BIOT
des équivalents, ainsi qu’un Traite’ du chalumeau : ces deux traités ont aussi été trad. en français (le lor en 1812 et 1835, le 2e en 1821, par Fresnel). Enfin il publia, à partir de 1822, un Compte rendu annuel des progrès de la chimie et de la minéralogie, recueil précieux qui contient l’exposition et l’appréciation des travaux faits en chimie dans tous les pays : il le continua jusqu’à sa mort. Berzélius était depuis 1832 associé de l’Institut.
BEUGHOT ( Adr.-J.-Quentin ) , bibliographe , né en 1773 à Paris, mort en 1851, était fils d’un avocat. Il quitta le notariat pour se livrer à ses goûts littéraires, prit part à la rédaction du Nouvel Almanach des Muses et de la Décade philosophique , fut l’un des principaux collaborateurs de la Biographie universelle , rédigea à partir de 181 1 la Bibliographie de la France , journal général de l’imprimerie et de la librairie, et continua jusqu’à la fin de 1847 cette publication, à laquelle il sut donner de l’intérêt par les précieuses informations qu’il y insérait. Il fut élu en 1834 bibliothécaire de la Chambre des Députés. On lui doit plusieurs grandes éditions qui se recommandent par la bonne distribution des matières et par des recherches qui prouvent autant de goût que d’érudition : on estime surtout celles de Baylc[\6vo[. in-S, 1820-24) et de Voltaire (72 vol. in-8, 1831-41).
BEUDANT (Franc. -Sulpice) , minéralogiste, né à Paris en 1787 , mort en 1850, entra à l’Ecole normale dès sa fondation, professa les sciences aux lycées d’Avignon et de Marseille, fut en 1814 chargé par Louis XVIII de transporter d’Angleterre en France son cabinet de minéralogie, et fut à son retour nommé sous-directeur de la collection; fit en 1818 un voyage d’exploration scientifique en Hongrie, obtint en 1822, à la mort d’Haüy, son ancien maître, la chaire de minéralogie de la Faculté des sciences de Paris, fut en 1824 admis à l’Institut, et devint en 1840 inspecteur général de l’Université. On lui doit de savantes recherches sur les rapports intimes de la composition chimique des minéraux avec la cristallisation et surl’isomorphisme, d'aprèslesquelles il réforma la classification et la nomenclature minéralogiques. Outre un grand nombre de mémoires (dans le Recueil de V Académie des Sciences, les Annales de chimie, des mines , etc.), il a publié un Cours des sciences physiques, 1821-1824, où se trouve exposé son système de classification. Il l’abrégea en 1841 et le fit entrer dans le Cours élémentaire d'histoire naturelle rédigé avec MM. A. de Jussieu et Milne-Edwards. Il avait dès 1822 fait paraître son Voyage minéralogique et géologique en Hongrie, 4 vol. in-4.
BEUGNOT (Jacq. -Claude, comte), ancien ministre, né en 1761 à Bar-sur- Aube, mort en 1835, fut élu par son département procureur général syndic de l’Aube (1790), puis député à la Législative (1791), soutint dans cette assemblée la monarchie constitutionnelle, et fit décréter d’accusation Marat pour ses provocations incendiaires, fut emprisonné sous la Terreur, devint après le 18 brumaire préfet de la Seine-Inférieure, puis conseiller d’Etat, organisa en 1807 le nouveau royaume de Westphalie et en 1808 le grand-duché de Berg et obtint en récompense le titre de comte ; se rallia de bonne heure aux Bourbons , reçut en 1814 du gouvernement provisoire le portefeuille de l’intérieur, et de Louis XVIII celui de la marine, accompagna le roi à Gand, mais fut écarté par le parti extrême après la 2e restauration , et ne reçut que le vain titre de ministre d’Etat. Député de la Haute-Marne dès 1815, il siégea au cen- .tre gauche et se montra ennemi de tout excès. Dans les derniers moments de la Restauration , il fut élevé à la pairie. Il a laissé des Mémoires.
— Son fils, M. Arthur B., né en 1797, pair de France sous la monarchie de Juillet, représentant du peuple à l’Assemblée nationale , s’est fait connaître par de savantes recherches historiques ( Institutions de Saint-Louis, 1821 ; les Juifs d' Occident , 1824; Destruction du paganisme en Occident , 1832, etc.), qui lui ont valu un fauteuil à l’Académie des inscriptions.
BEYLE (Henri), romancier. Voy. Stendhal.
BIGNAN (Anne), littérateur, né à Lyon en 1795, mort en 1861, débuta par de brillants succès de collège, obtint plusieurs prix dans les concours de poésie de l’Académie française, publia divers recueils de Poésies , qui se recommandent par l’élégance et la correction classique plutôt que par la chaleur et l’originalité, et trouva un meilleur emploi de son talent dans des traductions en vers. Celles qu’il a données de l'Iliade (1830), de l'Odyssée (1840), des Beautés de la Pharsale (1859), formentses principaux titres littéraires. Il s’est aussi essayé, mais avec peu de succès, dans le roman historique ( Une Fantaisie de Louis XIV , 1833: Louis XIV et le cardinal de Fleury , 1834).
BIGNON (L. -Pierre-Édouard), diplomate , né en 1771 à la Meilleraye (Seine-Inférieure) , mort en 1 84 1 , était fils d’un teinturier de R »uen. Engagé volontaire en 1792, il fut remarqué de son général, qui le prit pour secrétaire, devint en 1798 secrétaire de légation, remplit avec succès de nombreuses missions sous l’Empire (en Suisse, en Piémont, à Berlin, à Cassel, à Carlsruhe , à Vienne, à Varsovie , où il dirigea les affaires pendant 4 ans) , administra avec autant de modération que d’intégrité plusieurs des pays conquis , reçut en récompense le titre de baron, fut un des plénipotentiaires français à Dresde (1813), accepta les fonctions de sous -secrétaire d’Etat aux affaires étrangères pendant les Cent-Jours, et se vit en cette qualité forcé de signer la fatale capitulation de Paris (3 juillet 1815). Député depuis 1817 , il défendit constamment les libertés publiques et fut un des plus redoutables adversaires du gouvernement de la Restauration. Après la révolution de 1830, il tint quelques instants le portefeuille des affaires étrangères: il fut élevé à la pairie en 1837. Napoléon, appréciant sa capacité diplomatique, lui avait légué 100000 fr., en l’invitant à écrire une Histoire de la diplomatie française depuis le 18 brumaire (1799) jusqu'à 1815 : Bignon accomplit religieusement cette honorable tâche. A sa mort, il avait déjà publié 10 vol. de ce grand ouvrage (1827-38). Son gendre, M. Ernouf de Verclives, l’a complété en publiant quatre autres volumes, dont la rédaction était presque entièrement terminée. On a en outre de Bignon de nombreux écrits de circonstance, Des proscriptions , 1819; le Congrès de Troppau, 1821 ; les Cabinets et les Peuples, 1822; des Discours et Opinions politiques (sur la liberté de la presse, le recrutement, les élections, les finances, etc.), aussi remarquables par la lucidité que par la force des arguments. Bignon fut admis à l’Académie des Sciences morales dès son rétablissement (1832). M. Mignet a lu à cette Académie une Notice historique sur ce diplomate.
BIOT (J. -B.), savant célèbre, né à Paris en 1774, mort en 1862. entra à l’École polytechnique dès sa fondation, fut appelé en 1800 à la chaire de physique au Collège de France, chaire dont il conserva le titre jusqu’à sa mort; entra dès 1803 à l’Académie des sciences, fit en 1804 une périlleuse ascension aérostatique avec Gay-Lussac, accompagna en 1806 Arago en Espagne, pour y terminer la triangulation de la méridienne, et fut nommé en 1809 professeur de physique à la Faculté des sciences de Paris. Il joignit aux tra-