ACCOUCHEMENT , ENFANTEMENT
V accouchement comprend non-seulement l'action de metti*e l'enfant au monde , mais aussi tout ce qui prépare et accompagne cette action, depuis \es premières douleurs jusqu'à rentière délivrance ; c'est l'expression la pi as ordinaire. Enfantement se dit plus rai'ement, et n'a rapport qu'à ,1'action précise de mettre un enfant *9M monde. ■ JJ accouchement n'est pas douloureux depuis le commencement jusqu'à la fin , mais seulement par intervalles. Venfantement est douloureux pendant toute sa durée. Yoilà pourquoi on dit les douleurs de Venfantement , et non les douleurs de l'accouchement , quoiqu'on puisse dire un accoUf chement douloureux.
ACCOUCHER, ENFANTER. Enfanter signifie produire un enfant, abstraction faite de toutes les circdnstauces qui , dans l'ordre de la nature , précèdent et accompagnent cette action ; accoucher eniporte l'idée de ces cir^ constances. En parlant de la Yierge , on dit qu'elle enfantera un fîls, qu'elle a enfanté un fils , parce qu'elle n'a pas été sujette à toutes les circonstances qui précèdent et accompagnent les enfantemens naturels. On ne le dit guère au propre que dans ces phrases. Au figuré on dit^adisla terre enfanta des géans; on ne dit pas qu'elle en accoucha , parce qu'il ne s'agit que de la production , abstraction faite de la manière. On dit en plaisantant qu'un auteur a enfanté un gros volume , et qu'il a accouché d'une épigramme. La première action est une production lente , et qui n'a point de rapport avec l'accouchement naturel; la seconde, que l'on suppose faite avec peine et donjeur, et en un instant assez court, a pTuq de rapport «^vec rac^QUC^ement,
ACC (
AVOm ACCOUCHÉ, ÊTRE ACCOU- CHÉE. Le verbe accoucher est actif on neutre. Actif, il se dit de Faction d*un acconcheur <m d^one sage-femme. C'est cette sage-femme ^ qni Xa accouchée. Neutre , il se dit ou de TactipB d^ane femme qui met un enfant au monde, on de Vétat d'une femme qui a mis cUpois pen un enfant an monde. Dans le premier cas , il pi:end l'auxiliaire avoT)- , dans le second l'auxiliaire être. Cette femme a accou" ché hier , cette femme est accouchée depuis deux heures.
ACCOUCHEUSE, SAGE-FEMME.' 5a^e.
femme est le terme vulgaire , le nom relatif à la profession. Quand une femme sent les douleurs de l'accouchement , elle fait venir la aage^femme. Les gens prudens s'adressent à une bonne accoucheuse, jiccoucheuse se dit plutôt relativement aux opérations que l'on pratique en aidant une femme à accoucher.
Cette sage-femme est une habile accoucheuse»
Il y a beaucoup de maladies qui viennent de l'imprudence des accoucheuses,
ACCOUPLEMENT, COPULATION. Ac couplement est un terme général qui se dit de tonte soite de jonction du mâle avec la femelle pour la génération ; copulation se dit de l'espèce de jonction qui s'opère j^iv la conjonction des parties sexuelles. Vaccouplement d'an grand nombre d'espèces de poissons n'est pas une copulation,
ACCOUPLER , APPARIER. On accouple tontes sortes d'animaux lorsqu'on joint le mâle et la femelle ensemble pour la génération ; apparier se dit des oiseaux qui s'unissent par paires et restent attachés l'un â l'antre jusqu'à ce que leurs petits soient élevés. n se dit particulièrement des pigeons , des tourterelles, des perdrix, des serins. Appa^ rier, c'est mettre un mâle et uile femelle ensemble pou^r en former une paire.
ACCOURQR, APETISSER. Accotircir , rendre plus court, diminuer de longueur, de hauteur; accourcir un mantean. Apetisser se dit des corps que l'on i-end plus petits dans toutes leurs dimensions. On le dit aussi des corpis qui paraissent plus petits à mesure qu'ils s'éloignent de celui qui les regarde.
On dit que les jours Raccourcissent et non pas qu'ils s^apetissent. Us deviennent plus courts, ils ne doviennent pas plus petits. On dit au mois de décembre que les jours sont courts et non pas qu'ils sont petits.
On ne dit pas qu'une étoffe s'apetisse k l'eau , mais bien qu'elle s'y .retire.
ACCOURIR , COURIR. Courir n'exprime que l'idée d'aller avec vitesse; accourir ajoute à cette idée celle d'i^n but'' où l'on tend en
ACC
courant, d'nn , lieti qn l'on vent se rendre promptement par un motif pressant. vOn court pour se sauver lorsqu'on est poursnivi ; on accourt k l'aide, au secours de quelqu'un.
Le verbe courir ne prend que l'auxiliaire avoir f et le verbe accourir prend tantôt l'auxiliaire av'oir , tantôt l'auxiliaire être. Cette différence vieirt de ce que courir n'exprime qu'un mouvement , c^u'nne action; an Uen que dans accourir , qni signifie se mettre en mouvement pour arriver promptement à un bnt , on distingue deux choses, l'action de se mettre e^ mouvement ponr courir vert un but 9 et l'état qui résulte de cette action faite. Dès que je l'ai entendu se plaindre , j*ai aC" couru à son secours; arrivé auprès de loi , je "lui ai dit ; Je suis accouru à votre secoara.
Dans ce moment , j'étais accouru à son se* cours, c'est-à-dire j'étais dans l'état qni cMulte <le l'acnond'accou/t'r an secours de quelqu'un.
ACCOUTREMENT, HABILLEMENT. Accoutrement ajoute à l'idée à^habiîlement celle d'nn vêtement extraordinaire et ridicule.
ACCOUTRER, HABILLER. Habiller signifie mettre des oabits ordinaires; accoutrer signifie mettre des habits extraordinaires et ridicules.
ACCOUTUMANCE , COUTUME , HABI- TUDE. Accoutumance se dit d'une suite d'actions qui ont formé ou qui forment une habitude ; Vhabitude est un penchant acqnis par l'exercice des mêmes sentimens , et par la répétition fréquente des mêmes actions ; la coU" tume est une disposition habituelle de l'ame bu du corps à faire une chose.
Accoutumance vieillit, et il n'y a point de mot dans la langne qui le remplace parfaitement. La Fontaine* a dit :
U accoutumance ainsi nous rend tout familier.
S'ACCOUTUMER À, S'ACCOUTUMER AVEC. S'accoutumer à s'emploie dans un sens aptif. S'accoutumer au travail , à la fatigue , à la peine , au froid , au travail. S'accoutumer avec ne marque qu'une habitude de liaison , de communication. Je ne saurais WLaccoutU" mer avec ces gens-là , c'est-à-dire je ne saui'àis me . conformer à leur ton, à leurs manières , à leurs procèdes.
S'ACCOUTUMER À. V. S'Acclimater.