SELE
de petites principautés seldjoucides, mais très inférieures en puissance aux deux empires ci-dessus nommés. Les Seljoucides de Perse finirent en 1194 dans la personne de Togroul II, qui fut renversé par les sultans de Kharizm ( Voy . perse, konieh, etc.),
SELEF, riv. d’Anatolie. V. calycadnüs.
SELEFKEH, Seleucia TracheaouSel. Ciliciæ, ville de la Turquie d’Asie, ch.-l. d’un livah de même nom, dans le pachalik d’Adana, sur le Selef f Calycadnus), à 16 kil. de son embouchure, à 90 kil. S. O. de Tarsous, ne se compose que de cabanes en terre ou en bois. Superbes ruines (théâtre, temple, portiques, nécropole, citadelle). — Quelquefois le livah de Selefkeh , joint à l’île de Chypre , a été regardé comme formant un pachalik.
SÉLÈNE, nom grec de la Lune ou Diane.
sélène (Cléopâtre), princesse égyptienne, fille de Ptolémée Evergète II, épousa son frère Ptolémée Lathyre (117 av. J.-C.), puis AnliochusGrypus, roi d’Antioche, et enfin Antiochus Eusèbe, neveu de Grypus, et roi de Damas, eut de ce dernier Antiochus l’Asiatique et Séleucus Cybiosaclès, qui régna un instant sur la Syrie (56) , mais fut étranglé par sa femme Bérénice II , fille de Ptolémée-Aulète. Sélène gouverna pendant la minorité de ses enfants, de 80 à 70 av. J.-C. , et fut mise à mort par Tigrane , roi d’Arménie.
SËLENGA, Æchardus, riv. d’Asie, naît en Mongolie , dans le pays des Kalkhas, coule à l’E. , puis au N., entre en Sibérie, baigne Sclenginsk, Verknéi- Oudinsk, etc., et tombe dans le lac Baïkal, par 52° 25’ lat. N. , après un cours de 900 kil. Affluents , Orkhon, Ouda, Chilok, Tchikoï.
SELENGINSK, ville de la Russie d’Asie (Irkoutsk), 6ur laSelenga, à 140 kil.S.E. deVerkhnéi-Oudinsk; 2,600 hab. Rhubarbe. Commerce avec la Chine.
SÉLESTAT. Voy. schélestadt.
SÉLEUC1DE, contrée de Syrie, ainsi nommée de Séleucus Nicator, s’étendait le long de la Méditerranée , depuis le golfe d’issus au N. jusqu’à l’embouchure de l’Oronte au S. On l’a souvent nommée Tétrapole, à cause de ses quatre villes principales : Séleucie(Se/euciaPien'a),Antioche,LaodicéeetApamée.
SELEUCIDES, dynastie macédonienne qui régna sur la Syrie et la Haute-Asie après la mort d Alexandre, tirait son nom de Séleucus I, un des généraux de ce prince. Sa domination fut de 247 ans (311-64 av. J.-C.). Pour la succession de ces princes, Voy. syrie.
SËLEUCIE, Seleucia , lre capitale du roy. de Syrie sous les Séleucides, était en Babylonie, au N., sur la rive droite du Tigre, et fut fondée par Séleucus Nicator vers 307 av. J.-C.; elle passa, en 140, sous les lois des Parthes avec les provinces à 1 E. de l’Euphrate, et c’est alors qu’ Antioche devint la capitale des Séleucides. La fondation de Ctésiphon sur l’autre rive du Tigre porta un coup fatal à Séleucie , qui déclina toujours depuis ce temps. Auj. il n’existe de ces 2 villes que des ruines, dites Al-Madaïn , aux environs de Bagdad. — Il y a eu encore 3 Séleucies remarquables : 1° Seleucia Pieria , en Syrie, dans la Séleucide, à l’emb. de l’Oronte ; — 2° Seleucia ad Taurum, en Pisidie ; — 3° Seleucia Ciliciæ ou Trachea , auj. Selefkeh, près de l’emb. du Calycadnüs.
SÉLEUCUS I, dit Nicator, c.-à-d. Vainqueur , roi de Syrie et chef de la dynastie des Séleucides , né en 354 av. J.-C., fut un des meilleurs officiers d’Alexandre ; il était , lors de la mort de ce prince , gouverneur de la Médie et de la Babylonie, et avait le commandement de la cavalerie (323). Il eut paît à la ligue formée contre Perdiccas (321), reçut après la victoire la province de Babylonie, accéda à la ligue contre Polysperehon et Eumène, se vit, en 315, chassé de sa province , proscrit par Antigone , qui tendait à engloutir seul la monarchie d’Alexandre, se sauva en Egypte près de Ptolémée, jeta avec lui les bases d’une ligue contre Antigone, et, après la victoire de Gaza (312), envahit la Babylonie, qui
SELI "
l’accueillit avec ivresse , y joignit l’Assyrie , la Médie, resta possesseur de ces 3 provinces par la paix de 311, acquit ou soumit ensuite la Perse, l’Hyrcanie , la Bactriane et toute la Haute-Asie jusqu’à l’Indus, entra dans la ligue qui détrôna Antigone, et, après la victoire décisive d’Ipsus (301), réunit à ses vastes états laSjrie, la Phrygie, l’Arménie, la Mésopotamie. Il ne tarda pas à se brouiller avec Ptolémée et Lysimaque, et s’unit à Démétrius Poliorcète, fils d’Antigone, dont il épousa la fille ; mais il eut bientôt à combattre aussi son beau-père qui voulait s’établir en Asie (286) , et le tint captif jusqu’à sa mort (284- 283); puis il marcha contre Lysimaque, roi deThrace et de Macédoine , le battit à Cyropédion (282), et se fit proclamer lui-même roi de Macédoine , de Thrace et de l’Asie-Mineure. 11 fut tué , au bout de 7 mois, par Ptolémée Géraune (281).
séleucus il, dit Callinique ou le Victorieux (247- 225) , vit tout son royaume envahi et ravagé par Ptolémée III, qui lui enleva plusieurs provinces et emporta un immense butin (242). Pendant ce temps, l’empire parthe, formé aux dépens de celui des Sé« leucides, se consolidait par des victoires ; le rebelle Antiochus Hiérax se déclarait roi des provinces de l’Asie-Mineure ; Eumène et Théodote s’agrandissaient, l’un à Pergame (242), l’autre en Bactriane (241). Enfin, Séleucus marcha contre les Parthes mais il fut vaincu et pris, et mourut dans leurs fers, Malgré son surnom, il fut toujours vaincu.
séleucus ni (225-222 ), fils du précédent, d’un caractère faible , ne fit rien de remarquable , et périt assassiné par deux de ses officiers, en marchant contre des rebelles dans l’Asie-Mineure.
séleucus iv, dit Philopator (186-174), fils d’Antiochus-Ie-Grand, vexa les Juifs, fit contre Eumène roi de Pergame, une vaine tentative pour défendr Pharnace, roi de Pont, et accorda toute sa faveur à Héliodore. Get ingrat ministre le fit cependant empoisonner, et prit lui-mêine la couronne.
séleucus v, fils de Démétrius II Nicator et de Cléopâtre, fut proclamé roi à la mort de son père, 124, mais fut bientôt après assassiné par ordre de sa propre mère, qui mit à sa place son deuxième fils, Antiochus Grypus, 123. C’est le Séleucus de la Rodogune de Corneille. Voy. cléopatre.
séleüüUS vi , dit Epiphane, c.-à-d. l’ Illustre, fils aîné d’Antiochus Grypus, régna d’abord (97 av. J.-C.) sur une portion de la Syrie dont Antioche était la capitale, tandis qu’Antiochus de Cyzique, son oncle, régnait sur Damas ; il parvint à reprendre sur celui-ci tout le royaume ; mais il trouva un nouveau compétiteur dans Antiochus-Eusèbe , fils d’Antiochus de Cyzique, fut obligé de se retirer devant lui, et périt à Mopsueste (93).
séleucus cybiosactès. Voy. sélène,
SELGE, ville de Pisidie, vers le S., au pied du Taurus et sur le Cestros, était très populeuse ; elle conserva longtemps son indépendance , et ne fui soumise que par les Romains.
SELIGENSTADT , ville forte du grand-duché de Hesse-Darmstadt , sur le Mein , à 26 kil. N. E. de Darmstadt; 2,550 hab. Murailles, tours, bastions. Ancienne abbaye de Bénédictins (fondée par Eginhard et Emma , fille de Charlemagne , et dont la belle église contient leurs tombeaux, ainsi que celui de Giselle, sœur d’Emma).
SELIM I, le Féroce, sultan ottoman, fils de Bajazet II, né en 1467, régna de 1512 à 1520. Plein de courage et de fermeté, mais ambitieux, perfide et cruel , il détrôna et fit périr son père, ordonna la mort de plusieurs de ses frères, déclara la guerre au chah de Perse Ismaël, prince Chyite qui persécutait les Sunnites, le battit à Tcheldir ou Tchalderan (1514), soumit la Syrie (1516), et conquit l’Egypte , où il mit fin à la puissance des Mamelouks (1517). De dIus, le dernier des califes abbassides
SELK — 1638 — SEMÉ
lui céda le titre d’iman avec le pouvoir de calife, ce qui le mit au-dessus de tous les princes musulmans.
sÉLiM H, l’Ivrogne, fils de Soliman II, devint sultan en 1566. fit la guerre au pape, à Philippe II, roid’Esp., aux Vénit.,auq. il enleva Chypre en 1570, perdit en 1571 la grande bat. de Lépante, mais n’en réussit pas moins à reprendre Tunis aux Esp. dès 1573.
sélim ni, né vers 1761, monta sur le trône à la mort de son oncle Abdoul-Hamid (1789), soutint d’abord contre la Russie et l’Autriche une guerre désastreuse qui lui fit perdre Otchakov, et que termina la paix d’Iassi (1792), fit cause commune avec l’Angleterre quand Bonaparte envahit l’Egypte, conclut cependant la paix avec la France (1802), et depuis lors ne s’occupa plus que de réaliser son plan favori, l’abolition des coutumes turques et l’introduction de la civilisation européenne dans ses états. Ses mesures, trop brusques et souvent violentes, mécontentèrent le peuple et les janissaires : il fut, par une révolution subite, détrôné et relégué dans le sérail (1807) ; mais Mustapha Béiraktar ayant tenté de le rétablir, le nouveau sultan Mustapha IV fit étrangler ce malheureux prince (1808).
SELIMEH, oasis de Nubie, sur la route de la grande caravane de Darfour, par 27° 19’ long. E., 21° 14’ lat. N. Deux vallées, bonne eau, sel gemme.
SELIMNO, Selymnia, Islamdji des Turcs, ville de la Turquie d’Europe (Bulgarie), sur un affluent de la Tondja, à 110 kil. N. d’Andrinople ; 20,000 hab. Lainages communs, canons de fusils ; aux environs, rosiers en quantité (on tire de leurs fleurs l’huile essentielle de roses). Très grande foire. — Selimno commande le Demir-Kapou ou Porte-de-Fer, un des passages les plus importants des Balkhans. Elle fut prise par les Russes en 1829.
SEL1NO, Lissa, ville de l’île de Candie, ch.-l. de livah, à 55 kil. S. O. de la Cariée. Château-fort.
SELINONTE, Selinus, auj. Torre di Polluce? ville de Sicile, vers l’O., était colonie mégarienne. Elle formait un état particulier fort riche, mais souvent en guerre avec Ségeste, et par suite avec Carthage Détruite par les Carthaginois en 409 av. J.-C., elle fut relevée par Hermocrate (beau-frère de Denysle-Jeune), puis de nouveau détruite en 249 av. J.-C. Il en reste des ruines magnifiques, qu’on voit au S. de Pilieri. — Près de Sélinonte, au S. O., était l'hermœ Selinuntinœ, auj. Sciacca.
Sélinonte, Selinus ou Trajanopohs, auj. Selinti, ville de l’Asie-Mineure (Cilicie) , au N. O. d’Antioche, à l’omboueh. du fl. Selinus. Trajan y mourut.
SELINTI (cap), dans la Turquie d’Asie, sur la Méditerranée, à 40 kil. S. E. d’Alaya, par 36° 11’ lat. N., 30° 1’ long. E. Ruines de Sélinonte.
SÉL1S (Nic.-Jos.), homme de lettres, né à Paris en 1737, mort en 1802, fut professeur d’éloquence au collège de Louis-le-Grand, de belles-lettres à l’école centrale du Panthéon, de poésie latine au collège de France, en remplacement de Delille. lia <aissé, entre autres ouvrages, une traduction en prose de Perse (Paris, 1776 et 1812, in-8), et des É pitres
SELF“*K, ville d’Ecosse, ch.-l. du comté de Selkirk, « *6 kil. d’Edimbourg; 2,900 hab. Bibliothèque. Bonneterie, rubans de fil, filage de laine, etc. Il s’y livra en 1645 une bataille dans laquelle le général des troupes parlementaires, Lesly, défit le comte de Montrose. Les Anglais brûlèrent Selkirk après la bataille de Flodden (1513). — Le comté de Selkirk, situé entre ceux de Roxburg à l’E., de DumfrieB au S,, de Peebles à l’O., a 45 kil. 6ur 22, et 6,800 hab. Mont, et forêts (jadis le pays n’était qu’une énorme forêt). Pâturages. Peu d’industrie.
SELKIRK (Alexandre), marin écossais, de Lasgo (comté de File), né vers 1680, fut abandonné par le commandant Pradling dans 1 île déserte de Juan-Fer¬
nandez, et y vécut quatre ans et demi à force d’industrie. Au bout de ce temps, il fut ramené par Woods Rogers en 1709. Son aventure a fourni à Daniel de Foë le sujet de Robinson Crusoé.
SELLASIE, Sellasia, ville de Laconie, sur le Gorgyle, au N. de Sparte, fameuse par la victoire d’Antigone Doson et des Achéens sur Cléomène et les Lacédémoniens en 222 av. J.-G. Cette victoire soumit Sparte à la Macédoine.
SELLES-SUR-CHER, ch.-l. de cant. (Loir-et- Cher), à 17 kil. S. O. de Romorantin; 4,218 hab. Jadis abbaye de Feuillants fondée par Childebert. Château bâti par Philippe de Béthune, père de Sully. SELLIÈRES. V. SCELLIÈRES etROMILLY-SUR-SEINE. SELLUM, officier juif, tua Zacharie, roi d’Israël (766), et se plaça sur le trône; mais il fut luimême mis à mort un mois après par Manahem.
SÊLOMMES, ch.-l. de cant. (Loir-gt-Cher), à 11 kil. E. de Vendôme ; 800 hab.
SELONGEY, ch.-l. de cant. (Côte-d’Or), sur la Venelle, à 34 kil. N. de Dijon; 1,675 hab. Chapeaux, droguets, étaux en fonte, eau-de-vie de pommes de terre ; mégisseries, etc.
SELSEA ou SELSEY, village d’Angleterre (Sussex), dans une presqu’île, à 11 kil. S. de Chichester; 800 hab. Jadis important et siège d’un évêché (transféré à Chichester en 1075) : la mer l’a envahi. SELTERS. Voy. ci-après seltz.
SELTZ ou NIEDER-SELTERS, Elizatium, village du duché de Nassau, à 41 kil. N. de Mayence ; 850 hab. Célèbres sources d’eaux gazeuses acidulées froides auxquelles on attribue des vertus digestives; elles s’expédient et s’imitent par toute l’Europe.
seltz, ch.-l. de cant. (Bas-Rhin), sur le Rhin, rive gauche, à 20 kil S. E. de Wissembourg; 2,283 hab. Il s’y trouve aussi des eaux minérales mousseuses et salées, mais elles sont moins renommées que les précédentes.
SÉLUNE, riv. de France (Manche), naît aux environs de Barenton , dans l’awr. de Mortain , coule à 1 O. N. O. et se jette dans la baie du mont Saint-Michel, après 80 kil. de cours. Elle reçoit le Beuvron et la Sée.
SEL VA, Sylva Constanliniana, ville d’Espagne (Barcelone), à 16 kil. N. O. de Tarragone ; 4,200 hab. Une autre Selva est dans l’île de Majorque, au centre de l’île. Puits de neige célèbre.
SELYMBRIE, auj. Silivri, ville de Thrace, au S. E., sur la Proponlide, entre Héraclée et Byzance.
SEM , village du départ, de l’Ariége , à 12 kil. S- t)* de Tarascon ; 300 hab. Riches mines de fer dans la montagne de Rancié qui est voisine. sem, riv. de Russie. Voy. séim.
SEM, fils aîné de Noé, eut l’Asie pour habitation lorsque les 3 frères se partagèrent le globe et s’y établit avec sa postérité, il eut 5 fils (Elam, Assur, Arphaxad, Lud, Aram), qui furent pères de grands peuples ; le 3% Arphaxad, compte Abraham dans sa descendance.^ Sem avait vécu 600 ans, de 3408 à 2808 av. J.-C. C’est de lui que viennent les noms de langues et de peuples sémitiques. Voy. ce mot.
SEMAO (île), dans l’archipel de la Sonde, sur la côte S. O. de l’ile Timor : 40 kil. sur 12 à 16.
SEMA-fHSIAN, historien chinois, dit le Père de l histoire, né \ers 145 av. J.-C., était historiographe de 1 empire. Il fut condamné à mort pour avoir pria a défense d’un général que l’on regardait comme raître , mais il obtint une commutation , et même finit par rentrer en grâce auprès de l’empereur. On a de lui un grand ouvrage , intitulé : See-Ki ( mémoires historiques sur la Chine), en 130 livres. SEMBLANÇAY. Voy. samblançay.
SEMBR1TES, peuple d’Ethiopie. Voy. Éthiopie. SGMEl , parent de Satil, insulta David pendant qu il fuyait devant Absalon révolté. Salomon, que David avait chargé de sa vengeance, le fit décapiter
SEMI — 163y — SEMO
■SÉMËLÊ , une des filles de Cadmus et d’Harmonie, fut aimée de Jupiter, qui la rendit enceinte de Bacchu3. Junon, jalouse, s’introduisit auprès de Sémélé sous les traits de Béroë, sa nourrice, et lui conseilla perfidement d’exiger du dieu qu’il vînt la visiter dans tout l’éclat de sa gloire. Sémélé se laissa persuader , et détermina Jupiter à lui accorder sa demande ; mais à peine le Dieu fut-il entré dans son palais, que l’édifice s’embrâsa et Sémélé périt dans l’incendie : néanmoins Bacchus, qu’elle portait dans son sein, fut miraculeusement conservé ( Voy. bacchus ). Selon quelques traditions , elle fut transportée aux cieux par son fils, sous le nom de Thyonée. La couronne d’Ariadne est nommée souvent couronne de Sémélé. Dans quelques mystères, on faisait de Sémélé une divinité des enfers, ou même une des grandes déesses de l’Olympe.
SEMENDRAKI, l’anc. Samoihrace , île de l’Archipel, sur la côte de la Roumélie, au N. O. de l’île d’imbro , est comprise dans le sandjakat de Gallipoli. Quelques villages ; ruines. Voy. samothrace.
SËMENDRIE , c.-à-d. Saint-André , capit. de la Servie, sur le Danube, à 40 kil. S. E. de Belgrade; 11,000 hab. Résidence du prince, de l’archevêque et du gouvernement. Château. — Jadis résidence des rois de Servie. Prise et reprise par les Hongrois et les Turcs ; elle resta définitivement aux derniers (1718), qui la conservèrent jusqu’à la reconnaissance de l’indépendance de la Servie (1829).
SEMIGALLE , petit pays compris jadis dans le duché de Courlande , et auj. dans le gouv. russe de Courlande, avait pour ch.-l. Mittau, et se divisait en 2 capitaineries générales (Mittau, Seelbourg).
SEMINARA , Tauriana , ville du roy. de Naples (Calabre-Ult. 1") , à 4 kil. de la mer Tyrrhénienne , à 36 kil. N. E. de Reggio; 6,000 hab. Détruite par les Sarrasins au xi* siècle , renversée en 1638 et en 1738 par des tremblements de terre , mais mieux rebâtie depuis. — Les Français y battirent Gonzalve de Cordoue en 1495; celui-ci y prit sa revanche en 1503. Les Français y défirent, en 1807, les troupes de la reine de Naples, Caroline.
SÉM1NOLLES, peuple de l’Amérique. V. CREEES.
SEMIPELAGIAN1SME , hérésie professée au ye siècle parFausteetCassien. Ce qui la caractérise, c est la prétention deconcilier les opinions des Pélagiens avec celles des O rthodoxes sur la grâce et le péché originel.
SEMÏPOLATINSK , c.-à-d. les sept Palais , ville forte de la Russie d’Asie (Tomsk) , sur 1 Irtich , à 400 kil. S. O. de Biisk, fait partie de la ligne militaire de l’ Irtich ; 3,000 liab. Grand commerce par caravanes (avec la Boukharie, etc.).
SËM1RAM1S, reine d Assyrie , célèbre par son génie et sa beauté , avait d’abord été esclave. Menonès , général au service de Ninus, ayant reconnu ses hautes qualités, la prit pour épouse ; Ninus luimême en devint épris , et se la fit céder par Menonès. Sémiramis acquit bientôt sur ce prince un pouvoir sans bornes ; elle le suivit en Bactriane , et la prise de Bactres fut le fruit de ses conseils. Ninus alors l’épousa, et même, dit-on, abdiqua en sa faveur. Quoi qu’il en soit, Sémiramis lui succéda à sa mort (1916): elle agrandit, embellit, fortifia Babylone, construisit de larges quais couverts de jardins magnifiques, ainsi qu’un pont sur 1 Euphrate, une galerie sous le lit du fleuve, un lac pour la décharge fies eaux surabondantes. Maîtresse de 1 Arménie , elle y fit construire Artemita (Van), et y exécuta des travaux non moins magnifiques qu a Baby one. Elle soumit l’Arabie, l’Egypte, une partie de 1 Ethiopie et de la Libye, et toute l’Asie jusqu à 1 Indus ; mais elle éprouva une défaite sur les bords de ce fleuve, et ne poussa pas plus loin ses conquêtes. De retour dans sa capitale, elle eut à comprimer une sédition ; elle sortit aussitôt de son palais a demi parée, la chevelure en désordre , et à sa vue, tout rentra dans
l’ordre. Peu après elle expira , laissant le trône à son fils Ninyas, qui peut-être abrégea ses jours (1874). Elle avait fait fleurir dans son vaste royaume le commerce et la civilisation. Les Assyriens adoraient Sémiramis comme une déesse, et la disaient fille de leur fameuse Dercéto, ou même l’identifiaient avec cette divinité ; on racontait qu’elle avait été élevée par des colombes (son nom même voulait dire colombe). 11 règne les plus grandes incertitudes sur l’époque et l’histoire de Sémiramis. Certaines traditions l’accusent du meurtre de son époux et d’un commerce incestueux avec son fils. Quelques savants la placent dans le xn« ou même dans le vm* siècle av. J. -G. Il est croyable que les actions attribuées à Sémiramis appartiennent à diverses princesses.
SÉMITIQUES (langues) , nom donné à une famille de langues, parlées surtout par les peuples de l’Asie occidentale, en qui la Bible nous montre la postérité de Sem. L’arabe ancien en est le type ; l’hébreu, le syriaque, le phénicien (tant de la Phénicie que de Carthage), le chaldéen, et peut-être l’ancien égyptien , et le copte qui dérive de ce dernier, en sont les idiomes principaux. Ces idiomes diffèrent fortement soit des langues samscrite et zend , ainsi que de celles qui en dérivent ; soit des langues caucasiennes, dont l’arménien est le type; soit enfin des langues turques. Leurs principaux caractères sont l’absence de voyelles dans l’écriture usuelle, la racine trilittérale, et l’emploi des affixes et préfixes. On les écrit de droite à gauche.
SEMLER (J. -Salomon), théologien protestant, né à Saalfed en 1725 , mort en 1791, professa l’éloquence à Altdorf , puis la théologie à l’université de Halle, et adopta un système hardi d’exégèse, qui réduit le christianisme à une doctrine purement humaine. On a de lui, entre autres écrits : Introduction à l’exégèse théologique ( allem. ) , Halle , 1760-69 ; Institutio ad doctrinam christianam, 1774.
SEMLIN, Malaville au moyen âge, ville des Etats; autrichiens (Esclavonie) , sur le Danube , près du confluent de la Save , à 63 kil. S. E. de Petervaradin et 4 kil. N. O. de Belgrade ; 8,500 hab. Résidence d’un protopape. Ecole juive (la seule de l’Esclavonie). Commerce actif surtout avec l’Autriche et la Turquie. — Cette ville fut fondée, en 1739, sur l’emplacement d’un château de Jean Hunyad.
SEMNONES , peuple de la Germanie , appartenant à la race des Ilermions ou Suèves , habitait entre l’Elbe et l’Oder, et avait au N. les LangobardB et les Nuithons, et au S. les Silingiens.
SEMO , dieu sabin ou samnite , passe ordinairement pour le même que Sancus. On l’a aussi assimilé à Hercule.
SEMONES ( Semi homines , demi hommes). On désignait quelquefois sous ce nom les dieux inférieurs, tels que les Faunes, les Satyres, Priape, Janus, Pan, Silène, et quelques héros.
SËMONYILLE (Ch.-Louis hupuet, marquis de), pair de France, fils de Huguet de Montaran, secrétaire du roi , né en 1754, mort en 1839, entra au parlement comme conseiller aux enquêtes en 1777, fut chargé sous la république de plusieurs missions et ambassades à l’étranger, fut arrêté en 1793 par ordre du gouvernement autrichien, pendant qu’il se rendait à Constantinople comme ambassadeur, et fut échangé en 1795, ainsique plusieurs autres conventionnels, contre la fille de Louis XVI, Au 18 brumaire il se déclara pour Bonaparte : il fut par suite nommé conseiller d’état, ambassadeur en Hollande, et entra bientôt après au sénat conservateur (1805). En 1814, il fut nommé pair de France, et reçut le premier le titre de grand référendaire de la Chambre des pairs. Le 29 juillet 1830 il se rendit aux Tuileries ét essaya vainement d’engager le ministres à donner leur démission ; Charles X , voyant sa cause perdue , le chargea, mais trop tard