DÉFAILLANCE, PAMOISON , SYNCOPE
La défaillance est la diminution des forces vitales qui tendent à s'éteindre; bi syncope est le plus haut degré de cette diminution. La pâmoison est une sorte de défaillance dans laquelle le malade perd la force, le sentiment et la connaissance. La défaillance précède la syncope , la syncope la pâmoison.
DÉFAIT. Y. Battu.
DÉFAITE , DÉROUTE. Ces deux mots ont rapport à la perte d'une bataille faite par une armée.
La défaite est la perte d'une bataille qui met hors d'état de tenir la campagne.
La déroute est une fuite de troupes dont les rangs, les bataillons, les escadrons ont été rompus par la défaite. La déroute est une suite de la défaite.
DÉFAUT, FAUTE, DÉFECTUOSITÉ, TIGE, IMPERFECTION. Tous ces mots ont rapport à quelque chose de mal qui se trouve dans une chose ou dans un ouvrage.
Le défaut indique le mal considéré relativement à la chose entière comparée avec Tusage qu'on en veut faire; ou bien il indique le mal considéré relativement à l'observation des règles établies pour la bien faire. Une pierre a un défaut lorsqu'elle est fendue j et qu'on voulait l'employer dans son entier ; elle a un défaut lorsqu'elle est trop tendre ou trop dure pour l'usage qu'on en veut faire,
. La faute indique le mal considéré relativement à l'endroit où il se trouve, et à l'ouvrier qui en est l'auteur. L'endroit où un ouvrier n'a pas observé les règles est une faute.
Défaut se dit ou du mal qui provient de la nature de la chose, ou du mal qui provient I,
d'une faute continue ou souvent répétée qui influe sur l'ouvrage entiei*.
Une tache dans un diamant est un défaut, parce qu'elle provient de la nature et non de l'action de l'ouvrier. Par la même raison , une tache noire dans un bloc de marbre blanc est un défaut.
Le défaut nuit à l'ensemble de la chose ou de l'ouvrage. Une faute ou quelques fautes n'y nuisent pas. Mais un grand nombre de faidtes produisent un défaut parce qu'elles influent sur l'ouvrage entier. Un ouvrage de littérature a un grand défaut quand il est plein de fautes de style.
C'est un défaut dans une étoffe d'être trop claire , de n'être pas assez serrée ; ce serait une faute si ce mal n'existait que dans uu seul endroit peu considérable , et qui n'apporterait pas un grand obstacle à l'usage que l'on voudrait faire de la pièce entiçre.
On appelle défauts les irrégularités du corps humain, comme une bosse, une jambe plus courte que l'autre, parce qu'elles viennent de la natare; on ne les appelle pas des fautes parce qu'elles ne proviennent pas de Timpéritie ou de la maladresse d'un ouvrier.
Défectuosité est un diminutif de défaut.
C'est un défaut peu considérable qui n'empêche pas d'estimer le reste de la chose.
Une défectuosité dans un bloc de marbre empêche quelquefois qu'il ne puisse être taillé en statue; mais cela n'influe point sur la beauté du bloc en lui-même , qui peut être employé sans inconvénient à un autre ouvrage. Ici la défectuosité est relative à la destination.
Une bosse est un défaut dans un corps humain ; un doigt trop court ou trop long n'est qu'une défectuosité.
Le 'vice est un défaut répandu dans toute la chose ou dans tout l'ouvrage , et qui vient, dans la première, d'une mauvaise qualité naturelle; dans le second, d'une mauvaise direction donnée par l'ouvrier. Vice de ^conformation, 'vice de prononciation.
Il y a un lyice de construction dans un bâtiment, quand l'arcliitecte a suivi de mauvais princii>es dont les effets s'étendent surtout l'ouvrage. Il y a un ince de style dans un écrit, quand l'écrivain s'est écar'ié constamment des vrais principes du styie, et que son ouvrage porte partout l'empreinte de cet
écart.
Imperfection désigne quelque chose de moindre importance que tout ce que les mots précédons font entendre. C'est ce qui empêche une chose d'être parfaite. Ce mot indique par con««iquent que la chose cat parfaite.dans tout
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^ereàbe.Oeat une imperfection dans niLtahleain G)mme on dit manquement, on dit aussi qu'une draperie mal exprimée , lorsqne toat le reste est parfaitement conforme aux règles. Des rimes irrégolières on faibles sont nne imperfection dans nn bon poème.
DÉFAUT, FAUTE, MANQUE, MANQUE- MENT. Le manque est l'absence de la quantité qu'il devait y avoir, mais qui s'en manque pour qu'une chose soit entière ou complète, par opposition à ce qu'il y avait de trop. Le défaut est l'absence d'une chose qu'on n'a pas, de ce qu'on désirerait , de ce qu'on n'a pas en sa possession , par opposition à ce qu'on a.
Dans un sac qui doit être de mille francs, TOUS trouvez trente francs à dire; il y a trente francs de manque, le manque est de trente francs. On ne dit pas le défaut est de trente francs. Le manque est donc en effet ce qui s'en manque ou ce qui manque d'une quantité déterminée, fixée, ordonnée. Mais ces rapports ne sont nullement indiqués par le défaut. Le défaut existe toutes les fois que vous n'avez pas une chose, ou que la chose cesse, comme quand on dit le défaut de la cuirasse , ou au défaut de l'épaule. Le manque est toujours relatif; le défaut est absolu.
Le manque d'esprit dit qu'on n'a pas le degré d'esprit ordinaire ou convenable. Le dé' faut d'esprit exprime une privation quelconque et même la nullité. Le manque suppose donc une règle ou une mesure donnée , ce qui le distingue du défaut qui en fait abstraction.
Faute est synonyme de manquement. Le manquement est, dit-on, une faute d'omission, tandis que la faute est tantôt de commettre ce qui n'est pas permis , et tantôt d'omettre ce qui était prescrit. Ne nous y trompons pas, le manquement n'exclut pas l'action positive. Une insulte est un manquement de respect ; or l'insulte est une action, nne faute très positive. Il faut donc dire que la faute s'appelle manquement lorsqu'on la considère comme une action par laquelle on manque à une règle, à une loi.
Par la faute on fait mal ; par le manquement ou n'observe pas la règle. Dans la faute, il y a toujours une omission qui forme le manquement proprement dit. Le manquement est fait à la règle ; ainsi nous disons manque^ ment de foi, de respect, de parole; nous ne disons pas une faute de parole , de respect, de foi. Ce terme marque l'opposition au bien, le mal.
Manquement paraît donc plus faible que faute; aussi a-t-on dit que le manquement est nat faute légère.
manque de foi. Manque exprime la natorej l'espèce de la chose ïl'une manière générale; manquement exprime l'action ou l'omission par laquelle on est coupable de ce manque.
On dit le manque de foi, et un manquement de foi ; le manque de foi n'existe que par et dans le manquement. ( Extrait de Roubaud. )
DÉFAUT, VICE. Ces deux mots indiquent ici , dans les hommes , des dispositions relatives au mal. Vice marque une mauvaise qualité morale qui procède de la dépravation ou de la bassesse du cœur ; l'ingratitude est un vice. Défaut marque une mauvaise qualité d'esprit; la timidité est un défcuit.
On suppose à un homme qui a un dIu une liberté qui le rend coupable à nos yeax; le défaut tombe communément sur le compte de la nature.
AU DÉFAUT, À DÉFAUT. C'est nul à propos que l'on confond ces deux locutions.
On dit adverbialement au défaut, pour dira au lieu, à la place. Dans ce sens à défeuu est un barbarisme , excepté le cas où le mot défaut est précédé des adjectifs possessifs mon, ton, son, etc. Ainsi Ton dit se servir des nouveaux ouvriers pour suppléer au défaut des anciens. A son défaut je vous servirai. A mon défaut ce sera mon frère qui viendra.
DÉFAVEUR, DISGRACE. Ces deux eipressions indiquent l'état qui résulte de la perte de la faveur ou des bonnes grâces d'un prince.
La défaveur est le contraire de la favear.
La faveur est une disposition favorable et habituelle du prince, qui fait qu'il témoigne de la bienveillance à quelqu'un. Celui qoi jouit de la bienveillance est en faveur, celui qui n'en jouit plus est en défaveur.
La disgrâce est la perte des bonnes grâces d'un prince, ou Tétat qui résulte de cette perte.
La disgrâce est donc la cessation des bonnes grâces , comme la défaveur est la cessation de la faveur. Mais comme la faveur ne suppose que la bienveillance inspirée par le goût, et que les bonnes grâces supposent un attachement plus solide, fondé sur l'estime, sur le m'érite, sur les services rendus, etc., les deux mots défaveur et disgrâce participent de cette différence.
La défaveur est donc moins que la disgrâce; elle n'indique que le changement de goût du prince. La disgrâce est plus impor* tante , et touche à des causes de quelque gravité, vraies ou supposées.
Un courtisan qui est en disgrâce est censc
DÉF
DES
aroir perda les lionnes grâces da prince, par des fautes graves , par une mauvaise gestion , par une mauvaise administration, par des démarches ou des discours imprudens. Quelqaefois aussi il les a perdues par les intrigues d'ane cabale qui a supposé toutes ces choses , et les a fait paraître vraisemblables.
Un courtisan qui est en défaveur peut rester à la cour, et garder ses places lorsqu'elles ne sont pas d'une grande importance; seulement il y est moins considéré qu'auparavant.
Un courtisan disgracié ne peut plus paraître devant le prince dont il a perdu l'estjjne et la confiance ; il faut qu'il quitte ses places , ({u'il s'exile lui-même , ou qu'il s'attende à être exilé. On lui donne tout au plus quelque vain titre, plus fait pour montrer que le prince ne s'était pas entièrement trompé en le nommant , que pour consoler le <lisgra4;ié.
DÉFECTIF. V. Anomal.
DÉFECTUOSITÉ. V^ Défaut-