‹ Dictionnaire synonymique de la langue françaiseChapitre 96 sur 253 · AVI · texte numérisé non relu

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àe suite. 1a confession aillenn qne dans le tribunal de pénitence n'est point secrète ; elle aonmet à la honte et à la peine.

À L'AVEUGLE, AVEUGLÉMENT. Ces denx expressions également %arée8 marquent également nne condnite qui n'est pas dirigée paV les lumières naturelles ; mais la première indique un défaut d'intelligence , et la seconde un abandon des lumières de la raison.

Qui agit à Vaveugle n'est pas éclairé , qui agit aveuglément ne suit pas la lumière natd:relle : . le premier^ ne voit pas , le second ne veut pas voir.

La plupart des jeunes gens qui entrent dans le monde choisissent leurs amis à Vafeugie ; ai le hasard les sert mal , c'est un premier pas yers leur perte y parce que , livrés <sv€ugUtnent à toutes leurs impnbions , ils en viennent insensiblement jusqu'à se faire un mérite et un point d'honneur de sacrifier l'honneur même plutôt que de les abandonner.

( Bbauzbs. )

AVEUGLÉMENT. V. À l'aveugle.

AVEUGLEMENT , CÉCITÉ. Aveuglement, selon l'analogie, devrait se dire de la privation de la vue. Mais ce mot n'est guère usité que dans un sens moral et figuré. IJ aveuglement de l'esprit , X aveuglement que causent les passions. On se sert ordinairement du mût cécité pour indiquer la privation de la vue.

Cependant quelques médecins se servent du mot aveuglement pour signifier la privation du sentiment de la vue.

AVIDITÉ, CUPIDITÉ. Vovidit^^^x. un désir immodéré et insatiable ; la cupidité est un désir violent des biens et des plaisirs.

\j! avidité croit à mesure de ses acquisitions

. et de ses jouissances ; elle n'a jamais assez ,

elle n'est jamais satisfaite ; la cupidité désire

ardemment , mais elle n'est pas insatiaj»le

comme Vavidité.

V avidité a rapport à l'excès du désir; la cupidité k sa violence. .

. AVIDITÉ , CONCUPISCENCE. Vavidité fe porte sur toutes sortes de biens et de plaifirs ; la concmpiscemce n'a poor objet qne les plaisirs des sens; c'est la disposition habir tuelle de l'arae à désirer ces plaisirs. Ce mot ne se dit guère qu'en morale chrétienne.

AVIDITÉ , CONVOITISE. Vavidité peut se porter sur des choses permises ; la convoi^» iise ne se porte que sur des choses illicites. Il n'est pas défendu d'être avide de biens ; mais désirer ardemment la femme d'autrui , c'est convoitise. Ce mot , de même que concupis- • eence» U0>se dit guère qu'en morale chré-

âMBiie^

AVILIR. V. Abaissée.

AVIRON , RAME. Ces deux mots se disent des longs instrumens de bois dont on se sert pour faire manœuvrer les petits bâtimens sur la mer ou sur les rivières. Les barques , les nacelles , les petits bateaux , n'ont que des avirons; les grands bateaux et les galères ont des rames. Vaviron sert à donner au bateau h direction et le mouvement qu'on désire. La rame est plus considérable ; elle sert particalièrement à faire siller et avancer de grands bateaux. C'est par le moyen des avirons qa^on dirige et qu'on fait manceuvrer les nacelles , les barques , les batelets ; c'est par le moyen des rames qu'on avance vers l'endroit on l'on veut all^r. On arrive promptement k un port à force de rames ; on côtoie les bords, on navigue sur des eaux tranquilles, «on passe par des endroits étroits et difficiles, en se servant adroitement des avirons.

AVIS. V. AVEBTISSBMBNT,

AVIS, SENTIMENT, OPINION. Ces trois termes sont synonymes , en ce qn'ils désignent tous un jugement de l'esprit. Le sentiment marque un peu la délibération npl l'a précédé; V avis y la décision qui l'a suivi; V opinion a rapport à une formalité particulière de jadicature , et suppose de l'incertitude. Le sentiment emporte une idée de sincérité et de propriété ; Vavis , une idée d'intérêt pour quelque autre que nous ; V opinion , un concours de témoignages. Il peut y avoirjdes occasions , dit Girard , où l'on soit obligé de donner un avis contre son sentiment , et de se conformer aux opinions des autres.

AVIS. V. AssoTXCE.

DONNER AVIS. V. AvERTia.

AVISÉ, PRUDENT, CIRCONSPECT. Ces trois moto ont rapport à la manière deseHea conduire dans les affaires*

L'honune avisé est celui qui a le talent de considérer les afTaiires sous toutes les faces» et 'de ne laisser échapper ancun des moyens qui peuvent les faire venir à bien.

L'homme prudent, est eelui qui , connaissant bien tous les milf^ns de réussir dans nw affaire, choisit les plus surs, et n'en risque ancun qui puisse avoir un mauvais sncoès.

L'homme circonspect est celui qui* (^'"^ les affaires, évite avec soin tous les inconvéniens, tons les obstacle^ qui pourraient les faire manquer.

L'homme avisé voit bien , l'homms p^' dent juge bien , l'homme circonspect ne W' sarde rien.

La circonspection poussée trop loin pe" être aa-déiaut.

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AVOIR, POSSEDER. Dans le sens où ces deux tQOts sont pris ici , nous avons ce qui uoas appartient; nous possédons ce dont nous pouvons disposer. Vtd une belle terre, si j'en suis le propriétaire; je possède cette terre 9 si , outre mon droit de propriété , je la fais valoir par moi-même ou par mes ordres , et que j'en tire immédiatement les fruits sans être obligé d'en rendre compte à personne. Si j'a/ loué cette terre à quelqu'un, cela ne m'empêche pfis de Vavoir, elle m'appartient toujours, j'en suis toujours le propriétaire; mais je ne la possède pas tant que je ne puis pas la faire valoir comme je juge à propos, que je n'en reçois pas immédiatement les fruits, et que je ne puis pas en changer les dispositions; en un mot tant qu'il existe un bailet des conditions qui mettent des bornes à ma jouissance.

On a de l'argent lo,rsqu'on en a rassemblé dans sa bourse, dans ses coffres; mais on ne le possède pas lorsque l'avarice ou quelque circonstance particulière empêche d'en faire usage.

Nous T^avons pat entièrement les choses sur lesquelles d'antres ont aussi des droits ; mais nous les possédons lorsqu'elles sont en-i tièrement à nous et que nous en sommes les seuls maîtres. ' On' a là connaissance d'une science, d'un art, lorsqu'on les exerce sui- '^ant les prfecipes et les règles qui existent ; on les possède quand on connaît à fond la nature de ces principes et de ces règles, et qu'on est en état de les améliorer ou de les changer utilement.

AVORTON, EMBRION, FOETUS. Ces trois mots sont relatifs à la forme de l'animal dans le ventre de sa mère. "Vembrion est l'animal encore informe; dès qu'il prend une forme sensible et marquée, on l'appelle yâ?m^; s'il nait avant terme, c'est un ai^orton,

Embrion et avorton s'appliquent aussi aux plantes et aux fruits. On attache au mot d'e/nbrion l'idée d'une extrême petitesse, et à celui à^avorton celle de la petitesse et d'une conformation vicieuse.

AVOUER, CONFESSER, Avouer, c'est convenir qu'on a dit ou îait une chose qu'on avait dessein de cacher. >

Confesser, c'est déclarer par un sentiment de repentance, une faute ou un crime dont on s'est rendu coupable.

Avouer peut se prendre en bonne ou en mauvaise part. On avoue une belle action qu'on voulait tenir secrète; on avoue à son ami une faute que l'on a commise. Confesser se prend tonjotirs.en mauvaise part. On con~ fesse un crime , on confesse ses fautes ou ses crimes à un prêtre. V. Aveu.

AXIOME. V. Aphorisme.

AZYME, SANS LEVAIN. Ges deux expressions signifient littéralement la même chose; le premier est grec, le second est français. Sans lev&in est l'expression ordinaire que l'on empldie pour signifier du pain que l'on a fait sans y mettre do levain; et as^me se dit des pains sans levain que les Juifs jnangent dçns le temps de leur pâque , et celui que les chrétiens de l'Église latine emploieift dans le sacrement de l'Eucharistie.

MBDO, CAQUET^ SaJbU, ahonctancc de paroles dites à quelqu'un ou devant quelqu'un pour le. seul pkisii? de parler.

Caquet, •ititempértinee de langue qui prend «a source datts la vanité , et qui est toujours accompagnée d^n^r de prétention^ «lc«àpà- ^^tc, de supériorité, d'assurance. '

Le bahU suppose le désir et la fkciXté de païlct; \t caquet suppose le désir de hriUer et e se faire distinguer par ce qu'on dit,

ordinairement les enfans, et surtout les pe- ^*Çs filles, ont du babil; les jeunes garo<»is <ï«i veulent faire les raisonneuKi OUI du ««-

^nx qui ont djj ^^^7 patrlcnt beaucoup P°^ parler; ceux qui ont du caquet parlent »***^«>up pour ^ç jlmBier de l'iiiip<»t«ac«.

Le bahil plaît quelquefois et importune â là fin; le caquet n'en impose qu'aux sots; il fait pitié aux gens de bon sens.

BABIL, BAVARDERIE. Le babil naît de la gaieté, de l'innocence , du besoin d'exercer l'organe de la paçolp». de lliabîtude ; il amuse quelquefois. La bavarderie naît de l'imprudence » de rincQn#équ«ince , de l'envie de prir mer et de se f«iye approuver.

Le habil suppose quelquefois un certain espsit, nu oertfiia jugement; la bavarderie suppose toujours le contraire*

BASIL, BAVARDAGE. Le bavardage est distingué du babil par les choaes qui en sont l'objet. Le babil a pour olqet des choses légères, vaines, frivoles; le bavardage ê'exfxce sur des dioM* mxxaijkaim* répétera j<tf9«*»

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satiété, qui n^ont ancane liaison entre elles, qu'on a peine à comprendre.

BABILLARD, BAVABD. Le babillard n'^st pas précisément celui qui a^du l)al)il ; un enfant a quelquefois un joli habîl, et n'est pas pour cela un babillard.

On appelle babillard celui qui a nn habil excessif, ou un babil hors de propos, hors de conyenancé.

Ordinairement les petites filles n'ont beaucoup de babil que quand elles sont plusieurs ensemble pour leur amusement; mais si, sorties de là, elles exercent continuellement ce babil avec leurs mères, avec leurs frères et leurs sœurs, c'est du babillage. Dans le premier cas, on dit qu'elles ont du babil ; dans le second , qu'elles sont babillardes, La raison en est qu'elles doivent avoir du babil dans leurs jeux, sans quoi la réunion n'aurait point de but , et qu'elles abusent de ce babU lorsque la circonstance qui le permet n'existe plus, c'est l'excès du babil, c'est le babillage.

Le babillard cherche toutes les occasions de parler , et emploie une quantité de mots et d'expressions inutiles; il développe lesm^oindres circonstances. Mais dans tout son babil, il peut avoir de la raison et du bon sens.

Lebayard, au contraire, sgoute au défaut du babillard celui de parler aans jugement, san^ raison , sans bon sens , à tort et à travers.

Le babillard pèche par l'excès des paroles ; le bavard^ par l'excès des paroles et l'ineptie des discours.

Le babillard est pressé par le besoin de parler; le bavard y parle besoin de dire des sottises.

BABILLER, JASER, CAUSER. Babiller, c'est parler beaucoup , sans autre ordre , sans autre suite que celle (jui naît de l'occasion dans le discours. C'est parler pour le plaisir de parler.

Jaser f causer ensemble * familièrement sur des' Sujets qui amusent par eux-mêmes ou par leur variété.

Caiiser'y f>arler ensemble légèrement sur un sujet . quelconque , on successivement; sur {Plusieurs sujets; abstraction faite de l'impor* tance pins ou moins graiule de ces sujets.

Jff<7Ji7/(?r suppose, de fart et d'antre, l'envie et le plaisir de soutenir une longue conversation sans l'interrompre ni la laisser tomber. Nous avons babillé toiite la soirée. Jaser suppose, de part et d'autre, le désir de montrer réciproqnemenl: la ■ epnfîànce qu'on a les uns dans les antres. Cet deax.ypisines passent

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désœuvrement, le besoin de chasser l'ennni ou l'embarras du silence.

On babille sur des sujets légers; cm jai^ sur les actions des autres, la médisance y entre souvent pour beaucoup; on cause sur toutes sottes de sujets.

Causer marque moins d'enjprrasement qnc babiller et jaser; jaser marque l'abandon et quelquefois l'indiscrétion.

On babille et l'on cause avec ses égaux ; on jase avec ses amis, et l'on fait jaser ses inférieurs.

BABILLER, S'ENTRETENIR. Babiller indique une conversation légère et animée sur des sujets frivoles; s'entretenir marqae une conversation suivie sur des sujets sérieux et intéressans.

* On babille pour satisfaire la démangeaison de parler ; on s'entretient pour discuter une question, pour éclaircir une affaire. Noos nous entretenons fréquemment sur celte affaire.

Ceux qui babillent ne font pas grande attention à ce qu'ils disent, et encore moins à ce qu'ils entendent; il leur suffit de parler; ceux qui s'entretiennent font attention à ce qu'ils disent et à ce qu'ils entendent.

BABINE, LÈVRE. Les lèvres sont ces parties charnues, ces replis de la peau qui environnent les mâchoires en devant, chez les mammifères. Il n'y en a point chez les oiseaux et les autres classes d'animaux. On appelle seulement, par analogie , lèvres diverses parties cornées de la bonchp des insectes.

Babine ne se dit que des lèvres de certains animaux qui en ont une partie longue et pendante. Les lèvres d'un homme , les babines d'une vache, d'un chien, d'un singe.

BABIOLE, BAGATELLE. Babiole, chose puérile , bonne pour amuser les enfans, et qni ne mérite pas l'attention dNine pessonne raisomphle.

Bagatelle vient du mot baguette, qni signifiait, çn vieux français, vétille, bagatelle, babiole^i^es bagatelles sont d«s choses p€ft -Utiles -^ qni ne méritent pas de fixer l'attention des gens raisonnables*

Uâ* hochet d'en£sint est une bfibiole; ^^ ornement frivole ou nn bijou qui ne sert qu'à la. vanité est une bagatelle^

Babiole, non. plus que bagatelle ^ ne designe pas toujours une chose de peu de valeur; ca|f jl ;y a des babiplçs et sur-tout des bagatelles qui coûtent fort cher. Les bagatelles sont les babioles des grands enfans.

Les babioles ne sont d'aucun usage pon^ «ouvent le» soirém k jm^r^anfier supposa le J çefl?t qui çoQt feçr» dej'^jic^i le» kagatellei

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