TARE — 1733 — TARN
César et fut florissante sous les Romains. Elle fut souvent prise et pillée au moyen âge ; elle souffrit beaucoup des guerres civiles religieuses au xvi* siècle. C’était la capitale du comté de Bigorre. Patrie de Barrère, cél. conventionnel. — L’arrondissement de Tarbes a 11 cant. (Castelnau de Magnoac, Gallan, Maubourguet, Ossun, Pouy-Astruc, Rabasteins, Tournay, Trie, Vic-en-Bigorre, Tarbes, qui compte pour deux), 197 communes et 110,542 hab.
TARDENOIS, ancien petit pays de France, dans le Soissonnais (Ile-de-France), auj. compris dans le dép. de l’Aisne, avait pour ch.-l. la Fère-en-Tardenois.
TARDETS, ch.-l. de cant. ( Basses- Py rénées) , à 15 kil. S. de Mauléon ; 526 hab.
TARDIEU (M. et M,me) , couple fameux, célèbre au xvii* siècle par son avarice. Le mari était lieutenant-criminel de Paris. Les deux époux jouissaient d’une grande fortune , et ils rivalisaient de lésinerie. Ils furent assassinés par des voleurs en 1665. Boileau, dans sa 10e satire, a pris la femme pour type de la femme sordide.
tardieu, famille célèbre dans la gravure. Le premier artiste connu de cette famille est H.-Nicolas (1674-1749), élève d’Audran ; il fut reçu à l’Académie en 1716. — Son (ils J.-Nicolas et son neveu P.-François se sont également distingués, et ont transmis leur talent à Ant.-Franç. Tardieu (1757— 1822), et à Alexandre Tardieu (1758-1844).
TARD-VENUS , compagnies de brigands qui se formèrent en F rance après la paix de Brétigny (1360). Elles se composaient île gens de guerre licenciés et d’une foule de vagabonds de tous pays, puis d’hommes ruinés qui se joignirent à eux. Les Tard-Venus promenèrent leurs ravages dans plusieurs provinces, qui, pour éviter une ruine totale , furent obligées de se racheter par des contributions de guerre. Ils défirent, en 1361, à Brignais, l’armée du roi Jean II, commandée par Jacques de la Marche, prirent Pont- Saint-Esprit, et firent trembler Urbain V dans Avignon. Enfin, le margrave de Montferrat, moyennant 60,000 florins d'or que lui donna le pape, en prit une forte partie à sa solde et les disciplina.
TARENTE, Tarentum en latin, Tarenio en ital., ville du royaume de Naples (Terre d’Otrante) , au fond du golfe de Tarente, à 100 kil. N. O. de Lecce; 18,500 hab. Evêché; citadelle, vieux châteaufort, cathédrale remarquable, etc. Peu d’industrie, petit commerce, pêche active, coqu^lages précieux (le murex , la pinne-marine). Aux environs, soie végétale. La tarentule , espèce de grosse araignée qui se trouve dans ce pays, doit son nom à cette ville. — Tarente est très ancienne; elle fut fondée par des Crélois, puis augmentée par Phalante à la tête des Parthéniens exilés de Sparte (vers 707); elle devint bientôt très prospère, industrieuse, commerçante, riche, mais aussi très corrompue. Après avoir pri3 une faible part à la guerre des Samnites, elle attaqua les Romains (282), puis appela Pyrrhus pour se défendre, mais fut prise par Papirius Cursor en 272. Annibal l’arracha au joug romain (215), mais Fabius Maximus la reprit (209). Tarente a toujours suivi depuis le sort de l lta ie méridionale. Lors de l’établissement des Normands à Naples, il y eut une principauté de Tarente, laquelle n eut que deux princes , tous deux du nom de Boémond. Le titre subsista’ sous les princes angevins, mais la principauté ne fut plus qu’un fief puissant. Quelques membres de la maison de la Trémoiile, qui se prétendait héritière des rois angevins de Naples, prirent le titre de princ.Üe Tarente. Pat. d’Archytas.
TARENTE (Golfe de), dans la mer Ionienne, sur la côte de l’Italie méridionale (roy. de Naples), doit son nom à la ville de Tarente, sur le côte N.; il a environ 140 kil. de l’E. à l’O. sur 109 de largeur.
TARÜNTE (princes de). Voy. louis, boémond. Voy. aussi i* trémoille.
TARENTE (MACDONALD, duc de). Voy. MACDONALD.
TARGET, avocat, né à Paris en 1733 , mort en 1806, avait acquis une grande célébrité au barreau, lorsqu’en 1789, il parut aux Etats-Généraux, mais ii eut peu de succès à la tribune. Choisi par Louis XVI pour être un de ses trois défenseurs, il déclina ce beau rôle. Pendant la Terreur, il fut secrétaire d’un comité révolutionnaire, dont, au reste, il parait qu’il tempéra beaucoup la rigueur. En 1798 , il fut nommé membre de la cour de cassai ion, et il y déploya des connaissances. Un a de lui divers écrits, tels que : Mémoire sur l'état des Protestants en France, 1797; Dos.. sur lecomm. des grains, Paris, 1776, in-12. Target avait été reçu à l’Académie franç. en 1785.
TARGON , ch.-l. de cant. (Gironde), a 25 kil. N. O. de la Réole ; 980 hab.
TARGOV1CE, ville de la Russie d’Europe (Kiev) , à 56 kil. S. E. d’Ouman. Elle a donné son noru à la célèbre confédération formée, le 14 mai 1792, par des seigneurs polonais partisans de la Russie, et qui avait pour objet le maintien de l'ancienne constitution de la Pologne. Celte confédération ne fit qu’augmenter l’anarchie et amena le second partage de la Pologne.
TARGUM , c.-à-d. exposition , explication , nom donné aux diverses paraphrases chaldaïques de l’Ancien Testament. Les plus remarquables de ces paraphrases sont celles d’Onkélos , de Jonathanben-Uziel, de Joseph -l’Aveugle, etc.
TARIF' ouTARlk (Ben-Zeyad), gén. arabe , gouverneur de la partie la plus occidentale de l’Afrique , sous les ordres de Mouça , envahit l Espagne (710) ; débarqua près du roc qui depuis prit de lui le nom de Gibraltar (Djibel-al-Tarik), au lieu nommé depuis Tarifa, battit les Wisigoths à Xérès, en 711, s’empara de la personne du roi Rodrigue, le tua, et envoya sa tête à Mouça ; prit Tolède, et s’apprêtait à compléter la soumission de l’Espagne, quand Mouça jàloux survint, et le mit en prison. Le calife Walid le fil remettre en liberté, mais las enfin des querelles sans cesse renaissantes entre Mouça et Tarik, il leur relira le commandement à tous deux. Tarik mourut dans l’obscurité.
TARIF'A, Julia Traducta ou Joza, ville d’Espagne (Cadix), sur le détroit de Gibraltar, à 40 kil. S. E. de Cadix ; 13,000 hab. : c’est la ville la plus méridionale de l’Europe continentale; château-fort et fortifications diverses, petit port, fanal; les meilleures oranges de l’Andalousie. Tarifa fut ainsi nommée du musulman Tarif ( Voy. ci-dessus). Prise aux Maures par Sanche, en 1290; assiégée par les Maures en 1340: Alphonse IV (de Portugal ) la délivra par une victoire qu’il remporta près de la ville, sur les bords du Rio- Salado. Les Français l’assiégèrent vainement en 1811 et 1812, mais la prirent en 1823.
TARIK, le même que tarif [Voy. ce nom).
TARKHOU , jadis Semender , ville de la Russie mérid. (Daghestan), à 150 kil. N. O. de Derbend; 12,000 hab. (presque tous Tartares). Château; résidence d’un khan. Commerce avec l’Iran et la Russie.
TARMA, ville du Pérou (Junin), jadis ch.-l. d’intendance, à 180 kil. E. de Lima, par 11° 36 lat. S., 77° 43’ long. O.; 10,000 hab. Mines de mercure, d’argent et d’antimoine.
TARN, Tarnis , riv. de France, sort du mont Lozère, dans le dép. de ce nom , court au S. 0., entre dans le dép. de l’Aveyron, arrose Milhau, Alby, Gaillac, Villemur, Montauban, Moissac, et tombe dans la Garonne, près de Mois. ac. Cours, 350 kil. Elle reçoit la Dourbie, le Dourdou , la Rance, l’Aveyron. Elle donne son nom aux dép. suivants :
tarn (dép. du], entre ceux de 1 Héraut au S. E., de l’Aveyron à FE. et au N. , de Tarn-et-Garonn e et de la Haute-Garonne à l’O. ; 346,614 hab. : 5,739 k.carr. Ch.-l. Alby. Forméde l’Albigeois (dan ? le Haut-Languedoc). Montagnes, surtout au N. et à
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î'E. Pas de canaux. Fer, plomb, manganèse, houille, marbre, pierre à plâtre, sable à faïence, à porcelaine, à verre, etc. Toutes les céréales, légumes, fruits, lin, chanvre , pastel , anis , coriandre, très bon3 vins ; vastes forêts ; pâturages ; gros bétail , beaucoup de bêtes à laine. Draps fins et autres, étoffes de soie, toile, chapeaux, liqueurs, confitures; filatures, teintureries, usines à fer, etc. — Ce dép. a 4 arr. (Alby, Gaillac, Castres, Lavaur), 35 cantons, et 327 communes; il appartient à la 12e division militaire, a une cour impér. â Toulouse, et un archevêché à Alby.
tàrn-ET-garonne (dép. de), entre ceux du Lot au N., de l’Aveyron au N. E., du Tarn à l’E. , de la II.- Garonne au S., du Gers au S. O., c.tdu Lot-et-Garonne au N. O.; 242,184 hab. ; 3,670 kil. carrés; ch.-l. , Montauban. Formé (en 180S) de parties du Bas- Quercy, du Haul-languedoe, de l’Agénois , de la Lomagne, de la Basse-Manche et du Rouergue, prises sur les dép. environnants. Coteaux entrecoupés de plaines. Fer, marbre, pierre de taille , pierre téguiaire, terre à potier. Toutes les céréales , melons, noix, truffes, châtaignes, lin, chanvre, navette, peu de bois ; beaux pâturages. Mules et mulets , gros bétail, porcs; volaille, abeilles, vers à soie ; gibier. Cadis et autres lainages, toiles, bas de soie, coutellerie , amidon , papeteries , teintureries , tanneries, etc. Grand commerce (avec l'Espagne et l’J lalie) en grains, farines, mulets, bestiaux, vins, eauxde-vie, laine, huile, safran, draps, cuirs, prunes et pruneaux , etc. — Ce dép. a 3 arr. ( Montauban , Moissac, Castelsarrazin), 24 cantons et 195 communes. Il appartient à la 12* division militaire ; a une cour impér. à Toulouse, et un évêché à Montauban.
TARNOPOL, ville de Gulicie , ch.-l. de cercle, sur le Sereth, à 110 kil. S. E. de Lemberg ; 7,500 hab. Grand commerce. — Le cercle de Tarnopol, borné au N. et à l’E. par la Russie , ailleurs par ceux de Sloczow, Brzezany, Czorlkow, a 95 kil. sur 60 , et 210,000 hab. Napoléon le fit céder à la Russie en 1809 ; il fut rendu à l’Autriche en 1814.
TARNOW , ville de Galicie , ch. - 1. de cercle, à 190 kil. O. de Lemberg; 4,300 hab. Evêché. — Le cercle de Tarnow est situé entre ceux de Rzeszow à TE., de Jasio au S., de Rochnia à l’O., et la Pologne russe au N. O. ; 100 kil. sur 50; 240,000 hab.
TARD, Tutus riv.de la haute Italie, sort des Apennins ( Gênes ) , coule au S. K., puis au N. E., entre dans le duché de Parme , et se jette dans le Pô, à 19 kil. N. O. de Torriœlle, après un cours de 110 kil. Sous l’empire français, ceite ville a donné son nom à un dép. dont Parme était , le clu-I. , et qui fut Jorhs^ en 1803 du duché de Panne et de Plaisance.
TAROÛANT, viliô de l'empire de Maroc, ch.-l. de la prov. deSus, à 200 kil. S. O. de Maroc; 10,000 hab. Tanneries; manteaux dits haïques , selles, salpêtre.
TARPE1A, fille de Sp, Tarpéïus, gouverneur de Home du temps de Romulus. Séduite par les Sabins, elle leur promit d’ouvrir le# portes de la ville à leur armée, à condition qu’ils lui donneraient ce qu’ils portaient au bras gauche : elle voulait parler de leurs bracelets d’or. Talius, roi des Sabins, y consentit; mais en entrant dans la ville, il jeta à Tarpeïa, non seulement son bracelet, ruais encore ie bouclier qu’il portait au môme bras. Il fut imité par ses soldats, de manière que la malheureuse Tarpeïa périt accablée sous le faix. Elle fut enterrée au mont Capitolin, dont une partie prit d’elle le nqra de Roche Tarpéïenne. — Depuis, ce fut du haut de cette roche que l’on précipita les criminels de haute trahison.
TARPEIEN (mont). Voy. capitolin et tarpeïa.
TARQUIN 1, dit vulgairement tarquin l’ancien,
Tarquinius Priscus , 5* roi de Rome, était un riche seigneur ou lucumon de Tarquinies, et avait pour père l’exilé Corinthien Démarate ; il vint, l’an C>27 av. J. -G., s’établir à Rome, y acquit la faveur \ opulaire par sa bravoure et sa munificence, fut
nommé par Ancus mourant, tuteur de ses deux tris, et se fit proclamer roi lui-même par les curies (614). 11 doubla le nombre des sénateurs (réduit alors 150), et celui des chevaliers, fortifia et embellit Rome, y fil construire les célèbres égoûts, et jeta les fondements du Capitole. Au dehors, il battit les Sabins et leur prit Collalie, défit les Latins coalisés, s empara deCornicule, Ficulnée, Camérie, Crustumérie, Apioles, Médullie, Nomenle , et, s’il faut en croire Denys d’Halicarnasse , soumit tou.e î’Ëtrurie après neuf ans de guerre. Ces faits sont sans doute exagérés , mais on ne saurait douter que Rome ne fût riche et forte vers la fin du règne de Tarquin. Ce prince mourut en 578, assassiné par les filsd Ancus. Servies Tullius, son gendre, lui succéda. — Niebuhr ne croit pas que Tarquin fût étrusque, et il voit dans Priscus le nom d’un peuple ancien, fondu avec les Latins {Prisci Laiini) ; selon lui, Tarquin serait un habitant de Lucérie, un Latin régnant sur Rome.
tarquin il ou tarquin-lk-superbe, 7* et dernier roi de Home, petit-fils du précédent. Marié à une fille de Servius, femme d un caractère doux et timide, il la fit périr afin d’épouser une autre fille de Servius, Tullie, femme ambitieuse et hardie, qui de son côté s’était débarrassée de son époux. Il forma avec elle une conspiration , dont le dénouement fut la mort violente de Servius, et son élévation au trône (534 av. J. -G.). Son règne fut une réaction contre les institutions de Servius. 11 abolit les lois favorables au peuple, accabla d’impôts les Romains des dernières classes, fit tuer nombre de sénateurs, décida seul de la paix et de la guerre, et gouverna en tyran. Du reste, il fut guerrier actif et poli tique habile. Rome vit sous son règne Apioles vaincue, Gabies soumise ; les villes latines furent réunies en une confédération dont Rome était le centre et avait la présidence,-; le Capitole fut terminé, les livres sibyllins achetés, j Tarquin faisait en personne le siège d’Ardée, quand1 la brutalité de son fils Sextus à l’égard de Lucrèce, et l’énergie de Bru Lus, déterminèrent une terrible insurrection à Rome; la royauté fut abolie et remplacée par la république (509). Tarquin, banni avec toute sa famille, ourdit Lois conspirations au sein même de Rome , mais sans succès ( Voy. brutus ) ; puis il arma successhemeiit contre Rome Yeïes et Tarquinies (509), le roi de Clusium, Porsena (508 et 7), les Sabins (505-499), les Latins (49S-49G), les Yolsques (495), et fut toujours malheureux. Il mourut âgé de 83 ans, chez Aristodème, tyran de Cumes.
tarquin (Sextus) , fils aîné de Tarquin-le-Superbe, est célèbre par la prise de Gabies. Feignant du mécontentement contre son père , il se réfugia dans cette ville , s’y rendit agréab le aux habitants par sa libéralité, se fil nommer aux premiers emplois : puis, ayant fait périr, sous divers prétextes, les hommes les plus marquants du pays, il livra la ville à son père. 11 fut cause de l’abolition de la royauté par l’outrage qu’il fit à la chaste Lucrèce, llsuivitson père en exil, combattit contre les Romains ei périt à la bataille du lac Régille, 496 av. J.-C.
TARQUINIES , Tarquinii , auj. Tur china , ville d’Étrurie, au S., sur la Marta , près de son embouchure, bâtie, dit-on, par Tarchon, un des auxiliaires d’Ënée contre Turnus, fut la patrie de Tarquin l’Ancien. Tarquinies fit plusieurs fois la guerre à Rome, mais finit, en 351 av. J.-C., par être forcée à une trêve de 40 ans; elle fut occupée depuis 311, et entièrement soumise en 283.
TARRACO, auj. Tarragone , ville et port de l’His» panie cilérieure, capit. de la Tarraconaise, sur la mer, était d’origine phénicienne. Détruite par les Carthaginois, elle fut relevée par le grand Scipion. Jules César en fit une colonie romaine. Antonin en agrandit le port. Les Wisigoths la détruisirent presque entièrement. Tarraeo a encore de beaux restes.
TARRACONAISE, Tarraconcnsis (s.-entendu pro~