CONGRATULATION , FÉLICITATION
Nous faisons des complimens de /elicitaUon à quelqu'un, en lui témoignant' la part que nons prenons aux évènemens agréables ou heureux qui lui arrivent. Nos pères faisaient atttrefiois des complimens de congratulation ; et de même nous disons féliciter, lorsqu'ils disaient congratuler. Ijds félicitations ne sont ne des complimens ou des discours obligeans aits à quelqu'un sur nn événement heureux; les congratulations sbnt des témoignages particuliers du plaisir qu'on en ressent avec lui , ou d'une satisfaction commune qu'on éprouve.
\jts félicitations ne sont que des paroles obli* géantes; les congratulations sont des mar*
qnea â'intérét. JUa politesM lélicile, l'affiitié J tion.
(. 285 y CON
congratule. Congratulation et congratuler ne se disent plus aujourd'hui.
CONGRÉGATION, SOCIÉTÉ. La congrégation est formée par plusieurs ecclésiastiques réunis dans des vues religieuses. La société , est formée de plnsienrs personnes quelconques réunies pour un but profane ou pour leur intérêt commun.
CONJECTURE, PRÉSOMPTION, ha présomption est une opinion fondée sur des motifs de crédi])ilité ; la conjecture est une opinion étpblie sur de simples apparences. La présomption est plus forte de raison que la conjecture. La présomption forme un préjugé légitime; la conjecture n'est qu'un simple pronostic.
La présomption est réelle, c'est-à-dire fondée sur des faits certains, sur des vérités connues, sur des commencemens de preuves; la conjecture est idéale, c'est-à-dire tirée par des raisonnemens , àe% suppositions. La présomption est donnée par les choses; la conjecture est trouvée par l'imagination.
haL présomption attend la certitude; la conjecture tend à la découverte. La présomption a lieu sur-tout à l'égard des faits positifs dans les affaires civiles, pour des actions morales à juger; elle est familière au jurisconsulte' et à l'orateur. La conj'ecture s'exerce principalement sur des choses cachées, sur des vérités inconnues, sur les principes éloignés à découvrir; elle est familière au philosophe et au savant.
Il ne suffit pas de présumer, il faut prouver; il ne suffit pas de conjecturer, il faut trouver. La présomption doit se changer en conviction, \dL conjecture en réalité.
La présomption est un poids qui fait pencher la balance, mais qui ne la fait pas tomber; la conjecture n'est qu'une voie ouverte pour chercher la vérité. (Extrait de Rou-
BAUD
CONJURATION , SORTILÈGE , EN- CHANTEMENT, MALÉFICES. On entend par conjuration , des paroles , des caractères ou cérémonies , par lesquels on prétend révoquer ou chasser les esprits malins , détourner les tempêtes , les maladies et les autres fléaux. Il y a cette différence entre conjuration et sortilège,' que dans la conjuration on agit par des prières, par l'invocation des saints ' et an nom de Dieu , pour forcer les diables à obéir; au lieu que dans le sortilège on agit en s^adressant au diable, que l'on suppose répondre favorablement en vertu de quelque pacte fait avec lui, en sorte que le magicien et 1* diable njont entre eux aucune opposi-
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Vm et Tantre diffèrent encore de Venchantement et des maléfices, en ce qae dans ces derniers on.agit lentement et secrètement par des charmes, par des caractères magiques , .etc. , sans jamais appeler le diable » ni avoir ancnn entretien avec lai. {Encyclopédie,)
CONJONCTURE. V. Circoustakce , Cas.
CONJURATION. V. Cabale.
CONJURER. V. Adjurer.
CONNEXION , CONNEXITÉ. Ces mots expriment le rapport, la liaison, la dépendance qui se trouvent entre certaines choses.
Connexité exprime les rapports réeb qui existent entre les objets; la connexion - ex.prime la liaison, Tunion intime qoi existe entre les rapports.
La connexion est de deux sortes: ou elle est formée par la nature des choses, et alors elle est réelle ; ou elle est formée par Tesprit qui unit les rapports d'une * manière intime, et alors elle est intellectuelle.
n y a une connexion naturelle et nécessaire, indépendante de toute opération de l'esprit , entre les idées ; telle est la connexion entre les idées de père et d'enfant, d'époux et d'épouse, de souverain et de sujet, de débiteur et de créancier , etc. Cette connexion est formée par la nature des choses.
Deux idées peuvent avoir de la connexité sans avoir de connexion; c'est par l'opération de votre esprit que vous en formez la connexion. Par le raisonnement vous établissez la connexion entre des propositions qui n'avaient qu'une connexité. Un principe a de la connexité avec un autre ; l'antécédent a une connexion avec le conséquent.
La connexité est la qualité ou la propriété naturelle en vertu de laquelle la connexion a lieu ou peut avoir lieu.
Connexité ne dénote qu'un simple rapport qui est dans les choses et dans la nature même des choses,; la connexion énonce une liaison qui est établie entre les choses et fondée sur le rapport. Par la connexité, les choses sont faites pour être ensemble; par la connexion , elles y sont.
Il y a de la. connexité entre la géométrie et la physique; leur connexion est dans les mathématiques mixtes.
CONNEXITÉ. V. CowiTExiow.
CONNAITRE MAL, NE PAS CONNAI- TRE. On connaît mal, dit Voltaire, quand on se trompe de caractère. Dans Corneille, Laodice dit à Cléopâtre je vouit connais mal, et Photin dit de même j'ai mal connu César.
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Mais quand on ignore quel est l'homme k qui l'on parle , il faut dire , je ne le connaissais pas,
CONSACRANT, CONSÉCAATEUR. Ces deux termes de religion catholique.se disaient pour s^nifier celui qui consacre un évéquc.
Mais le dernier a vieilli, et on ne dit plus que consacrant,
CONSACRER, VOUER, DÉVOUER, DÉ- DIER. Vouer, promettre, engager, affecter d'une manière rigoureuse, étroite, irrévocable , par l'expression d'un désir très ardent, de la volonté la plus ferme.
Dé\'ouer^ attacher, adonner, livrer sans réserve, sans restriction, par le sentiment le plus vif et le plus profond, du zèle le plas généreux et le plus brûlant.
Dédier, mettre sous l'invocation, sons les auspices , à la dévotion de l'objet à qui l'on dédie par un hommage publie , solennel , authentique.
Consacrer, dévouer religieusement, entièrement , inviolablement , par un sacrifice , de manière k rendre la chose sacrée et inviolable.
Ces termes s'emploient proprement dans le style religieux. Dans un danger vous Douez, vous faites vœu d'offrir une lampe à Ja Vierge ; vous 'vouez, vous engagez par nn lien sacré vos cnfans à Dieu. Les religieux se dévouent ou se Douent sans réserve an service de Dieu; les martyrs se dévouent a la mort pour le triomphe de la religion. On dédie une église, un autel, sous l'invocation de quelque saint , on dit aussi dédier pour dire destiner , appliquer , donner tout entier à une profession sainte, sous de saints atispices.
On ne consacre qu'à Dieu; on consacre une église avec des cérémonies majestuenscs et religieuses; le prêtre consacre à la messe la^pain et le vin.
Les Romains, dans des calamités, 'vouaient des autels à la Peur , à la Fièvre , à la Moit , aux maux qu'ils redoutaient. Ils dévouaient avec des imprécations, aux dieux infernaux, la tête de ceux qu'ils anathématisaient. Ils dédiaient tous leurs maisons à des lares on pénates particuliers, en sorte que cba^q^e ^^' mille avait ses dieux propf es. Ils consacraient aux dieux et à leur culte une partie des terres qu'ils avaient conquises.
Ces termes ont passé dtms le -style profane, et le vœu est toujours un engagement inviolable; le dévouement, un abandoonement entier aux volontés d'autrui; la dédidace, »
tribm d'honneur d'un client ; la coosécration > on âévoiiem«iit «i absolu ^ si imitera*
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ble , ai mviolaLle , qu'il en est comme sacré. J'emploie ces substantifs, dit Roabaud, dont nons arons tiré cet article,' dans le sens relâché des Terbes et pour en exprimer l'action, quoique consécration ne se dise que dans un scDs religieux; quoique dédicace ne désigne proprement que la cérémonie de dédier; quoique vœu marque la chose qu'on fait , plutôt que l'action de faire, l'action qu'il faudrait appeler vouement comme dévouement.
On njoue ses services à un prince, une éternelle gratitude à 'un bienfaiteur ; on se 'voue k une profession , etc. On se dévoue en vouant l'attachement , l'obéissance la plus profonde, jusqu'à tout sacrifier, même sa vie.
On dédie des monumens qui honorentles per^ sonnes; on dédie des ouvrages, on dédie à un patron. On consacre son temps , ses veilles , etc. ; on se consacre à des travaux , à des services, à l'étude, à des œuvres qui occupent l'homme tout entier, qui remplissent une vocation respectable , etc.
COXSA.NGUINITÉ. V. Affinité.
CX)NSCIENCE, IDÉE, NOTION, PEN- SÉE, PERCEPTION, SENSATION. Ces mots se trouvent réunis dans l'Encyclopédie : voici comment Rouhaud les examine et les exphqae.
Tous ces termes , dit l'Encyclopédie , semblent être synonymes, du moins à des esprits superficiels et paresseux, qui les emploient indifféremment dans leur façon de s'expliquer. Mais comme il n'y a point de mota absolument synonymes , et qu'ils ne le sont tout au plus que par la ressemblance que produit en enxTidée générale qui leur est commune à tous, je vais marquer leur différence délicate, c'est-à-dire la manière dont cbacuu diversifie une idée principale par Vidée accessoire qui lui constitue un caractère propre et singulier. Cette idée principale est celle de la pensée, et les idées accessoires qui les distinguent, en sorte qu'ils ne sont point parfaitement synonymes , en sont les diverses nuances. Je doute que mes lecteurs aperçoivent une grande synonymie entre tous ces mots divers, et que personne les confonde au pohit dédire, par exemple, sensation pour idée, ou notion pour conscience. Quoiqu'il en soit, en examinant les idées de l'autear, je nie bornerai à y ramené» ou à y opposer les notions- simples, communes et usitées de ces termes métapbysiquement pris, sans m'embarrasser ni des sens particuliers que chaque école peut leur donner dans son langage , ni des acceptions détournées qu'il a plu à l'usage de leur attribuer. Je traite de la langue que
tout le monde parle et que nous deVons tous entendre.
On peut regarder le mot pensée comme celui qui exprime toutes les opérations de l'a me. Ainsi j'appellerai pensée tout ce que l'ame éprouve, soit par des impressions étrangères, soit par l'usage qu'elle fait de sa réflexion ; et opération la pensée en tant qu'elle est propre à produire quelque changement dans l'ame, et par ce moyen à l'éclairer et à la guider.
Tous ces termes annoncent des modifica^ tions de l'ame. La pensée^t l'opération propre de l'esprit. L'ame pense et sent, le cœur sent, et l'esprit pense. Pour mettre, une différence entre la pensée et l'opération de l'esprit, il faut dire que pensée ne présenté qu'un acte pur et simple, et qu'opération indique une action, un travail de l'esprit.
Ta'ppelle perception l'impression qui se produit en nous par la présence des objets.
La perception est, pour ainsi dire, la division de l'objet présent qui, par l'impression qu'il fait sur l'entendement, s'en fait apercevoir et connaître. Apercevoir n'est pas simplement recevoir les impressions des objets, c'est encore les rapporter comme à leur cause ou à leur sonrce. Cette dernière opération suppose manifestement la réflexion d'après l'impièssion reçue. \
J'appelle sensation cette même impression qui se produit en nous , en tant qu'elle vient par les sens.
La sensation est la perception excitée dans l'ame par la force des impressions produites sar nos sens ou sur les organes du corps , à la présence des objets extérieurs et sensibles. La sensation est donc une sorte de perception matérielle. Il y a des perceptions purement intellectuelles , telles que celles des objets spirituels, des choses abstraites, des notions générales, des objets moraux. Elles appartiennent à l'entendement pur, et l'esprit n'a pas besoin de s'en former des images corporelles. La sensation va donc , pour ainsi dire, à l'ame par les sens, car c'est l'ame 'qui sent et non le corps. La sensation est dans l'ame qui en éprouve de la douleur, du plaisir ou antre sentiment en même temps qu'il s'y forme des perceptions corporelles.
J'appelle conscience la connaissance qn'c .:
prend des objets.
En méthaphysique , la conscience est le sentiment intérieur que nous avons ôAt objets sans en avoir reçu Vidée par une impression étrangère. Nous avons le sentiment intérieur de notre existence , de nos pensées , de notrd liberté, sans qu'on notis eu donne Vidée^
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Noas n*avoQ9 ]a connaissance des objets étrangers, que par les idées que nos impressions nous en donnent ; cette connaissance est une perception acquise, ce sentiment est conscience. En morale, la conscience est le sentiment intérieur de ce qui est bien et de ce qui est mal. Il est des objets dont nous jugeons bien sans réflexion , comme par iu- . stinct, mais par sentiment , par ce sentiment intérieur qui fait la conscience. La conscience est donc avec raison l'egardée comme un sens intime.
Ceci donne la différence propre-tle la sensadon et du sentiment. liC sentiment apparti,ent à cette espèce de sens intime , et la sensation est dans la dépendance des sens corporels. Le sentiment est en nous comme une modiilcation de Tame, comme une cbose qui nous est propre ; la sensation vient du dehors; elle va dans l'ame porter une idée ou réveiller quelque sentiment. Le sentiment est à Tame comme la pensée qu'elle produit ; la sensation est à l'ame comme Vidée qu'elle reçoit. Vous voyez un enfant dans quelque danger, une sensation pénible vous trouble, et un sentiment impétueux vous fait voler à ' son secours. La sensation est passive est toujours passagère; le sentiment est actif et souvent très durable. La sensation est proprement physique ; mais le sentiment est moral. Les sensations ne sont que des accidens; les sentimens forment nos affections , nos passions , nos vertus, nos vices, notre naturel, notre caractère, nos mœurs, notre bonheur ou notre malhetu'. Reprenons.
J'appelle idée la connaissance qu'on prend des objets comme images.
Uidée est en effet , selon le sens propre du mot, l'image, la représentation des objets intimement unis à l'ame ou gravés dans son entendement. C'est par Vidée ou la représentation immédiate des choses que l'esprit les aperçoit ou les reconnaît; c'est par cette idée conservée dans la mémoire que la mémoire nous les rappelle.
J'appelle notion toute idée qui est notre propre ouvrage.
Toute idée qui est notre propre ouvrage est notre pensée, fit non pas une notion. Vidée représente l'objet; la notion en représente quelques détails. Si Vidée, dit Leibnitz, représente ce qu'un objet a de commun avec les autres individus de son espèce, c'est alors une notion; af^ en effet, elle en considère et compare alors les qualités communes. La notion déploie Vidée de la cbose , mais d'une manière succincte et imparfaite.
Après ces notions un peu hasardées notre
auteur continue. On ne peut, dit-il, prendre indifféremment ces termes l'un pour l'antre, qu'autant qu'on n'a besoin que de Vrelee principale qu'ils signifient. Ces cas sont rares, et il n'y en a peut-être point où tel de ces mots puisse être employé pour tel autre , comme conscience pour sensation, et l'autear le reconnaît lui-même tout anssitôt.
On peut, dit-il, appeler les idées simples indifféremment perceptions ou idées ; mais on ne doit point les appeler notions, parce qu'elles ne sont pas l'ouvrage de l'esprit. On ne doit pas dire la notion du blanc , il faut .diie la perception du blanc.
On ne! dit pas la notion du blanc, parce que Vidée du blanc est une idée simple et première qui ne s'analyse pas; et la notion est un essai d'analyse. On ne dit pas non pias la- pensée du blanc, quoique, selon l'auteur, la pensée soit tout ce que l'ame éprouve. Ainsi, ce n'est point parce que la notion est l'ouvrage de l'esprit qu'on ne dira pas la notion, au lieii de la perception ou de Vidée du blanc.
On dira màïfféremment perception ou idée, lorsque leur différence n'influera pas sur le sens de la proposition, ce qui arrive assez souvent. Mais s'il existe entre ces termes une différence , il est des cas où l'un des deux ne peut pas être mis à là place de l'autre sans entraîner une confusion et une erreur. Selon l'auteur, la perception est l'impression, et Vidée est l'image où l'impression diffère manifestement de l'image imprimée. Dans la réalité la perception est l'action d'apercevoir; or, cette action doit être quelquefois nécessairement distinguée de l'image imprimée dans l'esprit, c'est-à-dire de Vidée. La perception suppose l'objet présent à l'esprit, elle suppose qbe l'esprit le considère; il n'en est pas de même de Vidée , elle reste gravée dans l'esprit sans que l'objet lui soit présent, sans que son image lui soit présente. L'esprit a la percep' tion de l'objet par le moyen de Vidée; et il a souvent Vidée de l'objet sans en avoir la perception actuelle. Enfin, on ne dira jamais que \2i perception représente les objets; on ne dira jamais que Vidée les aperçoive ; donc il ne faut pas appeler indistinctement idées on perceptions , les idées mêmes simples.
Nous dirons également des idées ou des perceptions claires ou obscures, distinctes on confuses , simples ou. complexes , parce qn'il ne s'agit ici que de considérer des qualités communes aux idées et aa:s. perceptions , sans aucun égard à l'attention que l'esprit peut leur donner et à la manière dont il peut les envisager. Nous dirons encore que l'esprit forme , avec ses perceptions ou ses id4Êf combinées ,
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des jagemens et des raisonnemens; car il est évident que l'esprit donne alors à Vidée l'attention que la perception exige. Mais s'il fant exprioier formellement cette attention, c'est de la perception et non de Xidée qu'on parlera.
Les notions , à leur tour, peuvent être considérées comme images; on peut par conséquent leai* donner le nom (Vidées, mais jamais celui de perccftions ; ce serait faire entendre qu'elles ne sont pas notre ouvrage. On peut (lire la notion de la hardiesse et non la perception de la hardiesse; ou si l'on veut faire usage de ce terme , il faut dire les perceptions qui composent la notion de la hardiesse.
Notre métaphysicien revient toujours à son idée que la notion est notre propre ouvrage, tandis que les idées et les perceptions sont produites en nous. Mais il y a des notions comme des idées ou des perceptions reçues et acquises. La notion peut être considérée comme une image; elle est elle-même un petit tableau paisqn'.c]le expose divers traits de la chose. La notion peut donc s'appeler idée, mais moins parce que le dernier mot signifie ' image, que parce que, dans une acception secondaire , une idée se prend pour un court exposé ou pour un assemblage de rapports considérés dans la chose : ainsi l'on donne une idée, nn petit précis, une légère notion d'une affaire. v
Quant à perception , il ne se dit pas pour notion , parce que la perception ne se présente que comme une idée simple, au lieu que la notion comprend plusieurs idées, et parce qne la perception n'est que la vue de l'objet qui se fait connaître à nous , tandis que la notion en est une connaissance distinct* et détaillée qui le fait mieux connaître. Si les perceptions composent , comme on le dit , la «o ti n de la hardiesse, il est évident qu'on a de* perceptijns de la hardiesse, et que la notion n en est qu'un assemblage.
Enfin , l'article de l'Encyclopédie est terminé par cette observation. Une chose qu'il faut encore remarquer sur les mots d'/ffe^ et de n.tijn, c'est que le premier signifie une perception considérée comme image, et le second une idée que l'esprit a lui-même formée. Les idées et les njtijns ne peuvent appartenir qu'aux êtres qui soiit capables de léflexion. Quant aux bêtes, si tant est qu'elles pensent, et qu'elles ne soient point de purs automates, elles n'ont que des sensations et des perceptiims , et ce qui devient pour elles une perception, devient idée à notre égard par la réflexion que nous faisons que cette perception représente quelque chose.
S'il est vrai que les bêtes n'aient pas de notlms , puisque les notions entraînent des réflexions, des comparaisons, des jugemens-, je demande pourquoi l'auteur refuse nettement des idées aux animaux quand il n'ose leur refuser des pensées , pourquoi il leur refuse des idées sous prétexte qu'elles sont des images, pourquoi il leur refuse, des idées, quand il leur accorde des perceptions qui ne font apercevoir les objets que par des idées ou des images.^ (Roubaud. )
CONSCIENCIEUX , SCRUPULEUX. Ces deux mots ont' rapport aux lumières de la conscience.
Consciencieux , qui est toujours éclairé par les lumières de sa conscience et a" l'habitude de les suivre.
Scrupuleux se dit de celui qui , malgré les lumières de sa conscience qui ne lui offrent aucune raison de douter qu'une action soit bonne ou mauvaise ,' se laisse habituellement troubler par des doutés que lui suggère son imagination on la crainte irréfléchie de blesser sa conscience.
Le consciencieux , est éclairé entièrement par les lumières de sa conscience , et il les suit avec confiance ; le scrupuleux n'est éclairé qu'à demi par ces mêmes lumières; quelquefois même il ferme les yeux pour ne les point voir , et cherche ailleurs des motifs pour agir ou ne Igiks agir.
Les gens consciencieux ont une marche ferme él assurée; ils suivent toujours les lumières de 1» raison. Les gens scrupuleux ont une marche incertaine et chancelante ; ils se défient de la raison même.
L'homme consciencieux est tranquille dans l'exécution de ses devoirs ; l'homme scrupuleux est toujours inquiet , toujours agité , • parce qu'il ne sait comment remplir les siens. Il croit voir le mal où il n'est pas, il se tourmente sans cesse , et est insurportable à luimême et aux autres.
CONSÉCB.AÏEUR. T. Consacrant.
CONSEIL. V. Avertissement.
CONSEILLER D'HONNEUR , CONSEIL- LER HONORAIRE. Le conseiller d'honneur est un conseiller en titre , à la place duquel est attachée cette qualification ; le conseiller honoraire est un conseiller qui , après avoir rempli quelque temps cett« charge, a obtenu des lettres de vétérance , et qui consei-ve les principaux honneur.* de la charge saj|^ être tenu d'en remplir les fonctions.
Un conseiller d'honneur est en exercice ; un conseiller honoraire n'y est plus. ( Beau-