‹ Dictionnaire synonymique de la langue françaiseChapitre 58 sur 253 · ANA · texte numérisé non relu

ANA

ible de produire tel ou tel effet. Van passé )n craignait la guerre ; il n*y a dans cette exjression aucune idée de durée; la crainte de a guerre existait à cette époque. Vannée pasiée on a fait marcher sans cesse des troupes le province en province. Ici on voit Pidée de iarée, car ce mouvement successif de troupes n'a pu se faire que dans une durée de temps divisible. Vannée dernière a été fertile , abondante ; ici Ton voit la durée présentée sous le rapport des effets qu'elle a produits. On dit la première année, la seconde année, et non pas le premier cm, le second an y parce qae les mots premier et second supposent nécessairement une durée composée qui , poayant être considérée relativement à des effets , ne peut s^iUier avec le mot an qui en £sit toujours abstraction. On ne peut pas dire cet on, et on dit fort bien cette année , parce qae an étant la réunion de .douze mois en un point indivisible , ne peut pas se dire d'iine époque où ces douze mois ne sont pas écoulés oa considérés conune écoulés; au lieu qu^o/inée ex^imant une durée continue , et par consé(|uent divisible , on peut dire cette année depuis le commencement du mois de janvier, jusqu'à la fin du mois de décembre , parce que Vannée dure pendant tout ce tempslà. Vannée commence bien, et non pas Van commence bien ; Vannée finit bien, et non pas Van finit bien. Quand on dit le premier joiiT de Van, c'est une expression consacrée qui ne se dit que relativement à l'usage de se faire des visites et des complimens an commencement de Vannée. C'est un reste de l'ancien langage. Cela est si vrai qu'on ne dit pas le dernier jour de Van , mais le dernier jour de Vannée. On en peut dire autant des expressions Van 1824» le premier janvier, Van 1825 , le trois mars, qui sont restées dans le style des notaires et des praticiens, et qui remontent à un ancien usage. D'ailleurs ces expressions indiquent une époque indivisible dans une durée , mais dans une durée qui ïi a aucan rapport à un effet , ce qui rentre fians nos principes. — On dît Van quinze, parce qu'ici les douze mois sont considérés comme une époque, comme lyi point indivisible ; et l'on- dit la quinzième année , parce qu ICI quinzième exprime une suite, une série, «t par conséquent une durée dont cette quinzième année fait partie. C'est par la même raison qu'on dit , il est dans sa quinzième année , la quinzième année a été heureuse , malheureuse , etc. ; voilà pourquoi aussi on souhaite la bonne année , et non pas le bon ^- Bon jour bon em, est une esi)èce de ^cion populaire qui ne prouve rien contre

notre observation. — On dit 51 y a deux ans que je vis dans cette attente , et non pas il y a deux années que je vis dans cette attente , parce que dans cette phrase, an exprime une durée , mais une durée nmple qui Va aucun rapport à un effet , qui n'est susceptible d'aucune qualification. Si l'on voulait exprimer, une durée susceptible d'effets, on dirait , par exemple , j'ai reçu aujourd'hui une année de mon revenu. C'est une durée productible. — Une preuve cvidentc^ue le mot an n'exprime qu'une durée simple , et fait abstraction iie toute qualité de cette du^-ée, c'est que ce mot ne prend jamais de qualificatifs proprement dits; on ne dit pas un bon an, un mauvais an, un bel an,Xinan d'abondance, un €in de disette, un an fertile ; mais une bonne année , une mauvaise année, une belle année, une année pluvieuse, une année fertile , une année d'abondance , une année de disette. On dit absolument le nouvel an , comme on dit le premier jour de Van. Bon an mal an est une espèce d'expression proverbiale qui est étrangère à la question. — On dit vingt ans de guerre, si l'on veut seulement indiquer la durée de la guerre. Il y a eu dans ce siècle vingt ans de guerre. On dit vingt années de guerre pour faire sentir les effets produits* par la durée de la guerre. Cette province a été ruinée par vingt années de gtierre , et non pas par viugt ans de guerre , car les ans ne ruinent pas. — Ce n'est que par une licence poétique que Racine a pu dire,

Je puis choisir , dit-on , ou beaucoup d'a/w sans gloire. . .

Et La Fontaine,

Je suis sourd , les ans en sont la cause.

Les ans ne sont cause de rien , ils ne présentent qu'une durée simple, sans énergie et sans effet.

ANACHORÈTE , CÉNOBITE. Les anachorètes étaient des moines qui se retiraient des monastères pour vivre seuls dans desTîeux écartés et déserts ; on appelait cénobites ceux qui vivaient en communauté dans les monastères.

ANACIIRONISME , PARACHRONISME.

Termes de chronologie. Vanachronisme est proprement une erreur dans la date des cvènemens, qu'on place plus tôt qu'ils ne sont arrivés. Le parachronisme est une erreur qui consiste à dater un é»ènement d'un temps postérieur à celui auquel il est arrivé.

Dans l'usage ordinaire, on ne fait guère cette distinction , pt 00 emploie indiffci-em-

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