‹ Dictionnaire universal d'histoire et de géographie contenant:Chapitre 113 sur 1261 · BARR — 168 — BARR · texte numérisé non relu

BARR — 168 — BARR

qu’un titre de noblesse conféré par le roi, et inférieur à celui de comte.

BARON (Michel boyron, dit), célèbre acteur, né h Paris en 1G53, fut l’élève et l’ami de Molière. Doué par la nature des plus heureux dons , il sut encore les perfectionner par l’art, et mérita d’être appelé le Roscius de son siècle. Après avoir parcouru quelque temps la province, il vint à Paris et s’engagea dans la troupe de Molière. A la mort de son ami, il passa à l’hôtel de Bourgogne. Il quitta le théâtre dans la force de l’âge et du talent, à 39 ans (1G91). Cependant, il reparut sur la scène après une absence de près de trente ans, à l’âge de 67 ans (1720); il semblait n’avoir rien perdu. Il mourut en 1729. A la fois grand comique et grand tragédien, il créa plus, desplus beaux rôlesdes pièces de Molière et de Racine. Baron a composé quelques comédies , dont la plus connue est l'Homme à bonnes fortunes. On a dit qu’il était non seulement l’auteur et l’acteur principal, mais aussi le héros de cette pièce. Son théâtreaété imprimé à Paris, 1759, 3 vol. in-12.

BARONET, titre de noblesse créé en Angleterre, en 1611, par Jacques I. Il vient après celui de baron et est héréditaire.

BARONIES (les), petit pays du H.-Dauphiné, au S., répond auj. à une partie du dép. de la Drôme ; 40 kil. sur 20 ; pays hérissé de montagnes. On y distinguait les 2 baronies de Mévoillon et de Montauban, d’où le pays tira son nom. Toutes deux furent réunies au Dauphiné par Humbert I et ses fils vers la fin du xnr siècle. Lieux principaux : 1° Mévoillon (en ruines) et les Ruys; 2° Montauban (village), Nyons, Mérindol, Condorcet.

baronies (les), partie du B.-Armagnac, avait pour eh.-î. Castelmayran.

BARONIUS (César), cardinal, né en 1538 à Sora, dans le roy. de Naples, mort en 1607, devint, en 1593, général de la congrégation de l’Oratoire en Italie. Le pape Clément VIII le choisit pour son confesseur et le nomma en 1596 cardinal et bibliothécaire du Vatican. Il fut deux fois sur le point d’être nommé pape. Il a composé des Annales ecclésiasliques, 12 vol. in-fol., Rome, 1588-1593: elles embrassent toute l’histoire de l’église depuis les premiers temps jusqu’en 1198. Malgré quelques erreurs de détail, surtout dans la partie chronologique, ce grand ouvrage est resté classique en son genre. 11 a été continué par Rainaldi et Laderchi. L’ouvrage entier a été réimprimé à Lucques, en 42 vol. in-fol., 1738-57.

BARONS (conjuration des) , formée après la mort d’Alphonse-le-Magnanime, roi de Naples et d’Aragon, contre Ferdinand, son fils, par les barons napolitains, qui lui opposèrent Jean I, duc de Calabre, fils de René d’Anjou (1461). Celui-ci, d’abord vainqueur, fut bientôt abandonné de ses alliés, et Ferdinand reçut, en 1464, la soumission de tous les barons napolitains. Vingt ans après, impatients du joug, les barons se soulevèrent de nouveau ; mais leur conjuration fut découverte, et Ferdinand, les ayant attirés dans son palais , les fit tous mettre à mort. San Severino, prince de Salerne, échappa seul à ce piège et s’enfuit en France à la cour de Charles VI II, où il fut un des plus ardents promoteurs de la guerre qui, quelques années plus tard, détrôna Ferdinand.

BAROUS, ville de l’île de Sumatra, sur la côte O., par 96° 7’ long. E., 2° lat. N. Capit. des Battus. Marché pour le camphre, le benjoin et l’or.

BAROUTCH, Baryyaza, ville de l’Inde anglaise (Bombay), à 110 kil. N. de Surate; 32,800 hab. Maisons en pierre; pagodes; citadelle. Mousselines. Grand commerce en riz, hufie, grains, coton.

BAR07.Z10, architecte. Voy. vignole.

BARR, ville de France (Bas-Rhin), ch.-l. decant., t 16 kil. N. de Schelestadt ; 4,100 hab, Industrieuse

et commerçante. Aux environs est une grande forêt, dite forêt de Barr, et une source minérale tiède dite de St-Ulrich.

BARRA ou BARRAH, état de la Nigritie occid.. entre ceux de Sir, de Badibou et la Gambie ; 88 kil. sur 66; 200,000 hab. Capit., Barra-Inding.

barra ou barra y, une des Hébrides, au S. de South-Wist; 13 kil. de long ; plusieurs ports; on y pêche la morue.

barra, ville du roy. de Naples (Naples), à 6 kil. E. de Naples; 4,600 hab.

barra-inding, capit. de l’état de Barra, au N. de la Gambie, à 288 kil. S. de St-Loui3.

BARRABAS, Juif qui avait été condamné à mort pour meurtre et qui se trouvait en prison au moment de la Passion de J.-C. Comme la coutume des Juifs était, à la fête de Pâques, de donner la liberté à un criminel, Pilate leur demanda qui de Barrabas ou de Jésus ils voulaient délivrer; dans leur aveugle haine, ils choisirent Barrabas.

BARRAL (l’abbé), né à Grenoble vers 1700, mort en 1772, vint à Paris, où il se voua à l’éducation de la jeunesse , et où il se fit estimer par ses qualités. Il était zélé janséniste. Il est surtout connu par un Dictionnaire historique, littéraire et critique des hommes célébrés , 6 vol. in-8, Paris, 1758, où il donne une grande place aux hommes de son parti; on a dit que c’était le martyrologe des Jansénistes fait par un convulsionnaire. On a aussi de lui un Dictionnaire portatif, historique , géographique et moral delà Bible, 1756, in-8; Dictionnaire des antiquités romaines, extrait de Pitiscus, 1766, 2 vol. in-8 ; Maximes sur les devoirs des rois, 1754, in-12, et quelques ouvrages de controverse.

BARRAS (Paul-Fr.-J .-Nie., comte de), l’un de3 directeurs de la république française, né en 1755 à Fos-Emphoux, village de Provence, d’une famille ancienne, entra de bonne heure au service , fut envoyé à l’île de France et dans l’Inde, où il concourut à la défense de Pondichéry ; se retira avec le grade de capitaine; vint à Paris, où il mena quelque temps une vie fort dissipée , et prit part aux premiers événements de la révolution. Élu député à la Convention par le département du Var en 1792, il siégea avec les Montagnards; l’année suivante il fut envoyé dans le Midi pour réprimer les mouvements des fédéralistes et des royalistes, et reprit Toulon sur les Anglais : au siège de cette ville, il distingua Bonaparte, qui n'était encore que capitaine. Nommé au 9 thermidor (27 juillet 1794) commandant de la force armée de Paris, il s’empara de la personne de Robespierre et délivra la France du règne de la Terreur. Chargé quelque temps après de défendre la Convention contre les insurgés, il dirigea la journée du 13 vendémiaire (5 octobre 1795), et, secondé par le général Bonaparte, dispersa le peuple par la mitraille. Lors de la création du Directoire (4 novembre 1795), il en fut nommé membre; U fut longtemps un des directeurs les plus influents , et forma aveo Rewbell et La Réveillère une espèce de triumvirat. Pour assurer leur puissance, ces trois directeurs firent le fameux coup d’état du 18 fructidor (4 septembre 1797), et proscrivirent un grand nombre de membres des deux Conseils. Mais bientôt après, le gouvernement du Directoire tomba dans le discrédit, et il fut renversé au 18 brumaire (9 novembre 1799) par le général Bonaparte. On assure qu’au moment où éclata cette révolution, Barras négociait pour replacer les Bourbons sur le trône, et qu’il devait recevoir 12 millions pour prix de ses intrigues Exclu à jamais du pouvoir, il se retira à Bruxelles, puis à Rome, et ne put revenir en France qu’à ia Restauration (1814). 11 vécut encore quelques années à Paris, dans une complète obscurité, et mourut en 1829, accablé d’infirmités. Barras était un homme de mœurs dissolues ; il était en outre avide d’argent.

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Ou l’accuse (l’avoir introduit dans l’administration la corruption et la vénalité.

BARRAUX, village de France (Isère), à 34 kil. N. E. de Grenoble, et à 2 kil. des frontières de Savoie; 1,300 hab. Place forte construite par Charles- Emmanuel, duc de Savoie (1596) ; prise parles Français (1597), qui l’ont gardée par le traité de Yervins (1598).

BARRE, ch.-l. de canton (Lozère), à 10 kil. S. E. d e Florac ; 500 hab.

BARRÉ (Yves), vaudevilliste, né à Paris en 1750, mort en 1832, fut d’abord avocat au parlement, puis greffier à Pau. Ue concert avec Piis, Radet, Desfontaines et d’autres, il fonda en 1792 le théâtre du Vaudeville de la rue de Chartres. Il en eut la direction jusqu’en 1815, et enrichit d’un grand nombre de charmants vaudevilles le répertoire de ce théâtre.

BARREA, ville du royaume de Naples (Abruzze Ultérieure 2e), à 31 kil. de Sulmone ; 1,100 hab. Hôpital.

BARREAUX (des), poëte. Voy. desbarreaux.

BARRÈME, ch.-l. de cant. (B.-Alpes), à 17 kil. S. E. de Digne; 800 hab.

BARRÊMË (Fr.), calculateur célèbre dont le nom est devenu proverbial, naquit à Lyon vers 1640, et mourut à Paris en 1703. Il a publié le Livre des Comptes faits , plus communément nommé le Barrême, 1670, souv. réimprimé ; le Livre nécessaire , contenant le calcul des intérêts; le Livre du grand commerce , contenant les changes, etc.

B ARRÉRE DE V1EUZAC. Voy. vieuzac.

BARRETT (J .-J. de), laborieux traducteur, né à Condom en 1717 , mort à Paris en 1792, était fils d'un Anglais qui avait suivi le roi Jacques II en France. Il fut nommé en 1762 professeur de langue latine à l’école militaire , et trois ans après inspecteur des études dans cet établissement. 11 a traduit les Offices de Cicéron , 1759, in— 12 ; les traités de l'Amitié, de la Vieillesse , le Songe de Scipion, 1760, in— 12 ; les Métamorphoses d’Ovide, 1778, 2 vol. in- 12; Y Histoire de Tacite, ouvrage posthume publié en 1811 par Delalain , 3 vol. in-12,- Y Histoire de Florence , de Machiavel, 1784, 2 vol. in-12; YÉloge de la Folie, d’Érasme, 1789, in-12; le Selectœ e profanis sous le titre d' Histoires et Maximes morales, etc., 1781, in-12; etc. •

BARR1A ou BAHR-ABAD , partie centrale de l’Arabie, comprend le Nedjed, habité par les Wahabites, et les vastes déserts compris entre l’Euphrate à l’E., la Syrie au N. O. et le Nedjed au S. Ces déserts sont parcourus sans cesse et en tous sens par un grand nombre de tribus nomades.

BARRICADES (journée des). Le 12 mai 1588, le duc de Guise, chef des Ligueurs, étant venu à Paris malgré la défense du roi Henri III, ce prince fit entrer des Suisses dans la ville, afin d’expulser le rebelle ; mais le peuple animé par les Seize barricada les rues avec des chaînes et des tonneaux, afin de s’opposer à la marche des troupes, et les força par ses attaques à reculer. Henri III effrayé quitta sa capitale le lendemain.

BARRIÈRE (P.), fanatique, né à Orléans, conçut le projet d’assassiner Henri IV. Dénoncé par le P. Banchi, auquel il s’était ouvert, il fut arrêté à Melun au moment où il allait exécuter le crime. Il fut rompu vif (1593). Ce misérable avait été d'abord batelier, puis soldat. Le Parlement accusa le P. Varade, recteur des Jésuites, de l’avoir poussé au crime, mais Henri IV prit lui-même la défense de ce père.

barrière (J. de la), instituteur de la congrégation des Feuillants, né en 1544 à St-Céré en Quercy, mort à Rome en 1600, fut nommé en 1562 abbé de Feuillant, au diocèse de Rieux; il réforma cette abbaye et imposa à ses moines des austérités excessives; sa nouvelle règle fut approuvée par Sixte- Quint en 1586. Pendant la guerre de la Ligue, il

resta fidèle à Henri III, ce qui lui attira des persécutions. Sixte-Quint, trompé par les ennemis de ce saint homme, le dépouilla de son abbaye et l’appela à Rome; mais il fut rétabli peu après par le pape Clément VIII , et mourut à Rome en odeur de sainteté.

BARRIÈRES (traité des), nom donné au traité particulier signé entre la France et la Hollande , le 29 janvier 1713, quelques mois avant le traité d’Utrecht, et par lequel cette dernière se réservait, sous la garantie de l’Angleterre, le droit de conserver des garnisons dans plusieurs villes des Pays-Bas espagnols. Mais forcés ensuite de rendre les plus fortes places parmi celles qu’ils avaient conquises, les Hollandais s’aperçurent trop tard de l’inutilité de ce traité. — Il ne fut ratifié par l’Autr. qu’en 1715.

BARROIS, ancienne province de France, faisait partie du grand-gouvernement de Lorraine et avait pour bornes au N. la Lorraine proprement dite et une partie de l’évêché de Verdun, au S. la Champagne et les Vosges. Capit., Bar-le-Duc. 11 dépendait pour le spirituel en partie de l’évêché de Verdun, en partie de l’évêché de Toul. On le divisait en Barrois royal ou mouvant , et Barrois ducal ou non mouvant. Le premier était situé sur la rive gauche de la Meuse et dépendait du parlement de Paris ; le deuxième était situé sur la rive droite et dépendait du parlement de Nancy. Le dép. de la Meuse représente auj. l’étend, du Barr. presque entier.— Ce pays, jadis habité par les Leuci , prit sous l’empire romain, au ive siècle, le nom de pagus Barrensis. Il fut ensuite enclavé dans le roy d’Austrasie , puis, au ix* siècle, compris dans le duché de H. -Lorraine ou de Mosellane. II eut alors une suite de comtes peu connus’. L’affaiblissement des Cariovingiens permit aux comtes de Bar de se rendre indépendants ; ils le furent en effet depuis 958 jusqu’en 1302. A cette époque, Henri III, comte de Bar, s’étant allié aux Anglais contre la France , fut battu , pris et conduit à Bruges. Pour obtenir sa liberté, il fut obligé do faire hommage au roi de France, Philippe-le-Bcl, de tout ce qu’il possédait sur la rive gauche de la Meuse. C’est de ce moment que date la distinction du Barrois mouvant (c.-à-d. relevant de la couronne) et du Barrois non mouvant. En 1354,1e comté de Bar fut érigé en duché en faveur de Robert, qui épousa Marie de France, fille du roi Jean. Le cardinal de Bar, étant resté seul des quatre enfants de ce prince, hérita du duché ; mais il en céda la propriété, en 1419, à son p.-nev. René, duc de Guise, qui fut plus tard duc de Lorraine. Depuis lors, le Barrois, tout en conservant ses droits, ses coutumes et sa juridiction particulière, suivit les destinées de la Lorraine.

BARROS (J. de), célèbre historien portugais, né vers 1496, mort en 1571, fut, sous le règne de Jean III, gouverneur -général des établissements portugais sur la côte de Guinée, puis trésorier et enfin agent général des colonies. Profitant des lumières que lui fournissait sa position, il rédigea, sous le titre d'Asie portugaise, Lisbonne, 1552 et années suivantes, une histoire des Portugais dans l’Inde, divisée en 40 livres, ouvrage classique pour le style autant que pour l’exactitude des faits , et qui a beaucoup contribué à fixer la langue. Cette histoire a été augmentée de 8 décades nouvelles par D. de Couto. Les deux ouvrages réunis ont été im«' primés à Lisbonne, 1778-88, 24 vol. in-8.

BAR HO W (Laac), sa ant angl., né à Londres en 1630, m. en 1677, fut philologue, mathématicien et théologien, llobtinten 1660 unechairedi-grecàCambridge ; en 1662, il fut chargé d’une chaire de mathématiques et eut la gloire de compter Newton au nombre de ses élèves ; il fut reçu en 1662 à la Société royale. En 1669.11 résigna sa chaire de mathéma*

tioues en faveur de Newton, se livra tout entier à la

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