DÉBANDER, DÉTENDRE, RELACHER
Débander, c'est faire qu'une chose ne soit plus tendue assez fortement potir produire l'effet qu'on voulait obtenir en la bandant. Un arc débandé , un fusil débandé, ne peuvent plus tirer. ZM^c»<?rtf, c'est faire qu'une chose ne soit plus tendue. On tend et on détend une corde. Relâcher , c'est faire qu'une chose -ne soit plus aussi fortement tendue qu'elle l'était auparavant. Un danseur de corde- ne peut pas danser snr tine corde détendue; lorsque la corde sur laquelle il doit danser est trop tendue, il la fait relâcher.
DÉBAKROUILLEU, DÉdRASv^FR , NET- TOYEIR. Débarbouiller, c'est proprement ôter dn visage qpnelqne matière dont il est couvert, en tout (Ài en partie ;" décrasser c'est en ôter la crasse ; nettoyer est le terme générique qui se dit de toute sorte d'ordure, de matière étrangère , et de toute partie du corps.
DÉBARDER , ' DÉCHARGER. Débarder est un terme de marine qui se dit du bois à brûler que l'on tire d'un vaisseau , d'un bateau on d'un train, pour le mettre à terre.
Décharger, c'est 'tirer d'une voiture des objets dont elle est chargée.
Débarder signifie aussi 'sortir du bois d'un taillis; mais en ce sens, il n'est pas synonyme de décharger.
DÉBARRASSER, DÉCHARGER. Débarrasser, tirer d'un embarras , ôter ce qui embarrasse. Dégager, ôter ce qui engage , ce qui tient assujetti. On «est débarrassé des fâcheux, des importuns , des affaires ; ils embarrassaient , ils mettaient dans l'embarras. On est dégagé
choses étaient autant.de lien» qui mïns' assujettissaient à dek oMigattions fàcheuses^^impor" tunes. . - •'•; • 'M
' En défendant? ma porte 'Jp-nn* importun, ^e m'en débarrasse ; en payantlnes 'dettes , je me dégage de mes cr^ncièr«. • J
On se débarrasse en^éloignant ce «[ul einbarrasse; on se dégage , en détruisant les liens. + - w. . »
DÉBAT. V. AtTEkésTio^: ' >;«**•' • •
DÉBATTRE, DISCUTER Ces d'eux termes ont rapport aux discours mutuels de plusieurs personnes qui tendent à établir, à soutenir des droits, ou à faire décider* des question?.
Débattre se dit de plusieurs pqfçonnes de différent parti , de différente opinion, qui par? lent vivement les unes contre les ^utreÇji^poijE défendre leurs droits ou leurs opinii>ns vÇApec-r tives. ^ • . ' •
Discuter, c'est examiner un point ;de .Jit.t.^rature, de science, de politique', ou g/i/itéjFet particulier, dans le dessein d'en «^carter,. ^Pnt ce qui peut l'obscurcir, et de le prcsMiter net et dégagé de toutes les difficultés qiù Tembrouillent. On discute un fait, un.'point de
droit- , , :.ti '.
Débattre suppose de la chaleur, aejïa^vivacite, de la p^sion, de Ta pré vention. de. P?rÇ ou d'autre. Discuter .suppose du calme, du sang'froid, de la mo3ératigii*,. de 1^^ bonne foi.
Dans les, débats , chaque "parti ., cherche à l'emporter sur les autres"; dans les disçvissi.ons, on n'a pour but que la vérité. -. y *r. ,.
Les 'débats ont snr-!toiU..lieu. 4»inç les grandes assemblées , et sont souvent a.ccoQ}p£kgué« de tumulte; les discussions ic'onvie^£(en^^v^x assemblées moins nombreuses,. et sont calmes par leur, nature. , .... • ;
Dans les débats î ch£^(}ae membre -de l'assemblée peut s'élever contre une opinion, sans donner de bonnes raisons, et sans réfuter celles des autres; dans les discUiSsions, cbâqoe membre est obligé de motjver ses opiâions , et de réfuter les opinions contraiws. », '
Débattre se dit aussi bien Ûes choses gêné raies, que d'intérêts particuliers. On dit les débats du parlement d'Angleterre , et les débats des plaideurs dans un tribunal.
DÉBATTRE. V. Agiter.
DÉBAUCHE. V. Crapule.
DÉBAUCHER, SÉDUIRE. Ces deux mots signifient également détournfr de la vertu et plonger dans le vice. Ils diffèrent par la manière dont se, fait l'action. On débauche par
DÉB
DÉB
In grossiers appAts da vicô ctmt qni sont 'Icjà dUposés à i^ livrer ; on séduit ceux qni sont attaohés a la vertu» en les en détachant insensibleitaent , en abusant de lear faiblesse ou de leur ignoraiice ^ en les trompant par de iaosses apparences.
DEBILE , FAIBLB. Ces deax mots ont rapport k la manière dont Its causes produisent \nfn eâSpts.
Faible est opposé à fort. Il se dit des choses qni n^ont pas ajitant de force qae les cboses de la même classe , on qui sont inférieures en force aux individus d'une autre classe, ou enfin qui n'ont pas le degré de force qu'elles devraient, avoir pour produire l'effet auquel elles sont destinées. Un enfant est /aiblc lorsqu'il n'a pas autant de force , que les enfans en ont ordinairement à son âge ; l'enfant le plus foif est faible si on le compare avee un homme fait; le ressort d'une montre est faible s'il o'imprime pas un mouvement assez fort aux rouages pour les faire mouvoir convenablement au but.
Débite ne s'applique guère qu'aux animaux, & leurs facultés , à lenrs organes , à leurs membres, et par analogie à quelques facultés spirituelles de l'homme.
La débilité est l'affaiblissement des fibres dont le corps de l'animal est composé, par le relâchement de leur tissu, parla trop grande diminution ou le défaut de leur ressort.
Un enfant est faible par le défaut de forces relatives ; on ne peut pas dire qu'il est débile, Â moins que les organes qui exécutent les fonctions convenables à son âge ne soient tellement affaiblis ou dénaturés , qu'ils n'aient presque juins aucun ressort, aucun principe d'aerivité , et qu'ils ne semblent pas devoir en reprendre Jamais. Un vieillard est débile lorsque se» facultés, af^iblies par l'âge, ont perdu la plus grande partie de leur ressort.
L'enfant faible parler ^git, saute, court, est toujours en action, mais dans des bornes relatives à son âge ; le vieillard débile est lent , pureeseux à se mouvoir ; ses organes se refusent à ses actions.
La faiblesse est dans l'action ou dans le défaut de résistance; la débilité est dans le Banque de pouvoir.
ÏA débilité produit l'extrême faiblesse.
Le sujet faible peut recouvrer ses forces ; le sujet débile ne les recouvre jamais, ses organes sont usés.
L'esprit faible n'a pas assez de force pour résister, pour penser et agir d'après lui contre le vœu d'un autre ; il est subjugué par l'ascendant que vous prenez sur lui. L'esprit débile n'a paslt force de se détermiaer, dépenser, d'agir
d'après lui-même et avee suite; il obéit à l'impulsion que le premier objet lui donne. Le premier n'est pas loin de H bêtise ; le second touche à l*imbécilKté.
DÉBILITATION; V. Affaiblissemett.
DÉBILITER. V. Affaiblir.
DÉBILLEa , IJÉÏEJ4EB. Ces deux mou se disent de Taction de détacher des chevaux des choses qu'ils tirent. Débiller est un terme de marine qui se dit des chevaux que l'on détache des bateaux on dits trains de bois qu'ils tirent ; dételer se dit de Tactign de détacher un cheval ou des chevaux (Tune voiture de terre qu'ils tirent.
DÉBIT , VENTE. Vente est le terme gênérai qui se dit de toi^t cet qui se vend. Débit se dit d'une vente prompte, facile et fréquente, hé; débit convient particulièrement aux marchands en détail « la vente aux marchands en gros.
DÉBITER, RACONTER, PARLER. Par- 1er, c'est simplement faire connaître sa pensée par le moyeu de la parole. Raconter, c'est crpoier en détail une chose que l'on a vue on entendue. Débiter, c'est accompagner ce qu'on dit de gestes et d'inflexions de voix qui tendent à donnpr de la force ou de l'agrément aa discours.
DEBONAIRETÉ. Y. Bowté.
DÉBORDEMENT, INONDATION. Le débordement se dit de l'élévatiou des cyaax d'un fieuve, d'une rivière, d*ùn lao> Hfu-^essus des bords de son lit. V inondation, svàie du dé' bordernent, est l'actio.n par laquelle les eaux débordées se répandent aux environs, on retendue de ces eaux.
DEBOUT, DROIT. Ou est ^roif lorsqu'on n'est ni courbé ni penché ; on est debout lorsqu'on est sur ses pieds. La bonne grâce, veut qu'on se tienne droit; le respect fait quelquefois tenir debout. ,
DÉBRIS , ' D^XOMBRÎES , KUINES. Ces trois mots signifient eu général les restes dispersés d'une chose détruite, avec cette dific' rence que les deux derniers ne s'appliqofïi' qu'aux édifices, et que le troisième suppose même que l'édifice ou les édifices détroits étaient considérables. On dit les débris J'nn vaisseau, les décoinhres d'un bâtiment , les ruines d'un palais, d'une ville.
Décombres ne se dit jamais qu'au propre; débris et ndnes se disent souvent au lignre; mais ruine y en ce sens, s'emploie plus sonvent au singulier qu'ad" pluriel. Ainsi Ion dit, les débris d'une forlurfe brillante, la ruint d'un particulier, de l'État, dé la religion, d» cooimerce. {^Encyclopédie,)
DEC
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DÊBRUTIR, DÉGROSSIR. Déèrutlr c'est
oter ce qu'U y a de plus grossier <et de plus
"fcrut dans une matière dont on veut faire un
ouvrage. Dégrossir, c'est rendre moins gros,
vèe , ou à la diminution de flpn clcvaaoni de son éclat, de sa grandeur.
Décadence, du latin cadere, choir , déchoir > ou état de ce qui est déchu.
ouvrase. Dégrossir, c'est rendre moins gros, ou ciai uc w 4«* ^^ «-
plus mince, plus approchant de l'ouvrage Buine, du latin ruere, tomher, renverser, qu'on veut faire. On dégrossie après avoir abattre. , . . .
ùébruti. Dans un blpc de marbre débniti, on devine bien que l'artiate a envie d'en faire un ouvrage , mais on" ne voit pas encore quelle espèce d'ouvrage. Dans un bloc de marbre ^grossi, on voit si l'artiste a dessein d'en faire un groupe ou une statue ; ses principales parties sont indiquées. Ainsi dégrossir dit plus que débnitir,
DÉBUT. V. COMMENCEMEWT.
DÉBUTER, COMMENCER. Débuter se dit d'une action qu'on fait pour la première fois et qui doit être suivie de plusieurs actions du même genre. On commence ce qu'on veut achever sans rapport à d'autres ouvrages. On débute dans une carrière; un acteur débute sur un théâtre; un auteur qui veut se faire un nom dans le public débute par un premier ouvrage.
DÉCADENCE, DÉCLIN, DÉCOUB.S, La d^^dence est l'état de ce qui va en diminuant d'autorité, de puissance, de crédit. Il ne se dit qu'au figuré; le déclin est l'état de ce qui va baissant, en tirant à ^ sa fin; le décours, l'état de ce qui va décroissant.
On dit la décadence des empires , des fortunes, des lettres, des choses sujettes à des vicissitudes, sujettes à passer d'un état brillant et élevé à un état humble et modeste.
On dit le déclin du jour, de l'âge, de la maladie, des choses qui n'ont qu'une certaine durée et qui s'affaiblissent vers leur fin. On dit le décours de la lune, des choses assujéties à des périodes d'accroissement et de décroissement , et bornées à une révolution.
Par la décadence, la chose perd de sa puissance , de son élévation , de sa splendeur. Par le déclin, la chose perd de sa force, de sa vigueur, de son éclat. Par le «^dcours, la chose perd de son apparence, de son influence, de son énergie.
La décadence diminue la grandeur et l'éclat, mais n'amène pas nécessairement la chute . T. . ... . . . »
La décadence ne se dit qu'au figuré; ainsi elle ne se dit pas, comme ruine, des bâtiment, des édifices,
Midne suppose la destruction de la chose»
ou une tendance à sa destruction; décadence ne suppose que son abaissement.
La décadence peut être suivie de la ruine , mais la ruine n'est pas la suite nécessaire de la décadence La puissance des papes est tombée en décadence depuis le i5« siècle, on ne peat pas dire qu'elle soit tombée en ruine; elle est abaissée, mais elle àubsiste toujours.
On dit que les arts tombent en décadence, on ne dit pas qu'ils tombent en ruine; on ne les anéantit pas entièrement.
DÉCÉDER , MOURIR. Décéder ne se dit qu'en termes de palais et d'administtation.
Dans le langage ordinaire on dit mourir. Dans un acte de notaire ou un procès- verbal , on dit lequel est décédé le; mais ailleurs on dit, lequel est mort. Mon frère est mort, et non pas mon frère est décédé,
DÉCELER , DÉCLARER , DÉCOUVRIR , DÉVOILER. DIVULGUER, MANIFESTER, PUBLIER, RÉVÉLER. Le sens général de ces mots est d'apprendre à autrui , de différentes manières, différentes choses qui ne sont pas connues.
DécéUr, c'est indiquer, faire connaître ce qui est celé, ce dont on voulait dérober U connaissance. Il se dit de» personne» et des choses. Déceler un secr/et, déceler un criminel. . .
Déclarer, du latin clanis, mettre au clair, mettre au jour, faire connaître volontairement, clairement et j^sitivement , se» «entimens, ses volontés, ses desseins , ses action», que les autres ignoraient ou qu'ils ne connai»saient qu'imparfaitement, d'une mamère incertaine. Vou»vous trompe» sur me» scntunen», je vais vous les déclarer.
Découvrir, faire connaître aux autre» ce
et la mine. Le déclin mène à l'expiration et à qu'ils ne connaissent pas , en levant le» ODsiala fin. Le décours achève le cours et la révo- des qui les empêchaient de le connaître. Le lution.
La décadence est plus on moins rapide comme l'élévation; le déclin, plus ou moin»
sensible comme la pente; le décours, plus on moins avancé comme le progrès.
DÉCADENCE, RUINE. Ces deux mots
des qui les empêchaient temps a découvert ces mystères. (Voltaihe. } J'ai gardé pendant long - temps le secret sur la cause de me» inquiétudes; maiseiifan a faut vous la découvnr. Je lève le» obsta.
clés en rompant le silence. Tous les cour.
DEUAUlilNUK, ivui«ii. ^es «eux i«ut> tisans cachaient la vérité *^ '^' "VJ^ * ont rapport i la destruction d'une chose éle- l osé la lui découvrir, Le silence des courusuift
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était un oljstacle qai empêchait le roi de connaître la vérité; en la lai découvrant , on a détruit cet obstacle.
Dévoiler, littéralement 6ter le voile , lever le voile , arracher le voile. C'est dissiper les fausses apparence* sous lesquelles on cache 6é qu'on veut dérober à la connaissance des autres. On dévoile la conduite de celui qui cache ses dérèglcraens sous les apparences d'une conduite réglée. On dévoile Tartifiofe , la ruse , l'intrigue , la perfidie. On dévoile les sentimens secrets de quelqu'un. On dévoile les ressorts de la politique.
Divulguer, répandre de coté et d'autre une chose que l'on a reçue en confidence ou que l'on devrait tenir secrète.
Manifester se dit de ceux qni rendent publics et développent pleinement des sentimens, des vœux, des desseins , des intentions que les antres ne sauraient connaître sans cela , que par des conjectures.
Publier, rendre public. Il se dit des choses que Ton veut faire connaître à tout le monde en leur donnant la publicité ou l'authenticité propre à ce but. On publie des lois. On publie des bans, etc.
Révéler , c'est littéralement retirer de dessous un voile. Il se dit de ceux qui, instruits d'un secret sous la promesse ou sous la loi du silence, rompent ce silence pour faire connaître ce secret à ceux qui y ont intérêt ou qui ne devraient pas le savoir.
Les sermens que des conjurés prêtent entre eux sont une espèce de voile qui chache leur secret à toute autre personne. On le révèle y on le tire de dessous ce voile, lorsque, malgré son serment, on le découvre à un autre. On révèle an prince une conspiration faite conti'e lui.
Le secret de la confession, imposé aux confesseurs, est comme un voile qui dérobe à foute autre personne la connaissance des péchés du pénitent; mais lorsque le confesseur les révèle, il les tire de dessous ce voile qui alors ne les cache plus.
La nature semble avoir jeté un voile pins ou moins impénétrable sur les choses qu'elle veut dérober à notre connaissance, on dont elle veut nous faire acheter la connaissance par des recherches pénibles. Dieu nous révèle ce que la raison ne peut nous faire connaître; les savans, à force d'étude et de recherches, tirent quelques vérités de dessous ce voile , nous les font connaître et par conséquent nous les révèlent.
Déceler suppose que l'on rend inutiles les précautions que l'on a prises pour celer. Le loup de La Fontaine a pris tonte les pré- 1
cautions qf^il a pn , pour ne pas être reconnu, un bout d'oreille le décèle; un coap d'ceil décèle quelquefois nos sentimens secrets.
Déclarer suppose une chose de quclqne importance, et où la déclaration doit avoir quelque indigence. On ne déclare pas qu'on vase promener; mais on déclare qu'on est dans l'intention de poursuivre un procès; on dc^ clare qu'on veut être obéi. On déclare son mariage ; on déclare la guerre.
Déclarer marque quelquefois une sorte d'opposition. Vous ne voulez pas que je fasse cette démarche, et moi je vous déclare que je la ferai.
Découvrir suppose des obstacles qni em»
péchaient de voir la chose et que l'on fait disparaître.
Dévoiler suppose des apparences trompeuses que l'on dissipe.
Divulguer suppose l'envie de nuire ou l'indiscrétion. Il ne se dit qu'en mauvaise part. On divulgue ce qui peut faire du tort à quelqu'un. On répand une bonne nouvelle , on ne la divulgue pas.
Manifester suppose le dessein de détruire ou de prévenir sur son compte ou sur ses intentions, des opinions fausses, hasardée! , conjecturales , de ne laisser à cet égard rien de douteux ou de caché.
Publier peut se prendre en bonne ou en mauvaise part. On publie les défauts que l'on a reconnus dans les autres afin de leur nuire. On publie les lois , les ordonnances afin que tout le monde les connaisse et s'y conforme.
Révéler suppose une violation de serment ou d'obligation , ou un effort pénible pour mettre au jour ce qui était profondement caché.
DÉCENCE. V. BiEwsÉANCE.
DÉCENCE, DICxNITÉ, GRAVITÉ. Ces trois termes désignent également les égards qui règlent la conduite et déterminent le maintien. "*
Ils diffèrent entre eux , en ce que la dé' cence renferme les égards que l'on doit an public; la dignité cevoL qu'on doit à sa place; et la gravité ceux qu'on se doit à soi-même. {Encyclopédie. )
DECENCE, MODESTIE, PUDEUR, RÉ- SERVE, RETENUE. Ces cinq termes ont rapport à la manière de se comporter, d'agir, de parler devant les autres.
La décence est la conformité des actions extérieures avec les lois , les coutumes, les usages, l'esprit, les mœurs, la religion, le point d'honneur, les préjugés de la société dont on fait partie , et avec les égards que l'on doit aii,z personnes devant qui l'on est.
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Tjl modestie, dans le sens où nons la prenons ici , est une attention à ne rîen faire , à ne rien dire qui paisse faire croire qne nous avons nne haute idée de nos qnalités intérieures on extériear'es, et que nons voulons tirer vanité de notre supériorité pour humilier les autres.
Il y a une autre modestie qui regarde plus les femmes, que les hommes et qui consiste dans la décence des airs, des gestes, des postures, des habits. Elle fait partie de la décence,
La pudeitr est un sentiment vif et naturel d'honnêteté et de modestie qui fait fuir en réagissant tout ce qui peut y porter atteinte.
La réserve est une sorte de prudence par laquelle on ne se hâte pas de dire ou de faire connaître ce qu^on pense.
La retenue est une qualité par bquelle on est tellement maître de ses paroles et de ses actions qu'on ne dit et qu'on ne fait rien qui ne soit conforme aux règles de la prudence , de la modération , de la discrétion.
lia décence craint de choquer, de déplaire, ou de ne pas avoir pour chacun les égards qui lui sont dus. La modestie craint d'être remarquée . et ne dispute à. personne les avantages de la beauté, de l'esprit, des talens, etc. La pudeur craint la honte et l'avilissement; il suffît des apparences pour la faire rougir. La réserve ne dit rien, ne fait rien , sans un mur examen. La retenue fait, qu'on ne fait et qu'on ne dit rien qu'à propos.
DÉCEPTION , TROMPERIE. La tromperie est un abus de Tignorance, de la confiance , de la créduUté , de la facilité de quelqu'un. En termes de jurisprudence, </ec6/7f/Q/2 se dit an lieu de tromperie. On dit déception d'outre moitié pour indiquer une tromperie qui a fait tort à quelqu'un de plus de la moitié de la valeur d'une chose; et lésion d'outre moitié , pour indiquer le tort même qui résulte de la déception.
DÉCÈS , TRÉPAS , MORT. Trépas est poétique et emporte dans son idée le passage d'une vie à l'autre. Mort est du style ordinaire et signifie précisément la cessation de la vie. Décès est d'un style plus recherché, tenant un peu de l'usage du palais , et marque proprement le retranchement du nombre des mortels. Mort se dit à l'égard de toutes sortes d'animaux, et les deux autres ne se disent qu'à l'égard de l'homme. Un trépas glorieux est préférable à une vie honteuse. La mort est le terme commun de tout ce qui est animé sur la terre. Toute succession n'est ouverte, qu'au moment du décès.
Le trépas ne présente rien de laid à l'ima-
gination, il pent même faire envisager quelque chose de gracieux dans l'éternité. Le décès ne fait naître que l'idée d'une peine causée par la séparation des personnes auxquelles on était attaché ; mais la mort douloureuse de ces personnes présente quelque chose d'affreux.
Le trépas est donc le passage de cette vie à nne autre vie; la mort est l'extmction delà vie, la perte de tout sentiment. Le décès est la sortie hors de la vie, de la société de ce monde, la fin du cours de la vie on de la carrière humaine.
DÉCEVOIR. V. Abuser.
DÉCHAÎNEMENT, EMPORTEMENT. Ces deux mots marquent un mouvement violent de colère , mais le déchaînement suppose un objet conti'e lequel cette colère est dirigée, et Vemportement n'exprime que le moment sans accessoire. Le déchaînement est durable, il va constamment à son but ; Vemportement est passager, il s'appaise et onl'appaise.
DÉCHAÎNER , SE DÉCHAÎNER. Au propre , déchaîner quelqu'un , c'est lui ôter les chaînes dont il est chargé ; se déchaîner , c'est ôter les chaînes dont on est chargé soi-même. Au figuré , déchaîner, c'est animer , exciter, irriter une personne contre une autre ou contre une chose; se déchaîner, c'est s'emporter contre quelqu'un ou contre quelque chose.Voùs avez déchaîné tout le monde contre moi , c'est-à-dire vous avez ardmé , excité , irrite tout le monde contre moi ; vous vous déchai»
nez contre moi, c'est-à-dire vous parlez contre moi avec colère , avec emportement , sans aucune retenue. '
DÉCHARGE, DÉCHARGEMENT. C'est l'action de décharger. Le premier se dit des voitures déterre , le second des voitures d'eau. La décharge d'une voiture, le déchargement d'un bateau , d'un vaisseau.
DÉCHARGE, QUITTANCE. Une quittance d'une somme d'argent qui était due est une décharge ; mais on se sert , à cet égard , plus volontiers du terme de quittance, et l'on emploie le terme de décharge pour d'autre»
engagemens qui ne consistent pas à payer une somme due. Par exemple, celui qui remet de l'argent qu'il avait en dépôt en tire non pas une quittance, mais une décharge, c'est-àdire une reconnaissance qu'il a remis l'argent.
' On peut aussi obtenir sa décharge des pièces ou papiers que l'on a remis, ou d'une garantie, ou autre demande et prétention, soit qu'on y ail satisfait ou que celui qui avait cette prétention s'en soit départi, ou qu'il en ait été débouté. {Encyclopédie.)
DÉCHET , DIMINUTION. Le déchet est
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fine diminution qni se fait sur la totalité d*nne salistaiice par des caases physiques. La dimi' nation se fait de qaelqae manière que ce soit. Il y a da déchet dans les rins qni restent longtemps dans les tonneaux; il y a diminution dans an tonneau de yin dont on a tiré une partie.
DÉCHET, DISCALE. Termes de commerce.
Par le j>remier on entend une diminution de la valeur des marchandises causée par la poussière , par le coulage , etc. La discale est proprement le déchet par Tévaporation de Thumidité contenue dans tonte la marchandise.
DÉCHEVELÉ , ÉCHEVELÉ. Déchevelé se dit d*nne personne dont on a mis la chevelure en désordre ; échevelé se dit d'une personne dont la chevelure est en désordre par quelque cause que ce soit. Deux femmes sont déchevelées lorsqn'en se battant elles ont mis réciproquement leur chevelure en désordre.
Une femme est échevelée lorsque ses cheveux sont en désordre , sans rapport à la cause qui les a mis en cet état.
DÉCHIQUEtER , TAILLER. Tailler, c'est couper en morceaux , grands ou petits, que Ton a dessein d^employer à former un tout.
Déchiqueter. , c'est couper , diviser irrégulièrement en plusieurs petites parties dont on n'a pas besoin de faire usage. Y. Déghi-
&SMENT.
DÉCHIREMENT , SOLUTION DE CON- TINUITÉ. Termes de chirurgie. Le déchiremeni^est une solution de continuité faite en longueur dans des parties membraneuses du corps humain, soit extérieurement, par accident, soit intérieurement , par effort on par maladie.
La différence est légère entre la solution de continuité et le déchirement , parce que dans l'une et dans l'autre, la séparation des iîbres est inégale. Cependant elle se fait dans le déchirement par alongement on extension, au lieu que dans la contusion c'est par brisement, par compression.
DÉCHIRER , DÉCOUPER. Déchirer, c'est diviser des choses minces par l'effort des mains , et sans se servir d'un instrument tranchant. Découper, c'est diviser par le moyen d'un instrument tranchant.
DÉCIDER, JUGER. Ces mots désignent, en général , l'action de prendre son parti sur une opinion douteuse on réputée telle. Voici les nuances qui les distinguent.
On décide une contestation et une question ; on juge une personne ou un ouvrage.
Les particuliers et les arbitres décident; les corps et les magistrats jugent. On décide
qnelqn'an à prendre un parti; on Juge qu*il en prendra lin.
Décider diffère aussi déjuger, en ce que ce dernier désigne simplement l'action de l'esprit qni prend son parti sur une chose après l'avoir examinée , et qni prend son parti poar lui seul , souvent même sans le communiquer aux autres; an lieu que décider suppose an avis prononcé, souvent même sans examen.
Ou peut dire en ce sens que les journalistes décident et que les connaisseurs yu^e/if. (^/scjrclopédie, )
DECIMATEUR, dImEUR. U décimateur est celui qui a droit de percevoir une dîme; le dimeur est celui qui lève une dîme pour un autre.
DÉCIME, DÉCIMES, dIMES. Ces mots désignent également nne contribution payable par les possesseurs des biens, et qui était originairement de la dixième partie des fruits.
' Décime , au singulier , se disait de la dixième partie des revenus ecclésiastiques y qui était levée extraordinairement pour quelque affaire jugée importante à la religion ou à l'État.
Décimes, an pluriel , est ce que les bénéficiers payaient annuellement à l'État sur les revenus de leurs bénéfices , sans aucune analogie déterminée entre les revenus et la contribution.
Dîme est la portion des fruits des biens laïcs donnée annuellement à l'église par les j fidèles, ou aux seigneurs par leurs vassaux, i Quoique ce mot semble indiquer la dixième partie, ce n'était pourtant le taux des dunes qu'en un très petit nombre d'endroits ; il variait d'un lieu à un antre , et il n'y avait d'uniformité qne dans la quotité annuelle de chaque paroisse. (Beauzés.)
DÉCISIF , PÉREMPTOIRE , TRAN- CHANT. Ces trois mots ont rapport à la manière de décider, de terminer une discussion, une affaire. Ils se disent tous trois des choses; mais tranchant et décisif se disent aussi des personnes, en quoi ils diffèrent de péremptoire, qui ne se dit que des choses.
Les choses douteuses et sujettes à contestation se résolvent ou par des raisons, des argumens , des moyens , qui soï^t si clairs qu'ils font cesser sur-le-champ le doute et l'incertitude; ou par des raisons, des argumens, des moyens, qui produisent nécessairement la décision; ou enfin par des raisons, des argumens, des moyens, qui établissent la vérité d'un côté, en détruisant tout ce qu'on pourrait y opposer de l'autre.
Dans le premûer cas, on dit de ces raisons,
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â« ces àr^menSi de ces moyent, qa*ils sont tranchans ; dans le second, qu'ils sont décisifs; àAnê le tr^siètne, quHls sont pérempteires.
Lie mot tranchant marque particulièrement ici l'efficacité du moyen et la promptitude de Veffet qu'il produit. Décisif annonce la discussion et le moyen qui est propre pour la terminer. Péremptoire indique l'opposition et un moyen qui peut la faire cesser.
Ce qui lève les difficultés et applanit les obstacles tout d'un coup est tranchant; ce qui ne laisse plus de doute et entraîne le jugement est décisif; ce qui ne souffre plus d'opposition et interdit la réplique , est pércrnptoir^, "
£n parlant des personnes, tranchant ei décisif on% un sens différent. L'Iiomme tran-chant ne voit poii^t de difiiculté; rhonune décisif u? Si point da doute;, ils ne réussissent pas topjours à tr^^iclier et à décider. À la Qoqfiâlice de celui - ci , l'autre ajoute l'arrogance. Le personnage tranchant veut nou»
imposer; le personnage décisif s'en fait accroire. Celui-là prend un ton et un air d'autorité; Celui-ci a l^e ton sec et un. air de capacité. Il n'y a pas à rai^nn^r avec le premier ; il faut, ai l'on peut, l'exclure de la discussion; il n'est pas ftisé de raisonner avec le second; il faudrait pour cela le guérir de son ataour-propre.
Il y a l'homme décisif €t l'homme décidé.
On est décisif en fait d'opimon et de jugement; en est décidé quant à ses volontés et à ses résolatîons. L'homme déaisifjnge hardiment ; rhomm« décidé veut fermement. Le preniiev a bienfÀt pris un avis, et il y tient opimàtrémenf ; le second a hipntôt pris son parti, et il y tient îiivariablement.
DÉCISION , RÉSOLUTION. Décision , opération par laquelle l'esprit , après avoir examiné une chose douteuse, contestée ou sujette à discussion , et' souvent aussi sans l'avbir examinée , prononcé" affirmativement sm* cette chose.
Résolution, dessein que" l'oil forme, parti que Von prend. ••
La décision ne tombe que sur la chose douteuse ; la résolution opère la détermination de la volonté.
La décision est une manière de voir la chose douteuse ; la résolution est un acte de la volonté qui préfère un parti à un autre ou à plusieurs antres.
Par la décision on décide, on jprononce; par la résolution on se détermine.
Par la décision on cesse d? être indécis j par ^ nésohttion on cesse d*êtrc irrésolu.
La décision ne suppose pas toujours l'examen, comme le dit Girard; car combien do gens décident sans examiner !
n semble que la résolution emporte la dé' cision, et que celle-ci puisse subsister sans l'antre , puisqu'il aiTive quelquefois qu'on n'est pas encore résolu à entreprendre une chose sur laquelle on a déjà décidé : la crainte, la timidité, on quelque autre motif, s'opposent à l'exécution.
En fait de science , on dit la décision d'une question , et la résolution d'une difBculté ; mais ici , résolution a un autre sens que celui que nous lui avons donné dans cet article.
DÉCISIONS DES CONCILES, CANONS, DÉCRETS. Décisions est le terme général qui renferme tous les articles déterminés par les conciles dans les matières qui sont de leur juridiction. Mais ces articles sont de deux espèces : les canons et les décrets.
Les canons sont les décisions qui concernent le dogme et la foi; les décrets sont les décisions qui règlent la discipline ecclésiastique.
DÉCLARER, DÉCOUVRIR, MANIFES- TER, RÉVÉLER. Déclarer, dire les choses exprès et à dessein , pour en instruire ceux à qui on ne veut pas qu'elles demeurent inconnues. Découvrir, monti'er, soit à dessein, soit par inadvertance , ce qui av;ût été caché jusqu'alors. Manifester, produire au ddiors ses sentimens intérieurs. Révéler, rendre public ce qui a été confié sous secret. Déceler , nommer .celui qui a fait la chose, mais qui ne veut pas en être cru l'auteur. Les crinûnels déclarent presque toujours leurs complices.
Les confidentes découvrent ordinairement le$ intrigues. Les courtisans ne se mamfestent pas aisément. Les confesseurs révèlent quelcfuefois la confession de leurs pénitens. Quand on ne veut pas être décelé, il faut, n'avoir ancun témoin de son action.^
DÉCLARER. V. Décéleiu
DÉCLIN. V. Décadïnce.
DÉCLINER , DÉCHOIR. Déchoif , c'est tomber à uri degté moins élevé; décliner, c'est pencher vers sa fin. Décliner dit plus que déchoir. Celui qaVdéchôit, peut encore se conserver long-temps; celui qui décline, apr proche de sa fin.
DÉCOCTION. V. CocTiow.
DÉCOMBRES. V. Disais.
DÉCOMPOSITION. V. Ahalysb.
DÉCONCERTÉ. V. Co*fus.
DÉCONSTRUIRE , DÉMONTER, DÉMO- LIR. On démonte une machine en Àésassem-
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blant les parties dont elle est composée, et qui peuvent se remonter ; on démolie nn bâtiment en désassemblant les parties dont il est composé, de manière qu'elles ne peavent pins se reconstruire de la même manière; on déconstruit un discours, une phrase, des vers, en dérangeant leur construction. Des vers sont déconstruits lorsqu'ils sont devenus semblables à la prose , par la suppression de la rime et de la mesure.
DÉCORER, ORNER, PARER, EMBEL- LIR. Ces quatre mots désignent ce qu'on ajoute aux choses pour les faire valoir davantage et en relever l'éclat et la beauté.
JSmbellir est le terme général. ^1 signifie rendre pins beau, plus intéressant, plus agréable, plus précieux, de quelque manière que ce soit ; les autres mots désignent diflérentes manières A*embellir.
Orner, c'est ajouter à une chose simple, des choses accessoires artistement travaillées qui, sans en faire partie , servent à la rendre plus agréable. Les ornemens considérés en euxmêmes , n'ont pas un rapport essentiel à la chose et peuvent être ôtés ou changés à volonté. Les tableaux d'une église ou d'un salon sont des ornemens qu'on peut èter ou changer , et par-là même ils ne sont que de simples ornemens.
Mais si les ornemens distribués dans tontes les parties de la chose , ou qui ont rapport à la chose , sont en liaison les uns avec les autres, et forment un système duquel résulte l'embellissement de la chose, alors chaque ornement considéré eu particulier conserve son nom; mais l'ensemble, l'effet, le résultat de tous ces résultats , forment ce qu*on appelle la décoration. Décorer, c'est donc distribuer tous les ornemens que l'on ajoute à Une chose, de manière qu'ils concourent également à ïemàellir.
Parer, c'est embellir une chose par des accessoires qui la font paraître plus belle , plus agréable à la vue.
Tout ce qui décore caractérise la chose; tout ce qui orne accompagne la chose en relevant sa beauté ; on pare dans le dessein de rendre plus orné qu'à l'ordinaire.
. DÉCOMBRES. V. Débris.
^ DÉCOULER, ÉMANER. Ces deux mots se disent des corps qui sortent d'autres corps.
Mais émaner se dit particulièrement des parties très subtiles et très déliées qui se détachent et s'exhalent des corps sans être liées les unes avec les antres.
Découler se dit des parties liquides qui sortent des corp» et se réunissent pour faire un tout «oAtiau.
Les odeurs ne sont autre chose qoe des corpuscules détachés qui émanent des corps odorans. La sueur découle des corps des animaux.
Les particules qui émanent d'un corps se répandent en divers sens et forment ordinairement une sorte d'atmosphère autour de lui.
Les Huides qui découlent d'une source suivent une pente déterminée et forment un canaL La lamière émane du soleil et se répand de tontes parts ; le sang découle d'une blessure et suit la pente qui l'entraîne.
Ces deux mots au figuré offrent à peu près la même différence. Un arrêt émane d'un tribunal par une simple émission dont les effets ne se suivent pas par la succession inoiniédiate et rapide de plusieurs choses de la même espèce, comme dans nn ruisseau les eaux se succèdent immédiatement les unes aux antres.
On dit qu'une conséquence découle d'an principe , parce que l'effet du principe s*étend sans discontinuation depuis le principe jusqu'à la conséquence , comme l'écoulement d*an ruisseau s'étend sans discontinuatitm depuis sa source jusqu'à sa fin.
Émaner, c'est simplement sortir de quelque corps ; découler, c'est sortir de quelque corps en coulant, en produisant une suice d'effets qui se succèdent tellement les uns aux antres qu'ils forment un tput.
DÉCOULER, DÉRIVER, ÉMANER, PRO- CÉDER, PROVENIR. Ces termes désignent le rapport des choses avec leur origine.
Découler indique qu'une chose prend son origine en coulant du corps d'où eUe sort.
Le sang découle d'une blessure.
Dériver indique qu'une chose tirée d'une aource principale, en a été éloignée. plus ou moins. L'eau d'un canal déri*^e ou est dérivée d'un ruisseau , d'une rivière. Le ruisseau est sa source principale , le canal indique la dérivation.
En grammaire, un mot est dérivé d'on autre , lorsqu'il a été tiré de la signification principale du dernier , et qu'il a pris une signification accessoire qui l'en éloigne plus ou moins. Déterminer, détermination^ sont des mots dérivés de terme , et leur signification s'éloigne plus ou moins de ce primitif.
Emaner indique l'origine de la chose , effet d'une émission spontanée. La lumière émane du soleil.
Procéder indique une cause qui produit un effet de même nature qu'elle. Le dbcours //'<>' cède delà pensée; le mal procède d'un vice; l'effet est de même nature que la cause.
Provenir désigne la cause et sa manicrc d'opérer, JPour savoir d'où le? chose» /ro*
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vû?»#ienf, il faut remonter des effeèijusqa'anx causes , et expliquer comment les causes produisent les effets. Une éclipse provient de l'interposition d'un corps opaque qui intercepte la Inmière d'un astre. Sa mine provient de ses
débaoohes.
Procéder tt provenir ont bien plus de rapport ensemble qu'avec les trois autres Verbes. Provenir est plus du discours ordinaire, et procéder du style philosophique ou savant.
On cherche d'où/>ro»'«e«iie/if les effets sensibles, communs, physiques ou moraux; on cherche A'où procèdent\e& choses métaphysiques, les objets intellectuels. Ces mots ne se disent qu'au figuré, tandis que les autres s'emploient an propre et an figuré.
DÉCOUPER, DÉPECER. Découper se dit des animaux que Ton sert entiers sur une table, et signifie, les diviser en leurs parties principales, comme les ailes, les cuisses, le croupion , etc.
Dépecer, c'est diviser un animal par pièces ou morceaux sans observer de laisser entières Ics^ parties principales. On dépèce un dindon, lorsqu'après l'avoir découpé , on le divise en plusieurs autres parties. On dépèce un gigot ; à la boucherie on dépèce un boeuf, un veaU, un mouton.