SIAM
réalise de Saint-Paul, et confisqua sea grands biens (1483). La tradition ajoute qu’elle mourut de faim, mais il paraît qu’elle vécut jusqu’au règne de Henri VIII. Ses malheurs ont été mis sur la scène anglaise par Rowe, et sur la scène française par MM. Liadières et Lemercier.
SHOREHAM (new-), ville d’Angleterre (Sussex), à 26 kil. N. O. de New-Haven; 900 hab. Port peu commode sur la Manche. C’est là que débarqua le Saxon Ella lorsqu’il vint s’établir en Angleterre. — Près de New-Shoreham et à 2 kil. de la Manche est Old-Shoreham, jadis ville, auj. pauvre village.
SHREWSBURY, Uriconium des lat., Pengwerne des anciens Bretons, ville d’Angleterre, ch.-l. du comté de Shrop, sur la Severn, à 231 kil. N. O. de Londres; 20,600 hab. Plusieurs édifices remarquables (théâtre, collégiale de Saint-Alkmund, monument dit Quarries ; marché, filature de 111, fonderie de fer ; manufacture pour donner la dernière façon aux flanelles de Galles; brasseries. Lard et gâteaux renommés. Grand commerce avec le pays de Galles. — Ville ancienne, fondée par les Bretons au v* siècle, et d’abord capit. des princes de Powis; prise ensuite par les Saxons et longtemps importante comme poste militaire. Aux environs se livra la bataille de Shrewsbury (1403), où se signala Henri V , encore prince de Galles, et où périt le brave Hotspear. Les troupes du parlement la prirent en 1646.
SHREWSBURY (talbot , duc de). Voy. talbot.
SHROP ou SALOP (comté de), comté d’Angleterre, entre ceux de Chester au N., de Stafford à l’E., de Worcester et d’Hereford au S., et le pays de Galles à l’O. et au N. O. : 70 kil. du N. au S., sur 47; 3,600 kil. carr. ; 240,000 hab. Ch.-l., Shrewsbury. Montagnes, sol très varié; beaucoup de grains, houille en immense quantité.
SIAGRIUS. Voy. syagrius.
S1AK, ville de l’île de Sumatra, capit. de l’état de Siak, sur le Siak , à 260 kil. de son embouchure, par 99° 50’ long. E., 0° 30’ lat. N.; résidence du radjah. — L’état de Siak , borné au N. E. par le détroit de Sumatra, était jadis beaucoup plus étendu, et avait 600 kil. sur 160. Il était aussi très commerçant et puissant; il est auj. désolé par l’anarchie.
SIAM, dite aussi Voudra, Juthia et Douaraouaddi, ville (jadis capitale) du roy. de Siam, dans une île du Ménani, par 98° 9’ long. E., 14° 46’ lat. N., à 70 kil. N. de Bankok (capitale actuelle) ; env. 100,000 hab. Murs en briques , flanqués de tours ; canaux. Ruines nombreuses. — Dévastée en 1766 par les Birmans ; très grande , très belle avant ce temps.
siam (Roy. de), ou royaume de Thaï , un des trois grands états de l’Indo-Chine, a pour bornes au N. le Yun-nan (en Chine), à l’E. le Laos et le Cambodje annamitiques, à l’O. le golfe de Bengale, au S. les états indépendants de Malacca, le golfe de Siam et la mer de la Chine ; il s’étend de 96° à 102° long. È., de 12° à 2t° lat. N., et a 1,400 kil. du S. au N. sur 300 de largeur moyenne. Population, près de 3,000,000 d’habitans. Capitale, Bankok (c’était jadis Siam). Division , 4 régions : le roy. de Siam proprement dit, le Laos Siamois, leCambodje Siamois, le Malacca Siamois. 11 faut y joindre l’île de Djonkseylon. Le roy. de Siam a de longues et hautes chaînes de montagnes, entre lesquelles coulent deux grands fleuves, le Salouen et ie Menam-Kong. Les rives de ce dernier sont bien cultivées , le reste est presque tout en friche ; le sol pourtant est très fertile. D’immenses forêts hérissent le pays et serventd’asile aux tigres , lynx, singes, éléphants (parmi ceux-ci s’en trouvent de blancs, que les Siamois vénèrent comme des dieux). Les produits du sol consistent en riz, sucre, coton, poivre, tabac, bétel, laque , etc. L’industrie est très bornée. Le commerce est aux mains des Chinois. L’Europe y importe des draus, des armes à feu. de la verrerie, |
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etc. Le gouvernement est le despotisme le plus complet. La religion dominante est le bouddhisme : Boud? dha y est représenté par un éléphant blanc. Le chris* tianisme y a quelques partisans, mais il est vu avec dé* fiance et persécuté. — Le roy. de Siam a été tributaire des Birmans; mais en 1768 , il a recouvré l’indépendance sous Piatak , qui conquit le Youngama, le Cambodje Siamois et la partie de Malacca qui est encore auj. sujette de Siam ; ses successeurs ont marché sur ses traces. Dans le xvn® siècle, des relations avaient commencé entre la France et le roy. de Siam; des ambassadeurs siamois avaient même été envoyés à la cour de Louis XIV en 1680, à l’instigation d’un aventurier grec, nommé Constantin Phalcon, qui était devenu le favori du roi de Siam ; ces relations ont été renouées en 1856.
siam (golfe de), golfe formé par la mer de Chine, entre le roy. de Siam au N. et à l’O., et l’empire d’Annam à l’E. Il reçoit le Ménam.
Sl’AN, ville de Chine. Voy. si-ngan.
SIANG-YANG, ville de Chine (Hou-pé), par 32* 6’ lat. N., 109° 46’ long. E.; ch.-l. de dép. Commerce d’or, de pierre d’azur, de vitriol et de couleurs.
SIBEJ1ENA, nom latin de santà-severinà.
SIBERIE, vaste région d’Asie, qui compose à elle seule presque toute la Russie d’Asie, a pour bornes à l’O. la Russie d Europe , à l’E. le Grand Océan , au N. l’Océan Glacial Arctique, au S. le Turkestan indépendant et l’Empire chinois, et va de 62° long. E. à 173° long. O., et de 44° à 76° lat. N. ; elle peut avoir 7,000 kil. en ligne droite de l’E. à l’O., sur 1,760 du N. au S. V. princ.,Tobolsk. (Pour les divisions, Voy. Russie d’asie). Très vastes systèmes de montagnes, surtout au S. (grand et petit Altaï, monts Daouriens, Stanovoï, etc.). Grands fleuves : l’Obi (avec l’Irtychc, son affluent), la Léna, l’Iénissei, ie Khatanga, etc. Grands lacs (Baïkal, Palkacha, Alaktougoul , etc.). Froid extrême, insupportable. Riches ruines d’or, cuivre, fer, pierres précieuses, platine, etc. Sol stérile, sauf au sud ; steppes immenses, peu d’habitations , au plus 2,000,000 d’habitants (presque tous de race tartare). La Sibérie sert au gouvernement russe de lieu d’exil ; on y envoie tous les ans 3 ou 4 mille criminels, — La Sibérie, dont le nom rappelle les Sabires ou Sévériens ( V. sévérie), for ma dès le xme s. un khanat, fondé v. 1242 par les Tatars, et qui eut pour cap. Sibir. Les Russes ne connurent la Sibérie qu'en 1680, époque à laquelle le cosaque iermak en commença la conquête pour Ivan IV, et s’empara de ia ville d’isker ou Sibir, capitale du principal khan de ces contrées, et dont le nom, dit-on, aurait été dans la suite étendu à tout le pays. Toutefois, il est certain que les républiques commerçantes de Novogorod et de Vialka, aux xiv* et xv* siècles , avaient des relations au moins avec la Sibérie occid.
SIBÉRIE (nouvelle-) ou îles liaikhov, dans l’Océan Glacial Arctique , par 71°-74° lat. N. , et entre 131° et 153° long. E., sur la côte N. de la Sibérie; 49,000 kil. carrés; 3 îles principales, Kotelnoï, Fadevskoï, Alrikanskoï. Froid glacial ; souvent toute la mer, entre la côte et les îles , est prise. Us de cétacés , mammouths , etc. ; vastes couches de bois pétrifié. Pas d’habitants. — Ces îles n’ont été découvertes qu’au commencement du xvm* siècle. On a cru à tort qu’elles pouvaient faire partie de l’Amérique.
SIBIR ou ISKER, anc. v. d’Asie, sur l’irtyche, non loin du lieu où fut bâtie depuis la v. de Tobolsk, était capit. de la princip. de Touran ; elle fut prise, en 1581, par le cosaque lermak pour les Russes. On croit que celle ville a donné son nom à la Sibérie.
S1BTHORP (J.), botaniste anglais, né en 1758, mort en 1796, professa la botanique à l’université d’Oxford (1784, etc.), parcourut, dans un premier voyage, l’Archipel, Candie, Chypre, la Livadie, la Thessalie, la Macédoine, les côtes de l’Asie-Mineure (1787, etc.), et, d«taé un second, la M<vNh, Gépha-
SiGA — 1659 — SICI
Ionie, Zan te, l’Albanie, etc. (1794), revint avec de riches collections en Angleterre, et en mourant légua des fonds à l’université d’Oxford pour publier sa Flora grœca, 10 vol. in-fol., chacun avec 100 fig.
SIBYLLE , fille d’Arnauri I , roi de Jérusalem , épousa d’abord Guillaume, dit Longue-Epée , marquis de Montferrai, dont elle eut un fils appelé Baudouin, qui fut couronné roi de Jérusalem en 1185, bous le nom de Baudouin Y; cet enfant étant mort au bout d’un an, elle épousa Guy de Lusignan, et le fit monter avec elle sur le trône de Jérusalem (1 186).
SIBYLLES, Sibyllœ (de sio pour theo , lheos , dieu, et vyll ou villa , ancien mol qui signifie prophétesse) , nom donné par les Grecs et les Romains à des femmes auxquelles ils attribuaient la connaissance de l’avenir et l’inspiration divine. On venait en foule les consulter ; elles rendaient leurs oracles en termes ambigus, ou les écrivaient sur des feuilles voyantes, qui souvent devenaient le jouet des vents. Les anc. ne sont pas d'accord sur leur nombre ; on en compte jusqu’à 10: celles d’Erythres (en Ionie), de Sardes, de Samos, de Cumes(en Italie), de Perse (dite aussi de Babylone ou de Chaldée)/de Libye, de Phrygie, de l’HcIîespont, de Delphes, de Tibur; on parle encore d’une sibylle cimmérienne et d’une sibylle de Troie. Les plus célèbres étaient celle d’Erythres et celle de Cumes. On contait que cette dernière, à laquelle on donne les différents noms de Démophile, Hérophile, Manto, Amalthée, etc., vint à Rome du temps de Tarquin l’Ancien, et lui vendit des livres qui renfermaient tout l’avenir de Rome (livres sibyllins), que ce prince les déposa au Capitole, et en confia la garde à deux prêtres nommés duumvirs, dont le nombre fut depuis porté klb[quindecemvirs). On consultait ces livres dans les occasions Importantes, et on y trouvait toujours, dit-on, d’utiles révélations. Les livres sibyllins furent brûlés dans un incendie du Capitole, qui eut lieu un an avant la dictature de Sylla. Le sénat envoya aussitôt dans les villes de l’Italie et de la Grèce pour recueillir les prédictions des sibylles qu’on pourrait y trouver, et on en fit un nouveau recueil ; mais cela donna l’occasion d’en fabriquer un grand nombre, et dès lors les livres sibyllins tombèrent dans le discrédit. Ce dernier recueil fut brûlé en 399 par Stilicon, général d’Honorius. Nous avons encore aujourd’hui un recueil de vers grecs, sous le titre d 'Oracles sibyllins ; on y prédit dans le plus grand détail, non seulement les destinées de Rome, mais même les principaux événements de la vie du Christ; c’est évidemment un livre supposé. Les Oracles sibyllins ont été publiés, d’abord par Betuleius (ou Birken) en 1545; puis par Seb. Castalio (Chateillon) en 1555, par Opsopæus, Paris, 1599; par Servatius Gallæus, Amst., 1689. M. Angelo Mai a publié de nouveaux fragments en 1817 et en 1828; M. Alexandre a donné le texte grec complet, avectraduct. en vers latins et commentaire, Paris, 1841-57, 2 vol. in-8. M. Friedlieb Inégalement publié en 1853 à Leipsick, avec traduction allemande.
SICAMBRES, Sicambri, peuple de Germanie, habitait près de la rive droite du Rhin et au N. de la Lippe; il s’étendit ensuite jusqu’au Visurgis ou s’y transporta, quittant les rives du Rhin, lirusus les battit, puis en établit des corps entiers dans la Gaule occid. Au me s. , ils se mêlèrent aux Francs.
S1CARD (Ie P.), jésuite, né en 1677 à Aubagne, parcourut la Syrie, 1706, puis l’Egypte, apprit l’arabe, visita les monuments, mais mourut de la peste au milieu de ses travaux (1726). On lui doit d’intéressantes observations (dans les Lettres édifiantes ).
SICARD (l’abbé) , instituteur des sourds-muets , é en 1742 à Fousseret, près de Toulouse , mort en 1822, reçut les ordres à Toulouse , fut envoyé à Paris par l’archevêque de Bordeaux pour étudier la méthode de l’abbé de l’Epée , dirigea à sün retour une école de sourds-muets à Bordeaux, rem¬
plaça, en 1790, 1 abbé de l’Epée à Paris, se vit arreté comme royaliste et faillit être massacré aux journées de septembre 1792, fut nommé, en 1795, professeur de grammaire générale à l’Ecole normale, fut proscrit par le Directoire au 18 fructidor comme rédacteur des Annales catholiques , reprit ses fonctions auprès des sourds-muets après le 18 brumaire, et entra à l’Institut (1799). Il ne cessa depuis cette époque de consacrer tous ses soins à ses intéressants élèves. D’un caractère simple et facile , il fut dans sa vieillesse dupe d’intrigants qui le dépouillèrent et le réduisirent à une grande gêne. On a de lui, entre autres écrits : Mémoires sur Van d'instruire les sourds de naissance (1789); Eléments de grammaire générale ( 1799 ); Cours d’instruction d’un sourd-muet (1800); Théorie des signes pour l’instruction des sourds-muets (1808). Ses ouvrages sont en général écrits avec diffusion. Fort vantés dans le temps, ils sont peu lus aujourd’hui.
SICCA-YENEREA, auj. el Kef , ville de Numidie, à l’E., près du Bagradas, entre Zama au S. et Madaure à l’O. Marius battit Jugurtha près de cette ville (109 av. J. -G.).
S1CELEG, ville de Palestine (Siméon), fut donnée par le roi de Getli à David pour asile pendant que ce dernier fuyait la persécution de Saül.
SICHÉE, mari de Didon. Voy. didon.
SICHEM, ensuite néapolis, auj. ISaplouse , ville de Palestine, dans la Samarie (d’abord dans la tribu d’Ephraïm) au N. , près du mont Garizim. Jadis elle avait formé un petit état ; les fils de Jacob en tuèrent tous les habitants, parce que Dina, leur sœur, avait été insultée par les Sichemites. Abimélech, fils de Gédéon, la ravagea ensuite. Plus lard, les dix tribus se révoltèrent à Sicliem contre Roboam , et celle ville fut la première capitale du roy. d’Israël. C’est la patrie de saint Justin.
SICILE, Sicilia , Sicania , Trinacria, la plus grande île de la Méditerranée, à la pointe de l’Italie, dont elle n’est séparée que par un détroit d’environ 30 kil. (le détroit de Messine), par 10°-13° long. E., et 36° 36’-38° 15’ lat. N. : 300 kil. de l’E. à l’O. sur une largeur de 50 à 190; 27,000 kil. carrés; 1,900,000 hab. Capit., Palerme. Depuis 1815, elle est divisée en sept intendances (Palerme , Messine, Gatane, Syracuse, Calalanisetta, Girgenti, Trapani). Elle se divisait autrefois en trois parties (val di Demona, val di Mazzara, val di Nolo). Cette île est remarquable par sa forme triangulaire, et est terminée à chaque angle par un cap (Passaro, Faro, Boeo des modernes, Pachynum, Pelorum, Lilybœum des anciens), d’où lui est venu son nom de Trinacria (aux 3 caps). Aux env., deux archipels (Lipari au N., Egates à l’O.). Montagnes , dont la principale est l’Etna, si célèbre par ses éruptions volcaniques ; superbes vallées. Rivières nombreuses (Giaretta, Salso, Platani , Calatabellota, Termini, Fiùme-Grande, etc.). Chaleurs extrêmes, sauf dans les mont.; climat sain, pur ; sol très fertile (on appelait la Sicile le grenier du peuple romain) , mais la eulture est négligée. Abeilles qui donnent un miel exquis (au mont llybla ) ; soie, coton, 6ucre, safran. Fer, cuivre, soufre (en abondance), plomb, alun, porphyre ; sources minérales et thermales. Indust. peu active. Le conim. intérieur est faible; lecomm. extérieur est aux mains des étrangers. — La Sicile paraît avoir fait originairement partie de l’Italie. Elle eut pour premiers habitants des Pélasges, dits Siculetb et Sicanes; la mythologie y place les Cyclopes e$ les Lestrygons. A partir du xi* siècle av. J.-C., mai* surtout depuis le vme, il y vint le nombreuses co-* lonies grecques, tant doriennes qu’ioniennes : Syracuse, Agrigente, Sélinonte, Catane sont les plus célèbres; les indigènes furent refoulés vers les mont, de l’intérieur. Les villes grecques parvinrent bientôt à une grande prospérité, mais elles furent en
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proie à beaucoup de révolutions intérieures, ayant tantôt des tyrans, tantôt un gouvernement républicain. Les tyrans les plus fameux furent Phalaris et Théron dans Agrigente ; Gélon, Hiéron, les deux Deny3 à Syraeuse. En 415, Athènes entreprit la conquête de la Sicile, mais elle échoua honteusement devant Syracuse (413). Les Carthaginois ensuite envahirent ce pays. Denys-le-Tyran , Agathocle, et plus tard Pyrrhus, ne retardèrent qu’un instant leurs progrès; ils possédaient déjà la partie occidentale et allaient faire la conquête de toute l’île, quand Rome vint la leur disputer (266). La lre guerre punique valut à cette dernière toute la partie que possédaient les Carthaginois (241); la 2* guerre punique lui donna le reste (212). La Sicile eut à subir, de 73 à 71, les brigandages de Verrès. De 44 à 36, elle fut le siège de la puissance de Sextus Pompée. Après cinq siècles de paix, elle fut envahie par les Vandales, 440, par les Goths,493. Bélisaire la reprit en 535 et en fit la base de ses opérations contre l’Italie. Les Aglabites y mirent le pied en 827 et en ravirent la plus grande partie aux Grecs ; les Fatimites leur succédèrent. Mais, de 1058 à 1090, Roger-le-Normand chassa les Grecs et les Arabes, et prit le litre de grand-comte de Sicile. L’île devint partie du roy. normand des Deux-Siciles au siècle suivant, en 11 30, mais elle en fut détachée à diverses reprises , et forma alors un état à part sous le titre de roy. de Sicile. Voy. ci-après.
SIC1LES (royaume des deux-), un des étals méridionaux de l’Europe actuelle, entre 36® 37 -42° 54’ lat. N. , et 10° 8’-16° 9’ long. E., borné au N. par les Etats de l’Eglise, partout ailleurs par la Méditerranée, est formé de deux parties distinctes: le roy. de Naples, et la Sicile, qui sont séparées par le détroit de Messine, et que l’on désigne officiellement par les dénominations de Domaines en deçà et Domaines au delà du détroit. Il a pour capit. Naples, et compte de 7 à 8,000,000 d’hab. Tout le roy. est divisé en 22 prov., savoir : 15 pour le roy. de Naples, 7 pour la Sicile (pour ces divisions et pour les détails sur chacun des deux pays, Voy. les articles naples et sicile). — Naples et la Sicile ont été alternativement séparés et réunis. Une première réunion eut lieu en 1130 sous les princes normands, quand Roger II, fils de Roger I, eut joint au grandcomté de Sicile le duché de Pouilie, le comté d’Averse , Gaëte, Naples, Amalû. Ces divers états reçurent dès lors en commun le nom de Royaume des Deux-Siciles. Roger lise reconnut vassal du pape; sa postérité se distingua également par son attachement au Saint-Siège ; mais elle s’éteignit dans les mâles en 1194 , et la couronne passa , par suite du mariage de l’héritière Constance avec l’empereur Henri VI, dans la maison des Hohenstaufen. Ceux-ci se déclarèrent ennemis des papes ; mais ils finirent par succomber. Conradin, le dernier d’entre eux, périt sur l’échafaud en 1268. Dès 1266, une autre maison, la 1T* maison d’Anjou, occupait le trône; mais en 1282, les fameuses Vêpres Siciliennes furent le signal d’un soulèvement en Sicile , et les deux royaumes furent séparés. Les princes d'Anjou gardèrent Naples ; la maison d’Aragon obtint la Sicile. Après diverses révolutions, Alphonse V d’Aragon réussit, en dépit de la 2* maison d’Anjou, qui lui disputait Naples, à opérer la réunion des 2 couronnes et ressuscita le roy. des Deux-Siciles ( 1435-1458 ). Mais dès sa mort, il y eut de nouveau séparation 11458), et une ligne bâtarde de la maison d’Aragon eut Naples, tandis que la ligne légitime gardait la Sicile. Enfin, en 1504, Ferdinand-le-Catholique réunit encore les deux royaumes, et cette fois l’union dura jusqu’à l’extinction de la maison d’Autriche- Espagne. La paix d'Utrecht (1713) donna la Sicile à v ictor-Amédée , duc de Savoie, tandis que Naples passait à l’Autriche avec la Sardaigne. Mai* dès 1720,
Victor-Amédée échangeait la Sicile contre la Sardaigne, et les Deux-Siciles furent de nouveau réunies, d’abord en faveur de l’Autriche (l’721), ensuite en faveur de la branche puînée de la ligne de la maison de Bourbon régnant en Espagne (1725). Cette branche ayant été appelée au trône d’Espagne en 1759, un rameau cadet de la branche eut le roy. des Deux-Siciles : cette maison l’a gardé jusqu’à la conquête française (1806-1815). Pendant cette période, le frère de Napoléon, Joseph (1806-8), puis Joachim Murat, régnèrent à Naples , tandis que la Sicile gardait son roi Ferdinand IV. Des troubles ayant éclaté en Sicile en 1810, ce dernier prince ne conserva sa couronne que grâce à l’intervention anglaise, et en accordant aux Siciliens une constitution libérale (1812). Redevenu maître des Deux-Siciles en 1815, Ferdinand abolit la constitution de 1812, et relira à la Sicile tous ses privilèges. Par suite, une double révolution éclata à la fois à Païenne et à Naples (1820). Comprimée aussitôt par l’Autriche, elle éclata de nouveau en 1848. Réduite en 1849, la Sicile réussit enfin en 1860 à secouer le joug.
Souverains des Deux-Siciles depuis 1043.