‹ Dictionnaire synonymique de la langue françaiseChapitre 95 sur 253 · AVERTISSEMENT, AVIS, CONSEIL · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT, AVIS, CONSEIL

Avertissement , connaissance que l'on donne a quelqu'un d'ane chose que l'on ne veut pas qu'il ignore , oa sur laquelle on veut éveiller son attention.

Avis, opinion sur la manière dont quelqu'un doit se conduire dans telle ou telle occasion, et insinuation de se conformer à cette opinion.

Conseil signifie la même chose qp!avis , si ce n'est qu'am laisse plus de liberté, et n'emporte pas , comme le conseil, une idée de supériorité , soit d'état, soit de lumières, soit de tous deux ensemble.

On donne un avertissement pour qa!on fasseattention à la chose , un avis ponr engager à se conduire de telle ou telle manière , un conseil pour déteriAer à se conduire de telle, on telle manière.

J'ai lu avec attention xre qu'a écrit Girard «ur la synonymie de ces trois mots , mais je u ai pa adopter sa manière de les expliquer.

J-antôt il prend le mat avis dans un sens , tantôt dans un autre. Vavis et le conseU, dit-il, ont aussi pour but l'instruction ; mais avec un rapport marqué à une conséquence de conduite, le donnant dans h vue de faire agir 0^ parler.

Voilà bien le mot avis piis dans le sem h

d^pinîon sur la manière dont qnelqu^ûû doit se conduire.

Plus loin il dit , on dit des avis qu'ils sont vrais ou faux. L'amrtiè doit donner avis de tout ce qu'on croit être avantageux et ag'réable à 9on ami.

Ici il est clair qu'arw est pris dans le sens de donner connaissance à quelqu'un d'hne chose qu'il ignore^ Or , dans ce sens , avis n'est pas synonyme de conseil,

AVERTISSEMENT. V. Annowce.

AVEU , CpNFESSION. Aveu , action par laquelle on convient ou l'on déclare avoir dit ou fait quelque chose.

Confession, déclaration que l'on fait d'une chose qu'on se repent d'avoir faite.

Vaveu , dit Girard , suppose l'interrogation. Cette observation n'est pas juste , et on peut le prouver par ce que dit le même auieor dans le même article. Un aveu qu'on ne demande pas , dit-il , a quelque chose de noble ou de sot , selon les circonstances et l'efTet qu'il doit produire. Il y a donc des aveux qu'on ne demande pas , Vaveu ne snppostc donc pas toujours l'interrogation. En effet on fait un aveu de soi-même sans être interrogé. On lit dans J.-J. Roasseau^ je ne voulus point vous ôter l'honneur de faire un jour de vousmême un aveu que je croyais à chaque instant sur le bord de vos lèvres.

Vaveu ne suppose ni fauté , ni erreur , nî crime ; il peut se faire d'une chose honorable et digne de louange , comme d'une chose honteuse ^criminelle; il signifie,' en général, la révélation de- ce qu'on avait résoïù de tenir caché. II a caché pendant long-temps qu'il était l'auteur de ce bon ouvrage ; mais enfin il en a fait Vaveu à quelques-uns de ses amis.

• Vaveu d'une faute , d'un crime peut venir ou de l'interrogation , ou de la confiance que l'on a dans les personnes à qui on le fait, ou de l'imprudence et de l'indiscrétion, on delà peine qu'on éprouve intérieurement de cacher à une personne qu'on aime nn secret qui l'iiitéresse , ou du désir 'de soidagmrsa conscience d'un. poids qui l'oppresse; {

La confession suppose le mal , et un grand repentir de l'avoir commis. Elle ne craint point la punition , elle sait qu'elle la mérite, elle va au devant.

Une ame honnête fait Vaveu de ses fautèè , et c'est pour elle nn soulagement ; un criminel bourrelé par ses remords fait la confession de ses crimes ; il veitten subir la peine. ■ >

Vaveu est souvent secret ; . on le dépose dans le sein 4'ua ami , et il n'entraîutf^fdht

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