THOU
on l’a aussi rapproché du Teutatès des Gaulois.
THOU (Jacq.-Aug. de), historien, né à Paris en 1553, d’une famille de robe originaire d’Orléans, était le 3* ûls de Christophe de Thou, premier président au parlement de Paris. Destiné d’abord à l’église, il se livra ensuite à l’étude du droit, et eut pour maîtres Cujas et Hotmail. En 1573, il accompagna Paul de Foix, ambassadeur en Italie, puis fut chargé d’une mission dans les Pays-Bas, devint à 24 ans conseiller - clerc au parlement de Paris, et ût partie en 1581 d’une commission parlementaire formée à Bordeaux : dans cette ville, il connut Montaigne. Henri 111 le chargea de quelques missions en Picardie et en Normandie, le ût ensuite conseiller d’état, l’appela au parlement transféré à Tours, où il exerça la présidence, puis l’envoya en Allemagne et en Italie avec Schomberg, pour y solliciter des secours d’hommes et d’argent (1589). De retour en France, il suivit la fortune d’Henri IV, fut un des rédacteurs de l’édit de Nantes, et s’opposa avec d’autres magistrats a l’admission en France de de certaines disposit. du concile de Trente, il accepta en 1601 le titre de Père temporel et protecteur de l’ordre de Saint-François dans le royaume. Lors de la retraite de son beau-frère, Achille de Harlay , (161 1), il ne put obtenir du nouveau roi (Louis X 111) la place de premier président du parlement de Paris, qui lui avait été promise sous le règne précédent : on essaya de le dédommager en le nommant un des trois directeurs des finances qui remplacèrent Sully; mais il ne put se consoler de cette injustice. 11 mourut peu d’années après, en 1617. On doit à de Thou un grand ouvrage historique en 138 livres, rédigé en latin : Historiamei temporis ( allant de 1513 a 1607). 11 en avait donné une lre partie en 1604, mais la publication n’était pas achevée a sa mort. La seule édition véritablement complète de ses Œuvres est celle que donna Thomas Carte, Londres, 1733, et qui contient, outre l’ Histoire proprement dite, les Mémoires de sa vie de 1553 à 1601 (rédigés par lui-même ou par Nicolas Rigault, son ami), des Lettres et morceaux divers, et enfin un Supplément de Rigault, qui va de 1607 à la mort d’Henri IV. L'Histoire a été traduite du latin en français par Lemascrier, Adam, Lebeau , Desfontaines, Leduc, Londres (Paris), 1734, 16 vol. in-4. Ce grand ouvrage, qui embrasse l'histoire de l’Europe presque entière, fait autorité, surtout pour ce qui regarde la France. De Thou possède au plus haut degré les qualités de l’historien. Souvent témoin oculaire et quelquefois acteur, il avait appris infiniment, soit par les hommes illustres avec lesquels il était en relat’on,soit par les pièces officielles. Dans son Histoire, lerécitestaccompagnéderéflexionsaussi nobles que judicieuses ; on admire également la beauté du style. Cependant, la liberté avec laq. l’auteur parledu clergé et son indulg. pour les Protestants, firent soupçonner son orthodoxie, et son Histoire fut condamnée àRome. De Thou a laissé des Poésies latines , qui sont estimées, entre autres un poème De re accipitraria. On doit à MM. Patin et Phil. Chasles des Eloges de De Thou , qui ont partagéleprix à l’Acad. franç. en 1824.
thou (Fr.-Auguste de), fils du précédent, naquit à Paris vers 1607 , fut conseiller au parlement, maître des requêtes, puis conseiller d’état Protégé d’abord par Richelieu, il paraissait destiné’au plus brillant avenir; mais il eut le malheur de s’attirer 1 animosité du cardinal par une correspondance imprudente qu’il entretint avec la duchesse de Chevreuse. Dès lors, il se lia avec tous les ennemis de son ancien protecteur, notamment avec Cinq-Mars, dont il favorisa le complot, sans toutefois approuver le traité signé par Fontrailles avec l’Espagne. Cinq- Mars eut la faiblesse de le charger dans ses révélations, croyant ainsi mériter sa propre grâce. De Fhou, rapidement jugé et condamné, fut exécute
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aussitôt à Lyon, avec Cinq-Mars, malgré les circonstances qui pouvaient atténuer ses torts (1642).
THOUARCE, ch.-l. de cant. (Maine-et-Loire), à 28 kil. S. d’Angers ; 1,644 hah.
THOUARS, ch.-l. de cant. (Deux-Sèvres), près du Thouet, à 28 kil. N. E. de Bressuire ; 2,275 hab. Beau château sur un rocher. Prise par Pépin-le- Bref, qui en fit sa place d’armes (758); une des plus fortes villes du Poitou sous les Anglais ; occupée par Dugueselin (1372) ; érigée eu duché-pairie, en faveur des la Trémoille, au xvi* siècle. Occupée par les Vendéens le 5 mai 1793. C’est à Thouars que commença, en 1822, l’inutile tentative d’insurrection du général Berton.
THOUET, riv. de France, naît dans le dép. des Deux-Sèvres , à 2 kil. N. E. de Beugnon , baigne Secondigny, Parthenay, Thouars, entre dans le dép. de Maine-et-Loire, arrose Montreuil-Bellay, reçoit la Dive, l’Argenton, et tombe dans la Loire près de Saumur : cours, 120 kil.
THOU1N (André), professeur de culture au Jardin des Plantes, né en 1747, mort en 1823, fils d’un jardinier de cet établissement , devint lui-même jardinier en chef (1764), agrandit l’école botanique du Jardin du Roi, s’occupa surtout d'acclimater en France les plantes exotiques, et fit dans ce but divers voyages. 11 fut professeur aux écoles normales et membre de l’Institut. On lui doit : un Essai sur l'économie rurale (1805) ; une Monographie des greffes (1821), ainsi qu’une foule de mémoires. 11 a rédigé les articles de jardinage dans le Dictionnaire d'agriculture de Y Encyclopédie méthodique.
THOULOUN1DES, dynastie turcomane qui a régné en Egypte de 869 à 905 , tirait son nom de Thou * loun, esclave du calife Al-Mamoun, et père d'Achmet, qui, nommégouv.de l'Egypte, s'y rendit indépendant.
THOUNG-J1N, ville de Chine, ch.-l. de dép. (Kouéi-tcheou), par 27° 38’ lat. N., 106° 38’ long. E.
thoung-tcheou , ch.-l. de dép. (Chen-si), par 34° 60’ lat. N., 107° 30’ long. E.
thoung-tchouan, deux ch.-I. de dép. en Chine: l’un dans la prov. de Sé-tchuen, par 26° 21’ lat. N., 101° 6’ long. E. ; — l’autre dans l’Yun-nan, à 300 kil. N. O. de Yun-nan.
thoung-ting, lac de Chine, par 110° long. E., 29° 10’ lat, N.; 92 kil. sur 48, en communication avec le Yang-tsé-kiang par un canal.
THOURET (Jacq.-Guill.), membre de l’Assemblée Constituante, né à Pont-l’Evêque (1746), avait été avocat au parlement de Rouen. Député en 1789 aux Etats-Généraux , il fut nommé président de l’Assemblée, entra au comité de constitution, dont il devint rapporteur, et se fit remarquer par une activité infatigable. Il se montra l’adversaire du clergé, provoqua la suppression des parlements et l’organisation d’un autre système judiciaire, et eut grande part à la division de la France par départements. Devenu plus tard président du tribunal de cassation , il se consacra uniquement aux devoirs de sa charge et à l'étude de l’histoire ; toutefois il ne put se soustraire aux proscriptions, et il mourut sur 1 éehalaud (22 avril 1794). On a publié de lui un Abrégé des révolutions de L’ancien gouvernement français (extrait de Dubos et de Mably), 1800, in-8, et des Tableaux chronologiques de l'histoire ancienne et moderne , 1821, in-fol. , oblong. — Son frère, Michel-Augustin Thouret (1748-1810), médecin distingué, remplit plusieurs missions importantes, et devint directeur et professeur de l’écol© de médecine, lors de sa réorganisation. 11 se signala comme partisan de la vaccine et comme adversaire du magnétisme animal, notamment dans ses Recherches et doutes sur le magnétisme animal , 1784.
TliOUROUT ou THOROUT, ville de Belgique (Flandre occid.), à 1 5 kil. S. O. de Bruges ; 6,200 hab. Jadis abbaye, fondée par Dagobert. Aux env., com-
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bat entre les Français et les Anglais (24 sept. 1708).
THOUS, riv. d’Iran, naît dans les monts du Khoraçan et tombe dans le golfe du Balkhan (partie E. delà mer Caspienne;, par 39° 20' lat.N. Cours, 500 k.
thous, anc. cap. du Khoraçan, sur le Thous, détr. par les Tartares ; on en voit encore les restes près de Mesched. Cette ville fut très florissante sous les califes. Patrie d’Al-Gazel. C’est là que mourut Ha* rpun-al-Raschid. Voy. mesched.
THOUTMOSIS, nom de trois rois égyptiens de la 18e dynastie, qui régnèrent du xx* au xvii* siècle. Le plus important est Thoutmosis 1, flls de Misphragmoutosis ; il acheva l’expulsion des Hycsos commencée par son père, et régna environ 13 ans.
THOUVENEL (Pierre), médecin, né en Lorraine en 1747, mort en 1815, mit en réputation les eaux de Contrexeville , y fonda à ses frais un établissement, et fut nommé inspecteur des eaux minérales de France. Il se montra grand partisan de l’hydroscopie, et publia sur ce sujet plusieurs ouvrages, entre autres : Mémoire physique et médicinal sur les rapports qui existent entre la baguette divinaloine, le magnétisme et l'électricité, Paris, 1781.
THRACE, Thracia, auj. partie N. É. de la Roumélie, grànde région de l’Europe anc., avait pour bornes au N. l’Hémus, au S. la mer Egée et la Propontide, à l’E. le Pont-Euxin, à l’O. la Macédoine. On y trouvait l’Hémus au N. O., le Rhodope au S. O., et plusieurs fleuves , l’Hèbre , le Nestus, le Strymon. Habitée par une foule de peuplades diverses , la Thrace n’offrait que des divisions vagues : on y distinguait la Ohalridique (attribuée quelquefois h la MacérlnimO, l’Edonide, la Bisaltie, la Sintique, la Bessique, l’Odomantique, laBislonide, laCiconide, l’Odrysiade, i’Astique, le pays des Triballes. Il y avait sur le littoral beaucoup de villes grecques ou libres ou soumises à quelque métropole (Amphipolis, Périnthe, Séiymbrie, Byzance, Abdère, etc.). La fhrace était un pays montagneux et froid ; elle fournissait d’excellents chevaux. — Cette contrée fut de bonne heure peuplée par des émigrations de peuples barbares analogues aux Pélasges, qui, venus du N. E. , franchirent le Danube. 11 y a lieu de croire qu’elle avait été quelque temps civilisée (c’est là que la fable place Linus, Orphée, Thamyris, etc.), mais qu’elle retomba ensuite dans la barbarie. La Thrace, au v* siècle avant J.-C., subit en partie la domination persane : plusieurs princes tributaires du grand roi y régnaient. A l'avénement de Philippe II, roi de Macédoine, en 360, le roi des Odryses était le plus puissant de ces princes, mais son royaume tomba en dissolution après la mort de Cotys 1 (356) , et surtout de Chersoblepte (345). La Thrace devint en quelque sorte province macédonienne sous Philippe et sous Alexandre ; à la mort du dernier, elle échut à Lysimaque (323), qui, vers 307, y prit le titre de roi. Après lui, ce pays passa aux mains de Séleucus Nicalor, puis de Ptolémée Céraune, qui le joignirent à leurs états. La Thrace eut ensuite des rois indigènes fort obscurs (depuis 277); elle fut enfin réduite en province romaine sous Claude, ou, selon d’autres, sous Vespasien.
Les Thraces passaient pour braves, farouches et
ivrognes. Ils avaient très peu de villes à l’intérieur. L’agriculture était à peu près nulle chez eux ; ils vivaient de la chair de leurs troupeaux et de rapines. Les villes grecques commerçantes de la côte en tiraient du bétail, du bois, des pelleteries, des esclaves. Leur culte était varié. Bendis (déessse analogue à Diane) et Cotylto étaient leurs grandes divinités; ils adoraient aussi un dieu de la guerre nommé Sabaz, qu’on croit le même que Baechusj ils reconnaissaient pour législateur Zatnolxis. C’est ci.cz eux que les mystères grecs semblent être nés. thrace (diocèse de). Foy.Emp. romain (p. 1523).
THRACE (BOSPHORE de), au j. Canal de Constantinople, détroit situé entre le Pont-Euxin et la Propontide,
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sépare la Thrace de l’Asie-Mineure. Voy. rosphore.
THRACE (CHERSONÈSE DE). Voy. CHERSONÈSE.
THRASEAS (pætus). Voy. pætus.
THRASYBULE, général athénien, eut une part essentielle à la révolution qui renversa les 400 et qui rappela de l’exil Alcibiade, aida au gain de la bataille de Cyzique, 410 av. J.-C., fut baltu devant Ephè,se(408), soumit la côte de la Thrace, fut chargé, lors de la bataille des Arginuses, de rendre les derniers devoirs aux Athéniens morts , se réfugia à Thèbes après l’établissement des 30 tyrans à Athènes , devint le chef des bannis , rentra avec eux à main armée dans sa patrie (403), reconstitua la démocratie, fit décréter une loi d’amnistie, réussit à rendre quelque indépendance à Athènes, fit décider la guerre contre Sparte, commanda la flotte destinée à soumettre les lies de la mer Égée et les villes grecq.de l’Asie-Mineure, s’assura de la Thrace, mit Méthymne en état de blocus, imposa une contribution de guerre à la ville d’Aspende , mais fut tué dans une sortie nocturne que firent les habitants (390).
THRASYMÈNE. Voy. trasimène.
THRÜNIUM , ville de Grèce, capitale de la Locride épicnémidienne , vers le centre du pays.
THSË-TCHEOU, ville de Chine, ch.-l. de dép. (Chan-si), à 300 kil. S. de Thay-youen.
THS1N-CHI-HOANG-T1 ou HOUANG-TCHING , empereur chinois, le l«r de la dynastie des Thsin, hérita en 247 av. J.-C. du seul roy. de Thsin, réunit en une seule monarenie les 7 royaumes qui existaient en Chine, fit construire des canaux, des routes, de beaux édifices, extermina en partie les Hiong nou (Huns) et autres barbares, et mourut en 210. Ce prince fit, dit-on, brûler tous les livres histori ques et ceux de Confucius pour imposer silence aux grands qui réclamaient sans cesse des droits anciens.
THSIN -TCHEOU , chef-lieu de dép. en Chine (Kouang-si), à 205 kil. S. O. de Kouéï-lin.
T11SOUNG-L1NG (monts), partie occid. des monts Kouen-loun, de 69° à 80° long. E., se rattachent aux mon 1s Bélour. Très hauts sommets, neiges éternelles.
THUANUS. Voy. de thou.
THUCYDIDE, Thucydides, célèbre historien grec, natif d’Athènes, vit le jour vers 471 av. J.-C., entendit à 15 ans la lecture de l’ouvrage d’Hérodote aux jeux olympiques, et désira dès lors marcher sur les traces de cet historien, servit pendant la guerre du Péloponèse , fut chargé de secourir Amphipolis et Eion (424) , mais ne put sauver la première de ces villes, et fut puni par le bannissement (423). Son exil dura 20 ans ; il les passa en Thrace , à Scapté-Hylé, où il possédait des mines d’or. 11 mourut vers 395 ; on croit qu’il fut assassiné. Thucydide a laissé une Histoire de la guerre du Péloponèse (jusqu’en 412), en 8 livres. Cette histoire est un de3 chefs-d’œuvre de l’antiquité ; l’auteur s’y montre militaire et politique consommé. Instruit, impartial, judicieux, méthodique, il démêle habilement les causes , les ressorts , les conséquences des événements ; son style est serré, vigoureux; ses discours sont admirables de logique. Démosthènes prit Thucydide pour modèle , et copia 8 fois de suite ses ouvrages. Les seuls reproches qu’on puisse faire à ce grand historien, c’est peut-être un peu de raideur, de sécheresse et d’obscurité. Thucydide a été édité e,t traduit dans toutes les langues de l’Europe ; les meilleures éditions de cet auteur sont celles de Duker avec les notes d’Hudson (Amsterdam, 1731, in-f.), de Bekker (Oxford, 1824, in-8), et de Poppo, Leips., 1821-40, 11 v. in-8. On estime la trad. de Ch. Lévesque, 1795, reproduite parGail, 1808, 10 vol. in-4 (avec le texte grec et une trad. latine , et augmentée de notes et variantes); M . Amb.-Firmin Dklot en a donné une nouvelle trad. en 1833, 4 vol. tn-8.
TllUEYS, ch.-l. de cant. (Ardèche), à 26 kil. N. Oi, de l’Argentière ? 2.544 hab. Lainages.