‹ Dictionnaire synonymique de la langue françaiseChapitre 29 sur 253 · ACQUIESCER , TOMBER D'ACCORD · texte numérisé non relu

ACQUIESCER , TOMBER D'ACCORD

On acquiesce sans être convaincu que la chose est juste ; quand ou tombe d'accord on convient qu'elle l'est.

ACQUISITION. T. Achat.

ACQUITTER, PATER. Paj^er, c'est tem*.

plir la condition d'un marché , en livrant le prix convenu d'une chose ou d'un servie* qu'on reçoit. Acquitter, c'est remplir une charge imposée, de manijère à être libéré et quitte envers qui elle était imposée. On paie des denrées, des marchandises, des services, des travaux , etc. , ce qu'on reçoit moyennant un prix ; mais on vHacqidtte pas ces objets. On acquitte des obligations, des billets , des contrats, ce qui engage et grève à quelque titre; et ce n'est pas dans ce sens qu'on les paie.

On ^acquitte d'un devoir , et on ne le paie pas ; en payant une dette , on s^acquitte envers son créancier ; le paiement termine le mAr thé, V acquittement décharge la personne ou la chose.

Vous payez un droit pour prix de qnelque équivalent ; vous acquittez un droit à titre de décharge; vous /?a;e^ les impôts, le tribut, à raison des avantages que vous tirez de la protection et des dépenses publiques J vous acquittez des droits de péage et d'entrée, dans 1j simple idée d'acquérir OU de recouvrer la liberté de passer ou d'entrer.

Quand vous achetez une marchandise , vous la payez; si vous ne la payez pas , vous la devez; vous vous imposez une obligation; il faudra un jour que vous acquittiez l'obligation en payant la Marchandise. Ainsi payer une dette c'est donner le prix de la chose due , et acquitter une dette c'est remplir l'obligation de débiteur.

On paie les personnes et on ^acquitte en vers elles; vous acquittez quelqu'un lorsque vous payez pour lui. Acquitter c'est toujours décharger ; payer c'est satisfaire. •

Vous payez une dette incertaine pour acquitter votre conscience. Votre conscience délicate serait chargée si, dans le doute, vous ne preniez pas le parti le plus sur.

On ne paie pas un bienfait, il est gratuit \

ACR

ACT

mais on acquitte envers le bienfaitenr les obligations de la reconnaissance, c'est un devoir'.

Celui qui prend facilement sxas payer aura peine à payer ; celui qui prodigue les promesses n'entend pas s'en acquitter.

Payer se prend donc aussi par extension ou par métaphore pour exprimer l'action de compenser ou de récompenser , de rendre la pareille, d'user de représailles, de donner un équivalent; c'est toujours la même idée, et cette idée est étrangère au mot acquitter , qui, dans les obligations morales, désigne également l'obligation dont on était chargé, les devoirs qu'il faut rendre on remplir , l'emploi qu'il s'agit d'exercer, etc.

Cest là le sens de payer dans les exemples suivans : l'amitié seule /^zte l'amitié; la fatuité sera payée de mépris; ou paie une grande fortune par de grands embarras. Le tyran paie de tout son repos les craintes qu'il inspire.Toutes ces phrases annoncent la compensation ou la récompense, l'équivalent de la chose.

C'est toujours la charge dont on ^acquitte ati moral comme dans ces phrases : on s'ac quitte fort bien des devoirs que l'on aime ; celui qui craint le plus par délicatesse, de s'ac-' quitter d'une commbsion est ordinairement celui qui s'en acquitte le mieux; il y a des charges et des emplois très bien payés ayec dispense de s'en acquitter^ un vœu est bien téméraire, dont on ne peut s^acquitter que par une très grande vertu. Tous ces exemples démontrent l'obligation et le devoir de faire, et le 4essein d'en être quitte et délivré.

On dit payer de paroles , d'excnses ; payer -de sa tête, de sa personne; payer d'ingratitude , de mépris ; payer de complaisance , d'attentions ; payer d'audace , d'effronterie, etc. C'est comme si l'on disait métaphoriquement payer en telle du telle monnaie. Il s'agit de la manière de remplir les conditions données , on de doiâlér en retour , en récompense , en revanche. Il n'en est pas de même Ôl^ acquitter; on acquitte ou on tl acquitte pas; la chose^ à faire est toute déterminée par l'obligation. La raison de cet^tç différence est que le mot payer n'exprime que l'action de donner , livrer, faire , et que l'action entraîne ces particularités ; aQ lieu qaHacquitter marque l'effet de rendre quitte , et par conséquent il suppose qu'on fait ce qui est prescrit pour rendre quitte. À Ta vérité on dit , dans le moral , ti^ acquitter bien ou mal d'un emploi , parce qu'en morale il ne s'agit pas seulement de faire, mais de bien faire. (Extrait de Rou- BAUD.)

ÀGimXÉj ÀG&WOmE. Jcret4 est un

terme commi^n qui se dit de tont.ce qui est acre. Vâcreté d'un (ruit, Vâcreté des humeurs. Acrimonie est un terme scientifique qui ne s'applique guère qu'aux humeurs qui circulent dans l'être animé. Vacrimonie des humeurs, Vacrimonie de la bile.

ACRIMONIE. V. AcRET».

ACTE, ACTION. V action est l'opération d'une puissance qui agit ; Vaote est l'effet de V action , ce qu'elle produit. "V action est susceptible de divers degrés; elle est vive, véhémente, impétueuse ; on dit le feu, la chaleur de Vaction, Vacte est plus on moins fréquent, plus ou moins multiplié. Pour spécifier Vacte, vous dites de quelle cause , de quel principe, de quelle puissance il émane : un acte de vertu , de générosité , d'équité, de magnanimité; pour spécifier Vaction vous la qualifiez elle-même : une action vertueuse , généreuse, équitable, magnanime. Vaction vertueuse a telle qualité, Vacte de vertu appartient à telle cause. Vaction est propre à distinguer le genre de chose qu'opère la puissance : la mastication est Vaction de mâcher , la déglutition Vaction d'avaler, la natation Vaction de nager. Vacte est l'exercice actuel de tel genre (Vaction, Vacte de la mastication, de la déglutition, de la natation. Vaction spécifiant proprement la chose , exprime l'idée de faire une chose ; Vacte n'énonçant proprement que le mouvement physique n'emporte que l'idée d'agir. Nos actions sont nos œuvres proprement dites, nos actes ne sont que des opérations de -nos facultés. Vaction marque mieux l'intention , le dessein , et reçoit les qualifications morales plutôt que Vacte* Nous faisons des actes de foi, de chaiité, d'espérance; ces actes ne sont que des émissions, des déclarations, des aveux de nos sentimens, et non pas des actions. Nous péchons par pensée, par parole , par action, La pensée est un acte , et Vaction est une œuvre. Vaction considérée commp œuvre ou comme ouvrage se forme souvent de différens actes , ou successifs, on simultanés. C'est ainsi qu'âne action dramatique se divise en plusieurs actes; qu'un combat résultant de plusieurs éictes hostiles s'appelle une action; qu'un acte dans le style judiciaire n'est qu'une signification , une pièce, au lieu qu'une action est une poursuite, un procès. Le dernier €icte de la vie ne s'appellera pas action, c'est le complément de Vac' tion qu'on appelle la vie.

ACTEUR , COMÉDIEN. Jeteur est relatif au personnage que l'on joue , comédien à la profession que l'on exerce. Un homme qui joue la comédie en société pour son amusement e^t ucteur 4aa3 U« pièces qu'il jott« : U

ACT

ACT

n*est pas comédien. Acteur se dit de celai qui a une part active dans une affaire ; comédien de celui qui feint habilement ^des passions , des sentimens qu'il n'a point. Le premier se prend en bonne ou en mauvaise part , le second ne se prend qu'en mauvaise part.

ACTIF, AGISSANT. Actif, qui a la faculté d'agir, de produire quelque effet en agissant : il se dit des choses et des personnes ; on dit un remède actif, un poison actif, et un honmie actif, un animal a^itif

Agissant, qui exerce habituellement la faculté ài^agir, qui se donne beaucoup de mourement ; il ne se dit que des êtres animés ou de ce qui y a rappoit : on dit un animal agis" sont, un homme agissant, une vie agissante, mais on ne dit pas un remède agissant, un poison agissant. La raison en est qvCagis" sont suppose ou une volonté ou un principe qui pousse à des actions et les dirige, et qa! actif ne suppose que la faculté d'agir, faculté qui n'est e^fissant^ que lorsqu'elle est provoquée par quelque volonté ou par quelque principe qui porte toujours à V action, Cest ainsi qu'on dit que la nature est tonjours agissante»

H senible que lorsqu'un remède ou un poison produit son effet sur le corps humain, on pourrait dire qu'il est agissant ; mais alors sa faculté d'agir est développée non par un principe qui soit en lui , mais par un principe qui résulte de l'opposition de ses parties à celles qu'il rencontre. Tant qu'il n'a pas rencontré <*s parties , il n'est point agissant, il est seulement actif; et dès qu'il les a rencontrées, 1 action ne dépend plus de lui , mais seulement de cette opposition et de cette rencontre; on ne peut donc pas dire proprement quil soit agissant, il ne fait pas Vaction; il y concourt seulement , il ne contient que la faculté de concourir à' Vaction , et cette action consiste réellement dans le conflit, dans l'opposition des parties,

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