‹ Dictionnaire universal d'histoire et de géographie contenant:Chapitre 1171 sur 1261 · ARTA · texte numérisé non relu

ARTA

AUDO

ARLINCOURT (Victor Prévost, vicomte d’), romancier, né en 1 7 89, au château de Mérantris, près de Versailles, mort en 1850, était fils d’un fermier général qui fut une des victimes de la Révolution. Nommé par Napoléon auditeur au Conseil d’État, il se rallia en 1814 aux Bourbons, et fut aussitôt fait par Louis XVIII maître des requêtes. Jouissant d’une belle fortune , il quitta les affaires après les Cent-jours pour se livrer aux lettres. Il publia en 1818 un poème épique, Charlemagne ou la Caroléide, où l’on blâma un 'plan étrange et une versification bizarre; ce poème ayant eu fort peu de succès, il se réduisit au roman. Il donna en 1821 le Solitaire , dont le sujet était emprunté au moyen âge et qui, malgré l’exagération du sentiment, malgré un style ampoulé et des inversions forcées, eut une vogue prodigieuse parce qu’on y trouvait de l'imagination et de l’intérêt. Cette œuvre fut suivi e d e quelques autres romans où l’on rencontre, presque avec le même fond, les mêmes qualités et les mêmes défauts : V Étrangère, le Renégat , lpsiboé.' Blessé dans ses sentiments monarchiques par la révolution de 1830, le vicomte d’Arl incourt attaqua le nouveau gouvernement dans des romans allégoriques dont le titre fait assez connaître l’esprit : les Rebelles sons Charles F, Bannissement et retour de Charles VII, le Brasseur roi, etc. Cet écrivain, qui avait joui d’une si grande vogue sous la Restauration, eut la douleur de se voir, avant de mourir, presque entièrement oublié.

ARRIGHI de Casanova (Jean-Toussaint), duc de Padoue, né en Corse en 1778, mort en 1853, appartenait à l’une des grandes familles du pays, alliée à celle des Bonaparte. Il s’engagea à 16 ans , fut nommé à 20 ans capitaine sur le champ de bataille de Salahieh, en Égypte (1798) et à 22 ans chef d’escadron après la victoire de Marengo ; se distingua également aux batailles d’Austerlitz, de Friedland; fut fait colonel à 24 ans, général de brigade à 29, général de division à 31 , après la bataille d’Essling ( 1 809) et fut en même temps créé duc de Padoue. Chargé, en 1812, de la défense descôtesdepuisl’Elbejusqu’àla Somme, ilorganisa rapidement 67 cohortes de garde nationale, avec lesquelles il repoussa les attaques des Anglais contre la Hollande. Il joua un rôle important à la bataille de Leipsick (1813), défendit pied à pied, pendant la campagne de France, le sol de la patrie, depuis Châlons jusqu’à Paris; fut proscriten 1815, ne put rentrer en France qu’en 1820, et fut depuis laissé en disponibilité Élu en 1849 représentant de la Corse à l’Assemblée nationale , il fut nommé en 1852 sénateur et gouverneur des Invalides.

ARTAUD de Montor (le chevalier Al. -Frédéric), membre libre de l’Académie des inscriptions, président de la Société des bibliophiles, né à Paris en 1772, mort en 1849, avait émigré et combattu dansl’armée de Condé. Rentré en 1798, il suivit la carrière diplomatique et fut' longtemps chargé d’affaires à Rome et à Florence. Mettant à profit son expérience en diplomatie , sa connaissance approfondie de la langue italienne et sa résidence sur les lieux, il composa plusieurs ouvrages estimés sur l’histoire , l’art et la littérature en Italie : Considérations sur la peinture en Italie avant Raphaël, 1808 et 1811; Voyage dans les cata combes de Rome, 1810; Machiavel, son génie et ses erreurs , 1833; l'Italie, 1834 (dans l'Univers de Firmin Didot) ; Histoire du pape Pie VII, 1836: c’est son principal titre; — de Léon XII, — de Pie VIII; Ilist. des souverains pontifes romains , 1847-49. On lui doit, en outre, une trad. de Dante , 1811 et 1828, et une Ilist. de ce poète, 1841 . — Un autre Artaud (Antoine), 1767-1838 , né à Avignon, conservateur du musée de Lyon, puis directeur de l’École des Beaux-Arts de cette ville,

est connu comme antiquaire. On lui doit, outre une Notice des antiquités et des tableaux du musée de Lyon, de curieuses recherches sur les Mosaïques.

Artaud (Nie. -L. -Marie), un des membres les plus éminents de l’Université, né à Paris en 1794, mort en 1861, fit de solides études à Sainte-Barbe, entra à l’École normale en 1812, professa successivement à Douai , à Lille età Paris (collège Louisle-Grand); fut suspendu en 1824 pour avoir écrit dans des journaux d’opposition; devint successivement, après la révolution de 1830, inspecteur de l’Académie de Paris, inspecteur général (1835) , enfin vice-recteur de l’Académie de Paris (1858), -fonctions qu’il conserva jusqu’àsa mort- Il a publié divers écrits, parmi lesquels on estime surtout ses traductions de Sophocle i, d’ Euripi de et d’ Aristophane , qui réunissent l’élégance à l’exactitude. Gomme administrateur, il se fit remarquer par sa fermeté.

ATTERBOM (Daniel-Amédée), littérateur suédois. né en 1790 à Asko (Gothie orientale), mort en 1855 à Stockholm, fonda en 1807 la Société de l’Aurore , qui se proposait d’affranchir la littérature suédoise de l’influence française ; publia dans ce but (1810-1813) une revue littéraire, le Phosporos, et devint le chef d’une école qu’on appela de là l’école phosporite. Professeur à l’Université d’Upsal. il y enseigna successivement l’histoire, la philosophie, l’esthétique. Il est surtout connu par un recueil de romances , les Fleurs , par un poème, l’Ile du bonheur, et par ses recherches sur les Bardes et les Scaldes suédois.

AUDIN (J.-V.-M.), écrivain, né à Lyon en 1790, mort en 1851 , avait été longtemps libraire à Paris. Après s’être essayé dans la critique littéraire et la politique, il se consacra à des recherches sur l’histoire de la religion, et écrivit du point de vue catholique plusieurs monographies qui lui ont fait un nom : Histoire de la St-Barthélemy 1826 ; Ilist. de la vie , des écrits et de la doctrine de Luther , 1839; Hist. de Calvin , 1841 ; — deLéonX , 1844; — de IlenriVIII , 1850: ces 4 dernières histoires ont été réunies sous le titre d'Ét udes sur la Réforme, 9 vol. in-8. Les ouvrages d’Audin sont rédigés sur des pièces originales, mais déparés quelquefois par l’affectation d’un style romantique. C’est à Audin qu’on doit la plupart des Guides du voyageur connus sous le pseudonyme de Richard.

AUDOUIN (Pierre), habile graveur de Paris,

1 768-1 822 , grava d’après le Corrége, Raphaël, Lesueur, etc. Il s’était (déjà fait connaître par de beaux morceaux, parmi lesquels on remarque le Christ au tombeau , la Vierge dite la Belle Jardinière, la Charité, lorsqu’il fut choisi, au retour des Bourbons, pour graver les portraits des princes de la Famille royale , ainsi que des souverains étrangers et des principaux personnages de l’époque ( Alexandre , Wellington, M arm, ont , etc.), ce qui lui valut le titre de graveur du roi.

Audouin (Victor), naturaliste, né en 1797 , à Paris, mort en 1841, se fit recevoir médecin, mais sans se destiner à la pratique , fut nommé en 1823 sous-bibliothécaire de l’Institut, créa en 1824 les Annales des Sciences naturelles, suppléa, dès 1825, au Muséum , Lamark et Latreille; obtint, à la mort de ce dernier, la chaire d’entomologie ; parcourut, de 1826 à 1829, avec M. Milne- Edwards, les côtes de Normandie et de Bretagne, publia en 1832 le fruit de ses observations sous le titre d’ Histoire naturelle du littoral de France, et s’adonna spécialement depuis à l’étude des insectes nuisibles à l’agriculture et des moyens de les détruire. Il avait été admis en 1838 à l’Académie des Sciences (section d’économie rurale). Parmi ses mémoires, on remarque ceux qu’il rédigea siir les Crustacés (1828) , où il décrit la circulation du sang dans ces animaux; sur la

BALB

Page 1