ACCOMPLISSEMENT, EXÉCUTION
Jj accomplissement suppose une loi, une règle,
un engagement ; Vexécution a plus de rapport à un dessein , à nn projet. J'ai accompli la loi , j'ai accompli mes engagemens ; j'ai exé' cuté le dessein que j'avais formé.
V accomplissement dit quelque chose de parfait , de complet , d'exactement conforme à la chose; Vexécution i^exkt être bonne ou mauvaise , complète ou incomplète. '
ACCORD, CONCILIATION. Thermes de droit. Dans Vaccord, l'une des parties fait des offres que l'autre accepte, et dès lors il n yaplus d'opposition. Dans la conciliation , on rapproche les parties par des moyens doux et insinftans , on les dispose à Yaccord.
ACCORD , CONVENTION. Ea convention a plus de rapport à la bonne intelligence des parties; on fait une convention quand il n'y a point eu de contestation. Vaccord a plus de rapport à «des oppositions , à des contestations qui ont existé, qai auraient pu exister , ou qui pourraient s'élever par la suite. On appelle accords les articles d'un contrat de mariage en tant qu'ils stipulent les droits, les garanties, et qu'ils tendent à prévenir les contestations. On appelle conventions ce qu'on est convenu d'accorder à une femme par son contrat de mariage.
ACCORDS , ACCORDAILLES. Accords indique particulièrement' le consentement donné formellement par les parens des deux futurs époux à leur mariage, et aui: principaux articles du contrat. ^ccor<^7/e5 ajoute à cette idée, celle de cérémonie , une assemblée solennelle de parens et d'amis. Accordailles est devenu populaire ; on dit plutôt accords, •tomber D'ACCORD. V. AcQuiuscatR.
ACCORD DISSONANT, FAUX ACCORD, ACCORD FAUX. Termes de musique qui expriment différentes choses qu'il ne faut pas confondre. Vaccord dissonant est celui qui contient quelque dissonance; Vaccord faux , celui dont les sons sont mal accordés ,. et ne gardent pas entre eux la justesse des inter* valles ; Xt^faux accord , celui qui choque l'oreille parce qu'il est mal composé, et que les SORS, quoique justes , n'y forment pas un tout harmonique. , «
. ACCORDAILLES. V. Accords.
accorder, donner , CÉDER. Le sens général de* ces trois mots est de transmettre à un autre ce dont qn peut disposer. '
Accorder suppose une demande pt le pou" voir d'y satisfaire ; nous accordons ce qu'on nous demande quand nous en avons le droit et le pouvoir. Donner , c'est transmettre à un autre la propriété d'nne chose qui appartient a celui qui la donne. Céder., c'est laisser, abandonner à quelqu'un , à certniu«s conditions
ACC ' (2g )
OU sans conditions , une chose sur laquelle il
ACC
prétend avoir des droits.
ACCORDER , CONCILIER. Accorder suppose une contestation » une contrariété; concilier ne suppose que Téloignement ou la diversité. On accorde deux personnes qui sont en procès , et tome contestation cesse ç on concilie deux personnes divisées d'intérêt qui sont sur le point de plaider , et toute division cesse. En accordant, on établit égalité , conformité dans les opinions , consentemeiit ou renonciation aux choses exiges ou contestées; en conciliant, on ne détruit pas toujours la diversité des opinions ou des prétentions , mais on établit entre elles une espèce de compensation qui fait qu^on se rapproche , qu'on se tolère , qu'on rentre en bonne intelligence* Accorder a plus de rapport aux opinions et aux prétentions en elles-mêmes ; concilier en a davantage à la disposition des espffits. On accorde les différends, on concilie les esprits. Accorder marque comme son effet caracté»
ristiqne l'union étroite , des rapports intimes, de fortes convenances , une conformité particulière , la correspondance , le consentement, l'onanimité; concilier n'annonce qu'une simple liaison, la compatibilité , le rapprochement , l'attrait d'une chose vers l'autre, une disposition favorable, une sorte d'intelligence. Vous avez concilié deux {>assages dès que vous avez prouvé qu'ils ne se contredisent pas ; niais pour accorder deux opinions, il faut an moins les faire rentrer , pour ainsi dire , l'une dans l'autre , de manière qu'elles semblent tenir an même principe , ou aboutir aux mêmes conséquences.
S'ACCORDER , SE CONQLIER. Deux choses qui s'accordent vont bien ensemble , cadrent l'une avec l'autre, s'ajustent, s'assortissent, se marient fort bien; deux choses qui se concilient subsistent seulement ensemble , ne se repoussent pas, s'attirent peut-être l'une l'antre , s'allient même ensemble par de nouveaux moyens. Vaccord exclut toute opposition et produit l'harmonie ; la conciliation exclut la contradiction ou l'incompatibilité , et dispose à Vaccord par des moyens doux et insinuans. En deux mots, la conciliation moyenne Vaccord. #
On se concilie les cœurs par des paroles et des manières flatteuses, l'uniformité de sentimens les accorde; dans le premier cas ils ne sont que disposés favorablement , dans le second , ils sont extrêmement unis.
Les vertus s'accordent, les passions quelquefois se concilient. Les vertus n'ont qu'un intérêt commun; les passions ont chacune Iwr intérêt particulier.
ACCORDER, RACCOMMODER. On accorde les personnes qui sont en dispute pour des prétentions ou pour des opinions; on roo commode l^s gens qui se querellent ou qui ont des différends personnels.
ACCORDER , RÉCONOLIER. Accorder ne suppose que contestation^ différend ;. reconcilier suppose inimitié. On accorde des plaideurs, on réconcilie des ennemis.
ACCOSTER. V. ABORusa.
ACCOTER, APPUYER. Appuyer indiqué rélévation d'un corps à câté d'un autre; accoter exprime la position d'un corps à côté d^un autre ; l'un et' l'autre signifient affermir, maintenir , assurer un corps par le moyen d'un autre. Mais on accote contre et avec un corps que l'on met à côté; on apptde conti^e, sur, etc., avec des cofps fermés placés d'une raanièi*e ou d'une autre.