‹ Dictionnaire universal d'histoire et de géographie contenant:Chapitre 1082 sur 1261 · THUR — 1 766 — THUR · texte numérisé non relu

THUR — 1 766 — THUR

THUGS, hordes pillardes de l’Hindoustan, immolent à leurs dieux tous les étrangers qu’ils rencontrent. Les Anglais en ont détruit un grand nombre.

THUGUT (François), ministre autrichien, né à Lintz en 1 7 39, mort en 1818, était fils d’un batelier. Il remplit diverses missions, notamment à Constantinople, en France et à Naples, fut ambassadeur d’Autriche en Pologne (1780), eut l’administration générale de la Valachie et de la Moldavie en 1788 , revint à Vienne après la mort de Léopold 11 , détermina la coalition contre la France, dirigea depuis ce temps toute la politique autrichienne, et devint, en 1794 , premier ministre. 11 resta aux affaires jusqu à la paix de Lunéville (1801). Il se montra toujours fort opposé à la France.

THUILLIER (dom Vincent), bénédictin de la Congrégation de Saint-Maur , né aux environs de Laon en 1686, mort en 1736, fut prieur de son ordre; adversaire de la constitution Unigenitus , il se signala comme appelant, mais revint ensuite à la modération et retira son appel. On lui doit une Histoire de la bulle Unigenitus , une traduction française de Polybe (avec des commentaires par Folard), etc.

THU1N, ville de Belgique (Hainaut), sur la Sambre, à 14 kil. S. O. de Charleroi ; 3,000 hab. Fondée au x* siècle ; prise par Charles-le-Téméraire en 1406; le maréchal de Lorges l’assiégea inutilement en 1664; Marceau la prit sur les Autrichiens en 1793.

THU1R, ch.-l. de cant. (Pyrénées-Orientales), sur le Tet , à 10 kil. S. O. de Perpignan ; 2,600 hab.

THU1STON, dieu des Celtes et des Germains analogue à Pluton, était fils de la Terre appelée Tis ou Tuis chez les Celtes. On en fait aussi un roi civilisateur comme Prométhée; il poliça les Germains, établit parmi eux des cérémonies religieuses, et fut mis après sa mort au rang des dieux.

TH U LÉ, île ou terre qui était le point le plus septentrional que connussent les anciens. On a cru longtemps que c'était l’Islande. Aujourd’hui on balance entre les îles Shetland ( Voy . foula) ou lesFæroé, les côtes ou îles du Danemark , et le S. O. de la Norvège. La première opinion est la plus probable.

THULÉ australe. On nomme ainsi l’île la plus mérid. de l’archipel Sandwich au S. de l’Amérique mérid., par 69° 34' lat. S., 27° 46’ long. O.

THUN, ville de Suisse (Berne), sur l’Aar, près de la sortie du lac de Thun, à 24 kil. S. E. de Berne; 3,600 hab. Ecole militaire, bibliothèque, etc.

THUN (lac de), lac de Suisse (Berne), traversé par l’Aar, qui le met en communication avec celui de Brienz : 18 kil. sur 4. Bord3 pittoresques.

THUNBEKG (Ch.-Pierre) , botaniste et voyageur suédois, élève de Linné , fut envoyé en 1772 au Japon par la Compagnie Hollandaise pour étudier les productions du paya, visita aussi Ceylan , revint en Europe en 1778 avec de précieux trésors scientifiques, fut nommé professeur de botanique à Upsal, et mourut en 1798. On a de lui ; Flora japomca (1784) ; Voyage au Japon par le cap de Bonne-Espérance, trad. par Langlès (1796), etc.

THUR, riv. de Suisse, naît dans le canton de 6aint-Gall, arrose ensuite celui de Thurgovie (auquel elle donne son nom), et celui de Zurich, reçoit la Sitter à Bischofzell, puis la Murg, et se jette dans Te Rhin près de Schaffhouse. Cours, 100 kil.

thur, riv. de Hongrie, affluent de la Theiss, arrose les comitats de Szathmar et d’Ugocs. Cours, 140 kil.

THtURGOYlE (canton de), Thurgau en alleu.., 17e canton de la Confédération helvétique, a pour bornes au N. le duché de Bade, au S. le cant. de St.-Gall , et est arrosé parla TJiur ; 700 k. carrés; 89,000 h. (dont un quart Catholiques, le reste Réformés) . C'apit., Frauenfeïd.Montag. peu élevées;plusieurslaos (celui de Constance y forme limite à l’E.); climat doux, sain; sol fertile, grains, vin, etc., beaux vergers, forêts, bétail. Toiles, mousselines , soieries, etc. Le gouvei*

‘ nement est un mélange d’aristocratie et de démocratie; grand-Conseil (de 100 membres), et Petit - Conseil (de 9). Jadis habitée par les Tigurini , cette contrée, après db'erses vicissitudes, devint un landgraviat qui fut possédé par la maison de Zæhringen, puispar les comtes de Kybourg. En 1460, la Thurgovie devftit sujette des cantons suisses; elle forma un canton indépendant après la révolution de 1798.

THUR1NGE, ancienne contréo de l’Allemagne centrale qui a souvent changé de limites, occupait la H te. -Saxe (Saxe-Cobourg, S.-Gotha, S. -Meiningen, S. -Weimar, etc.) , et tirait son nom des Thurs ou Thuringii , les mêmes , à ce qu’on croit , que les Hermundures , qui , chassés des sources du Mein par les Suèves, vinrent habiter, entre l’Elbe et le Weser, dans les montagnes qui ont conservé le nom de Thuringerivald. — Le nom de Thuringe a successivement désigné un royaume, deux duchés, un comté, un margraviat, un landgraviat.

Royaume de Thuringe. Il comprenait, outre la Thuringe moderne (ou cercle de Thuringe), la Hesse, le Harz, le pays de Brunswick et l’Osterland, et s’étendit même jusqu’au Rhin, au Danube et près de l’Elbe: la Saale y coulait ; Scheidingcn (qui n’est plusqu’un village), sur 1” (Instruit, et Erfurt en étaient les villes principales. Limites : la Saxe (barbare) au N., diverses peuplades slaves à l’E., l’Austrasie à l’O. (la Fulde formait la séparation). Le roy. de Thuringe n’exista que de 426 à 527 ou 531. Parmi ses rois on nomme Meerwig (le fondateur), Basin (qui reçut Childéric à sa cour), et les 3 fils de Basin, qui, par leurs divisions, amenèrent la ruine du royaume. Hermanfroi, le dernier, fut tué à Tolbiac par Thierri I, roi d’Austrasie (630). Thierri I ne put garder tout le pays conquis: le Harz, le Brunswick et l’Osterland (qui n’avaient pas encore ces noms) for mèrent une Thuringe septentrionale ou Thuringe saxonne , qu’on appela Ostphalie; le reste fut la Thuringe méridionale , dite aussi Thuringe austrasienne, Thuringe franque ou Franconie. Thuringe propre.

Duchés de Thuringe. Il y eut un 1er duché de Thuringe de 630 à 717, et un 2* de 849 à 919. La lr* fois il faisait partie du royaume ou de la république d’Austrasie; la 2e, il appartenait au roy. de Germanie. Parmi lesducs du 2* duché (dit aussi Franconie), on remarque Conrad de Hesse (père de Conrad I, roi d’Allemagne), Othon-lTllustre (père de Henril’Oiseleur), et Henri-l’Oiseleur lui-même, qui réunit le duché à la couronne. Ce duché, qui répond à la Thuringe austrasienne (Thuringe moderne et Hesse), comprenait les comtés de Weimar, de Mansfeld, Schwarzbourg, Gleichen. — Le margraviat , le landgraviat et le comté ne prirent naissance que plus tard; le premier, formé en 960, s’éteignit en 1090, le second et le troisième se réunirent en 1130 et eurent une existence commune jusqu’en 1247. Le margraviat n’était autre chose que I’Osterland; après avoir eu divers maîtres, il appartint aux margraves de Misnie (de la lr* maison de Brunswick), puis aux Nordheim (d’où il passa aux Supplenbourg, puis aux Welfs), et entra enfin dans la maison de Wettin : dans ces changements , son nom disparut. — Le landgraviat de Thuringe (qui contenait presque toute la Thuringe moderne et la Hesse) appartenait à la maison de W’inzenbourg. Hermann de Winzenbourg ayant été proscrit en 1130 pour un crime qu’il avait commis, son fief passa à Louis III, déjà comte de Thuringe, qui fut ainsi à la fois landgrave et comte. — Le comté, qui avait pour ch.-l. Sangerhausen, date de l’an 1039; il appartenait à une maison carlovingienne , issue de Charles de Lorraine (qu’avait dépossédé Hugues Capet) et qui se divisa en deux lignes, celle des landgraves, laquelle s’éteignit en 1247 dans la personne de l’anti-empereur Henri le Raspon, et ! celle de Hohnstein, qui n’a fini qu’au XVIe siècle.

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