savant qui interroge les choses, les détaille, les creuse, les possède.
Les considérations doivent être étendqfs et pffofondes , grandes ou importantes, du moins par le su^lPt ; après qu'on a porté une observation studieuse sur les divers aspects, elles descendent par nne méditation constante jusqu'au fond des choses , pour en rendre compte et raison ; et elles ne s*exercept propi'ement que sur à.eB objets considérables, faits pour être considérés, dignes d( considération, selon le rapport iliaturel que ces mots ont entre eux. Les considérations forment des ouvrages philosophiques et méthodiques sur des sujets graves, intéressaflls , relevés , tels que les mœurs, la religion, la société, les iîuances, les causes de la grandeur et de la décadence d'un empire.
h?* Les réflexions ^doivent être naturelles sans être triviales, neuves, ou exprimées d'une manière neuve et piquante, plutôt judicieuses et solides que subtiles et ingénieuses; car il faut qu'elles naissent du sujet et qu'elles réveillent l'attention , qu'elles instruisent et se gravent dans l'esprit, jolies sont on éparses dans un ouvsage, on rassemblées en un corps d'ouvrage^ mais détachées; elles donnent ihoins l'idée des choses que des idées sur les choses; elles font penser. ( Roubaud. )
C(^SIDÉREPu , REGARDER. Regarder, c'est stulemont jeter ses regards «lur ym o}>jet«
( apa ) CON
Considérer, c'est regarder pendant long-temps et avec attention. On peut regarder de côté et d'autre, regarder plusieurs objets à la fois; mais quand on considère, les regards restent fixés sur un seul objet.
CONSIDÉRER, AVOIR ÉGARD. Considérer, c'est, avant de se déterminer à une action , faire attention à nne circonstance pa^ ticttlière. Avoir égard, c'est tirer de quelque circonstance particulière un motif pour jager une personne moins sévèrement qu'on ne le ferait sans cette circonstance. Ce jeune homme ne vous paraîtra pas si coupable si vous conàf/eVezBonâgcVousne le condamnerez qu'à une peine légère si vous avez égard à sa jeunesse.
CONvSIDÉRER , SE PtESSOUVENIR. Autrefois se ressouvenir se disait pour considérer. L'académie le dit encore dans ce sens. On ne lui donne plus ce sens , et il serait ridicule aujourd'hui de dire à un honune malade qui veut faire un ouvrage pénible , ressoavenez-yom que vous êtes malade , au lien de lui dire considérez que TOUS êtes malade.
CONGILIABLE. V. Accommodabli.
CONSISTANCE, CONTINUITÉ. La con.
sistance est cet étal d'un corps (Jans lequel ses parties composantes sont tellement liées entre elles , qu'elles résistent plus on moins à la séparation les unes des autres.
La consistance diffère de la continuité tu ce qu'elle suppose une difficulté de séparer les parjdes continues , ce que ne suppose pas la continuité , l'idée de la continuité d'une chose n'emportant que la continidté de ses parties.
CONSISTER DANS, CONSISTER EN, CONSISTER À. Le verbe consister annonce de quoi est formée la totalité d'une chose.
Lorsque cette totalité est expliquée par d'antres termes qui équivalent à la chose ellemême , on emploie dans, La perfection de l'homme consiste dans le bon usage qu'il fait de sa raison; c'est-à-dire la perfection oe l'homme, ouïe bon usage que l'homme fait de sa raison , sont deux choses semblables expliquées en termes dfférens.
Si ce en quoi consiste la chose est formé de plusieurs parties , on emploie en. Cette maison consiste en un rez-de-chaussée et deux étages.
Enfin si ce en quoi la chose consiste est formé par une ou plusieurs actions, on exprime ce rapport par la préposition à, La piete consiste à aimer Dieu et son prochain; la probité consiste à ne faire tort à personne. La sagesse consiste à remplir tous ses devoirs. iJBia le premier et le second cas, consister dans, ou consister $n , so«t suivis di «i^bsUutii»* à»s^
CON
CON
le troisième ^ consister à est suiTi d*an verbe ou de plusieurs verbes.
AYOIR DE LA CONSOLATION À FAIRE tJlNE CHOSE , AYOIR LA CONSOLATION DE FAIRE UNE CHOSE. La première de ces deax phrases se dit d'une consolation qu'on, se fait à soi-même , d'une chose à laquelle on attache de la consolation. Ttd de la consolation à penser que vous prenez part à mes peines. La seconde se dit. d'une chose qui, par sa nature, est vraiment une consolation. En faisant cela vous aurez la consolation de m'avoir sauvé.
CONSOLIDER. V. Affermir, Cimewter.
CONSOMMER, CONSUMER. Il est étonnant que Beauzée n'ait pas reconnu que le verbe consommer signifie détruire par l'usage , et qu'il n'ait joint ce sens à consumer que dans le sens d'achever, accomplir.
Consommer n'est synonyme de consumer que dans le sens de détruire. On dit consom^ mer des denrées, du vin, de la viande, etc.; et cela signifie les détruire par l'usage. Condillac a dit ; Lorsque quelques propriétaires auront augmenté leurs possessions , et que , rassemblés dans une ville , ils chercheront plus de commodités dans la nourriture , alors ils consommeront davantage. Ils consumeront serait ici une expression^ déplacée.
Consumer, du latin cum , ensemble , et jkmere, prendre , signifie littéralement détruire plusieurs choses à la fois; on entend par ce mot détruire successivement toutes les pfirties d'une chose. Il se dit proprement du feu , et par analogie du temps, du mal, etc. Le feu a consumé la maison. La rouille consume le fer ; elle en détruit successivement les parties.
Consommer marque l'anéantissement total de la chose par l'usage : ils ont consommé beaucoup de vin. Consumer marque l'anéantissement successif. Une armée consume en peu de temps non-seulement les fruits d'une année , mais encore l'espérance de plusieurs autres. (Fléchier.) Un jeune homme consume sa fortune en folies dépenses, il ne la consomme pas.
Consommer suppose une destruction utile , nécessaire , relative à la reproduction. Les habitans d'une ville consomment tant de blé, de viii,etc..
CONSOIJNANCE. V. Assonance. "
CONSPIRATION. V. Cabale.
CONSIIRER , CONSPIRER À, CONSPI- RER POUR, CONSPIRER CONTRE. Conspirer, àànsMTi sens actif, se prend toujours en mauvaise part. Il a rapport à l'intention des personnes qui conspirent. Ils ont conspiré ma perte >lfi ruine de l'État.
Conspirer à se dit des personnes et de^ choses. Il a rapport âî la tendance de plusieurs personnes on de plusieurs choses à une même On, et se prend en bonne ou en mauvaise part. Tout conspire à mon. bonheur, à mou malheur.
Conspirer pour marque les efforts communs de plusieurs personnes ^ ou le concours de plusieurs choses, pour e'xécuter une chose bonne ou mauvaise. Tout conspire pour ujte faire réussir , tout conspire pour détruire mes espérances.
Conspirer contre ne se dit qu'en mauvaise part. Tout conspire contre mon entreprise, c'est-à-dire s'y oppose , y met des obstacles.
CONSTANCE, FERMETÉ. Cis deux termes ont rapport II la persévérance, de l'ame,. dans ses desseins ou dans ses goûts.
La fermeté est l'exercice du courage de l'esprit. Elle suppose une résolution éclairéej^ au contraire de' l'opiniâtreté, qui suppose de l'aveuglement.
La constance est une vertu par laquelle nous persistons dans notre attachement à tout ce que nous croyons devoir regarder comme vrai, beau, décent, honnête.
L'homme ferme suit courageusement ses desseins ; il résiste à la séduction , aux forces étrangères, à lui-même; il est inébranlable.
L'homme constant reste attaché aux obj^ qu'il a une fois préférés, et ne chaqp^e point de goût et de penchant.
Dans les difficultés et les obstacles , l'hommte ferme est soutenu par son courage et conduit par sa raison, il va toujours au nïême but; l'homme constant est conduit par soa cœur, il a toujours les mêmes besoins.
On peut être constant avec une ame pusil* lanime, un esprit, borné; mais \2i fermeté ne peut être que dans un caractère plein de force , d'élévation et de raison. »■ «
La légèreté et la fa'^ité sont opposées a la constance; la fragiUté et la faiblesse sont opposées à \si fermeté.
En amour , la constance empêche de changer , et fournit au cœqr des ijessources contre le dégoût et l'ennui d'un même objet; elle tient de la persévérance e^ fait briller r^tta*». chement. La fermeté empêche de céder , et donne an cœur des forces contre les attaques qu'on Importe; elle tient de la résistance, et répand un éclat de victoire. Si les engagement des femmes ne durent pas éternellement , c'est moins par leur inconstance envers c^ix qu'elles aiment que par défaut de fermeté contre ceux qui veulent s'eu faire aimer.
CONSTANCE, FIDÉLITÉ. La constance
COM
CON
Àe ^oppose point d'engagement ; la fidélité en suppose un. On dit constant dans ses goûts , fidèle à sa parole.
Par U même raison, on dit plus communément fidèle en amour , et constant en amitié, parce que 1 amour semMe un engagement plus vif que l'amitié pure et simple. On dit anssi, un amant hçureux et fidèle, un amant malheureux et constant; le premier est engagé , l'autre ne l'est pas.
11 semble que la fidélité tienne plus aux procédés; la constance, aux sentimens. Un amant peut être constant sans être fidèle , si , en aimant tonjoutis sa maîtresse, il brigue les faveurs d'une autre femme; il peut être fidèle sans être constant, s'il cesse d'aimer sa maîtresse , sans néanmoins en prendre une autre.
La fidélité suppose une espèce de dépendance. Un sajet fidèle, un domestique fidèle, un chien fidèle. La constance suppose une •orte d'opiniâtreté et du courage. Constant dans le travail , dans les malheurs. "Lai fidélité des martyrs à la religion a produit leur constance dans les tonrmens.
CONSTANCE. V. Caractère.
CONSTANT EN, CONSTANT DANS. Constant régit dans ou en : en, lorsque le substantif qui suit est pris dans un sens gé- Béral ou indéterminé; dans, lorsque le substantif est pria dans un sens déterminé, ^o/isMnt en «juonr, constant dans sa résolution.
■ CONSTANT, FIDÈLE. Fidèle, fidus, qui garde sa foi ; constant, cum stans , qui tient à sfis premières volontés. (D'Alembert.)
CONSTANT, DURABLE. Ce qui est durable ne ces^e point; il est ferme par sa solidité. Ce qui est constant ne change pas ; il est ferme par sa résolution.
n n'est point de liaisons durables entre les hommes d elles ne sont fondées sur le mérite et sur l^verta. De tontes les passions , l'amour est celle qui se pique le plus d'étre^co/zstante, et qui Test le moins. (Girard.) '
CONSTANT , FERME , INÉBRANLABLE , INFLEXIBLE. Ces mots désignent en général la qualité d'une ame que les circonstances ne font point changer dé* disposition. Les Uois derniers ajoutent au premier une idée de courage, avec ces nuances différentes, que ferme désigne un courage qui ne s'abat point; inébranlable , un courage qui résiste aux obstacles; et inflexible, un courage qui ne' s'a Mollit point.
Un homme de^icn est constant dans Pàmilié, ferme dans les malheujre; et, lorsqu'il s'agit de la justice, iriébrcudahle aux me- BacM at inficxibU aux prières. {Encrclopédie.)
CONSTERNATION, ÉTONNEMENT, SURPRISE. Ces trois mots expriment divers mouvemens de l'ame causés par des choses imprévues.
Vétonnement est une impression faite sut l'ame par une chose qui lui paraît étrange, extraordinaire , et qu'elle était loin de prévoir. Une révolution si étrange a été un objet d'ctonnement pour toutes les nations. (Ray^al.)
La surprise ajoute à l'idée à^ étonne ment celle de la nouveauté de l'objet, ou des raisons que l'esprit croyait avoir pour penser que la chose ne devait pas ou ne pouvait pas avoir lieu. Tout ce que je voyais , tout ce que j'entendais, m'était si nouveau, qu'à chaqae instant mon intérêt croissait avec ma surprise. ( BarthetjEMT. ) Je croyais la paix bien assorée; la nouvelle de la guerre m'a causé une grande surprise.
La consternation est le dernier degré de frayeur causé par la présence subite ou l'at tente de quelque grand malheur qu'on ne voit pas la possibilité de détourner ou de prévenir. La France épuisée d'hommes et d'argent était dans la consternation, ( Voltaire. )
Vétonnement ne vient pas , comme dit Girard, des choses blâmables on peu approuvées. Le courage extraordinaire d'un héros cause de Vétonnement ; il y a un étonnement mêlé d'admiration. "Vétonnement n'est tel que parce qu'on ne s'attend pas à l'érènement quel qu'il soit , ou qu'on ne l'a pas prévu.
La surprise ne vient pas seulement des choses extraordinaires, comme le dit encore Girard; elle vient des choses que nous croyons extraordinaires. Ce qui cause de la surprise à un ignorant, n'en cause point à un honune éclairé.
La surprise suppose dans l'esprit des raisons de croire que l'événement ne devait point on ne pouvait point arriver; Vétonnement ne suppose que l'étrangeté de l'événement pour celui qui éprouve cette impression.
Si Vétonnement et la surprise tiennent à des objets qui concourent à notre bonheur, elles produisent la joie et le contentement; si à des objets qui causent notre malheur, elles produisent la consternation.
La consternation est un état de l'ame accablée de maux, qui reste abattue sous leur poids sans avoir aucun moyen de dtssiper ceux qu'elle éprouve actuellement, ni de détonroer ceux dont elle est menacée. La consternation , causé^subitement par des évènemens malheoreux, produit, si elle continue, le découragement et le désespoir.
Vétonnement est le moindi*e des mouvemens axprimts par ces trois mots j la jurpris*
CON
est un moaTement plus fort, k raison du préjugé qu'elle suppose dans l'esprit ; la conster' nation est le plus fort de tous ces mouvemens, parce qu'elle ravit toute ressource et détruit tout espoir.
La nature des objets TenàVétonnement plus ou moins fort; la force da préjugé rend la surprise plus ou moins grande.
Uetonnement et la surprise peuvent produire le bien ou le mal; la consternation ne produit que le ma].
1^ étonnetnent et la surprise ne sont causés que par des choses présentes; la consterna' tion s'étend aussi sur l'avenir.
CONSTITUTION. V. Complexiow.
CONSTRUCTEUR. V. Architecte.
CONSTRUCTION, SYNTAXE. La construction est l'arrangement des mots dans le discours. Il ne faut pas confondre consolation avec sjrntaxe. Construction ne présente que ridée de combinaison et d'arrangement. Cicéron a dit, selon trois combinaisons différentes, accepi litteras tuas , tuas accepi lifteras, et litteras accepi tuas. Il y a là trois constructions', puisqu'il y a trois différens arrangemens de mots; cependant il n'y a qu'une syntaxe, car dans chacune d,e ces constructions il y a les mêmes signes des rapports que ces mots ont entre eux;, ainsi ces rapports sont les mêmes dans chacune jde ces phrases. Chaque mot de l'une indique également le même corrélatif qui est indiqué dans chacune des deux autres ; en sorte qu'après qu'on a achevé de lire ou d'entendre quelqu'une de ces trois propositions, l'esprit voit littéralement que litteras est le déterminant A* accepi ^ que tuas est l'adjectif de litteras ; ainsi chacun de ces trois arrangemens excite dans l'esprit le même sens ; j'ai reçu votre lettre. Or , ce qui fait en chaque langue que les mots excitent le sens que l'on veut faire naitre dans l'esprit de ceux qui savent la langue, c'est ce qu'on appelle ^ntaxe, La sjrntaxe est donc la partie de la grammaire qui donne la connaissance des signes établis dans une langue pour exciter un sens dans l'esprit. Les signes , quand ou en sait la destination, font connaître les rapports successifs que les mots ont entre eux; c'est pourquoi lorsque celui qui parle ou qui écrit, s'écarte de cet ordre, par des transpositions que l'usage autorise , l'esprit de celui qui écoule ou qui lit, rétablit cependant tout dans l'ordre , en vertu des signes dont nous parlons, et dont il connaît la destination par.
Tusage. (^Encyclopédie.)
CONSTRUIRE. V. Bâtir.
CX)NSUM£|L. V. CovsQiUKSft,
( apS ) CON
CONTAGION, ÉPIDÉMIE. La eontagiqfi est une maladie qui se communique soit par le contact immédiat , soit par celui des habits ou de quelques meubles ou autres corps infectés, soit même par le moyen de l'air qui peut transmettre à des distances assez considérables certains miasmes ou semeùces morbillques. La gale, la rage, les maladies vénériennes , sont des maladies contagieuses. On donne le nom ôî'épidéinies ou maladies ipidé» miques, à celles qui sont causées par l'infection de l'air, et qui s'étendent sur une région entière. La peste est une maladie épidémiqu^»
CONTE, FABLE. ROMAN. Dans l'expli- ' cation que Girard a donnée de ces synonymes, il confond conte et fable, dans les deux sens de bruit public et d'ouvrage littéraire, et les prend indifféremment dans l'un ou l'autre de ces deux sens, 11 dit , par exemple, qu'une fable est un aventure fausse, divulguée dans le public et dont on ignore l'origine ; et plus bas, que les fables doivent être bien inventées.
Le mot de roman, que Girard a joint aux mots de conte et àe fable, nous indique que ces trois mots doivent être pris dans le sens littéraire ; c'est dans ce sens que nous allons les examiner.
Le conte est le récit d*nne aventure fabuleuse , mais vraisemblable , dont le modèle est pris dans la vie privée. |,
La fable est le récit d'une aetion feinte»
destinée à l'amusement et à l'instruction souf le voile de l'allégorie.
Le roman est le récit fictif de diverses a«ntures vraisemblables de la vie humaine. v
Le conte et la/able sont courts; la dernière encore plus que le premier. Dans le conte et le roman, on ne fait parler que des personnes; dans là fable, on fait parler aussi des animaux et même des êtres métaphysiques. Le conte et la fable ne comprennent qu'unî«5eul événement; le roman en comprend plusieurs liés les uns aux autres.
CONTEMPTIBLE , MÉPRISABLE. Ces deux mots signifient qui est digne de mépris ; mais méprisable se dit des personnes , de leurs seotiméns, de leur conduite , de leurs actions, et indique quelque chose de bas, de lâche , de contraire à l'honneur, à la probité, aux sentimens nobles et généreux qui constituent l'homme estimable. Ce mot suppose des sentimens , des intentions , des intrigues , des opinions , des acti<ins propres à attirer le mépris sur ls« personnes auxquelles on peut les reprocher. Contemptible se dit des choses qui, coasidéréçs eïi elles-n^êipes, et par Jeor
CON
CON
Ihitare, «ont dignes de mépris, abstraction faite des canses qui les ont produites. Les hommes qui ont trompé leurs semblables en établbsant des superstitions, sont des hommes bien méprisables; et ces superstitions sont des choses contemptibles.
CONTENANCE, MAINTIEN. Ces deux termes sont également destinés à exprimer l'habitude extérieure de tout le corps relativement à quelques vacs , et c'est la difTérence de ces vues qui* distingue ces deux synonymes.
Le maintien est Thabitude extérieure du corps en présence des autres , disposée dans la vue de marquer qu'on a pour eux de l'estime, du respect, des égards, de la considération, ou qu'on exige d'eux quelqu'un de ces sentimens. Il y a le maintien doux , modeste , honnête, et on prend un maintien sérieux, grave, sévère.
La contenance est l'habitude extérieure du corps en présence des autres, disposée dans la vue de leur faire croire qu'on a dans l'âme certaines qualités, certaines vertus, certaines dispositions, soit qu'on les ait en effet ou qu'on ne les ait pas. Elle annonce l'assurance, la fermeté, l'innocence, le courage, etc.
On dit également un maintien modeste et une contenance modeste; mais par la première expression , on veut indiquer qu'on se met' actuellement an-dessous des autres, et par la seconde , qu'on a réellement dans l'amc la vertu que l'on nomme modestie.
On peut avoir le maintien modeste sans avoir la contenance modeste ; car le maintien ne consiste que dans l'habitude actuelle du corps par laquelle on veut rendre hommage aux autres; et la c::ntenance consiste dans l'habitude du corps qui tend à faire croire à l'existence 'd'un sentiment intérieur.
Le maint^n est pour la société; c'est une monnaie d'usage que l'on donne et que l'on prend pour ce qu'elle est. La cjntenance est pour la représentation.
Le maintien ne trompe pas; il n'offre que des apparences vagues, des apparences du moment, et ne veut montrer que cela. La contenance trompe souvent, cHe annonce des sentimens intérieurs et permanens qui souvent n'existent point dans lame.
ï' Le maintien change selon la qualité des personnes devant lesquelles on paraît ; il n'est
garde cette contenance devant tons les jogcs , devant tons les tribunaux où il est forcé de comparaître; mais il perd contenance lorsque ses fautes sont découvertes et prouvées , parce que les efforts qu'il ferait pour faire croire à son innocence seraient vains et inutiles. Cependant il peut ne pas perdre pour cela le maintien qui marque le respect qu'il a pour ses juges.
On sait bon gré à un honmie qui se présente dans une assemblée avec un maintien décent , honnête , poli ; on est prévenu en sa faveur, sans examiner s'il a on non dans l'ame les qualités que son maintien annonce , on ne le juge que pour le moment et la circonstance. On se prévient contre celui qui se présente avec un maintien fier, avantageux , malhonnête.
On est indigné quand un homme connu généralement pour un fripon , se présente dans une assemblée avec la contenance d'un honnête homme; on compare son extérieur avec ses actions, et il ne trompe personne.
L'idée de maintien est une idée absolue; celle de contenance est toujou» hée à quelque chose d'intérienr qu'elle représente bien ou mal.
On lit dans l'Encyclopédie que chaque état a sa contenance, et qu'il ne faut avoir de la contenance que quand on est en exercice. Il suivrait de là que l'état de savetier a une coU' tenance qui lui est propre, et qu'un savetier ne doit avoir cette contenance que lorsqu'il est en exercice.
La contenance n'est point attachée aux états, mais aux circonstances et aux choses. Où il n'y a aucun sentiment intérieur à manifester on à déguiser , il n'y a point de contC" nance.
CONTENT. V. Aise.
CONTENT , SATISFAIT. On est satisfait quand on a obtenu ce qu'on souhaitait; on est content lorsqu'on ne souhaite plus.
Il arrive souvent qu'après s'être satisfait on n'en est pas plus content,
La possession doit toujours noils rendre satisfaits ; mais il n'y a que le goût de ce que nous possédons qui puisse nous rendre contens. (Girard.)
CONTENTEMENT. V, Aise.
CONTENTEMENT, SATISFACTION. Ces deux termes désignent , en général , la tran-
pas le même devant ses égaux, devant ses quillité de l'ame, par rapport à l'objet de ses inférieurs, devant ses supérieurs; la conte- désirs. nance ne change point selon les personnes,
mais elle se détruit par les circonstances. Un accusé qui a la contenance de l'innooence,
Le contentement est plus dans le cœur; la satisfaction est pins dans les passions. Le premier «st un sentiment qui rend toujours l'ame
cm
CON
tranquille ; le second est nn succès qui jette quelquefois l'ame dans le trouble, quoiqu'elle n ait plus d'inquiétude sur ce qu'elle désirait.
XJn homme ihqniet, craintif, n'est jamais content ; na homme possédé d'avarice ou d'ambition n'est jamais satisfait.
Il n'est guère possible à un homme éclairé, d'être satisfait de son trava^, quoiqu'il soit content du choix du snjet. 1
On est content lorsqu'on ne souhaite plus , quoiqu'on ne soit pas toujours satisfait lorsqu'on a obtenu ce qu'on souhaitait.
La satisfaction est l'accomplissement de ses désirs ; le contentement est un sentiment de joie, d'une joie douce, produit par la satisfaction des désirs, ou même par tout antre événement agréable.
L'homme satisfait est celui qui a ce qu'il désirait ; votre désir accompli fait votre satisfaction»
L'homme content est celui qui ne désire pas davantage ; la jouissance de l'objet fait votre contentement.
La satisfaction suppose donc nécessairement le désir ; le contentement n'exprime que le plaisir de posséder. Vous êtes satisfait d'obtenir ce que vous souhaitiez, ce que vous poursuiviez ; vous êtes content d'avoir ce que TOUS avez *, soit que la chose ait rempli , soit qu'elle ait prévenu vos désirs et vos recherches.
Votre satisfaction est d'obtenir ou d'avoir obtenu; votre contentement est de jouir, et de jouir en paix.
La satisfaction mène au contentement, mais il faut que l'objet le procure. Vous êtes satisfait quand^ on vous donne ce que vous vouliez; vous êtes content quand l'objet vous donne le plaisir que vous vous promettiez.
Le contentement ajoute à la satisfaction des désirs une satisfaction douce de la possession.
Je ne vous dirai pas soyez satisfait, je vous dirai soyez content. Quand tous vos désirs seraient satisfaits, il vous resterait encore d'être content, et c'est tout.
Il faut en avoir assez , c'est-à-dire en raison de vos désirs, pour être satisfais II sufHt de peu , quand on sait borner ses désirs , pour être content. .
CONTENTION. V. Appucatiow.
CONTER, RACONTER, NARRER. Ces trois termes ont rapport à Taction de faire connaître un fait, un événement avec leurs circonstances!
Conter se dit des choses familières, on qui sont l'objet de la conversation. U entrasse la
vérité et la fiction; son but est d'amuser et de plaire.
\ Raconter suppose toujours la vérité ; il a pour but de la faire connaître aux autres, sans rien ajouter ni retrancher.
Ce que l'on conte amuse; il n'offre que des chosçs légères ou de peu d'importance, qni ne produisent pas un intérêt profond; ce que l'on raconte est plus important , il attire l'attention , il inspire l'intérêt.
Un homme conte dans une société une histoire qu'il a imaginée , ou qu'il a embellie de plusieurs circonstances feintes; on s'amuse, on se divertit de ce qu'il a conté. Un autre homme arrive dans la même sociétç, il raconte un événement malheureux qni vient d'avoir lieu dans le voisinage, tel qu'un meurtre ou un incendie. Il ne s'agit plus d'amuser la société par des circonstances vraies ou feintes, mais de lui faire connaître un événement réel avec toutes les circonstances qui l'ont accompagné. On ne peut pas dire que cet homme conte ; il faut dire qu'il raconte.
Un témoin ne conte pas devant un tribunal ce qu'il a vu ou entendu; il le raconte pour instruire les juges, et en le racontant , il ne doit point s'écarjter de la vérité.
Celui qui s'écarte de la vérité en contant fait une fiction; celui qui s'en écarte en racontant fait un mensonge.
Narrer ne diffère de raconter que parce que celui-ci est un terme d'un usage commun , et l'autre un terme technique.
Celui qui raconte fait nn récit ; celui qni narre fait une naiTation ; or narrer et narration sont des termes de rhétorique , qui signifient des choses qui ont leurs règles dans cet art.
La narration est nn récit fait avec élude, avec art, pour attacher, pour intéresser, pour prévenir un auditoire , un tiibunal , un public qui doit juger.
Celui qui conte doit être court; son but est d'amuser, il ennuierait s'il était long.
Celui qui raconte est plus ou moins long , selon le nombre et l'importance des circonstances dont il veut instruire ceux qui l'écoutent.
Celui qui narre est plus ou moins long, suivant les choses qui lui paraissent propres à faire impfes&ion sur ses auditeurs.
Un conte est court, parce qu'il ne contient qu'un événement propre à amuser ; un plaidoyer est pins long, parce qu'en raconteuit un fait, il doit développer toutes les circonstances, de la manière la plus propre à éclairer les juges; il en est de même d'un orateur qni, en narrant un fait, doit en développer toutes
CON
CON
les circonstances de la manière la plus propre à capter la bienveillance et la confiance de ses aaditenrs.
Une histoire est longue , parce qu'elle a ponr objet de raconter une suite de faits liés les uns 4ax antres.
On conte avec esprit , avec agrément , pour amuser, pour plaire et ponr récréer sa société ou ses lecteurs. On raconte avec exactitude , ponr rendre compte, pour expliquer les faits, pour instruire; on narre slycc art, avec talent, avec éloquence, pour persuader, pour entraîner.
CONTESTATION. V. Altercatio]* .
CONTEXTURE , TEXTURE , TISSU , TISSURE. Le tissu est l'ouvrage tissu, l'étoffe, la toile , le tout formé par l'entrelacement de diflférens fil^ avec plus ou moins de longueur et de largeur. La tissure est la qualité donnée
' au tissu, à l'ouvrage, par le travail ou la manière d'unir ou de lier les fils ensemble. Le tissu comprend la manière et la façon; la tissure ne désigne que la qualité de la fabrication résultant de la main d'oeuvre. Un tissu est de soie , de laine , de fil , de cheveux ; la
> tissure en est lâche ou serrée, égale ou inégale, etc. La tissure est au tissu ce que la peinture est au portrait.
Ces mots diffèrent d'abord dans le sens propre de texture et contexture , en ce qu'ib expriment le travail particulier de tisser, c'està-dire de faire passer avec la navette, à travers les fils de la chaîne, celui de la trame; entrelacement que la texture et la contexture, ' réduites à l'idée de la liaison et de l'union des parties qui forment un tout, avec l'apparence du tissu proprement dit , n'exigent pas. La texture est l'ordonnance ou l'économie résultant de la disposition et de l'arrangement des parties d'un tout. La contexture est l'ordonnance et la concordance des rapports que les parties ont les unes avec les autres et avec le tout. Tous considérez la texture du tout OU des parties; vous'considérez la contexture particulière des parties d'où résultent l'ensemble et la texture*
Tissu se dit au figuré pour désigner une suite d'actions , de discours , de choses enchaînées les unes au^ autres. Le tissu d'un dis cours , un tissu de crimes. On disait aussi fignrément , la tissure d'un onvrage d'esprit, mais vous n'entendrez pas dire souvent ce mot, même dans le sens propre. Comme le /Msii comprend également la forme , la matière et toutes les conditions de la chose, on dit qu'un tissu est bien on mal frappé, etc., €t nous «nblioii» $Mure y qui marque propre-
ment 1a qualité de la fabrication et la main .do l'ouvrier, tandis que tissu n'indique que par une acception particulière la qualité de l'oU' vrage.
Texture et contexture ne se disent guère d'un tissu proprement dit ; on a donc du les préférer à tissure .dans le sens figuré. On dit donc texture pour exprimer la liaison et l'arrangement des différentes parties d'un discours, d'un poème ; et l'on dit de même contexture sans paraître soupçonner une différence entre ces deux mots, quoique ce dernier marque distinctement Tensemble ou le résultat des parties combinées on des détails. Vous direz fort bien la texture d'une partie, et la contexture de toutes les parties ou da tout. Ces mots s'emploient physiquement dans le style dogmatique. On dit la texture des corps, des chairs; la contexture des fibres, des muscles, qui forment un assemblage avec des rapports divers entre eux. N^vaudraitil pas mieux dire la texture quand il y a égalité, uniformité, et la contexture quand il y a inégalité, diversité? (Roubaud.)
CONTIGU , PROCHE. Ces mots désignent en général le voisinage , mais le premier s'applique principalement au voisinage d'objets considérables , et désigne de plus un voisinage immédiat. Ces deux terres sont contigues; ces deux arbres sont proches l'un de l'autre. (D'Alembert. )
CONTINENCE. V. Chasteté.
CONTINU , CONTINUEL. Ces deux mots diffèrent en ce que l'un indique une chose qui par sa nature est toujours la même sans interruption ni intervalle ; et l'autre , voie chose qui peut être interrompue par des intervalles, mais qui après ces intervalles continue de la même manière. Un mouvement continu est nn mouvement qui tant qu'il dure n'est point interrompu , ou qui , s*il l'est , cesse entièrement. Un mouvement continuel est un moavement divisé par des intervalles après lesquels il continue de la même manière qu'auparavant. Un mouvement est continu par sa continuité , c'est-à-dire par sa liaison intime avec les autres parties de mouvement qm l'ont précédé; un mouvement est continuel par sa continuation , c'est-à-dire par le tenoavellement après l'interruption. Le cliquet d'un moulin en mouvement fait ïi» bruit continuel, parce qu'il se renouvelle après chaque intervalle de silence par lequel il est interrompo et divisé, il serait continu si les intervalles de silence n'existaient pas.
CONTINUATION, CONTINUITÉ. Conti' n^ati^n ie«t pour la durées continuité est pour l'éteadoe. *
CON
CON
On dit la continuation cUcm travail ou d'une action; la continuité d'un espace ou d'une grandeur; la continuation d'une même conduite et la continuité d'un même édifice.
( Gira&d. )
CONTINUATION, SUITE. Termes qui désignent la liaison et le rapport d'une chose avec ce qui la précède.
On donne 1a continuation de l'ouvrage d'un antre , et la suite du sien. On dit la continuation d'une vente et la suite d'un procès. On continue ce qui n'est ^as achevé ; on donne une suite à ce qui l'est.
CONTINUEL, PERPÉTUEL, ÉTERNEL, IMMORTEL, SEMPITERNEL. Perpétuel est proprement ce qui dure toujours ou ne finit jamais; continuel, ce qui se fait avec tenue , suite, constance, sans relâche j ce qui se .succède loDg-témps ; étemel, ce qui est de tout temps , en tout temps , dans tous les temps.
Dieu est étemel; immortel, ce qui ne meurt point, ce qui n'est pointisujetà la dissolution, à la mort; sempiternel, ce qui est à jamais, ce qui existe toujours, ce qui ne passe point.
Perpétuel désigne le cours e* la durée d'une chose qui va ou qui revient toujours; continuel, le cours ou la durée prolongée d'une chose qui ne s'arrête pas, ou une longue suite de choses qui se succèdent rapidement ; éternel, la durée de l'objet qui n'a ni commencement ni fin, ou du moins qui n'a point de iln ; immortel, la durée de l'être qui ne meurt pas; sempiternel, la durée de la chose qui existe toujours ou qui ne périra pas.
Perpétuel et continuel expriment une action ou un cours de choses , avec cette différence , que perpétuel exclut toute horne à la durée de la chose dans l'avenir , et que continuel marque une chose commencée et suivie sans rien déterminer de sa durée future. Eternel, immortel, sempiternel, ne font proprement qu'annoncer un état permanent et illimité dans sa durée , mais avec cette différence ({Viéternel exprime littéralement la durée du temps ; immortel, la durée de la Tie ; sempiternel , la durée de l'existence dans un sens strict ; éternel exclut un commencement de même qu'une fin; imtnortel et sempiternel font abstraction du commencement.
Le mot perpétuel n'exclut ni n'exige la continuation rigoureuse et absolue, sans interruption et sans intermission. Ainsi nous disons également le mouvement perpétuel , • il ne cesse jamais, et des ventes perpétuelles , elles ne font que revenir à certaines époques.
Le mot continuel exige une succession ra-
dans une saison, mais à la fin elles cessent. Si des maux continuels duraient toujours , ils seraient perpétuels.
Le mot immortel marque la sorte d'éternité de l'être vivant, ou /à^nn être personnifié et de tout objet à qui l'on attribue la vie. L'ama est immortelle ; la gloire qui ne passe point, qui vit dans la mémoire des hommes , est immortelle , etc.
Le mot sempiternel v2Lipj^û\e TXJÏ& sorte d'éternité successive qui parcourt comme par degrés toute la suite des temps, mais ce mot n'est point usité ; il ne se dit qu'en raillant d'une femme très vieille et qui , ce semble , ne peut mourir.
Mais ces termes ne sont pas toujours employés selon leur signification exacte et rigoureuse , et ne marquent souvent qu'une durée ou un temps plus ou moins long. Ainsi per-pétuel se dit souvent de ce qui dure tout 1^ temps de la vie de quelqu'un. Les offices ^pl dui-ent toute la vie sont appelés perpétuels. Le secrétaire de l'académie des sciences est per-» pétuel. On érige des monnmens perpétuels qui durent tant qu'ils peuvent. Des plaintes très longues et très fréquentes sont continuelles, • Ce qui dure outre mesure , contre notre attente ou l'ordre commun, de manière à fatiguer , à excéder , est dit éternel. Ce qui mérite et laisse une longue et glorieuse mémoire est immortel. La personne qui passe les bornes de la vie et qu'on semble ennuyé de voir vivre est sempiternelle.
CONTINUELLEMENT, TOUJOURS. Ce qu^on fait toujours se fait en tout temps et en toute occasion. Ce qu'on fait continuellement , se fuit sans interruption et sans relâche.
Il faut toujours préférer son devoir à son plaisir. Il est difficile d'être continuellement appliqué au travail.
Pour plaire en compagnie , il faut y parler touj'ours bien, mais non pas continuellement. ( Girard. )
CONTINUER, POURSUIVRE. C'est, dit Beauzée, ajouter à ce qui est commencé dans l'intention d'arriver à la fiç et de faire un tout complet. Le premier de ces deux mots ne dit rien de plus; mais le second suppose que les additions faites au commencement sont dans les mêmes vues , ont les mêmes qualités et se font de la même main.
Cette explication npus semble fautive; con* tinuer et poursuivre n'emportent point l'idée d'ajouter à ce qui est commencé;, car agouter c'est joindre une chose à une autre chose d'espèce différente, ou bien une chose de la même
pide^^Les pluies août longues et continuelles] espèce, mais de fiçon ^u'on la disiiiigp^ 90^
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core de la première. Au contraire, continuer et poursuivre, c'est travaillera une chose commencée (le la même manière qu'on y travaillait auparavant , de façon que l'ouvrage soit un , et qu'on ne distingue pas le second travail du premier; sans quoi il n'y aurait pas ccntinnation , mais disparate.
Continuer y c'est faire sans interruption une chose que l'on faisait auparavant, ou prolonger un ouvrage déjà commencé avec des intervalles ou sans intervalle. Une personne qui travaille sans interruption à un ouvrage commencé le continue; une personne qni quitte son travail le soir, le continue ordinairement le lendemain matin ; on quitte quelquefois un ouvrage commencé, pour le continuer plusieurs mois après; quelquefois c'est la personne qui a commencé qui continue, quelquefois c'est une autre personne. Mais dans tous ces «as,^ continuer suppose que la continuation de l'ouvrage sera de même nature, de même façon que le commencement, et qu'elle n'offrira point une addition sensible.
Poursuivre , c'est suivre jusqu'à la fin , de la même manière qu'on a suivi depuis le comcement.
La différence qu'il y a entre continuer et poursuivre , c'est que le premier a rapport à l'ouvrage déjà fait de quelque manière que ce soit , et que poursuivre a rapport à l'ouvrage qui reste à faire jusqu'à la fin, dans les mêmes principes, avec les mêmes lumières, avec la même activité qui ont présidé à son commencement et qui président à sa continuation.
On continue l'ouvrage qu'on ne veut pas laisser où il en est; on poursuit celui que l'on veut finir, achever, d'après son plan, ses vues, ses intentions.
Il n'est pas nécessaire que ce soit la même personne qui continue; car il s'agit seulement d'avancer l'ouvrage, et il est également avancé par une personne ou par plusieurs. Mais poursuivre indiquant un plan, un projet, un dessein que l'on a suivi depuis le commencement et qu'on doit suivre jusqu'à la fin , la marche qu'ils ont indiquée' ne peut être suivie que par celui qui l'a commencée. Voilà pourquoi on ne dit pas continuer un dessein , un projet, une entreprise; mais poursuivre un dessein, un projet, une entreprise; les moyens de les poursuivre ne peuvent être que dans la tête de celui qui les a imaginés et conduits jusqu'au point où ils sont.
CONTINUER DE, CONTINUER À. Le premier suppose que l'action n'est point interrompue , ou qu'au moins il y a une liaison réelle entre les actes qui forment la continuathn, hb second suppose une succession d'ac-
( 3oo )
CON
tions de mime tiature, mais distiiictes et qni n'ont d'autre liaison entre elles , que celle de leur succession. Un homme qui marche et qni n'interrompt point sa marche continite de marcher. Un homme qui se remet eii marche après s'être reposé, continue à marcher. J'entre chez un homme qui lit , il ne m'aperçoit pas et continue de lire. Mais je dirai à un homme qui a la vue faible , si vous continuez à lire à la lumière , vous perdrez la vue. On continue de payer une rente à un homme ; la constitution de la rente forme une sorte de liaison entre tous les paiemens qu'elle suppose. Mais on continue à donner des secours à quelqu'un, parce que ces secours sont des actes de bienfaisance que l'on peut faire ou ne pas faire, et qui n'ont d'autre liaison entre eux , que leur succession.
CONTINUER, PERSÉVÉRER, PERSIS- TER. Ces verbes indiquent tous trois un état de tenue dans la manière d'agir; le premier sans aucune addition , et les deux autres avec des idées accessoires qui les distinguent du premier et entre eux.
Continuer, c'est simplement faire comme on a fait jusque-là. Persévérer, c'est continuer sans vouloir changer. / ersister, c'fst persévérer avec constance ou opiniâtreré.. Ainsi /7^sister dit plus que persévérer, et persévérer plus que continuer.
On continue par habitude; on persévère par réflexion; on persiste par attachement.
L'homme le plus estimable n'est pas celai qui, après avoir contracté l'heureuse habitude de la vertu, continue de la pratiquer; tant qu'il n'est soutenu que par l'habitude , il peut encore être séduit par des raisonnemens captieux , ébranlé par de mauvais exemples, détourné de la bonne voie par une passion violente. Il y a beaucoup plus à compter sur celui qui, connaissant les fondemens et les avantages de la vertu, l'horreur et les dangers du vice , persévère en connaissance de cause à faire le bien et à fuir le mal. Mais le comble du mérite, c'est d'y persister, nonobstant la fougue des passions, et malgré les persécutions des méchans. ( Beauzëe. )
CONTINUER DE , CONTINUER À. Ce verbe régit à lorscfu'il est suivi d'un verbe qni indiqne une action faite par le sujet avec une intention dirigée vers un but. Il continuait à le frapper. Mais quand rien n'indique dans la phrase une intention dirigée vers un but , il faut mettre de. Il continuait c/^ parler ,</e marcher.
CONTINUITÉ. V. CoiTTiKUATioir , Co5-
8I8T Aires. ' •
CON
r CONTORSION, GRIMACE. La conftorsion est une situation oa position du corps on d'ane partie da coi'ps, contraire à la position ou à la situation naturelle. Les contorsions sont on Yolontai^et ou forcées ; les premières dépendent de la volonté de ceux qui les font ; les antres sont TefTet de quelque maladie , de quelque incommodité. Ou fait des co/tfori»o/}^, et la colique fait faire des contorsions,
La grimace est une espèce de contorsion du Visage ou d'une partie du visage qu'on fait par affectation , par habitude , ou natureUexnent pour exprimer quelque sentiment de Famé.
CONTRADICTOIRE, CONTRAIRE, OP- POSÉ. Contradictoire est un terme de jurisprudence on de logique. En jurisprudence, il se dit de ce qui est fait en présence des parties intéressées qui ont pu mutuellement se contredire.
. En logique, on appelle contradictoires les propositions qui expriment des jngemens ou des idées tellement contraires , qu'elles se détruisent l'une l'autre. Il fait chaud, il fait froid , sont des propositions contradictoires ; oui et non sont des termes contradictoires.
Contradictoire a rapport à ce qu'on dit , à ce qu'on afànce , à ce qu'on discute ; contraire a rapport à la nature mem^ des choses. Le même homme qui, dans le même moment, dirait qu'il fait chaud et qu'il fait froid , dirait deux choses contradictoires. Mais le chaud et le froid sont , par eux-mêmes , deux choses contraires.
Opposé se dit àts choses qui sont dans une position, dans une direction différente. La largeur est opposée à la longueur; le commencement est opposé à la fin , la fin au commencement; deux armées ennemies qui tendent à se nuire, à se détruire Tune l'autre, sont opposées l'un» à l'autre.
CONTRAINDRE, OBLIGER , FORCER , VIOLENTER. Tous ces mots expriment des actions qui portent plus ou moins atteinte à la liberté.
Violenter enchérit sur forcer, comme /orcersnr contraindre , et contraindre sur obliger.
L'obligation, dit Roubaud, lie, engage; la contrainte moleste , contrarie ; la force emporte , entraine ; la violence maltraite , outrage.
L'obligation empêche ou entraîne la liberté ; la contrainte la tourmente ; In forcé l'ôle ; la violence la viole, si l'on ose parler ainsi.
Ainsi, obliger est un acte de pouvoir qui impose un devoir ou une nécessité; contraindre,^ ^n act^ de persécution ou.d'ojbsessioa
( 3ot) CON
qui arrache plutôt qu'il n'obtient un conAflntement; forcer, un acte de puissance et de vigueur qui, par son énergie, détruit celle d'une volonté opposée; violenter est un acte d'emportement ou de brutalité qui emploie le droit et les ressources du plus fort à dompter, une volonté réelle et opiniâtre.
Les préceptes de l'Evangile obligent, dès qu'on est chrétien, mais sans contraindre, car on est parfa^ement libre d'obéir on de désobéir. Les persécutions d'un importun vous contraignent quelquefois , mais sans voua forcer, car vous pouvez y résister encore ; une puissance irrésistible qui vient sur nous quand nous suivons la direction opposée , nous force à reculer sans nous uiolenter, car il est naturel que nous nous déterminions , sans attendre la ^violence, à renoncer à ce que nous ne pouvons pas faire. Un maître unique et absolu qui vous ordonne une chose hotiteuse ou injuste vous 'violentera pour vaincre , par de mauvais traitemens , votre résistance, et vous mener au crime, malgré tous vos efforts.
Contraindre , dit Girard , semble mieux convenir pour marquer une atteinte donnée à la liberté, dans le temps de la délibération , par des oppositions gênantes , qui font qu'on se détermine contre sa propre inclination , ou qu'on suivrait si les moyens n'en étaient pas ôtés. Le mol forcer paraît proprement porter une atteinte à la liberté, dans le temps de la détermination, par une autorité puissante, qui f^t qu'on agit contre sa volonté, dont on a grftnd regret de n'être pas le maître. Le mot de 'violenter donne l'idée d'un combat livré à la liberté , dans le temps de l'exécution même , par des efforts contraires d'une action vigoureuse à laquelle on essaie en vain de résister.
CONTRAINDRE DE , CONTRAINDRE À , A suppose un but, une tendance, une action ; il faut donc 'pvéfévei' contraindre à tontes les fois que ces idées sont marquées dans la phrase, et de dans tous les autres cas. On contraint un homme à se battre, c'est une action; on le contraint de se taire , de céder, de se tenir en repos , ce sont des cessations d'action.
CONTRAINDRE. V. Astreindre.
CONTRAINTE, NÉCESSITÉ. On confond d'ordinaire la nécessité avec la contrainte; néanmoins la nécessité d'être n'est point en Dieu une contrainte. En effet, la nécessité, selon La Rochefoucault , diffère de la con^ trainte en ce que la première est accompagnée du plaisir et du penchant de la volonté | et que la çontm^te Is^y e»t opposée.
CON
CONTRAIKfi. V. GoKTRADicToniE.