‹ Dictionnaire synonymique de la langue françaiseChapitre 219 sur 253 · DÉPLOYER. V. DÉPLIER · texte numérisé non relu

DÉPLOYER. V. DÉPLIER

DÉPORTATION. V. Banitir, Baunissement.

DÉPOUILLER, SE DÉPOUILLER. On dit au propre et au figuré dépouiller ses habits, et dépouiller le faste de la royauté. Boubours, qui admettait cette expression an propre, la blâmait au figuré. Cependant depuis lui plusieurs bons auteurs s*en sont servis en vers et en prose.

Hé bien , dépouille enfin cette douceur contrainte.

(Racine^ Alexandre.)

Avez-vous dépouillé cette haine sévère ?

( Racine , Àthalie.)

Nous ne pardonnons pas à ceux qui nons humilient... La postérité plus juste dépouille ce caractère. ( Thomas, Éloge du duc de Sully.)

Nons pensons avec Féraud que la remarque de Bouhours est juste, en y ajoutant celte restriction , que Tactif dans la poésie et dans le discours soutenu est plus élégant que le réciproque, et que celui-ci vaut mieux dans le discours familier.

Quoi qu'il en aoit , voici la différence que Roubaud trouve entre ces deux expressions.

L'action de se dépouiller d'une cbose porte directement sur le sujet (pii s'en dépouille ; Faction de dépouiller la cbose porte directement contre Tobjet dont on vent être déponillé. La première de ces images attire néoessaironent votre attemion sur la personne : vous assistez en quelque sorte à son dépouille' ment; par la seconde, votre attention est plutÂt fixée sur la cbose, vous verrez tomber sa dépouille. Si le prince se dépouille de sa grandeur , vous le voyez tel qu*un homme privé ; s'il la dépouille, vous la voyez s^évanouir.

Cette distinction, ajodte Roubaud, est peutêtre un peu fine , mais sans subtilité , car la différence est 'manifestement déclarée par la construction grammaticale des deu£ phrases.

DÉPOURVU. V. DÉjrui.

I^RAVATION. V. CoRauPTiow.

DélÇRAVÉ. T. CoKROMPv.

DÉPRIMER. V. DÉGRAnsK.

DÉPRISER, MÉPRISER. Mépriser, c'est ne faire aucun cas d'une chose; </e/>nVer, c'est estimer une chose au-dessous de ce qu'elle vaut. Mépriser dit donc beaucoup plus que </e/7njer. Un acheteur peut dépriser une bonne marchandise que le vendeur prise trop.haut. On peut dépriser les choses au-delà de l'équité; mais on méprise les vices bas et honteux. On déprise souvent les choses les plus estimables, mais on ne saurait les' mépriser. Tout le monde méprise la froide avarice , et quelques gens seulement déprisent les avantages delà science. Le premier sentiment est fondé dans la nature, l'autre est une folle vengeance deTignoranccEn vain une parodie tenterait de jeter du ridicule sur une belle scène de Corneille, toutes les railleries ne sauraient la dépriser. En vain s'attache-t-on quelquefois à dépriser certaines personnes pour faire croire qu'on les méprise ; cette affectation est au contraire le langage de la jalousie, un chagrin de ne pouvoir mépriser ceux contre lesquels on déclame avec hauteur. La grandeur d'ame méprise la vengeance ; l'envie s'efforee de dépriser les belles actions; rémulatiori les prise', les admire et tâche de les imiter.

DÉPRISER, y. DÉGRADER, Mépriseu.

DÉPUTATION. V. Ambassade.

DÉPUTÉ. V. Ambassadeur.

DÉRACINER, EXTIRPER. Extirper indique toujours l'action d'erdever avec force le corps de la place à laquelle il tenait fortement; aji lieu que déraciner sert' ordinairement à désigner l'action seule de détacher les racines ou les liens qui retiennent les coips, quoique le corps même reste à la même place. Un ouragan déracine les arbres et ne les extirpe pas. Les arbres restent à leurs places, mais avec leurs racines détachées on rompues. Ou déracine un cor au pied , en cernant le calus tout autour, pour Vextirper ensuite. U..e dent est déracinée ssins être arrachée; un polype n'est extirpé qu'autant qu'il est enlevé avec toutes ses racines.

L'action ^extirper demande toujours une force et un effort que n'exige pas toujours l'action de déraciner; car il n'y a souvent, pour déraciner , qu'à détacher des racines faibles et superficielles ; au lien que pour eX' tirper, il faut enleverle corps entier, et arracher une souche plus ou moins forte et capable de résistance.

An figuré , ces mots signifient détruire entièrement des choses, sur-tout pernicieuses : des abus, des maux, des bâbitudes^desnreiirs, etc.

DÉR

nÉs

On dératîne ee qni a jeté des racines profondes, telles sont le« habitudes invétérées; on les déracine en détruisant ce qni les produit er ce qai les nourrit. On extirpe ce qui a pris beawoop de consistance et de force , des' passions par exemple; on les extirpe en les dé* troisant sans en laisser aucune trace. ( Rou-

BAUD

DÉALAlISONNABLE , IRRALSONNABLE.

Déraisonnable est un terme didactique qui se dit des animaux, parce qu^ils ne sont pas doués de T'aison; irraisonnable est un terme du langage ordinaire qui signifie, qui est contraire à la droite raison, qui n'agit pas suivant les lumières de la raison. L'homme n'est pas un animal irraisonnable, mais il y a bien des hommes qui sont déraisonnables.

DÉRAISONNABLE. V. Absurde.

DÉRANGER, OÉNER, INCOMMODER.

Déranger quelqu'un, c'est interrompre l'ordre on la suite de ses occupations. Gêner, c'est diminuer la liberté d'agir selon sa volonté; c'est mettre aux actions des obstacles qui les rendent moins faciles. Un homme mf dérange, lorsqu'U me force d'interrompre un travail sérieux auquel j^étais attaché; il me ^'^«e, lorsqu'il me met dans la nécessité de suivre mon travail avec moins d'activité, avec moins d'attention ; il TB^ incommode f lorsqu'il me force à des distractions qni ralentissent mon activité.

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