‹ Dictionnaire synonymique de la langue françaiseChapitre 57 sur 253 · FAIRE AMITIÉ , FAIRE DES AMITIÉS · texte numérisé non relu

FAIRE AMITIÉ , FAIRE DES AMITIÉS

jFa/reamzViVà qnelqn'un , c'est lui témoigner de l'affection, de la bienveillance \ faire des ami' tiés à quelqu'un, c'est lui faire accueil, avoir pour lui des prévenances , lui dire des paroles obligeantes.

AMITIÉ. V. AFFECnow.

DÉMONSTRATION D'AMITIÉ, TÉMOI- GNAGE D'AMITIÉ. Ces deux expressions sont synonymes, avec cette différence d'un usage bizarre qne le premier dit moins que le second. Le père Bouhours en a fait autrefois la remarque , et le temps n*a point encore changé l'jipplicatiou impropre de ces deux termes. En effet les démonstrations, en matière à^eunitié ^ tombent plus sur l'extélieur, l'air du visage , les caresses'; elles désignent seulement des manières ,'^és paroles flatteuses , un accueil obligeant. Les témoi' gnages au contraire sont plus à l'intérieur , au solide , 4 des services essentiels , et sem-

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Uent appartenir aa coenr. Ainsi nn fanx ami fiait des démonstrations d'amitié, un véiitable ami en donne des témoignages. Ce sont des démonstrations d'amitié d'embrasser les personnes, avec qni Ton rit , de les accueillir obligeamment, de les flatter, de les caresser. Ce sont des témoignagnes d'amitié de les servir , de prendre lears intérêts et de les secourir dans leurs besoins. En un mot, les démon* strations d'amidé ne sont qne de vaines montres d^attachement, d'affection; les témoigna-ges en sont des gages, mais l'union des cœurs constitue la parfaite amitié, ( Jaucourt. )

AMNISTIE , PARDON. Ces deux mots signifient la rémission entière de la faute qu*on a le droit de punir comme supérieur, ou de Toffense qu'on est dans le cas de ressentir, comme si on l'oubliait et qu'il n'en restât aucune trace. Maâspartlon se dit de toute rémission de cette espèce , et amnistie seulement de celle qn'on accorde à des rebelles ou à des désertenrs. Le pardon s'accorde par tout particulier; V amnistie ne peut être accordée que par nn souverain.

AMOINDRIR, DIMINUER. Ces deux verbes signilient la même chose. Aussi l'usage a-t'il presque abandonné le premier, et n'emploie plus guère qne le second.

AMOLLIR, ATTENDRIR. Ils se disent au propre et an figuré. Amollir ^ au propre, c'est rendre mou , moins compacte ; au figuré , rendre moins ferm^ , moins constant , moins propre à résister.

Attendrir^ au propre, c'est rendre tendre j moins dur , moins susceptible de résister à la séparation des parties ; au figuré, rendre sensible, compatissant, tendre , aimant.

AMONCELER. V. Amasser.

AMORCE, APPAT. Appât est le mot générique sous lequel on comprend tous les moyens dont on se sert soit à la chasse , soit a la pêche, pour snrprendre les animaux. Les appeaux /les chanterelles, les vers que l'on met aux hameçons, les lignes, les miroirs avec lesquels on attire les alouettes, sont des o-ppâts. V amorce est un appât qui consiste en nourriture que l'on expose à la vue ou à l'odorat de l'animal pour l'attirer.

Au figuré , y appât agit sur le cœur par les attraits ; V amorce sur la cupidité par des avantages sensibles.

AMORCE, LEURRE. Vamorce est une pâture réelle que l'on expose à l'avidité des animaux pour les prendre; le leurre est un faux appât qui imite seulement la véritable funorce.

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faible, diminuer la vivacité, Factivité, l'ardeur, la violence. Ce mot ae dit au propre et au figuré nqn^eulement de la vivacité on de la force d'une action , mais aussi de l'éclat , du brillant de certaines choses , comme les sons , les couleurs vives, etc. On amortit un feu trop violent en versant de l'eau dessus ou en le couvrant de cendres ; on amortit une couleur éclatante en diminuant son éclat; on amortit la fièvre en la rendant moins ardente ; on amortit les passions en les rendant moins vives.

Éteindre, c'est amortir an point de faire disparaître la force , la vivacité , la vigueur. Il ne se dit que du feu , de la flamme , des couleurs , des sons et des choses qtii y ont quelque rapport métaphorique. On éteint le feu , la flamme , une couleur ; on éteint la colère , la haine , la vengeance ; on éteint la fièvre , toutes choses qui participent de l'activité du feu. Onn'^fet/if pas un coup , on V amortit.

Ce que l'on amortit diminue de force , d'activité , mais il reste toujours ; ce qu'on éteint disparaitentièrement. Quand on a éteint le feu , il n'y a plus de feu ; quand on ne l'a qaHamorti, il subsiste encore quoique affaibli. En trempant un fer ardent dans l'eau on éteint le feu dont il étincelle , niais on ne fait qa^amortir sa chaleur, car elle subsiste

core long-temps après que le feu est éteint.

Quand on travaille à éteindre un incendie , on amortit les flammes , mais , comme je l'ai dit, on se sert dans cette circonstance du verhe éteindre , parce que c'est l'extinction et non V amortissement qui. est le but des travaux; et même on dit amortir le feu et non pas V éteindre, lorsqu'on a le dessein de lé rendre moins ardent et non celui de le faire disparaître entièrement. Il y a des gens capables de m'objecter qu'on ne détruit point une bougie en V éteignant , mais je les prierai d'observer que ce n'est pas la bougie qu'on éteint , mais la flamme active qui brûle à son extrémité.

Amortir se fait successivement et dans un temps plus ou moins long ; éteindre se fait eh un instant , c'est le dernier degré de l'a/nortissement, c'est le passage de l'état le plus faible au néant. La lamière d'une lampe s'amortit long-temps avant de déteindre ; Jprsqu'elle s^éteint elle passe subitement du dernier degré à! amortissement ù.\a disparition.

Toutes les fois qu'on dit éteindre pour signifier une action qni demande un temps un peu long , cette expression se rapporte au bût , an dessein que l'on a de détruire entiè-

rement une chose active; mais elle suppose AMORTIR , ÉTEINDRE, Amortir, rendre 1 un travail et des soins qui demandent de la

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saite et du temps, condaisent bien à raction êH éteindre, maiis ne sont pas l'action ellemême. On n'a réellement éteint un incendie qu,e lorsqu'on a détruit entièrement le feu actif qui Tentretenait , et cette destruction qui est la fin des amortissemens successifs , du feu, se fait en un instant. Y. Adoucib.

AMORTIR, TEMPÉRER. Jmôrtir semble indiquer une action immédiate sur la causé, sur le principe de l'activité que l'on diminue. Tempérer a plus de rapport aux effets de cette activité. On amortit une passion en diminuant ou détruisant ce qui lui sert ou peut lui servir d'aliment; on tempère une passion en opposant à ses effets des moyens propres à' les affaiblir. Pour amprtir cet amour il faut en éloigner l'oltjet ; pour tempérer sa colère , il faut prendre un air soumis.

AMORTIR, MODÉRER, amortir tend à diminuer , affaiblir ou éteindre la viracité de l'action. Modérer tend à diriger cette vivacité, à la contenir dans de justes bornes.

On amortit ses désirs en les empêchant de se reproduire ou d'agir avec autant de force qu'auparavant ; on modère ses désirs en les réglant, en les dirigeant j en s'opposant à leur excès, en les soutenant dans de justes bornes.

AMORTIR, APAISER. Amortir n'a rap;port qu'à la force, à la vivacité, à la violence qu'on diminue. Apaiser a rapport au trouble , au désordre , à la peine , au tourment que causent les choses trop vives , trop violentes. Les vents après avoir troublé la surface de la mer finissent par ^apaiser. On amortit un désir en le contrariant, en diminuant sa violence; on V apaise en le satisfaisant. On amortit des troubles en diminuant les causes qui les entretiennent ; on les apaise en réunissant les esprits divisés qui les ont excités. On amortit la faim en la soulageant en partie; on V apaise en la satisfaisant entièrement.

AMOUR. V. AMrriÉ.

' AMOUR , TENDRESSE. Vamonr est actif; la tendresse est une situation du cœur qui naît de l'amitié ou de Yamour, Vamour est ordinairement intéressé; il demande des faveurs, des préférences, des jouissances. La tendresse parait désintéressée, elle se porte sur l'objet sans retour sur soi-même.

AMOUR , AFFECTION. Vamour est vif, inquiet, ardent dans ses désirs; \ affection est tranquille; elle n'aspire qu'aux douceurs d'un commerce paisible et aux agrémens de la société. ^—

AMOUR, mCLm4TlON. Vamour est

une passion réelle et formée^ Xinclination n'est qu'une disposition à Vamour ou à l'amitié; c'est une impression si légère qu'elle passe promptement si rien ne la soutient ou' qu'elle se transforme en amitié ou en amour, si elle est soutenue par la découverte du mérite vrai ou apparent de l'objet.

AMOUR, AMOURETTE. La différence qu'il y a du sérieux au badin, à l'égard d'an même ebjet, fait celle de Vamour et de l'omourette. Celle-ci amuse simplement , et celuilà occupe. Vamour fait tout l'esprit on toute la sottise de la plupart des femmes ; les hommes d'un grand génie s'y livrent rarement, mais ils donnent souvent leur loisir aux amourettes.

AMOUR, GALANTERIE. Vamour est plus vif que la galanterie ; il a pour objet la personne , il fait qu'on cherche à lui plaire dans la vue de la posséder, et qu'on l'aime autant pour elleHnême que pour soi. Il s'empare brusquement du cœur et doit sa naissance à un je ne sais quoi d'indéfinissable qui entraîne les sentimens et arrache l'estime avant tout ejumen et sans aucune information.

La galanterie est une passion plus voluptueuse ^ue Yamour; elle a pour objet le sexe , elle fait qu'on aime des intrigues dans le dessein de jouir , et qu'on aime plus pour sa propre satisfaction que pour celle de sa maîtresse. Elle attaque moins le cœur que les sens, et doit plus au tempérament et à la complexion qu'au pouvoir de la beauté dont elle démêle pourtant le détail avec des yeux plus connaisseurs on moins prévenus que ceux de Yamour. Vamour nous attache uniquement à une personne et lui livre notre cœur sans réserve , en sorte qu'il le remplit entièrement , et qu'il ne nous reste que de l'indifférence'^ pour toutes les autres. La galanterie nous entraîne généralement vers toutes les personnes qui ont de la beauté ou de l'agrément , et nous unit à celles qui répondent à nos empressemens et à nos désirs , de façon cependant qu'il nous reste encore du goût pour les autres. L'excès de Yofnour mène à la jalousie ; l'excès de la galanterie mène au libertinage. V. Amitié.

AMOUR , FEU. Ces deux mots se disent fjgurément l'un pour l'autre. Mais feu s'emploie ordinairement en poésie , et est plus élégant au pluriel qu'au singulier. Corneille dit souvent on beau feu pour dire un amour vertueux et noble.

AMOUR. V. AaDEUR.

AMOURETTE. V* Amour.

AMOUREUX. V. Amaht.

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AMPHIBOLOGIE. V. AMBiômTÉ.

AMPHIBOLOGIE, CONTRE-SENS, r^inphiboîûgie est dans une phrase qui peat également servir à énoncer plasiears sens différens , et que rien de ce qui la constitue ne détennine a Fun plutôt qu^à l'autre. Le contre-' sens est dans une phrase qui ne peut avoir qu'an sens , mais qui aurait du être construite , de manière à en avoir un autre.

AMPHIBOLOGIQUE, LOUCHE. Une phrase est louche lorsqu'elle renferme des mots qui , au premier aspect , semblent avoir on certain rapport, quoique véritablement ils en aient un autre. Par exemple, si en par* lant d'Alexandre on disait, Germanicns a égalé sa vertu, et son bonheur n'a jamais eu de pareil^ cette phrase serait louche, parce qa'après avoir la et son bonheur, on serait porté à penser que la conjonction et réunit sa Tertu et son bonheur, comme complémens da Terbe a égalé; la phrase signifie, Germanicns a égalé sa vertu et son bonheur; mais en lisant, n'a jamais eu de pargl, on s'aperçoit qae son bonheur n'a pas rapport à égalé , mais à une nouvelle proposition dont il est sujet et que la conjonction et lie avec la première. Le défaut est bien plus grand encore quand le sujet de la seconde proposition est éloigné de son verbe par plusieurs mots, comme dans cette phrase , je condamne sa paresse, et les fautes que sa nonchalance lui fait faire en beaucoup d'occasions m'ont toujours para inexcusables. En lisant jusqu'à d occasion^, on croit que les fautes que s^ nonchalance lui fait commettre en beaucoup d'occasions a rapport au vterbeye condamne, aaqacl il paraît lié par la conjonction et. Ce n est qu'après avoir lu m'ont paru incxcnsa- Wes, qu'on commence à s'apercevoir qu'on est dans l'erreur , et que les fautes que sa nonchalance lai fait commettre en beaucoup d'occasions est le sujet d'une seconde proposition, et qu'il se rapporte à m'ont para inexcusables.

Dans la phrase louche l'erreur ne dure pas , elle est bientôt détruite par les mots suivans ; mais dans la phrase amphibologique, qui offre deux significations différentes que rien ne porte à préférer , l'erreur reste ou du moins le doute. Quand je lis, Lisias promit à son père de n'abandonner jamais ses amis , je me demande quels amis i* S'agit-il des amis de Lisias ou de son père ? Si j'ai adopté sans examen une interprétation qui n'est pas la vrMe, 1 erreur reste ; si je ne sais laquelle des deux je dois adopter , Je reste dans le doute et l'incertitude.

AMPHIBOLOGIQUE, ÉQUIYDQUE. Une

phrase éçuivopie est celle qui a deux sens:

l'un naturel, qui paraît être celui qu'on veut faiye entendre, et qui est effectivement entendu de ceux qui écoutent; l'autre détourné, qui n'est entendu que de la personne qui parle , ou de celles qui y font réflexion.

Une phrase amphibologique paraît telle à tous ceux qui l'entendent. Vamphibologie ne consiste pas dans la yolonté de celui qui parl^, mais dans la nature même de la phrase.

AMPLE, LARGE. Ample se dit particulièrement des toiles, des étoffes et d'antres choses semblables, et /indique l'étendue de ces choses en longueur et en largeur d^na une proportion plus que rigoureusement suffisante pour l'usage que l'on en veut faire ou qu'on en a déjà fait. L'idée de largeur et à» longueur entre dans celle du mot ample , d« sorte que si l'une ou l'autre de ces qualités manque , la chose n'est pas assez ample. Une toile n'est pas assez ample pour faire des chemises à une personne qui a beaucoup d'embonpoint, si elle manque de la largeur nécessaire pour cet emploi. Un habit n'est paf assez ample s'il est trop étroit.

Ample ne peut pas se dire d'une chpsÊ qui manque de longueur ou de largeur; mais large peut se dire de ce qui a assez de largeur sans avoir assez de longueur.

Large se dit d'une chose considérée dans l'extension qu'elle a d'un de ses côtés à Tautre. Ample se dit aussi des choses relativement à la quantité. On dit une ample provision , un ample discours, un ample repas; mais 2\ov& large n'est plus synonyme ^^ ample; la largeur n'entre plus dans l'idée qu'il représentée.

AMPOULÉ , EMPHATIQUE. Ampoulé suppose enflure dans les expressions; cmphatique^ exagération dans les. pensées. Ce qui est atnpoulé frappe l'oreille de grands mots qui ne conviennent point à la chose; ce qui est emphatique entoure la chose d'une importance qu'elle n'a pas. Le style emphatique est celui des enthousiastes; le style ampoulé celui des charlatans.

AMPOULÉ, BOURSOUFFLÉ. Us se disent du style. Le style ampoulé consiste dans l'exagération et l'enflure des expressions; le style hoursoufjlé consiste dans rafïcctation de tournures pompeuses et d'images gigantesques qui ne conviennent point au sujet.

AMPUTATION. V. Abcissiow.

AMUSANT. V. Agréable.

AMUSEMENT, DIVERTISSEMENT. L'tfmusement est une occupation légère et de peu d'importance, qui plaît pu ne fait que chasser

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'«nnni. Le divertissement est toujours accompagné de plaisir, et d'un plaisir plus vif, plus étendu^ que celui que procure quelquefois Vamusement, Vamnsement porte sur des occupations faciles et agréables qu'on prend pour éviti»- l'ennui. Le divertissement porte «ur des exercices ou des spectacles vifs et animés que Ton recherche pour se procurer da plaisir. La situation de l'a me et le goût particulier font de certaines choses un amusement ou an divertissement, La chasse est un amusement pour les uns , et un divertissement pour d'autres. L» danse est un amusement pour une femme qui n'aime que médiocrement cet exercice; c'est un divertisseihent ponr celle qui l'aime avec passion. Le divertisse^ ment, s'il- n'est pas assaisonné, dégénère en simple amusement,

AMUSEMENT,. RÉCRÉATION. Vamusement tend à dissiper l'ennui , il peut être de longue durée. La récréation a pour objet de se délasser d'an travail pénible , pour le reprendre ensuite avec plus d'ardeur, elle ne dure que jusqu'au délassement. La récréation indique un besoin de l'ame plus marqué que Vamusement, Les gens qui étudient beaucoup ont besoin de récréation ; les gens oisifs s'ennuient jusqu'à ce qu'ils trouvent wa. amusement k leur gré.

AMUSEMENT, RÉJOUISSANCE. Vamw sèment est ordinairement tranquille, paisible, et ne comporte pas des marques extérieures de plaisir et de joie. La réjouissance au contraire est bruyante , et se marque par des actions extérieures , par des danses, des cris de /joie, des acclamations de plusieurs personnes. Uamusement n'a d'autre but que de

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traire n^emporte'^pas toujoars l'idée du plaisir, et quand cette idée s'y trouve jointe , elle exprime un plaisir plus faible que le mot divertir. Celui qui ï^ amuse peut n'avoir d'autre sentiment que l'absence de l'ennui , c'est ' là même tout ce qu'emporte le mot amuser, pris dans sa signification rigotirense. On va à la ' promenade pour s^ amuser, à la comédie ponr se divertir. Ce qui amuse l'un divertit l'autre , selon la manière dont l'un ou l'antre est affecté. Avec des contes , on vous amuse ; avec des fêtes, on vous divertit. On ^amiise de tout, mais on ne se divertit pas de tout. Il faut ou bien peu d'esprit, ou bien de l'esprit pour f^amuser de tout. Il faut être bien malade d'esprit ou de corps ponr que rien ne divertisse. À force de se divertir , on devient incapable de ^amuser. On Camuse assez bien seul , mais seul on ne se divertit guère. Les jeux tranquilles , sédentaires , froids , ne font guère K^ amuser ; il faut quelque chose d'animé, de bruyant , de tumultueux , pour divertir. Des lectures nous amusent; des danses nous divertissent. On ne peut pas dire qu'une tragédie amuse , parce que le plaisir qu'elle fait est sérieux et pénétrant , et vp^ amuser emporte une idée de frivolité dans l'objet , et d'impression légère dans l'effet qu'elle produit. On peut dire que le jeu amuse, que la tragédie occupe ou intéresse , que la comédie di»

vertit.

AMUSER, TROMPER. Amuser quelqu'un, c'est l'occuper d.'un vain espoir, le leurrer de fausses promesses, pour l'amener, sans qu'il s'en aperçoive , à quelque chose de désagréable et de désavantageux.

Tromper quelqu'un, c'est lui donner pour

chasser l'ennui ; la réjouissance fait éclater la 1 bon ce qui est mauvais , c* joie à l'occasion de quelque événement heu- crédulité et de sa confiance.

est abuser de sa

reux ou cru tel.

, AMUSER , DIYERTIR. Amuser, c'est occuper légèrement l'esprit, de manière à dissiper l'ennui , et à faire passer le temps d'une manière agréable et tranquille ; divertir , c'est occuper agréablement et plus fortement l'esprit, de manière qu'on ne sente en quelque sorte le temps que par une succession de plaisirs soutenus. Le temps passe quand on s'amuse; quand on se divertit on jouit du temps.

ignifîcatj

propre du latin , ne signifie autre chose que détourner son attention d'un objet, en la

AN, ANNÉE. Ces deux mots se disent également d'un espace de temps composé de douze mois ; mais par le premier, on considère cet espace ou conmie un tout indivisible , abstraction faite de la durée ou de tout ce qui peut y avoir rapport; on comme une durée simple , abstraction faite des rapports qu'elle a on qu'elle peut avoir avec des effets , des raisonnemens , des résultats. Année an contraire «xprime la durée de douze mois, relativement aux effets , aux évènemens qoi sont joints ou peuvent être joints à cette durée , qui peuvent en être la causé ou l'occasion. Je puis dire, Yan passé ou Vannée passée ; dans le premier cas , je considère les douze mois comme un point , comme un

portant sur un antre; mais l'usage ^présent a

attaché à^ ce mot une idée de phiisir qu'on I tout indivisible ; dans le second, je les consi

prend à l'objet qui occupe. Amuser au con- I.dère soua un point de vue de durée suscep-

AN

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