‹ Dictionnaire synonymique de la langue françaiseChapitre 222 sur 253 · AVOIR DESCENDU, ÊTRE DESCENDU · texte numérisé non relu

AVOIR DESCENDU, ÊTRE DESCENDU

Avoir descendu exprime une action. T ai descendu les degrés; le baromètre a descendu; *ai descendu pour venir ici , c'est-à-dire j'ai ait l'action de descendre. C'est pour exprimer cette action qu'on emploie le verbe avoir. Mais être descendu exprime un état relatif à l'action de descendre faite précédemment. Votre père est 'il en haut? non, il est descendu. Qaand a-t'il descendu? il y a une heure. Quand on fait l'action de descendre, on descend; quand on a fait cette action, on dit qu'on a descendu si l'on veut exprimer qu'on l'a faite, et on dit qu'on est descendu si l'on vent exprimer l'état où Pou se trouve après l'avoir faite. Toi descendu la montagne en vingt minutes. Il y a une demi-heure que je siâs desçejtdu.

On dit descendre au tombeau, descendre dans la tombe, et descendre chez les morts.

DESCRIPTION. V. Définition.

DESCRIPTION, IMAOE, TABLEAU. ( Belles-lettres. ) D'après Longin , on a compris sous le nom àHmage /tout ce qu'en poésie on appelle descriptions ou tableaux. Mais en parlant du coloris du style , on attache à ce mot une idée beaucoup plus précise ; et par image ob entend cette espèce de métaphore

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qui , pour donner de la couleur à la pensée.

et rendre un objet sensible s'il ne l'est pas assez , le peint sons des traits qui ne sont pas les siens , mais ceux d'un objet analogue.

La mort de Laocoon dans l'Enéide, est nn tableau ; la peinture des serpens qui viennent l'étouffer est une description ; Laocoon ardens est une image. La description diffère du tableau en ce que le tableau n'a qu'un moment et qu'un lieu fixe. La descriptipn peut être nne suite de tableaux; le tableau peut être nn tissu d'images; V image elle-même peut former un tableau. Mais Yimage est le voile matériel d'une idée, au lieu que la description et le tableau ne sont le plus souvent quelle miroir de l'objet même.

Toute image est nne métaphore, mais tonte métaphore n'est pas une image. Il y a des translations de mots qui ne présentent lenr nouvel objet que tel qu'il est en lui-même , comme, par exemple, la clé d'une voûte, le pied d'une montagne; au lieu que l'expression qui fait image peint avec les couleurs de son premier objet la 'nouvelle idée à laquelle on l'attache, comme dans cette sentence d'Iphicrate, nne armée de cerfs conduite par un lion est pins à craindre qu'une armée de lions conduite par un cerf; et dans cette réponse d'Agésilas, à qui l'on demandait pourquoi Lacédémone n'avait point de murailles: Voilà , en montrant ses soldats , les murailles de Lacédémone.

"Vimage suppose une ressemblance, renferme une comparaison, et de la justesse de la comparaison dépend la clarté, la transparence de Vimage. Mais la comparaison est sons-entendue , indiquée, ou développée. On dit d'un homme en colère, il rugit; on dit de même c'est nn lion ; on dit encore tel qu'un lion altéré de sang, etc. Il rugit suppose la comparaison; c'est nn lion l'indique; tel qu'un lion la développe. (Extrait de M armontei..)

DÉSERT, INHABITÉ, SOLITAIRE. Ces trois mots ont rapport à Tétat des lieux qui ne sont pas habités , qui sont peu fréquentés.

Désert vient du latin deserere, délaisser, abandonner, négliger. Inhabité est l'opposé d'habité ; solitaire est formé de solus, seul.

Le lieu désert est donc négligé ; il est ,vide et inculte. Le lieu inhabité est sans habitans et sans habitations. Le lieu solitaire n'est pas fréquenté; il est tranquille , on y est seul.

Désert suppose un lien d'une étendue un peu considérable; inhabité ne suppose que le défaut d'habitans; solitaire, que l'éloignement des hommes et des habitations.

Le lieu désert étant iiiculte e% abandonné.

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o£rr« partoat une campagne agreste j où les prodactions sont sauvages, spontanées, sans ordre , où l'on ne remarque aucune trace de travail et d'industrie humaine. Yoyez, dit Kui'fon, ces plages désertes, ces tristes contrées on l'homme n'a jamais résidé , couvertes oa plutôt hérissées de hois épais €t noirs.

Jnhabité ne suppose pas comme désert, le défaut de culture; il ne suppose que le défaut d'Iiahitans et d'hahitations. Un lieu inhabité peut être propre à être hahité; il peut l'avoir été depuis pen»de temps. Le heu désert, au contraire, n'est pas en état d'être habité; la zàatare oa un trop long abandon s'y oppose.

Solitaire n'a rapport qu'aux personnes; il ne suppose ni n'exclut la culture. Un lien soiicaire est un lieu où une personne peut vivre seule, éloignée du commerce des hommes, et sans être obligée de communiquer avec eux.

Les landes sont désertes, les rochers sont inheUntés, les bois sont solitaires,

DÉSERTER, QUITTER. On déserte les lieux où l'on éprouve quelque incommodité, quelque désagrément, où l'on est exposé à quelque danger ; on les quitte par quelque raison que ce soit. Mon goût pour la campagne m'a fait quitter la ville; les persécutions m'ont fait déserter la ville. Déserter suppose une cause générale et qui influe sur plusieurs personnes. L'arrivée de l'ennemi dans cette ville Ta fait déserter.

DÉSERTER , DÉSERTER DE. Déserter se dit d'un lieu particulier où l'on est , d'où l'on sort. On déserte l'armée , et on déserte du régiment. On déserte la ville , et on déserte «Tune chambre.

DÉSERTEUR, TRANSFUGE. Ces deux termes désignent également un soldat qui abandonne ou qui a abandonné sans congé le service auquel il est engagé; mais le terme de transfuge ajoute à celui àer déserteur Viàèe accessoire de passer au service des ennemis.

Le transfuge est bien plus coupable que le déserteur; celui-ci n'est qu'inûdèle , le premier est un traître.

Au propre , déserteur se dit absolument ; au figuré, il régit la prépositioft de. Déserteur de la foi , déserteur du bon parti.

DÉSHONNÊTE, MALHONNÊTE. Il ne faut pas confondre ces deux mots, dit Bouhonrs; ils ont des significations toutes différentes. Déshonnéte est contre la pureté; malhonnête contre la civilité, et quelquefois contre la bonne foi, contre la droiture. Des pensées, des paroles déshonnétes ^ sont des

pensées, des paroles qui blessent la chasteté et la pureté. Des actions, des manières malhonnêtes, sont des actions, des manières qui blessent les bienséances du monde, l'usage des honnêtes gens, la probité naturelle, et qui sont d'une personne peu polie et peu raisonnable.

Un procédé déshonnéte serait mal dit s'il ne s'agissait pas de pureté; il faudrait dire un procédé malhonnête. Ce ne serait pas non plus bien parler que de dire une. parole malhonnête pour une parole sale ; il faudrait dire une TpaiTole , déshonnéte.

Déshonnéte, an reste, ne se dit guère que des choses; on ne dit guère une femme déshonnête, un homme déshonnéte , pour dire une femme , un homme impudique.

Malhonnête se dit également des personnes et des choses. Il est difficile , a-t-on dit , qu'un > malhonnête homme soit bon historien. On oublie plus aisément une réponse grossière , quoique malhonnête et désobligeante d'ailleurs, qu'une repartie fine et piquante.

Il faut dire à peu près la mêa(ie chose de déshonnétet^ et malhonnêteté , que de déshonnéte et malhonnête, avec cette différence que malhonnêteté et déshonnêteté se disent des personnes comme de^ choses.

Il faut encore remarquer que, comme déshonnête et malhonnête sont opposés à honnête, qui signifie tout à la fois une personne chaste et une personne polie , déshonnêteté et malhonnêteté le sont à honnêteté , qui a aussi deux significations; car, de même que nous disons d'une personne qu'elle est fort hon- 'nête, pour marquer sa régularité ou sa politesse , nous exprimons l'un et l'autre par • le mot d'honnêteté.

DÉSHONNÉTE; OBSCÈNE. Ces deux mots , Ont rapport aux atteintes portées à la pudeur, mais les choses déshonnêtes la blessent , et les choses obscènes la violent.

Obscène dit beaucoup plus que déshonnéte ; il signifie sale, immonde , ordurier , qui viole ouvertement la pudeur. Déshonnéte signifie qui est contraire à l'honnêteté, à la pudeur, qui la blesse sans la violer entièrement.

Ce qui est déshonnéte rappelle l'idée des images contraires à la pudeur, et souvent est couvert d'un voile transparent qui ne sert qu'à les rendre plus sensibles, mais suppose du moins Tapparence de la modération et de la retenue; ce qui est obscène montre les images à découvert, sans voile, sans apparence de modération et de retenue.

Obscène ne se dit guère que des choses

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contraires â la pndenr qne Von expose impndémment anx antres;' déskonnéte appartient plus particulièrement aux choses intérieures. On a des pensées déshonnetes ; elles deviennent obscènes quand on les produit au dehors. Un discours obscène, une peinture oBscèt}e, un livre obscène.

L'obscénité montre à découvert des choses qne la pudeur ordonne de tenir secrètes; la déshonn^teté ne prend pas assez de soin de les cacher. L'obscénité a son langage qui n'a rapport qu'aux images qu'elle se plaît à étaler; la déshonnèteté évite ce langage, mais elle en rappelle les idées.

DÉSHONNÈTETÉ. V. DÉsnoxuéxK.

DÉSHONORABLE, DÉSHONORANT. Déshonorable se dit des choses qui , par leur nature, doivent causer le déshonneur. Il est peu usité. Déshonorant se dît de ce qui cause réellement le déshonneur. Un acte déshonorable, dit Mercier, n'est pas toujours déshjnorant,

DÉSHONORANT. V. Déshonorable.

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