‹ Dictionnaire synonymique de la langue françaiseChapitre 253 sur 253 · DROIT CANON , DROIT CANONIQUE · texte numérisé non relu

DROIT CANON , DROIT CANONIQUE

Le droit canon est le droit appelé ou intitulé

canon; le droit canonique est l'espèce particulière de droit résultant des canons. Càno*^ nique signifie qui appartient aux canons.

Le droit canon est le corps, le code, la législation même des canons; le droit canoni^ que est le sujet traité, la matière éclaircie, la chose établie par les canofu. Le droit canon est ce qui règle , ordonne; le droit canonique est ce qui est réglé, ordonné. Le premier est ce qui impose le devoir ; le second , le devoir qui est imposé. Vous décidez par le droit canon une question de droit canonique» Ce qui est canonique a rapport à la loi, et le canon est la loi elle-même.

On dira le droit canon lorsqu'il s'agira de la chose , du droit, de l'autorité , de la science en général ; on dira le droit canonique lorsqu'il s'agira de particularités , de détails , de recherches , de discussions , de considérations relatives à ce droit, (Extrait de Roubaud.)

DROIT CANONIQUE; V. Da«iT CAifoiTA

DROITURE , RECTITUDE. Ces deux mots indiquent la qualité de ce qui est droit , soit au physique » soit au moral.

Rectitude signifie la juste direction , le vrai sens. Tordre parfait des choses physiques. La rectitude d'une ligne.

Ce mot a passé aux objets métaphysiques; et on a dit la rectitude d'un jugement, comme la rectitude d'une ligne.

Droiture ne se dit proprement que de l'ame pour marquer la probité , la bonne foi , des ynes honnêtes et pures; et si ce mot s^appliqu* à l'esprit, c'est seulement par rapport à la probité et non à l'égard de l'inrelligence.

Ainsi la d/viture de l'esprit n'est que la suite on le complément de la droiture du. cœur. La drdture est donc proprement une qualité morale; la rectitude une qualité intellectuelle ou physique. La rectitude d'un jugement sera dans sa justesse , et la droiture dans sa justice. La rectitude est d'un bon esprit; la droiture d'un cœur honnête. Un esprit de travers manque de rectitude; uti esprit partial manque de droiture. Ainsi l'on dit dans le sens physique la rectitude de la vue , et dans le sens moral la droiture du jugement.

La rectitude exprime la conforôiité de la chose avec la règle , sa parfaite régularité, son exacte ordonnance. La droiture désigne la juste direction vers un but, l'indication de la bonne voie, le rapport des moyens avec la fîn^

^ Ainsi la droiture montre le Lut et la voie ; la rectitude conduit au but en suivant constamment la voie. La rectitude applique jusqu'à la fin ce que la droiture enseigne : l'une dirige , l'autre exécute. 11 ne suffit pas de la

DUR

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ârmtmre ; il &nt b rectitude; car fl ne saffit pat «Tmdiqner la règle, il iaat que faction on la condoite t'y andormc parCaitement.

La droiture ert donc platôt dans l'intention , dans le dcMcin , dans le conseil; la rectitude est dans l'action, dans la condnite, dansFaj^ jrfieation constante de la réçle.

La droiture et l'honneur ornent tons les sentimens qni les accompagnent. ( J.-J. Rous- •s&u.) La droiture dn cœnr. ( Massiixoit. ) La droiture, dit Fléchier, est nne pnreté de motif et d'intention qoi attache l'ame an bien pour le bien même. Les bonnes intentions, dit Rancé, nesont pas la rectitude des œuvres. G>riolan , dit Vertot , content de la droiture de •es intentions, allait an bien sans niénagement, et pent-étre ce défaut de ménagement entrainaît-9 quelquefois dans sa condnite un dé- Imt de rectitude.

DUPER, LECRRER, TROMPER, SUR- PRENDRE. Faire donner dans le fiinx est l'idée oommane qni rend ces quatre mots synonymes. Voici lëors différences.

Duper, c'est faire donner dans le £inx par habileté en faisant usage de ses connaissances anx dépens de ceux qni n*en ont pas ou qoi en ont moins. 11 m'a dupé en me vendant un diamant faux pour un vrai diamant.

Leurrer, c'est faire donner qriel {o'an dans le faux par les appâts de fausses espérances, en les faisant bniler comme quelque diose d'avantageux. On bont ces douces espérances dont tu leurras si souvent ma crédul*; simplicité? (J.-J. Rousseau.;

Tromper , c'est faire donner quelqu'un dans le faux , par déguisement, en donnant an faux l'apparence du vrai. Il m'a trompé par l'assurance d'un dévouement sans bornes.

Surprendre , faire donner quelqu'un dans le faux par des discours ca[>tienx , en abusant de la simplicité, de sa bonne foi , de sa crédulité. Il est parvenu à surprendre ses juges.

Il semble, dit Girard, que surprendre marque plus particnlièreiaent quelque chose qni induit l'esprit en erreur; que tromper dise nettement quelque cbuse qui blesse la probité ou la fidélité ; que leurrer exprime quelque chose qni attaque directement l'attente ou le désir; que duper ait proprement pour objet les choses où il est question d'intérêt ou de profit.

DURABLE , CONSTANT. Ce qui est durable ne cesse point; il est ferme par sa solidité. Ce qni est constant ne change pas ; il est feroie par sa résolution.

Il n'est point de liaisons durables entre les hommes, si elles ne sont fondées sur le mé-

rite et snr la vcrtn. De tontes lef pamâons, Vaau>nr est ceDe qni se piqœ le pins d'Are constante et qui l'crt moins. (Gimab-D.)

DURANT, PENDANT. Ces deux prépositions ont rappMt jhi temps; elles rapprodient les dioses en le leur rendant commun et les Ciisant arriver ensemble.

Si Ton en croit GiranI , dmrmmi exprime un temps de durée et qni s'adapte dans toatc son étcndne à la chose à laquelle on le joint; et pendant ne fait entradre qu'on temps d'époque qu'on n'nnit pas dans son étendue, mais ficnkownt dans quelqu'une de ses parties.

Une moltitnde de faits démentent ocae explicatioau On dit égilemrnt bien je resterai i Paris pendant tout le carême ; et, il a jeune 4iKr«nrtontieGarcaBe;et, dans Tun on l'antre cas , pendmtt et durant indiquent également un temps de durée qni s'adapte dans toute son étendue » à toute \m durée du carême , et non pas seulement à une de ses parties. L'explication de Girard est donc dusse , il faut en chercher nne autre.

Il me semble qne l'on emploie durant lorsque les choses qne Ton rapproche en les faisant arriver dans le même temps, sont de la même nature et étroilement unies, et que dans le cas contraire on se sert de pendant.

On dira donc œ jenne homme a jenné durant tout le carême, parce que le jenne et le carême sont des choses de nkéme nature et étroitement unies ; et Ton dira je resterai à Paris pendant tout le carême, parce qne mon séjour n'est pas de même nature que le carême, et que ces deux idées ne sont pas naturellement unies. On dira de même , il a fait froid d/irant tout l'hiver, pour marquer que le froid a duré aans discontinnation dans tonte l'étendue du temps de l'hiver , et qne sa doi^ a été étroitement unie avec celle de l'hiver; mais on dira les troupes ont testé pendant tout l'hiver dans cette province, parce que le séjour des troupes n'est pas une chose étroitement liée avec la durée de l'hiver et qui subsi&te avec elle de la même manière. Ou ne dirait pas ces troupes ont resté dans cette province durant tout l'hiver. On dirait au contraire les troupes ont manqué de bois du' rant tout l'hiver , parce qu'il y a nne liaison naturelle et étroite entre le manque de bois et la durée de l'hiver. On dit de même je resterai pendant tout Th^^ver à Paris pour mon plaisir , et les froids m'ont retenu à Paris durant tout rbiver. Les froids sont naturellement liés avec Thlver, mon plaisir ne l'est pas. Un ambassadeur, membre d'un congrès, dit je resterai dans cette ville durant tout le congrès. Des comédiens qui y jouent la co*

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médie disent noas y resterons pendant tout le congrès. Bossaet a ea tort de dire , après la mort d'Agathon qai arriva durant le concile, il fallait dire pendant,

DURÉE, TEMPS. Ces mots diffèrent en ce qae la durée se rapporte aux choses, et le temps aax personnes. On dit la durée d'à ne action, et le temps qn^on met à la faire.

La durée a aassi rapport an commencement et à I9 fin de qaelqne chose, et désigne l'espace écoulé entre ce commencement et cette fin ; et le temps désigne seulement qaelqne partie de cet espace, on désigne cet espace d'une manière vague. On dit aussi , en parlant d'un

prince, que la durée de son r^gne a été de tant d'années, et qu'il est arrivé te] événement pendant le temps de son règne; que la durée de son règne a été courte, et que le temps en a été heureux pour ses sujets. {Encyclopédie!) DURETÉ » SOLIDITÉ. , La solidité d'un corps ne dit autre chose, si ce n'est que ce corps remplit l'espace qu'il occupe, de telle sorte qu'il exclut absolument tout autre corps; au lieu que la dureté consiste dans une forte union de certaines parties de matière qui composent des masses d'une grosseur sensible, de sorte que toute la masse ne change pas aisément de figuré. (Encjrclopédie!)

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