DÉPENSE, PRODIGALITÉ, PROFUSION
Dépense signifie proprement l'action de dépenser de l'argent. Mais il se prend aussi dans le sens à.e prodigaUté et de profusion.
Dépense est le terme générique ; la prodigalité et la profusion sont des espèces particalières de dépenses,
La prodigalité est une dépense excessive faite sans raison et sans prévoyance ; la profusion est une dépense excessive qui dépasse de beaucoup la dépense réglée et ordinaire.
tpitres, lorsqu eues sont aans leur langue on- | de beaucoup la dépense réglée et ordmaire. ginale; tMit^ prennent le nom de lettres lops- | DÉP^SIER, PRODIGUJE. Dépensier est
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terme Cunilier qui se dit dé celai t^ï aime dépenser; prodigue se dit de celui qui dépense sans raison, sans connaissance, sans pré- "voyance. Le dépensier satisfait son goût en faisant des dépenses inutiles; le prodigue satisfait le sien, en se donnant an air de libéralité et de magnificence.
DÉPERDITIOisr, PERTE. Termes de chirnrgie. La déperdition est nne diminution successive de substance qui cause le dépérissement. Elle influe sur la chose entière. La perte est la séparation d'une partie principale ou accessoire qui ne s'étend pas sur le tout. Le marasme est une déperdition successive de substance qui cause le dépérissement de tout le corps ; la perte d'une dent , d'une jambe , n'influe point sur la substance du reste du corps.
DÉPÉRIR , DIMINUER. Une cbose diminue par/ quelque cause que ce soit; le jour diminue , les forces diminuent. Une cbose dé' périt lorsqu'elle diminue parce qu'elle tire à sa fin. Dans la vieillesse le corps dépérit.
Ainsi dépérir ajoute à l'idée de diminuer, celle de la décadence , de la fin prochaine. Il suffit d'une maladie pour diminuer l'embonpoint.
DÉPERSUADER, DISSUADER. Z><?/?eriM«der, c'est détruire la persuasion ; dissuader, e^est détruire la volonté de faire , d'exécuter. Un homme , en refléchissant sur la nature de Famé, est dans la persuasion que l'ame est immortelle ; il est difficile de l'en dépersuader. Un homme a pris la résolution de se venger de son ennemi, il faut tâcher de l'en dis" suader.
Dépersuader, c'est détruire une chose établie parla persuasion ; dissuader, c'est détruire la volonté, la résolution de faire quelque chose.
DÉPEUPLER, DÉVASTER. On dépeuple un pays en diminuant sa population de quelque manière que ce soit ; on le dévaste en détrubant par quelque moyen violent , les hommes et les productions. Un mauvais gouvernement dépeuple; VtTiXiemi dévaste, il n'épiargne rien.
Dans un pays dépeuplé , il y a beaucoup moins d'habitans qu'il n'y en avait auparavant. Un pays dévasté est un désert.
DÉPLAISIR. V. Amertume.
DÉPLIER , DÉPLOYER. /)^y^/«>r , c'est simplement étendre, dans quelque dessein que ce soit , une chose qui était pliée. Déployer, c'est étendre dans toute sa longueur et sa largeur ce qui était pUé, rassemblé, resserré dans on moindre espace» dans le dessein de le faire |
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voir , de mettre à même de ^examiner en son entier, ou à dessein d'en faire usage dans toute son étendue. On déplie sa serviette en se mettant à table, elle était pliée; on déploie les voiles d'un vaisseau , elles étaient ployées , rassemblées en un petit volume.
Déplier est susceptible de degrés; déployer n'en admet point. On déplie une pièce de toile pour en faire voir quelques parties, on la déplie plus oa moins. La déplier entièrement, c'est la déployer. On déploie une pièce de toile pour la faire voir dans toute son étendue. On déploie des enseignes, des étendards^ des pavillons; ils étaient rassemblés en un petit volume.
Au figuré, on déploie son .éloquence , Q^
ne la déplie pas. •
DÉPLORABLE , LAMENTABLE. Ces deux mots ont rapport à l'irfipression douloureuse que les malheurs font sur nous, avec cette différence que ce qui est déplorable est propre à exciter les pleurs , et que ce qui est lamentable est propre à exciter des lamentations, c'est-à-dire des cris de désolation.
L'objet lamentable est fait pour exciter en
nous, par de fortes impressions , des senti-
mens si douloureux, qu'ils éclatent par des
cris et s'exhalent en de longues plaintes • et
de longs regrets. L'objet déplorable est fait
pour exciter en nous, par des impressions
touchantes, une sensibilité si vive, qu'elle se
manifeste par des pleurs. La mort d'un père ,
la ruine totale d'une famille, sont des évène-
mens déplorables , et la douleur qu'ils causent
fait répandre des pleurs. La destruction d'nne
ville, la dévastation d'une province, la peste,
sont des évènemens lamentables qui font
pousser des cris de désolation.
Les malheurs des particuUers sont souvent déplorables , à cause des suites funestes qu'ils entraînent et des pleurs qu'ils font répandre; les calamités pubUques sont lamentables, à cause du grand nombre de personnes sur lesquelles elles tombent et du désespoir dans lequel elles les plongent.
Je pense que Roubaud n'a pas eu raison de dire que déplorable ajoute à lamentable ; il me semble, au contraire, que c'est lamentable qui ajoute à déplorable. Ce qui est lamentable comprend un grand nombre d'évènemens déplorables»
Ce qui a causé l'erreur de Roubaud , c'est qu'il a pris le mot la/nen table dans un sens qui n'est pas le véritable. Il regarde les lamentations comme des cris immodérés qui
sont une marque de faiblesse ; mais une chose n'est pas lamentable par l'excès des cris de
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ledoi qui te liinente mal à propos; elle Teatr DÉI^RAVEK. V. Abataadtii, DiiTATV&Ka.
par rétendae du malheur par la multitude de cens qui s'y trouvent enveloppés.
Un objet dépiorablâ fait verser des pleurs; •mais la donlear quMl excite ne se manifeste pas toujours par des cris; souvent les pleurs ■ont versées dans la solitude et le silence : il y a des douleurs muettes. Un objet iameri' toile , au contraire , excite non-eeulement les plears, mais des cris et de longues plaintes.
DE PLUS^ V. D'ailleurs.