‹ Dictionnaire synonymique de la langue françaiseChapitre 201 sur 253 · DÉCRIER. V. DÉCRÉDITER · texte numérisé non relu

DÉCRIER. V. DÉCRÉDITER

DÉCROISSEMENï. V. Décrue.

DÉCRUE, DÉCROISSEMENT. Le décroissèment est l'action de décroître, et la décrue est

s'avilir 4 de se familiariser avec enx , et qui affecte tout ce qui pourrait faire penser qu'ils sont ses égaux ou ses supérieurs.

L'homme fiera une contenance orgneillense; il ne vous parle pas; si vous lui parlez, il vous répond à peine et laconiquement. Il ne vous voit pas , il ne daigne pas tourner vers vons ses regards ; tout dans sa contenance , dans ses gestes , dans son air , dans ses manières , indique qu'il est tout occupé de la hante opinion qu'il a de lui-même, et qu'il se croirait compromis s'il lui arrivait d'avoir quelque chose de commun avec vons.

Ajoutez à là fierté , qui est l'ostentation de la grande opinion de soi-même , des airs , des gestes , qui marquent un grand mépris pour les autres , un ton de dignité qui vent imposer, et vous aurez une idée du dédain. Si l'homme fier ne vous regarde pas , dans la crainte de se compromettre , l'homme dédait gnenx promène tout autour de lui des regards qui expriment le peu de cas qu'il fait de vous.

La fierté est fondée sur l'estime exagérée qu'on a de soi-même / le dédain, sur le pen

- ..11, , . , / d® c*s qu'on fait des autres. Il y a une sorte

la quantité dont la chose est décrue. Le de- ^^ ^^^ „i ^^ f^„j ^^ ^^'^^ •„ „„e dé-

croissement est oppose a l'accroissement , la ^oration nersonnelle.an'ilsDroduisent comme

Dédaigner ,

décrue à la crue.

DÉDAIGNER , MÉPRISER, c'est , par un sentiment d'orgueil , refuser , repousser, rejeter une personne ou une chose comme étant fort au-dessous de soi. MépHser , c'est avoir pour quelqu'un ou pour quelque chose un sentiment d'éloignement qui fait qu'on le juge indigne d'attention , d'égards , de considération , d'estime.

On périt dédaigner sans mépriser. Celui qui Tîédaigne se croit très supérieur , et ne considère que cette supériorité. On ne peut mépriser sans dédaigner. Celui qui méprise, ne considère que les mauvaises qualités de ce qu il méprise.

DÉDAIGNEUX. V. Arrogant.

DÉDAIN , FIERTÉ. Fierté est une de ces expressions qui, n'ayant d'abord été employées que dans un sens odieux , ont été ensuite tournées à un sens favorable. C'est un blâme quand ce mot signifie la vanité hautaine , altière , orgueilleuse , dédaigneuse ; c'est presqu'une louange quand il signifie la hauteur d'une ame noble. C'est dans le premier sens que nous le considérons ici.

La fierté et le dédain se manifestent par l'extérieur. La première est l'expression de l'orgueil , d'une personne qui se croit au-des> sus des autres , qui évite , dans la crainte de

coration pers'onnelle > qu'ils produisent comme une étiquette , pour annoncer le mérite qu'ils prétendent avoir , et où l'on ne manque pas de lire le contraire de ce qu'ils croient écrit.

La fierté est d'un sot , le dédain d'un insolent.

DÉDALE , LABYRINTHE. On a donné le nom de labjrrinthe à de grands édifices des anciens dont il était difficile de trouver l'issue.

Ce mot est devenu parmi nous celui des ^ constructions , des plantations , des lieux dont les tours et les détours sont si multipliés qu'on s'y égare et qu'on ne sait ou trouver une issue. Il se dit au propre et au figuré.

Dédale est le nom d'un fameux ouvrier qui construisit le labyrinthe de Crète , et que Ton a appliqué à ces sortes d'ouvrages.

Dans le langage ordinaire , dédale ne s^emploie guère qu'au figuré , pour signifier des choses très compliquées qu'il est difficile de concevoir et de tirer au net. Un dédale de procédures , un dédale de lois ; cependant en poésie , et dans le style relevé , il s'emploie au propre dans le sens de labjrrinthe.

Nous disons dans le langage commun, le labj^ rinthe de Versailles, mais le poète l'appellera foit bien nn dédale.

Dédale est un mot noble , laàjrintke est

DÉD

DED

ikn mot commnn ^ toas les styles. On dira plutôt le labyrinthe qae le dédale de la chicane. Le palais de la justice est nn vaste dé» dale , et ses avenaes sont quelquefois un labyrinthe dangereux.

LE DEDANS, L'INTÉRIEUR. Ces deu< mots ont rapport à la partie d^one chose qui ne paraît point au dehors.

La surface d'un corps est la limite de ce qui lui est intérieur et extérieur. Ce qui appartient à cette sufi'face, et tout ce qui est place au-delà vers celui qui regarde oa touche le corps, est l'extérieur; tout ce qui est audelà de la surface darjs la profondeur du corps , est V intérieur, V intérieur se dit par opposition à l'extérieur.

Le dedans est la partie d'une chose qui contient ou peut en contenir une ou plusieurs autres ; il est opposé à dehors. Le dedans d'un vase, le dedans d'une maison.

Le dedans a plus de rapport à l'espace même; l'intérieur en a davantage à ce qui accompagne l'espace, à ce qui regarde la construction , ses formes, ses ornemens, la nature des choses qu'il contient. On dit que l'intérieur (et non pas le dedans ) de la terre contient des minéraux. On dit que h dedans d'une maison ue repond pas au dehors, si l'on ne veut parler que des lieux et de leur distribution; on dit au contraire que V intérieur d'une maison répond à l'exlérieur, si l'on veut parler des orncraens, de l'ameublement, et des autres agrémcns. Les anntomistes examinent V intérieur du corps humain, et non pas ses dedans. Quand on a admiré l'extérieur d'une maison , il est naturel qu'on désire d'en connaître Vintérieur.

On dit le dedans^ en parlant des choses qui ont des espaces, des cavités, etc. Le dedans d'une cave, le dedans d'une maison, le dedans d'un coffre, d'une armoire; on dit mieux Vintérieur , lorsqu'il s'agit de corps massifs qui n'ont point été divisés en plusieurs espaces. Le dedans d'une mine ; il faut pénétrer dans l'intérieur de la terre pour v découvrir des mines.

Ces deux mots se disent aussi au moral.

Les politiques, dit Girard, ne montrent jamais l'intérieur de leur ame ; ils retiennent au dedans d'eux-mêmes tous les mouvemens de leurs passions.

DÉDIER. V. Consacrer.

SE DÉDIRE, SE RÉTRACTER. Se dédire, c'est ne pas persister dans une chose que l'on avait dite, dire le contraire de ce qu'on avait dit, déclarer fausse une chose que l'on avait donnée pour vraie.

Se rétracter, c'est ne pas persister dans une chose que Ton a dite ou écrite , et dont les suites sont crues mauvaises, soit parce qu'elles offensent quelqu'un, soit parce qu'elles sont jugées propres à diminuer le respect pour certaines choses réputées sacrées, et à causer quelque espèce de scandale.

On se dédit quand on se décharge de la responsabiUté de ce qu'on avait dit ; quand on refuse de faire une chose qu'on avait promis de faire ; quand on déclare qu'on ne veut pas la faire. On se rétracte quand on arrête oa qu'on détruit les suites d'un propos injurieax, d'une opinion jugée scandaleuse , en déclarant qu'on reconnaît le contraire de ce propos, OH la fausseté de cette opinion.

Je vous avais promis de vous accompagner dans votre voyage , je m'en dédis. J'ai dit une chose qui blesse votre honneur, votre réputation; je me rétracte, je reconnais la fausseté de ce que j'avais dit. J'ai avancé une opinion qui peut causer du scandale et porter atteinte au respect que l'on doit à certaines choses, je me retracte, c'est-à-dire je déclare que je regarde cette opinion comme fausse.

«Se dédire ne se dit que des choses peu importantes et dont les effets n'atteignent qne faiblement les autres ; se rétracter dit quelque chose d'important, de solennel, de public. Les conciles n'obligeaient pas de se dédire ceux qu'ils regardaient comme hérétiques, ils les forçaient à se rétracter publiquement.

. Se dédire a plus de rapport à la conscience de celui qui se dédit, se rétracter en a davantage à l'effet de la chose. Un homme qui se dédit passe pour volage, inconstant, et quelquefois pour un malhonnête homme ; celui qui se retracte détruit l'effet de ce qu'il a avancé. Des témoins se dédisent , c'est l'affaire de leur conscience ; un accusateur se rétracte , sa rétractation fait tomber l'accusation. Lorsque Galilée rétracta son système du monde à genoax devant des cardinaux ignorans et fanatiques, il détruisit sans doute une partie de l'effet que craignaient les cardinaux ; mais lorsqu'en se relevant il dit ; Et pourtant la terre tourne, il montra que, malgré sa rétractation, il ne se dédisait pas de son système ; et cette exclamation était un cri de sa conscience.

DÉDOMxMAGER , INDEMNISER. Indemniser est un terme de palais. C'est dédommager quelqu'un d'une perte en vertu d'une obligation , d'un titre quelconque par lequel on est engagé. Les indemnités sont dans l'ordre de la justice, de l'équité, de la probité, du calcul; les dédommagemens sont accordés par la bonté, par la bienveillance, par la pitié, par la charité , si toutefois ils ne sont pas rigoureu-

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sèment das. L*inden»nilé est par elle-même plus rigoureuse et plus égale que le dédommagement. Le dédommagement peut être plus ou moins faible et léger, eu égard àlapertequerindem nité doit couvrir. On indemnise en argent ou en valeurs égales, des pertes ou des privations appréciables en argent ou en valeurs égales, celui qui ne doit pas les supporter ; on dédommage par des compensations quelconques, des pertes ou des privations de toute espèce , celui-là même à qui on aurait pu les laisser supporter. L'indemnité vous rend la même somme de fortune ; le dédommagement tend à vous rendre une somme semblable d'avantages ou de bonheur.

Un propriétaire indemnise son fermier dans les cas majeurs, suivant les conventions. Le riche dédommage par bienfaisance le pauvre, d'une perte fâcheuse. ( Roubaud. )

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