‹ Dictionnaire synonymique de la langue françaiseChapitre 182 sur 253 · COQ · texte numérisé non relu

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ment jusque dans les mauvaises copies. Les simples modèles de l'antique qui sont au Louvre n'y figurent pas moins bien que les originaux des pièces modernes. (Girard. ) (COPIER. V. Contrefaire.

COPIER, TRANSCRIRE. Transcrire signifie éciire une seconde fois, transporter sur un antre papier, porter d'un livre dans un antre. Copier , c'est à la lettre multiplier la chose , en tû?er un double ou des doubles , former des exemplaires pour multiplier la chose, pour l'avoir en abondance.

Vous transcrivez pour mettre au net, en forme, en règle, en état; vous copiez pour multiplier, distribuer, répandre, conserver.

Un iJdarchand transcrira chaque jour la feuille. do ses ventes et de ses achats sur ses livrés de compte , pour être en règle.

Transcrire annonce une conformité littérale, exacte; copier ne désigne quelquefois qu'une ressemblance plus ou moins frappante.

Il est superflu d'observer que transcrire ne se dit qû*à l'égard de 1 écriture, et qu'on copie des taÛleaux, des dessins, des manières, des actions, des- personnes, tout ce qui s'imite. (Romuun. )

COPIEUSEMENT. V. Abondamment.

COPULATION. V. Accouplement.

COQUETTERIE, GALANTERIE. Ces deux mots ont rapport au goût que les deux sexes ont l'an pour l'autre.

\jS^ coquetterie est dans une femme le dessein de paraître aimable à plusieurs hommes; l'art de les engager et de leur faire espérer un bonhenr qu'elle n'a pas dessein de leur accoi'der. C'est dans un homme le dessein de plaire à plusieurs femmes.

Le mot (le galanterie peut être considéré sous deux acceptions générales. i° C'est, dans les hommes, une attention marquée à dire aux femmes d'une manière fine et délicate des choses qui leur plaisent et qui leur donnent bonne opinion d'elles et de nous.

a® C'est l'appétit d'un sexe pour l'autre et l'habitude de s'y livrer. C'est dans cette dernière acception que nous prenons ici ce mot.

~ La coquetterie cherche à faire naître des désirs , la galanterie à satisfaire les siens.

La coquetterie lient beaucoup à la vanité ; la galanterie tient beaucoup au tempérament.

Une femme galante veut qu'on l'aime et qu'on répondre à ses désirs; il suffit à une CO' guette d'ctré trouve aimable et de passer pour belle. La première va successivement d'un en gagément à ui^ autre; la seconde, çatis vou

loir sVngager,. cherche sand cesse k tous séduire, a plusieurs amusemeos à la fois. Ce qui domine dans l'une est la passion , le plaisir ou Tintérêt ; dans l'antre , c'est la vanité , la légèreté, la fausseté.

Les femmes ne travaillent gaère à cacher leur co^uerr«n>; elles sont plus réservées pour leurs galanteries, parce que la première satisfait lear amour-propre, et que les secondes dénotent un vice du cœur. Avoir beaucoup d'amans est un triomphe qu'elles aiment à étaler , et sous lequel elles croient cacher les manœuvres secrètes qui ^ leur ont procurés et qui servent à les retenir.

La coquetterie est un travail perpétuel de l'art de plaire , pour tromper ensuite ; la ga» lanterie est un perpétuel mensonge de l'amour.

La galanterie s'occupe moins dn cœnr que des sens; au lieu que la coquetterie, ne connaissant point les se^ , ne cherche qne l'occupation d'une intrigue par un tissa de faussetés.

CORDAGE. V. Cabli.

CORDE. V. Cabm.

CORNES. V. Bois.

CORPS. V. Cjujavre.

CORRECTION. V. Amendement. CORRECTION, EXACTITUDE. Ces deux mots ont rapport à la perfection d'un ouvrage.

Nous entendons ici par le mot eorrec'

tion , non l'action de corriger un ouvrage , mais la qualité d'un ouvrage correct, c'est-àdire où toutes les règles selon lesquelles il cloit avoir été fait .ont été rigoureusement observées , où l'on, ne renuu'qae aucune faute contre ces règles.

Nous entendons par le mot exactitude la conformité rigoureuse de la représentation d'une chose avec la chose représentée.

La correction est dans l'observation des règles; Vexactitu^., est l'exposition fidèle de toutes les idées nécessaires au bat qn^on s'est

proposé. >

Ces denxmots s'appliquent parJicnlièreaient

aux arts du dessin , et» à Ifl^rt de parler et d'écrire. On remarque une grande correction de dessin dans les ouvrages de Raphaiâ.

Si dans un tableau représentant une scène de l'ancienne histoire grec^e, un^pein*'* introduisait un personnage vêtu À la ù-ançais^. quelque correcte que fût la figure, il aurait manqué à Y exactitude,, parce qu'il n'auf*** pas représenté fidèlement et d'une toBOiere conforme à. son but le personnage qu'il devait représenter. Ou poi|i^a4| ft^aûm i& ^^

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Tiecdon de son onvrage, mais on y* blâmerait le déiaat à^ exactitude,

À l'égard da langage et du style , la correc tion consiste dans l'observation scrapuleose clés règles de la grammaire et des usages de la langue ; V exactitude tombe sur les faits et sur les choses.

On admire la correction dans un ouvrage liistorique bien écrit depuis le commencement jnsqa*à la fin; mais on le trouve inexact ai tons les faits importans n'y sont pas rapportés, ai ceux qu^on y trouve ne sont pas mis sous leurs véritables dates , s'ils ne sont pas attrilinés à leurs véritables auteurs , etc<

La correction nait des règles qui sont de convention ; Inexactitude nait de la vérité qui est une chose absolue.

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CORRIGER , REPRENDRE , RÉPRI-

MANDER. Ces trois mots ont rapport aux fautes que l'on commet et a ceux qui les commettent.

Nous les regardons ici comme s'appliquant aux personnes qui ont fait des fautes.

Corriger, c'est montrer ou vouloir montrer la manière de rectifier le défaut.

Reprendre, c'est indiquer la faute , et la faire remarquer à celui qui l'a faite.

Réprimander, c'est faire des reproches à quelqu'un d'avoir commis une faute.

On corrige ceux que l'on veut instruire; on reprend ceux dont on veut rappeler ou soutenir l'attention ; on réprimande ceux que l'on veut punir d'avoir mal fait.

Corriger regarde toutes sortes de fautes , soit en fait de mœurs, soit en fait d'esprit ou de ïàn^SL^e, Reprendre ne se dit guère que pour les fautes d'esprit et de langage. Réprimander ne convient qu'à l'égard des mœni's et de la conduite.

Il faut savoir mieux faire pour corriger.

On peut reprendre plus habile que soi. Il n'y a que les supérieurs qui soient en droit de réprimander.

Peu de gens savent corriger ; beaucoup se mêlent de reprendre ; quelques-uns s'avisent de réprimander sans autorité.

nfaut corriger avec intelligence, reprendre avec honnêteté, et réprimander avec bonté et sans aigreur.

CORROMPRE , PERVERTIR. Ces deux mots sont priai ici dans un sens moral.

a corrompu une jeune- personne innodente l quand on lui a inspiré des doutes sur les avantages de la vertu, sur la sainteté' de ses devoirs; on l'a pervertie^ lorsqn'après lui avoir inspiré des penchans vicieux , on l'a amenée au point de s'y livrer sans réserve et sans pudeur.

Corrompre a plus de rapport aux principes , aux maximes , au sens -moral. Pervertir en a davantage à la conduite , à l'habitude du mal, à l'état constant d'une ame ennemie àa. bien. On corrom/7f l'innocence par la persuasion, par les caresses, par la séduction; on pervertit en entraînant dans le vice, en changeant une conduite sage et réglée en une conduite vicieuse et déréglée. Celui qui est corrompu n'est pas toniojxn perverti ; il peut conserver l'apparence de la décence et de la vertu; celui qui est perverti n'a aucun sentiment du bien , il ne garde plus aucune mesure, c'est un méchant, c'est un pervers. La perversité est le dernier degré de la corruption de l'esprit et du cœur,

CORROMPRE. V. Abâtardir.

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