DÉSIGNER, INDIQUER, MARQUER
Ces trois mot ; ont rapport à trois différentes manières de faire connaître les choses.
Indiquer, du fatin index, le doigt dont on se sert ordinairement pour montrer de quel côté est un objet, ou le chemin qu'il faut suivre pour le trouver, pour y parvenir, signifie donner à celui qui veut connaître ou trouver un objet, des indications, des renseignemens qui peuvent lui être utiles.
Désigner, du latin signum , signe; c'est indixjner les signes auxquels on peut reconnaître une personne ou une chose , et ne pas la confondre avec une autre. C'est une manière particulier* à'indiquer.
Marquer, c'est faire connaître un objet par une marque ou par un caractère particulier qui empêche de le méconnaître et de le confondre avec un autre. C'est une autre manière àUndiquer.
Les signes naturels servent à désigner les objets. La fumée désigne le feu ; On désigne nn homme par sa taille, par sqn âge, par la couleur de sa penu, de ses cheveux, par la forme extérieure des parties de son visage, par sa mine, par son air. La mine, dit La Bruyère, désigne les biens de la fortune, et le plus ou le moins de mille livres de rente , se trouve écrit sur les visages. '
Tout ce qui peut servir à montrer où est un objet , tout ce qui peut servir à le faire dé, couvrir, à y faii-e parvenir, indique. On indiqua son chemin à un voyageur égaré ; ou indique k un jeune homme les moyens de réqs- j
sir dans le mpnde; on indique k un jetun artiste les moyens de se perfectionner dans soe art.
Marquera un cara-*€re de certitnde qne n'onf pas désigner et indiquer. Nous pouvons nom tromper dans la route qn'on nous a indiquée, nous en écarter sans le vouloir. Nons pouvons ne pas bien distinguer les signes par lesquels on a voulu nooB désigner un objet ; mais ce qui marque, fait connaître d'une manière crrtaine et déterminée ; c'est ainsi qu'un cadras marque les heures. L'empreinte d'an fer chuaà sur l'épaule d'un homme, marque d'one ma' nière certaine qu'il a été condamné à la âé* trissure.
On indique pour diriger ; on désigne pour faire distinguer; on mor^u^ pour £ai^e recon* naître.
Vous suivez le chemin qn'on vons a indiqué; vous examinez les signes par lesquels on vous a désigne l'objet; vous reconnaissez l'objet à la marque qu'on y a empreinte.
DÉSIGNER. Y. Dépeiwdïie.
DÉSIR , SOUHAIT. L'un et l'autre désig'nent nne^inquiérade qn'on éprouve pour une chose absente, éloignée, à laquelle on attache une idée de plaisir. Les souhaits se nourrissent d'imaginations, ils doivent être bornés; les désirs viennent des passions , ils doivent être modérés. On se repaît de souhaits, on s'abandonne à ses désirs. Les paresseux s'occupent à faire des souhaits chimériques; les cotirtisans se tourmentent par des désirs ambitieux. Les souhaits semblent plus vagues, et les désirs plus ardens. Quelqu'un disait qu'il connaissait mieux les souhaits que les désirs, distinction délicate, parce que les souhaits doivent être l'ouvrage de la raison, et qne les désirs sont presque toujours une inquiétude aveugle qui naît du tempérament. ( EncjclopédieS)
DÉSIR , VELLÉITÉ. Le désir est nne espèce d'inquiétude dans l'ame, que l'on ressent ponr l'absence d'une chose qui donnerait du plaisir si elle était, présente, ou du moins à laquelle on attache une idée de plaisir. Le désir est plus on moins grand , selon que cette inquiétude est plus ou moiiîs ardente. Un désir très faible s'appelle velléité.
DÉSIR, ENVIE. Le </^«> prend sa source dans la passion; il est durable et permanent. TJenvie prend sa source dans la fantaisie et le caprice ; elle varie selon les cifconstances et la manière de voir les choses. Un avare a le désir d'acquérir et de conserver des richesses; ce désir est dans sa natare , dans son caractère; toutes ses actions, toutes ses pensées s'jr rapportent. Jl pre4d ^ nn homme (nm