TU KG
maintint longtemps indépendante à ia faveur des querelles des rois de France et d’Angleterre qui se disputaient la Guyenne. Elle conserva ses immunités jusqu'au dernier siècle, et ne fut réunie à la couronne que par Louis XV, qui l’acheta en 1738. Cette vicomté , après avoir appartenu à diverses maisons, fut acquise en 1350 par Guillaume Roger de Beaufort, puis passa en 1444 dans la maison de La Tour d’Auvergne, par le mariage d’Anne de Beaufort, vicomtesse et héritière de Turenne, avec Agne de la Tour d’Auvergne; c'est de cette dernière maison que sont sortis Henri de La Tour d’Auvergne, vicomte de Turenne et duc de Bouillon [Voy. bouillon), et son (ils le célèbre Turenne.
TURENNE (H. de la tour d’auvergne, vicomte de), célèbre général français, (iis de H. de la Tour d’Auvergne, vicomte de Turenne et duc de Bouillon [Voy. bouillon), naquit à Sedan en 1 G 1 1 , d’une famille qui professait la religion réformée, servit 5 ans sous ses oncles Maurice de Nassau et le prince Henri, puis fit la guerre en Lorraine, en Italie, monta très vite en grade, reçut de Mazarin le bâton de maréchal, recueillit les débris des troupes vaincues à Tudlingen (1043), soutint avec Condé les efforts de Mercy (1044), fut battu à Mariendal , mai* opéra une belle retraite , vainquit à son tour à Nordîingen, se joignit à Wrangel dans la Hesse, et hâta par cette manœuvre la conclusion du traité de Westphalie (1648). Egaré par sa passion pour la duchesse de Longueville, Turenne se jeta dans le parti de la Fronde, après l'arrestation des princes (1650); prit pour les Frondeurs quelques villes, Rethel,Cbâteau-Poroien, marcha sur Vincennes, mais sans pouvoir enlever les prisonniers, qui avaient été conduits ailleurs, et fut défait par Praslin près de Ré- Ihel même (15 déc.). Il rentra dans le devoir l’année suiv., sauva la cour en repoussant à Bléneau, près de Gien, lesFrondeurs,comniand. p. Condé(avril 1652), battit enci >re ce pri n ce au faub . S t-A n toine i,à Paris ) , et ouvrit au roi les portes de la capitale, puis battit Gondé à Arras (1654) et aux Dunes (1658), et reçut en 1660 le titre de maréchal-général en récompense de ses services. En 1672, il reprit les armes, fit face, avec des forces très inférieures, au prudent Montecuculli, marcha ensuite contre le parjure électeur de Brandebourg, le vainquit à Sintzhehn (1674), et nunit le prince Palatin, son ailié. en mettant à feu et à sang le Palatinat. Il eut bientôt à tenir tête à des armées d’impériaux supérieures en nombre, fit une admirable retraite dans laquelle il se surpassa lui-même, gagna les deux victoires de Mulhausen et de Turkheim, rejeta ainsi l’ennemi à l’E. du Rhin (1675) , puis attira Montecuculli sur un terrain de son choix à Sallzbach; déjà il comptait le vaincre, quand il fut frappé d’un boulet (27 juillet). Le génie de Turenne a moins d’éclat que celui de Coudé : ce grand capitaine a pourtant gagné autant ou même plus de batailles décisives, et il a réparé plus de graves échecs ; c’était le premier tacticien de l’Europe. A ses talents il joignait toutes les qualités de l’homme privé. Né dans la religion protestante , il fut converti au catholicisme par Bossuet, et abjura en 1668. La Vie de Turenne a été écrite par Courtilz, par Raguenet, et par Ramsay. Mascaron et Fléchier prononcèrent son oraison funèbre. Il a laissé des Mémoires (publ. en 1782 par Grimoard, 2 vol. in-fol.). Sedan lui a élevé une statue.
TURGUT (Anne-Robert-Jacq.), baron de 1 Aulne, célèbre ministre, né en 1 727 à Paris, mort en 1781, était fils de Midi -Et. Turgot, prévôt des marchands sous Louis XV, à qui Parisdoitd’imporlantes améliorations. U devint maître des requêtes en 1753 ; ii se prononça pour le parlement Maupeou, se fit une haute réputation de savoir et de lumières par ses ouvrages sur l’économie politique, et par ses relations avec les penseurs de l’époque, fut nommé
TUiU
intendant de la généralité de Limoges (1761), rendit à cette province des services éminents , fut appelé par Louis XVI au ministère de la marine en 1774, et un mois après au contrôle général des finances; il tenta d’utiles réformes, et nul en accomplir quelques-unes; mais ses efforts vinrent échouer contre la coalition du clergé , de la noblesse , de !& haute finance et des parlements. On travestit toutes ses mesures, dont quelques unes pouvaient en effet être inopportunes, et, après deux ans de lutte, on parvint à le faire éloigner du ministère (1776). I! mourut cinq ans après, dans la retraite. Turgot était un homme ferme, droit et de bonne foi ; mais il n’avait pas cet art des expédients et cette adresse qui sont nécessaires à la cour ; il eut aussi une trop grande confiance dans l’ascendant de la justice et de la vérité. Turgot avait beaucoup écrit sur l’économie, la politique, la métaphysique et la littérature; on a même de lui des vers français et latins estimés; il fournit des articles à Y Encyclopédie. Turgot était de l’Acad. des Inscript. Ses QEuv. compl. ont paru en 1 809 et 1 844 M.Baudrillartacomp. son Eloge. 1846.
turgot (Et. -Fr., dit le chevalier ), frère du précédent, né en 1721, mort en 1789, fut gouverneurgénéral de la France équinoxiale (c.-à-d. de la Guyane française), qu’il tenta de coloniser, mais sans y réussir, eut avec l’intendant Chanvallon des démêlés qui le conduisirent en prison, et finit par se vouer exclusivement aux sciences. 11 était associé libre de l’Académie des Sciences dès J 762.
TURHE1M (Ulric de), minnesinger du xiii« siècle, continua le Tristan de Gotlfried de Strasbourg, et composa : 1° les Aventures d'Elie; 2° le roi Artus ou la Table Ronde; 3° (avec Esehenbach) St-Guillaume, margrave d' Orunge, le tout en allemand.
TURiA, riv. d’Hispanie, auj. le guadalaviar.
TUR1ASO, ville d Hispanie, auj. tarrazona.
TUR1CUM, nom latin de zurjch.
TURIN, Budmcomayus , Taurasia , Colonia Julia , Augusta Taurinorum chez les anciens, Tcrino en italien, capit. des Etals sardes et ch.-l. de l’intendance de Turin et de tout ie Piémont, sur le Pô et laDoire, à 825 kil. S. E. de Paris; 125,000 hab. Archevêché (érigé en 1515). C’est une des plus beiies villes de i Europe ; ou y remarque les rues du Pô, de la Doire et Neuve ; les places Saint-Charles, du Château, Victor-Emmanuel et d’Italie; la cathédrale et le» églises de St-Laurent, du St-Sacrement, de Sainte- Thérèse, des Jésuites, des Feuillants ou Consolata , les palais du Roi, des ducs de Savoie, du prince de Carignan, le grand théâtre, l'arsenal. Université, la plus fréquentée (fondé- en !4‘ 5), acad. militaire, 3 collèges, école de sourds-muets; académie royale des sciences (célèbre), académie royale des beauxarts, société d’agriculture. Bibliothèque très riche, musée égyptien (sans égal au monde), musée d’antiquités, cabinet de médailles, d’hisloire naturelle, de physique; jardin botanique du Valentino, etc. Industrie (soieries, velours, damas, liqueurs, etc. ; fonderie de canons, manufacture royale de poudres). Commerce actif. Chemins de fer. — Turin semble êlre d’origine gauloise : les Taurini , ses habitants, ayant relusé de prendre parti pour Annibal, ce général saccagea la ville. Les Romains en firent une colonie; Auguste l’embellit. Sous les Lombards, elle devint ch.-l. d’un des trente duchés de cette monarchie. Son importance date surtout de la réunion du Piémont à la Savoie [Voy. Etats sardes). Les Franla prirent en 16 *0, mais l’assiég. vainement en 170Gces 2 sièges, surtout celui de 1706. sont au nombre des sièges les plus célèbres. Occupée par les Français en 1796, 1798, 1800, elle lui démantelée cette dernière fois ; elle devint le ch.-l. du dép. du Pô et resta comprise dans l’empire français jusqu’en 1814. Turin est la patrie du mathématicien Lagrange.— L’intendance générale de Turin comprend la lus
TURL — 1805 — TU RP
grande partie du Piémont et est située entre celles d’Aoste au N., de Coni au S., de Novare et d’Alexandrie à l’E., la France et la Savoie à 10. : environ 1 00 kil. sur 90 ; 800,000 h ; elle se divise en cinq petites intendances (Turin, Bielle, Suse, lvrée et Pignerol).
TURKESTAN, région d’Asie, habitée par lesTurcs, et nommée aussi Tar tarie , se distingue en 2 parties : le Turkestan chinois et le Turkestan indépendant.
TURKESTAN CHINOIS, dit aussi Petite- Boukharie, et en chinois Thian-chan-nan-lou. , très vaste contrée de l’Asie centrale, forme la prov. la plus occid. de l’empire chinois, et a pour bornes à l'O. le Turkestan indépendant, au S. le Thibet et le Kaboul, au N. la Dzoungarie, â T E. le pays de Khoukhounoor et la Chine : 1,940 kil. de l’E. à l'O., sur 772 de largeur moyenne : 2,500,000 hab. Division, 10 principautés : Hami ou Khamil, Pidjan , Kharachar, Koutché , Sairam, Aksou, Ouchi , Kachkar, Yarkand, Khotan ; ces 10 principautés ont chacune leur prince héréditaire; ces princes se reconnaissent vassaux de la Chine. Point de capitale : mais Kachgar et Yarkand sont les plus grandes villes; Aksou est la résidence du commandant chinois. De hautes montagnes entourent ce pays, sauf à l’E.; au centre sont des plaines. Climat tempéré ou froid. Déserts. Fleuve principal, l’Yarkand, qui tombe dans le lac Lobnor. Sol fertile en beaucoup d’endroits : forêts, bétail; vers à soie. Tigres et autres animaux sauvages; serpents, scorpions, etc. Or, pierres précieuses, marbre ; salpêtre, soufre. Quelque industrie ; commerce médiocre. Le Turkestan chinois a encore beaucoup de peuplades nomades. Les habitants sont les uns des Turcs véritables, les autres des Mongols (ceux-ci moins nombreux). La langue appartient à la famille des langues turques. La religion dominante est le mahométisme. — L’histoire du Turkestan chinois est à peu près inconnue. En 1758, il tomba sous le protectorat de la Chine; d’abord tributaire seulement, il est auj. province sujette. En 1827, il fut le théâtre d’une insurrection terrible.
TURKESTAN INDÉPENDANT OU TARTARIE INDÉPEN¬ DANTE, Sogdiane et Scythie Transoxiane des anciens, à l’O. du Turkestan chinois et du Thian-chan-pelou, au S. des Kirghiz, au N. de l’Hindoustan et du Kaboul, à l’E. de la mer Caspienne et de la Russie, entre 36° et 51° lat. N., 47° et 80° long. E.; 7,000, OOOd'hab. On y compte une foule d états de toutes dimensions dits khanats; les principaux sont ceux de Boukhara, Khiva, Khokand, Hissar, Badakchan, Koulm, Balkh [Voy. ces noms). Le pays, assez montueux, est compris dans la grande dépression centrale du continent asiatique (mers Caspienne et d’Aral). L’Amou et le Sir en sont les deux fleuves principaux. Le pays se compose en grande partie de steppes ; on y trouve quelques cantons fertiles. Les habitants ne manquent pas d’industrie, mais ils sont surtout très adonnés au commerce (notamment les Boukhares). Presque tous sont de race turque et musulmans Sunnites.
turkestan ou taraz, ville du Turkestan indépendant (khanat de Khokand), à 212 kil. N. O. de Tachkend, a souvent changé de maître. Elle était aux Kirghiz avant 1798 ; de 1798 à 1 8 1 4 , elle a été au khan de Tachkend ; elle appartient depuis au Khokand.
TURKHE1M, jadis Tfiuringheim , ville de France, ch.-l. de cant. (Haut-Rhin), à 4 kil. S. O. de Colmar, sur la Fecht, au pied des Vosges; 2,747 hab. Yin blanc.— C’est une des 3 v. imper . qui formaient la seigneurie de Kaisersberg. Turenne y battit les Impériaux commandés par l’électeur de Brandebourg (1G75). — 11 y a un Turkhenn en Bavière, à 36 kil. S. O. d’Augsbourg ; 1 ,800 hab.
TURLUIMN , nom de théâtre adopté par H. Legrand, acteur du théâtre de l’hôtel de Bourgogne, qui était en vogue au xvi* siècle (1583-1634 ); il avait d’abord joué des farces sur les tréteaux avec ses confrères Gros -Guillaume , Gauthier- Garguille,
etc., qui par „ag. sessuccès : c’est deson nom que vient le mot turlupiner . Techener a publié les Joyeusetéi de G. Garguille, Tur lupin, etc., 1829, 16 vol. in-18,
TURLUPINS, hérétiques du xjv« siècle, répandue principalement dans les Pays-Bas, enseignaient que 1 homme, parvenu à un certain état de perfection , est exempt de tout péché. Ils allaient nus, et se livraient publiquement aux excès les plus honteux. Ces hérétiques , qui paraissent être issus des Vaudois du Dauphiné, furent excommuniés par Grégoire XI en 1372, et bientôt détruits par les ordres de Charles V, roi de France. Ils s’appelaient eux-mêmes la Fraternité des pauvres. On les nommeaussi Bégards.
TIJRNACUM, auj. Tournay , ville de luGaule, dans la Belgique 2e, chez les Nerviens.
TURNEBE (Adr.), savant philologue français, né aux Andelys en 1512, mort en 1565, professa les humanités à Toulouse, la langue grecque, puis la philosophie grecque et latine au Collège de France depuis 1547, dirigea l’imprimerie royale pour les livres grecs (1552-56), forma H. Estienue, eut tous les hommes supérieurs de l’époque j our amis, et laissa un grand nombre de commentaires et de traductions estimés ; on les a recueillis sous le titre d' Adversuria , Paris, 1564, et de Turnebi opéra , Strasbourg, 1600, in— fol. 11 a surtout travaillé sur Cicéron, Varron. Horace, Piinel’Ancien, Eschy le, Sophocle, et a trad. des traités d’Aristote, Théophraste, Plutarque, Arrien,Oj»pien, etc.
TURNHOUT, ville de Belgique (Anvers), à 40 kil. N. E. d’Anvers; 11,000 hab. Toiles, siamoises, coutils, dentelles, tapis, etc. Fondée en 1209 par Henri, duc de Brabant ; donnée à Marie de Hongrie, gouvernante des Pays-Bas, par Charles-Quint en 1545,) elle passa ensuite à la maison d’Orange , puis fut vendue à la Prusse. Maurice de Nassau défit les Esjiagnols à Turnhout en 1597 ; les insurgés belges y battirent les Autrichiens en 1789.
TUKNUS, roi des Hulules, fils de Daunus et de Vénilie, allait épouser Lavinie, lorsque Latinus lui préféra Enée, à peine arrivé de la veille en Italie. Turnus arma contre eet odieux rival, et secouru d’a-^ bord d’une partie des Latins, pl us tard du roi d’Etrurie Mézence, il fit la guerre aux Troyens; il fut battu et péril de la main d’Enée. Turnus est le véritable héros des six derniers chants de V Enéide.
TUROCZ, comital de Hongrie. Vny. thurocs.
TURONES, à peu près le dép. d’ Indre-et-Loire , peuj)le de la Gaule, en Lyonnaise 3e, au S. E., près de la Lyonnaise 4« et de l’Aquitaine 2«, avait pour ch.-l. Turones ou Cœsarodunum (auj. Tours).
TURPIN (J.), TULPIN ou TÏLPIN, moine de Saint- Denis, puis archevêque de Reims (753), assista au concile de Borne de 769, fut, dit-on, secrétaire, ami et compagnon d’armes de Charlemagne, et fit copier beaucoup de livres. 11 passe à tort pour l’auteur du livre De vitA Curoli Magni et Bo lundi, connu sous le nom de Chronique de l'archevêque Turpin (lre édition, 1566, dans le recueil de Schard ; publié depuis par Ciampi, Florence, 1822, in-8, et Reiffenberg, Paris, 1836); c’est une compilation romanesque, presque sans valeur historique; elle doit surtout sa célébrité à l’Arioste, qui feint de la suivre dans ses récits. Le faux Turpin parail avoir vécu à la fin du xies. : selon M. Génin,ce serait Gui deBourgogne(Calixte 11)
turpin (Fr.-H.), né à Caen en 1709, mort en 1799, a laissé une Histoire universelle, Paris, 1770-78, 3 vol. in- 1 2 ; la France illustre ou le Plutarque français, Paris, 1775-85. 4 vol. in-4 ; les Vies de Louis II de Bourbon , de Charles et de César de Choiseal (qui forment les tom. 24, 25, 26 des Hommes illustres de la France de d’Auvigny); la Vie de Mahomet, etc.
turpin de crissé (lancelot, comte), tacticien, né en 1710, lieutenant-général en 1780, puis gouverneur du fort de Scarpe à Douay, mort en émigration, a laissé un Essai sur l'art de la guerre , Paris, j 754 t 2 vol. grand in-8 ; Commentaires sur les mè-
TURQ
TURQ
moires de Montecuculli, Paris, 1769, 3 vol. in-4; Commentaires sur les Institutions de Véç/èce , Montai gis, 1770, 3 vol. gr. in-4; Commentaires de César avec des
notes historiques, critiques et militaires, 1785, 3 v. in-S.
TURPiN U.-Franç.) , botaniste et dessinatcui , *■ en 1775 à Vire, mort en 1840, alla à St-Domingue comme pharmacien en chef, et explora 1 île entière. De retour en France, il eut part à la rédaction de la Flore médicale, de la Flore parisienne, entra à l’Académie des Sciences en 1 83-3 , et rédigea pour cette compagnie d’intéressants mémoires sur les paities les plus délicates de l’organisation des végétaux.
TURQUIE ou EMPIRE OTTOMAN, un des plus vastes états du dobe, se compose de deux parties : la Turq. d’Europe et laT. d’Asie, auxquelles on peut joindre, en Europe, les 3 principautés tributaires de Servie, Valachie, Moldavie; en Asie, 1 Arabie; et en Afrique, l’Egypte et les régences de Tunis et de i ripoli,qui ne dépendent de laPorte que nominalement. Borné au N. par la Russie et la mer Noire, à 10. par tes États autrichiens et la mer Adriatique, au S. par ta Grèce, la Méditerranée et l’isthme de Suez, à 1 E. par la Perse, ce vaste empire s’étend de 13° a 46° long. E., de 25° à 48° lat. N.; il embrasse les contrées les plus célébrés et les plus florissantes del antiquité; néanmoins, sa population ne s’élève guère qu a 27 millions d’individus , dont 9 en Europe et le reste en Asie (les Turcs en forment à peine la moitié; le reste se compose de Grecs, Juifs, Arméniens, Syriens, Arabes, Francs, etc.). La capitale est Constantinople. Toutes les possessions turques en Asie et en Europe se partagent en gouvernements dits eyalets ou pachaliks , gouvernés par des pachas ; ces gouvernements, à leur tour, se subdivisent en sandjakats ou livahs, gouvernés par des sandjaks. — Les Turcs ont en général la physionomie grave-, ils sont grands, forts, mais indolents à l’excès. Ils dominent dans tout l’emp re:les autres races sont tenues dans l’a sujettissement, et sont confondues sous le nom injurieux de rajas (troupeau) ; les chrétiens surtout ont à subir toutes sortes d’avanies. L’islamisme (du rite sunnite) est la religion dominante, mais les autres re igionssont tolérées. La polygamie est permise. La langue est un des dialectes de celles du Turkestan; pauvre et dure, elle manque d’expressions pour tout ce qui a rapport aux arts et aux sciences. Les Turcs sont en effet presque uni ersellement étrangers à toute culture intellectuelle; leur littérature n’est guère qu’une imitation de celle des Persans et des Arabes. En fait de b aux-arts, les Turcs ne réussissent qu’à peindre ou à sculpter la nature inanimée (fleurs, arabesques, etc.) et à élever de jolies mosquées avec de hardis minarets. Legouvernementestdespotiquejle pouvoir est héréditaire dans la famille d’üthman. Le chef de l’état se nomme sultan , padichah ou grand-seigneur ; il réunit le pouvoir spirituel au pouvoir temporel, et se prétend successeur des califes. Les premiers personnages après lui sont : le grand-vizir (premier ministre!, le capilan-pacha (amiral), le defterdar (au trésor), le reïs-effendi (à l’extérieur), le kiaïa-bey (à l’intérieur), le tersom-emini (à la marine), etc. Ces officier», avec quelques autres, forment le divan ou conseil d’état. Le corps des ulémas , présidé par le mufti, a aussi part aux affaires, et limite jusqu’à un certain point le pouvoir du sultan. On nomme Porte ( Sublime-Porte , Porte Ottomane ) la cour de Turquie. Il n’y a point de noblesse dans ce pays. Le sultan ne peut se marier. La couronne passe généralement à Rainé de la famille, frère ou Dis (pendant longtemps les sultans à leur avènement massacraient tous les membres mâles de leur famille). L’administration est très mauvaise ; les pachas et sandjaks cumulent dans leurs provinces les pou voirs militaire, civil et financier, et y exercent toutes sortes d’extorsions. Les rajas paient seuls l’impôt .
qui n’est fixé que par le caprice des gouverneurs. On suppose que les revenus de l’empire turc montent à près de 400 millions de francs; mais le trésor n’en perçoit réellement pas la moitié. L armée régulière auj. ne dépasse pas 60,000 hommes, mais toute la population mahométane de l’empire est censée armée irrégulière ou milice.
Turquie d’europe. Cette contrée, qui correspond à la Thrace, la Macédoine, Vlllyrie, YEpire et la Thessalie des anciens, est généralement divisée par les Européens en cinq régions : Bulgarie, Bosnie avec la Croatie, Roumélie, Albanie, Macédoine avec la Thessalie ; mais ces divisions sont inconnues aux Turcs. Ils divisent tout le pays en trois grands gouvernements ou eyalets : lw eyalet de Roumélie ou Roum-Ili (comprenant les régions dites Roumélie propre, Bulgarie, Macédoine et Thessalie, Albanie ou Epire, Servie mérid.), ch.-l., Sophia et Monastir ; — 2° eyalet de Bosnie (comprenant Bosnie propre, Croatie, Herzégovine) ; ch.-l., Bosna-Seraï; — 3° eyalet des lies , ou Al-Djézaïr ( comprenant , outre les îles de Mételin, Rhodes, Chypre, Candie, Chio, Samos, etc., les villes continentales de Gallipoli en Europe, de Smyrne, d’Isnikmid, de Biga, etc. , en Asie) ; ch.-l. , Gallipoli. A ces divisions de la Turquie d’Europe il faut joindre les trois principautés tributaires : la Servie, la Valachie, la Moldavie, qui, depuis le traité d’Andrinople (1829), ne dépendent pVis guère que nominalement de la Porte. Longtemps aussi la Grèce propre, sous le nom de Livadie et Morée , ne fut qu’une des provinces de la Turquie. Deux chaînes de montagnes traversent la Turquie d’Europe , l’une , l’ancien Hémus , de l’O. à l’E. (elle se subdivise en Glioubotin, Tchardagh, Argentaro, Balkhan), l’autre, les anc. monts Candavii , du N. au S. (elle part du Tchardagh et court jusqu’à la Grèce ). Au N. de la première chaîne coulent la Save (affluent du Danube) et le Danube lui-même ; ces deux fleuves reçoivent à droite beaucoup d’affluents : l’Unna, la Bosna, le Drin septentr. (Morava), l’isker, etc. Dans la partie mérid. se trouvent à l’O. le Drin mérid., la Yoioussa, l’Aspropotamo ; à LE. la Salempria, le Vardari, leKara-sou, la Maritsa. Le climat, très varié, î est chaud hors des hautes montagnes. Les côtes, très découpées, surtout au S., offrent beaucoup de ports et de baies : Constantinople est un des plus beaux ports du monde. Le sol est très fertile en général, et, quoique mal cultivé, il produit beaucoup de grains, de fruits exquis, de plantes tinctoriales, potagères, oléagineuses, etc. Beaucoup de gros bétail, dont partie à l’état sauvage; vers à soie, abeilles, gibier, poisson en abondance. Argent et or (près de Ghiustendil), cuivre, fer, plomb, sel, houille, alun, marbre, etc. ; eaux thermales et minérales. Industrie médiocre : cependant les Turcs sont très habiles en quelques parties (essence de rose ou atar, préparation du safran, teinturerie rouge, velours et autres soieries; tapis; mousselines peintes, pistolets et sabres, fonderies de canons); mais en général ils n’inventent ni n’adoptent de procédé» nouveaux , et sont prodigieusement en arrière de l’Europe. Le commerce est très actif, mais à l’intérieur il se fait par les Grecs et les Arméniens ; à l’extérieur, ii est aux mains des Européens (Vénitiens et Génois autrefois; Français, Anglais et Autrichiens auj.). Quoique bien moins nombreux dans la Turquie d’Europe que les populations sujettes, les Turc» ne se sont jamais mêlés avec elles; ce qui a fait dire avoc raison que les Turcs ne sont que campés en Europe.
Turquie d asie. On la divise vulgairement en 6 grandes régions : Anatolie, Arménie, Kourdistan, Aldjézireh ou Mésopotamie, lrak-Arabi, Syrie; les Turcs y ont établi 18 eyalets environ, savoir : 6 dans l’anc. Asie-Mineure : Anatolie (ch.-l., Kutaieh); Caramanie 'ch.-l., Konieh); Sivas, Trébizonde, Adana, Marach
TURQ — 1807 — JURY
(chefs-lieux de même nom) ; — 3 en Arménie : Erzeroum, Van, Kars; — 1 dans le Kourdistan (l'Assyrie et la Gordyène des anciens) : Chehrezour (ch.-l., Kerkouk); — 4 dans l’Aldjézireh et l’Irak-Arabi (la Mésopotamie , la Baby Ionie, la Chaldée des anciens) : Bagdad, Diarbekir, Rakka, Mossoul ; — 4 en Syrie : Alep, Damas, Tripoli, Acre. — On trouve dans cette contrée le système Tauru-Caucasien, comprenant les chaînes du Taurus et de l’Anti-Taurus, dans l’Asie-Mineure et l’Arménie; du Liban et de l’Anti- Liban en Syrie; c’est là que coulent le Tigre, l’Euphrate, le Jourdain, le Kizil-lrmak (Halys) , etc. (Rour les détails sur la population, l'industrie, etc., de cette contrée, Y. les noms de chacune des grandes divisions).
Histoire. Les Turcs Ottomans ou Osmanlis , qui ne sont qu’une branche de la puissante famille turque (Voy. turcs), tirent leur nom d’un de leurs chefs ou émirs, Otliman ou Osman, dit le Briseur d'Os, qui, lors du démembrement de l’empire scldjoucide de Roum, s’établit vers 1300 à Karahissar (Apamée), en Phrygic, et prit le premier le litre de sultan; il s’agrandit aux dépens des principautés seldjoueides. Ses deux successeurs étendirent beaucoup l’empire : Orkhan conquit le reste de l’Asie- Mineure et mit le pied en Europe (1365); Amurat I prit Andrinople (1360), et soumit la Macédoine, l’Albanie, la Servie ; Bajazet I conquit la Bulgarie après la sanglante victoire de Nicopolis (1396), et menaça Constantinople : c’en était fait dès lors de l’empire grec sans l’invasion de Tamerlan et la défaite de Bajazet à Ancyre (1402). Mahomet 1 raffermit l’empire turc, Amurat II recommença les conquêtes et les progrès; enfin, Mahomet II prit Constantinople (1453) , et par cette importante conquête anéantit l’empire grec. Ce conquérant soumit ensuite rapidement le reste de toute la péninsule grecque, la Caramanie, l’empire de Trébizonde (1461), la Bosnie, la Yalachie (1463), la Petite-Tartarie, et pénétra jusqu’en Italie. La Turquie alors semblait menacer toute l’Europe occidentale. Elle grandit encore sous Sélim I, qui réduisit en provinces ottomanes la Syrie, la Palestine, l’Egypte(l5l7), prit la Mecque et acquit Alger (1620). "Soliman 11 y ajouta, en Asie, l’Aldjézireh, partie de l’Arménie, du Kourdistan , de l’Arabie; en Europe, partie de la Hongrie, la Transylvanie, l’Esclavonie, la Moldavie ; il enleva Rhodes aux Chevaliers (1 522) , après un siège mémorable, vint camper devant Vienne (1529),etajoutaàson nnpireTuuis (1534) etTripoli (1551). Sélim H enleva ihypre aux Vénit. (1570^; mais l’année suiv. la marine turque était anéantie à la bataille de Lépante (157 1); c’est de ce dernier événement que date la décadence de l’empire ottoman. Cette décadence ne marcha que lentement d’abord : malgré les fréquentes révolutions de palais (surtout de 1618 à 1622), malgré quelques pertes en Hcngrie (1595-1608), la Turquie obtint encore d’importants avantages : la guerre de Choczim lui donna quelques districts de la Pologne ; Ibrahim commença la guerre de Candie, qui finit par la conquête de cette île sous Mahomet IV (1669) ; mais à partir de cet instant , la décadence marcha rapidement. Les trois régences (Alger, Tunis, Tripoli) et même l’Egypte deviennent presque libres de fait. La grande guerre de 1682 à 1699, que termine la paix de Carlowitz, arrache presque toute la Hongrie aux Turcs; le traité de Passarovitz leur ôte etTemesvar et partie de la Servie, que toutefois ils recouvrent par la paix de Belgrade (1740). Les Russes, avec lesquels ilâ sont en lutte depuis 1672, commencent à obtenir la supériorité. Après la guerre de 1770 et 1774 (où la Porte figure comme alliée de la Pologne), elle perd la Bukovine et la Petite- Tartarie , qui est reconnue indépendante par le traité de Kutchuk-Kaïnardji. Cette même Tartarie devient province russe en 1783 ; la guerre de 1790 à 1792 consacre cet état de choses et enlève à la
Porte divers cantons du Caucase. De 1809 à 1812 nouvelle guerre et perte des provinces entre leDniep ’ et le Danube, assurées à la Russie par la paix deBucharest. En 1819, perte des îles Ioniennes (qui deviennent libres sous protectorat anglais). De 1820 a 1830, perte de la Grèce, définitivement affranchie pai la victoire de Navarin (1827); perte de partie de 1 Arménie turque, cédée à la Russie en 1829; à la suite d’une nouvelle guerre avec la Russie, la Valachie, la Moldavie, la Servie deviennent, par le traité d’Andrinople (1829), libres sauf tribut, sous garantie russe. En 1830, perte de l’Algérie, conquise par la France. En 1833, le pacha d’Egypte lève ouvertement l’étendard de la révolte, conquiert la Syrie, bat les Turcs à Konieh, et menace Constantinople] La Turquie, réduite alors à se mettre à la merci de la Russie, signe le traité d’Unkiar-Skelessi (1833) qui oblige le sultan à ouvrir le Bosphore aux Russes, en fermant les Dardanelles a*x autres puissances. Méhémct-Ali, poursuivant ses succès, remporte en 1839 la victoire de Nézib et s’empare de Candie; toutefois, 1 intervention des puissances européennes arrête sa marche, et même, en 1840, la Porte recouvre la cton(lu*se par les armes anglaises; en
18 il. Candie lui est restituée. Depuis cette époque, la Turquie s’efforçait, à la. faveur de la paix, de réparer ses pertes et de se régénérer en s’organisant à l’européenne, lorsqu’en 1853 une nouvelle agression delà Russie vint encore compromettre son existence : elle fut sauvée cette fois par les armes de la France et de l’Angl.: le traité du 30 mars 1856 assura son indépeu d .
Sultans ottomans.
Othmanl, 1287 ou 1299
Othman II,
Orkhan,
Mustapha I, 2*f.
Amurat I,
Amurat IV,
Bajazet I,
Ibrahim,
Soliman I,
Mahomet IV,
Mousa,
Soliman III,
Mahomet I,
Ahmed II,
Amurat II,
Mustapha 11,
Mahomet II,
Ahmed II'I,
Bajazet II,
Mahmoud I,
Sélim I,
Othman III,
Soliman 11,
Mustapha III,
Sélim II,
Abdoul Ilamid,
Amurat III,
Sélim III,
Mahomet III,
Mustapha IV,
Ahmed I,
Mahmoud 11,
Mustapha I,
Abdoul Medjid,
TURRETIN (Benedict) , d’une famille italienne de Lucques, qui avait quitté l’Italie pour exercer librement la religion réformée, né à Zurich en 1588 mort en 1631, fut pasteur et professeur de théologie à Genève, obtint des Provinces-Unies des secours pour Genève contre le duc de Savoie, et laissa des sermons et des écrits de controverse. — François Turretin, son fils, né à Genève en 1623, mort eD 1687, aussi pasteur et professeur de théologie à Genève, fut comme son père chargé d’une mission en Hoiiande. — J.-Alphonse Turretin, fils de François, né en 1672, mort en 1737, visita la Hollande, la France, l’Angleterre, puis se consacra au ministère évangélique, fut nommé, en 1697, profess. d’histoire ecclésiastique à Genève, tenta, sans y réussir, de rapprocher les diverses branches de l’église réformée etiaissa de nombreux écrits, rassemblés à Leeuwarden, 1775, 5 vol. in-4 ; les plus importants sont: Pyrrhonismus ponlificius, où il prétend réfuter YHis~ toire des variations de Bossuet ; llistoriæ eccle.xiasticœ compendium ad annum 1700 , Genève 1734. Toutes les œuvres des trois Turretin sont à 1 Index TURR1ERS (Basses-Alpes) ,à28k.N. E. deSisteron TURSI, ville du roy. de Naples (Basilicate), à 66 kil. S. de Matera ; 4,600 hab. Evêché (érigé en 1646), TllRYASSU, riv. du Brésil, naît dans le S. O. de la jgrov. deMaranham, la sépare de celle de Para, et
TWEE — 1808 — TYND
tombe dans l'Atlantique, pari0 30’ lat. S. Cours, 660 k.
TUSCALOOSA , ville des Etats-Unis, ch.-l. de l’état d’Alabama, sur le Tuscaloosa (affluent du Tombekbce), par 90° 2’ long. O. , 33° 12’ lat. N. ; 2, hab. Cette ville fut fondée en 1816. Académie.
TUSCIË, Tuscia , une des 17 prov. du diocèse d’Italie au ive siècle, comprenait l’Etrurie et l’Ombrie, et avait pour ch.-l. Florence. Ce nom vient de l’ancien nom de Tusci pour Etrusci (les Etrusques) , et a donné naissance au mot moderne Toscane. Dans le XIe siècle, la grande comtesse Mathilde prenait le titre de marquise de Tuscie et Spolèle.
TUSCULUM, auj. Ftascati , ville du Latium, au S. E., près de Rome, sur le penchant d’une colline, passait pour avoir été fondée par Télégone, fils de Circé et d’Ulysse. Le pays voisin , nommé Tusculanum , offrait des vallées délicieuses et était rempli de maisons de campagne. Cicéron s’y retira aprèsle triomphe de César : c’est là qu’il écrivit ses Tusculanes.
TUSIS, Tossana en italien, bourg de Suisse (Grisons), sur le Rhin, à 30 kil. S. de Coire; 600 hab. Entrepôt du commerce entre l’Allemagne et l’Italie.
TUY, Castellum ou Tudœ ad Fines , ville d’Espagne (Santiago), près du Minho, à 80 kil. S. O. d’Orense; 6,100 hab. Citadelle. Evêché, cathédrale, palais épiscopal. Linge de table, chapeaux communs, tannerie. Ville très ancienne; reconstruite par Ferdinand II, roi de Léon.
TVARTKO 1 ( Etienne ) , neveu et successeur du ban Etienne Colromanovitch, fut confirmé dans la possession du Banat par Louis I de Hongrie (1367), conquit la principauté de Zenta dans l’Herzégovine, 1366, et une partie du littoral servien ( 1373), se fit couronner en 1376 roi de Bosnie, Rascie, etc. ; attaqua la Dalmalie, fit encore quelques conquêtes, grâce aux troubles intérieurs de la Hongrie; mais fut enfin forcé de rendre hommage à Sigismond, roi de Hongrie (1388) ; s’étant allié aux Turcs après la bataille de Cassovie(l389), il put, avec leur aide, s’emparer de toute la Dalmalie. 11 mourut en 1391.
tvartko il ou tvarto skour , roi de Bosnie et Rascie (1396), eut presque continuellement à lutter contre deux compétiteurs, pilla l’Esclavonie à l’aide des Turcs ses alliés, se débarrassa de la suzeraineté de la Hongrie (que Sigismond avait rétablie en 1391), mais fit de vains efforts pour échapper à celle des Turcs (14 16). Il mourut sans postérité mâle en 1443.
TVER, ville de la Russie d’Europe, ch.-l. du gouvernement de Tver, sur le Volga, et sur la route de Moscou à Saint-Pétersbourg, à 176 kil. N. O. de Moscou; 26,000 hab. (plus, au printemps, 10,000 bateliers environ). Ville bien bâtie; cathédrale, palais archiépiscopal, hôlel-de-ville, hôtel du gouvernement, palais de justice, bazar, plusieurs belles places ; gymnase, institut pour la noblesse, etc. Industrie active, riche pêche, grand commerce par le Volga. Chantiers de construction de bateaux. — Tver ne fut d’abord qu’un fort bâti par Ysévolod, prince de Vladimir, 1182. Elle devint vers 1260 le ch.-l. d’une principauté particulière, plus grande que le gouvernement actuel de Tver, et qui ne cessa d’exister qu’en 1490, sous le czar Ivan 111. — Le gouvernement de Tver situé entre ceux de Pskov à 10., d laroslav à l’E., etc., a 384 kil. du N. E. au S. O., et au moins 1,300,000 hab. Le Volga le traverse. Climat froid et très variable. Rivières poissonneuses. Blé, chanvre, bois, toile, cuir, suif, gros bétail. Commerce actif.
TVERTSA, riv. de la Russie d’Europe (Tver), tombe à Tver dans le Volga : cours , 200 kil. Un canal la fait communiquer avec la Tsna, ce qui met en communication le Volga et la Neva.
TWEED, riv. de la Grande-Bretagne , naît en Ecosse dans le S. du comté de Peebles , dit aussi Tweeddale, traverse ceux de Selkirk et de Roxburgh, passe à Kelso , sénare ensuite l’Ecosse de l’Analc-
terre, reçoit le Teviot, et se perd à Berwick dam la mer du Nord, après un cours de 160 kil.
TWEEDDALE, comté d’Ecosse. Voy. peebles.
TW1CKENHAM, village d’Angleterre (Middlesex), sur la Tamise, à 16 kil. S. O. de Londres; 6,000 hab. Le comte d’Essex , Bacon , Pope , William Stanhope, y eurent leur maison de campagne.
TYANE, Tyana , auj .Ketch ou Nikdé, v. de Cappadoce, au S. O., en Cataonie, près du Sare, devint ch.-l. de la Cappadoce 2e (au iv« siècle). Le fameux imposteur Apollonius de Tyane y naquit.
TYBURN, bourg aux environs de Londres, près de Chelsea, est connu surtout par les fourches patibulaires que l’on y voyait autrefois. Il y passe un canal qui est un de ceux par lesquels Londres est approvisionnée d’eau.
TYCIIO-BRAHÉ , célèbre astronome, né en 1646 en Scanie, d’une des familles les plus nobles du Danemark, montra dès son enfance un goût déterminé pour les observations astronomiques, parcourut pendant cinq ans l’Allemagne et la Suisse pour visiter les observatoires et prendre connaissance des méthodes alors usitées, se fit connaître, en 1672, par les observations qu’il publia sur une étoile qu’on venait de découvrir dans la constellation de Cassiopée, fut chargé par le roi de Danemark Frédéric II d’enseigner l’astronomie à Copenhague, reçut en don de ce prince l’île de Hwen (entre Copenhague et Elseneur), pour y faire ses observations, y fit construire le magnifique observatoire dit Uranienbourg , et y résida pendant dix-sept ans (1680-97) ; mais depuis, moins bien traité par le successeur de Frédéric, il quitta sa patrie et se rendit en Bohême, oùl’emperesr Rodolphe II lui fit construire une belle retraite et lui fit une pension. Il mourut à Prague en l60i. Tycho-Brahé perfectionna surtout la théorie de la lune en découvrant la variation et l’équation annuelle de cet astre, et reconnut le cours des comètes. Egalement mécontent du système de Ptolémée et de celui de Copernic, il en créa un nouveau qui échappait aux objections faites contre le 1er, mais qui était moins d’accord avec les phénomènes que celui de Copernic : il imaginait que la terre était immobile au centre du monde, et que le soleil et la lune tournaient autour d’elle, tandis que Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne tournaient autour du soleil. Il partageait avec ses contemporains les erreurs de l’astrologie judiciaire. Tycho-Brahé eut la gloire de former Kepler. On a de lui, enlre autres ouvrages: Progymnasmata, Uranienbourg, 1687-89; Astronomiæ instauratœ mechanica , 1698; Historiée cœlestis libri XX, 1666 , posthume : c’est le recueil de ses observations.
TYCHSEN (Olouf Gerhard ) , grand orientaliste, né à Tondern dans le duché de Sleswig, en 1734, mort en 1816, savait i’arabe, l'éthiopien, l’hindousani , le tamoul et l’hébreu. 11 professa les langues orientales à l’université de Rostock , et fut conseiller aulique et vice-chancelier du duc de Mecklembourg. Tychsen travailla inutilement à la conversion des Juifs allemands et prussiens. 11 a rendu de grands services à la littérature orientale, en interprétant des inscriptions arabes écrites en caractères coufiques et en expliquant des monnaies musulmanes. Son principal ouvr. est l’ Introductio in rem nummariam Muliammedauorum, Rostock, 1794, in-8.
TYPEE, Tydeus , fils d’OEnée, roi de Calydon, tua involontairement Ménalippe, son frère, et se bannissant de sa patrie , trouva un refuge à la cour d’Argos , où il épousa Dciphile, une des filles d’ Adraste ; il accompagna Polynice au siège deThèbes, eï y périt. 11 laissa un fils unique, le célèbre Diomède.
TYNDALE (Wiil.), un des 1ers propagateurs de la Réforme, né en 160U dans le pays de Galles, reçut les ordres, adopta de bonne heure la doctrine de Luther, traduisit le Nouveau Testament en langue
TYR — 1309 — TYRO
vulgaire , fut pour ce fait chassé d’Angleterre, vint < en Allcmairue où il connut Luther, publia pu 1V26 satrad. â Anvers et commença a traduire Y Ane. Testament ; maisfut, à la demande de Henri VIII, arrêté par ordre de l’empereur et conduit à Augsbourg, où il fut étranglé, puis brûlé. Satraduct. estcondamnée.
TYNDARE , lils aidé d’OEba lus , roi de bparte, devait succéder à son père, mais fut privé du trône par Hippocoon, son frère, et se retira dans la Messénie; Hercule le rétablit dans ses états. 11 épousa Léda et en eut quatre enfants, Castor, Pollux, Hélène et Clytemnestre, que l’on nomme quelquefois Tyndarides, du nom de leur père.
TYNDARIDES. Voy. tyndare.
TYNDAR1S, ville de Sicile, sur la côte N., un peu àl’O. de Myles, fut submergée presque entièrement par la mer. Ce qui en reste est devenu une chapelle dite Santa-Muria di Tindaro. Régulas battit les Carthaginois à Tyndaris, l’an 257 av. J.-C.
TYNE, nom de deux petites riv. d’Angleterre, la Norih-Tyne et la Souih-Tyne, qui Be réunissent à Hexham, et séparent les comtés de Durham et de Northumberland. — Il y a une autre Tvne en Ecosse.
TY1NEMOUTH, ville d'Angleterre , à l’embouch. de la Tyne dans la mer du Nord, à 13 kil. E. de Newcastle; 10,000 hab. Château en ruines, élevé »ur un rocher. Bains de mer.
TYPHEE, Typhœus , géant célèbre, fils du Tartare et de la Terre , avait cent têtes et vomissait des flammes par ses cent bouches ; il était d’une taille prodigieuse. 11 fut le chef des géants qui escaladèrent le ciel; mais Jupiter le foudroya, et l’accabla sous le poids du mont Etna, ou, selon d’autres, sous l’île Inarime. Typhée fut père de Géryon et de Cerbère.
TYPHON , dieu égyptien, frère d’Osiris, était le principe du mal et de la stérilité. On lui donnait pour mère , mais plus souvent pour femme et pour Bœur, Netpé ou Nefté (la Terre, par opposition à Tpé, le Ciel). Osiris, son frère, lors de son départ pour la conquête du monde, lui laissa le gouvernement des déserts à l’E. de l’Egypte ; mais Typhon convoita l’Egypte même , et il l’eût envahie si Djom (ou Hercule) ne l’eût repoussé par ordre d’isis. Après le retour d'Osiris, ayant trouvé moyen de le faire entrer dans un coffre, il l’y enferma, le fit ainsi périr, et abandonna le cadavre au cours du Nil. Lorsque lsis eut mis ces tristes restes dans un cercueil, Typhon attenta au sépulcre et dispersa par tout le Delta le cadavre dépecé en 14 lambeaux. Le fils d'Osiris, Orus ou Haroéri, devenu grand, battit Typhon et le fit périr. On représentait Typhon avec des cheveux roux ou sous les formes de l’hippopotame, du verrat ou du crocodile. 11 avait souvent, auprès des grands temples consacrés aux dieux bons, de simples chapelles, dites chapelles noires ou Typhonium. On l’honorait surtout à Héracléopolis la Petite, dite aussi Typhonopolis .
TYR, auj. Sour , nom commun à deux villes da Phénicie, l’une sur la côte, au S. de Byblos, l’autre dans une île voisine. La première fut fondée vers 1900 av. J.-C. , et détruite en 572 par Nabuchodoncaor. Réfugiés dans l’île , les restes des Tyriens élevèrent alors la deuxième ville, qu’on peut regarder comme la continuation de la première. Les débris de la première Tyr se nommaient Palœ-Tyros ou Vieille-Tyr). Tyr avait deux ports; ses murailles étaient très fortes; le détroit qui la séparait du continent la rendait presque inexpugnable. Longlunps elle forma un état à part, qui était le plu3 riche de la Phénicie. Tyr brillait principalement par sa marine : on la nommait la Heine des mers. Son commerce s’étendait jusque dans l’Atlantique. La pourpre de Tyr n’avait point de rivale au monde. Gadès , Carthage, Utique étaient des colonies tyriennes. Son gouvernement était monarchique (sauf de 572 à 554 av. J.-C.); on connaît surtou» parmi
ses rois le cruel Pygmalion, frère de Didon. Son luxe et sa corruption égalaient ses richesses. Son culte tenait de ceux de la Phénicie. Melkart (dit V Hercule de Tyr), Astarté (ou Vénus), Thammouz (ou Adonis) étaient ses divinités principales. — La Nouvelle-Tyr fut prise en 332 par Alexandre , après Un long siège , et en joignant 1 île au continent par une digue gigantesque. Depuis ce temps, elle suivit le sort de la Syrie. L an 125 av. J.-C., les Tyriens obtinrent des rois de Syrie l’autorisation de se gouverner par leurs propres lois : de cette époque date une ère usitée en Syrie et dite ère de Tyr. Cette v. finit par tomber avec le reste de la Syrie sous le ioug des Romains, puis sous celui des Arabes, et enfin des Turcs. Prise par les Croisés, 1124, parles Fr., 1799.
TYRANN10N, grammairien géographe, natif du . Pont. Lucullus le fit prisonnier et esclave ; mais Mu> réna , son deuxième maître , l’affranchit. Il devint l’ami de Cicéron et ouvrit une école dans la maison de ce grand homme. 11 acquit de grandes ri ohesses et les employa à former une bibliothèque.
Il publia le premier à Rome les ouvrages d’Aristote.
TYRANS (les trente). Voy. trente.
TYRAS, rivière de Sarmatie, auj. le dniestr
TYRCONELL (R. talbot, comte de). Voy. talbot.
TYRNAU, ville de Hongrie (Presbourg), à 42 kil. N. E. de Presbourg; 5,100 hab. Jadis université, transportée à Bude en 1777. Nombre de monastères, d’où le nom de Peliie-Rome. Patrie de Sambucus. Victoire des Impériaux sur les Hongrois insurgés en 1705.
TYRO, fille de Salmonée, roi d’Elis, fut aimée de Neptune qui la séduisit en prenant la figure du fleuve Enipée, quelle aimait, et qui la rendit mère de Pélias et de Nélée (père de Nestor).
TYROL, partie orientale de la Rhétie des anciens contrée et grand -gouvernement de la monarchie autrichienne , borné au N. par la Bavière ; à l’O. par les Grisons ; à l’E., par l’illy rie et le cercle de Salzbourg; au S., par le roy. Lombard-Vénitien: environ 230 kil. en tous sens ; 800,000 hab. Ch.-l,, Innspruck. Division, 7 cercles (Haut et Bas-lnnthal, Pusterthal, Adige, Trente , Roveredo, Vorarlberg). Le Tyrol est traversé par de très hautes montagnes (Alpes rhétiques) , et est fort analogue à la Suisse;
1 Adige, l’Eisach, la Brenta, la Drave , le Lech y prennent leur source. Air froid et très vif; sol peu fertile, sauf au S.; agriculture bien entendue;: grains, vin, houblon, bétail, abeilles, vers à soie; on élève beaucoup d’oiseaux ( les serins du Tyrol s’exportent par toute l’Europe). Riches mines de fer, argent, plomb, houille, alun, marbre, albâtre; sources minérales et thermales. Industrie assez médiocre. Commerce actif. Les Tyroliens sont forts, agiles, simples, attachés aux usages de leurs ançêtres et très religieux ; ils sont excellents tireurs et bons musiciens; presque tous sont catholiques. Beaucoup émigrent (les Tyroliens allemands émigrent au printemps et reviennent chez eux passer 1 hiver ; les Tyroliens italiens partent vers l’hiver et reviennent vers l’été). — L’anc. Rhétie, après avoir appartenu aux ducs de Bavière Agilolûngs, puis à l’empire carlovingien et ensuite au roy. de Germanie, fut séparée en deux parties quand Boson fonda le roy. d’Arles :
1° la Rhétie occid. (depuis pays des Grisons), qui fut comprise dans le roy. d’Arles; 2° la Rhétie orientale, qui resta au roy. de Germanie. Nombre de comtés, seigneuries, etc., se formèrent dans cette dernière, entre autres les évêchés de Trente et de Brixen, les comtés de Goritz, Eppan, lllten, Andechs, Méran, la seigneurie de Castelbarco , etc. Un des moindres de ces fiefs était le comté de Tyrol ( ainsi nommé du petit fort de Terioli) , dont les propriétaires étaient de la maison de Goritz. En 1359, Marguerite à la Grande- Bouche , héritière de cette maison, céda le Tyrol et ses prétendons sur les autres propriétés de Goritz à la ma.son d’Autriche.
H. ih
UBAL — 1810 — UBER
qui n'a cessé de ie posséder depuis. Le Tyrol fut souvent l'apanage de princes de la maison d’Autriche. Une des branches de cette maison, après ia mort de Maximilien II, prit le nom de branche de Tyrol; elle arriva a l’empire en 1618, dans la personne de Ferdinand 11, et ne cessa qu’avec Charles VI. Le Tyrol fut en 1808 envahi et conquis par les armées française et bavaroise, et réuni un moment à la Bavière. 11 éclata dans ce pays en 1809 contre Napoléon une Insurrection dirigée par André Hofer, qui fut bientôt comprimée. Le Tyrol a été rendu à l’Autriche en 1814.
tyrol, Terioli en italien, bourg et ancien comté du Tyrol, sur la gauche de l’Adige, à 2. kil. de Méran, a donné son nom à tout le pays ( Voy . l’art, précédent). Aux environs, beau marbre. Sur un rocher voisin se voit encore le vieux château de Terioli.
TYRONE, comté d’Irlande (Ulster), entre ceux de Londonderry au N., d’Antrim à l’E., de Mona-
ghan et de Fermanagh au S., d’Armagh au S. E., de onegau a 10.; 315,t;00 hab. Chef-lieu, Omagh. Pays montagneux; pâturages, grains, fer, houille, etc. TYRREL (John). Voy. richard in»
tyrrel. (James) , historien, né à Londres eu 1642, mort en 1718, se lit de bonne heure connaître en défendant les idées libérales, combattit le Patriarche de Filmer, favorisa la révolution de 1688, composa dans ce but des Dialogues politiques., qui eurent une grande vogue, et fit paraître, de 1700 à 1704, une Histoire générale de l'Angleterre jusqu’à la fin de Richard 11 (6 vol. in-fol.); il y montre que les libertés des peuples ne sont pas des concessions des rois. Le mérite de cet ouvrage est de contenir de longs extraits des vieux historiens anglais.
TYRRHÈNES, Tyrrheni, nom qui passe pour synonyme d'Etrusci , mais qui l’est aussi de Pélasge, de sorte qu'il désigne, tantôt la population pélasgique de rÈtrurie (par opposition aux Rasena) , ou la population étrusque mixte , composée de Rasena et de Pélasges, tantôt diverses peuplades pélasgiques maritimes de l'Italie. Les anc. donnent aussi aux Tyrrhènes le nom de Lydiens , ce qui suppose qu’ils venaient de Lydie. Les Tyrrhènes étaient célèbres comme navigateurs, et surtout comme pirates.
TYRRHÉN1ENNE (mer), Tyrrhenum mare, dite aussi In/erum mare (par opposition à Superum mare qui se disait de l’Adriatique), partie de la Méditerranée entre la côte occidentale de l’Italie, la Sicile, et les deux îles de Corse et Sardaigne.
TYRTÉE, poète athénien. Les Lacédémoniens ayant, pendant la 2* guerre de Messénie, demandé par l’ordre de l’oracle des secours aux Athéniens, ceux-ci leur envoyèrent, comme par dérision, le poète Tyrtée, qui était boiteux et même borgne ; mais ce poète sut par ses chants belliqueux animer les Spar¬
tiates à tel point, qu’ils finirent par vaincre, 671 av. J.-C. En récompense, Tyrtée fut reconnu citoyen’ de Sparte ; on lisait ses poésies à l’armée rassemblée. On n'a de lui que trois fragments, qu’on imprime d'ordinaire avec les Gnomiques, et qui ont été donnés à part avec un commentaire de Klotz Alten bourg, 1764, et par Bach, Leipsik, 1831; traduit en prose française par Hautome, 1826, in-12, et en vers par F. Didot, 1826, in-8.
TYRWHITT (Thom.) , savant critique, né en 1730 à Londres, mort en 1786, fut quelque temps sous-secrétaire de la Chambre des Communes, et enfin garde du Musée britannique. Il a laissé, entre autres écrits: Explication de plusieurs inscriptions grecques (dunsVArchteo logia britannica, 1770, in-4); Dissertatio de Dabrio fabularum cesopicarum scrip~ tore (avec plusieurs fables d' Esope inédites), Oxford, 1776, in-8; etc. 11 a publié les Contes de Chaucer, avec un glossaire, 1778 ; les poèmes du pseudonyme Th. Rowley (Chatterton), etc.
TÏSDRUS, El-Jern , v. de la Byzaccne, près la v , act de Kairouan ; bel amphithéâtre romain. C'est là que les 2 premiers Gordiens furent élevés à l’empire.
TZAPAR-BAZARDJIK, Bessapara, ville de ia Turquie d’Europe (Roumélie), près de la Maritsa, à 36 kil. O. de Philippopoli ; 1 0,00; ) hab. Mur flanqué df tours. Bains thermaux, salpêtre.
TZAR ou TSAR. Voy. czar.
TZARITZIN, ville de la Russie d’Europe (Saratov), sur le Volga, à 400 kil. S. de Saratov; 2,300 hab. Melons exquis, eaux minérales. — Jadis Tzaritzin était le ch.-l. de la ligne militaire de Tzaritzin qui s étendait du Don au Volga.
TZARSKOÉ-SELO, ville de la Russie d’Europe (Saint - Pétersbourg) , à 26 kil. S. de Saint-Pétersbourg, et près de Sophia, sur la route de Saint-Pétersbourg à Moscou ; beau château et lycée impérial.
TZETZES (J.), poète et grammairien grec, né à Constantinople vers 1120, mort vers 1183, écrivait avec la plus grande facilité. 11 a laissé: Carmina Ilia ca, poésies tirées de l’histoire de Troie; des Allégories mythologiques, physiques et morales (en vers iambiques) ; les Chitiades (en 6 livres et en ver» politiques) ; des épigrammes et poésies diverses ; une Exégèse sur l’Iliade; des scholies 6ur Hésiode, but V Alexandra de Lycophron ; oelles-ci contiennent beaucoup de traits précieux (on les a attribuées, mais à tort, à son frère IsaacTzetzès). Il y a encore de Tzetzès beaucoup de scholies inédites. Les Chiliades se trouvent dans le Corpus poetarum grœcorum, Genève, 1614, t. 2, p. 274 ; la meilleure édition des Iliaques est celle de Bekker, Berlin, 1816, gr. in-8.
TZ1NTZONTZAN, ville du Mexique (Valladolid), à 16 kil. N. O. de Pascuaro; 2,500 hab. Jadis ch.-l. du Mechoacan.
N. B. Cherchez par Ou et par V ou
U, chez les anciens, était la même lettre que V. Pour l’usage de cette lettre dans les abréviations, Voy. ce qui est dit de la lettre V.
UATUMA, riv. du Brésil (Para), tombe dans l’Amazone au N. E. du lac Saraca : cours, 460 kil.
UBALP1NI (Ruggieri d’), archevêque de Pise en 1276, et l’un des principaux chefs des Gibelins, eut à lutter contre le perfide Ugolin de la Gherardesca, qui lui disputait la souveraineté dans Bise, s empara de sa personne, et le fit enfermer avec ses enfants dans une tour dont il jeta les clefs dans t’Arno et
W les mots qui ne seraient pas à TU.
où tous ces malheureux périrent de faim (vers 1288). Le Dante, dans son Enfer , a raconté ce terrible épisode des guerres civiles de Pise , ainsi que la cruelle vengeance qu’Ugolin exerce dans l’enfer sur le crâne de son meurtrier.
UBALD1S (balde de). Voy . bai.de.
UBAY, riv. de Bolivie. Vo.y. san-migüEL. UBEDA, Bœtula ? ville d’Espagne (Jaen), entre le Guadalquivir et te Guadalimar, à 30 kil. N. E. de Jaen; 15,800 hab. Enlevée aux Maures en 1239. UBERT1 (farinata degli), chef de la faction gibe-
UIST
line de Florence, fut chassé de sa patrie en 1250, mais, avec ]e secours de Muinfroi, qui régnait à Na-
f>les, il battit les Guelfes à son tour, et prit toutes es villes de la Toscane, Florence y comprise : il les garda jusqu’en 1266. 11 a été célébré par le Dante.
UB1ENS, Ubii, peuple germain, habitait d’abord à l’O. et à l’E. du Bhin, chez les Suèves, puis fut transporté par Auguste dans la Germarwiue 2', à FO. du Hhin , entre ce fleuve et la Roër, au N. des Treveri. Ils avaient pour capitale Oppidum Vbiorum, depuis Culonia Ayrippina (Gologne).
UB1QU1STES ou UBIQUITAIRES. On nomma ainsi au xvie siècle ceux des disciples de Luther qui détendant la présence réelle de J.-C. dans l’Eucharistie, prétendaient, pour soutenir cette doctrine, que le corps de J.-C. est partout ( ubique ), aussi bien que sa divinité. Ils étaient opposés aux Sacrameniaires. On remarque parmi les Ôbiquistes J. Lefebvre dit Schrniedlin , lllyrieus, Osiander.
UBR1QUE, Ogurris , ville d’Espagne (Malaga), à 80 kil. E. de Cadix ; 7,500 hab.
UCAYALE, riv. d’Amérique. F. amazones (fl. des). UCHORËE , roi d Egypte, 8e successeur d’Osymandias , et probaldement l’un des rois d’une des dynasties thébaines , fonda Memphis (suivant Diodore, le seul qui mentionne son nom). Le règne d’Uchorée est placé au xxn« siècle av. J.-C.
UCKER, riv. des Etats prussiens (Brandebourg), sort d’un lac de même nom près de Prenzlow, baigne cette ville, arrose la régence de Potsdam, celle de Stettin, et se jette dans la Baltique à Vekermtinde : cours, 40 kil. — Elle adonné son nom à la Marche de l’Ucker ou Marche Uckeraine. Voy. brandebourg.
UCLÈS, Urcesa ? bourg d’Espagne (Cuença), à 18 kil. S. O. de Huete ; 1,650 hab. Alphonse VI de Castille y fut battu par les Almoravides en 1108.
UDDEWALLA , ville et port de Suède (Goetheborg-et-Bohus); 4,000 hab. Commerce de bois de construction ; huîtres, goudron, etc.
UD1NE, Ulina , ville des Etats autrichiens, dan» le roy. Lombard-Vénitien, chef-lieu de la délégation d’Udine, sur la Roja , à 136 kil. N. E. de Venise; 18,200 hab. Archevêché, cathédrale , plusieurs palais, collège, observatoire. Soieries, liqueurs, blanc de céruse, ustensiles de cuivre. Commerce assez actif. Aux environs est le village et le château de Campo-Formio. Udine était jadis le ch.-l. du Frioul Yénitien, et fut ensuite celui du dép. de Passeriano. — La délégation d’Udine, formée du Frioul vénitien (Voy. frioul), appartient au gouvernement de Venise, et a pour bornes l’illyrie au N. et à l’E., l’Adriatique et la province de Venise au S., les délégations de Trévise et de Bellune à l’O. : 100 kil. en tout sens; 360,000 hab.
UDINE (martin d ), peintre. Voy. pellegrino. UDVARHELY, ville de Transylvanie (pays des Sieklers), ch.-l. de siège, à 100 kil. N. E. d’Hermanshult; 6, <>00 hab. Collège réformé. Tabac, miel.
UERDINGEN, Hordcomum , ville des Etats prussiens (YVestphalie), à 7 kil. N. E. de Crevelt; 2,000 hab. Huile de lin, graines, etc. Fondée parle Romain Hordeonius Flaccus ; fortiüée en 1330.
UGENTO , Uxenium , ville du roy. de Naples (Terre d’Otrante) , à 22 kil. S. E. de Gallipoli; 1 500 hab. Evêché. Cette ville fut saccagée par les Sarrasins au vin* siècle, par les Turcs en 1537. UGERNUM, v. de la Narbonaise, auj. beaucaire. UGOL1N. Voy. gherardesca (ugolin de la). UGOTSCH ou UGOCS (comitat d ), en Hongrie, dans le cercle au deià de la Theiss, entre ceux de Beregh au N., Szathmar au S., Marmaros à l’E.: 48 kil. sur 40; 41,000 hab. Ch.-l., Nagy-Szœllœs.
UHLANS ou HULANS, corps de cavalerie légère, armé de lances, que l’on trouve chez quelques puissances du Nord (Autriche, Pologne, Prusse, etc.). UIST, nom commun à deux des îles Hébrides .* la