JÉRÔME, 1784- 1860 , roi de Westphalie de 1807 à
1813 , dit le comte de Montfort depuis
1814, marié en 1807 à une princesse de Wurtemberg , morte en 1835; père de :
1 Napoléon-Achille Murat, né en 1801, mort en 1847 aux États-Unis ;
Lucien-Napoléon Murat, né en 1803.
I Jérôme Napoléon, 1S14-1S47; Mathilde, née en 1820, mariée en 1841 au prince Anatole Demidoff; Napoléon-Joseph, né en 1822, marié en 1859 à Clotilde, fille du roi de Sardaigne, dont il a eu le prince Napoléon-Victor , né en 1862.
En vertu des sénatus-consultes des 28 floréal an xn et 5 frimaire an xm, l’hérédité de la dignité impériale, à défaut de descendance mâle de Napoléon, devait être dans la famille de son frère Joseph, et subsidiairement dans celle de Louis.
M. F. Wouthers a publié en 1850 l 'Histoire de la famille Bonaparte depuis 1815; M. Émile Bégin, V Histoire de Napoléon et de sa famille, 1854.
Bonaparte (Mme'), née Letizia Ramolino , femme remarquable à la fois par sa beauté et par la dignité de son caractère, naquit en 1750 à Ajaccio, épousa à 17 ans Charles Bonaparte, assesseur à la juridiction d’Ajaccio , qui la laissa veuve dès 1785, avec 8 enfants; se consacra tout entière à l’éducation de sa nombreuse famille, trouva quelque a ppui, pour l’accomplissement de cette tâche difficile, dans 1a. protection du comte de Marheuf, gouverneur de la Corse; se réfugia à Marseille quand Paoli eut livré la Corse aux Anglais, et y vécut quelques années dans une honorable pauvreté; vint se fixer à Paris après le 18 brumaire, reçut à l’avénement de l’Empereur les titres de Madame-mère, d 'Altesse impériale , mais n’en vécut pas moins avec la plus grande modestie, étrangère aux affaires et ne voulant être que la Protectrice des établissements de charité. En 1814, elle se retira à Rome, où elle fut traitée avec les plus grands égards : c’est là qu’elle m. en 1830. Elle était depuis plusieurs années infirme et affligée de cécité. Justement fière d’un fils tel que Napoléon, ellenequitta jamais le deuildepuissa mort.
Bonaparte (Joseph), frère aîné de Napoléon, né en 1768 à Ajaccio, mort en 1844 à Florence, était destiné au barreau, et venait d’épouser Julie Clary, fille d’un négociant de Marseille, quand l’élévation de son frere l’appela aux affaires publiques. Il fut, en 1796, nommé par la Corse député au Conseil des Cinq-Cents, puis envoyé en ambassade à Rome ( 1797 ); mais il quitta cette
ville après le meurtre du général Duphot , son aide de camp. Il signa la paix de Lunéville (1801) et celle d’Amiens ( 1 802), reçut le titre de prince impérial quand son frère eut été couronné, fut placé en 1806 sur le trône de Naples, où il se fit aimer du peuple, mais sans pouvoir rallier les nobles ; échangea en 1808, bien à regret, la couronne de Naples contre celle d’Espagne, eut sans cesse à lutter contre ses nouveaux sujets, se vit deux fois forcé de quitter sa capitale, et rentra définitivement en France en 1813, après la défaite de Vittoria. Lieutenant général de l’Empire en 1814 et aux Cent- Jours, il ne put maîtriser les événements," quitta Paris à l’approche des alliés, et accompagna l’impératrice à Blois. Après Waterloo, il se réfugia aux États-Unis, où il vécut onze ans sous le nom de comte de Survilliers , s’occupant surtout d’agronomie , puis revint en Europe, où il habita successivement l’Angleterre et l’Italie. Homme sage , bon, simple dans ses manières, Joseph n’avait pas les qualités propres au rôle élevé que son frère lui fit jouer. Il aimait et cultivait les lettres; cependant c’est àtort qu’onluiaattribué un poème en lu chants intitulé Napoléon , et consacré au héros de sa famille (ce poème est de M. H.-L. Lorquet, professeur à l’île de France, qui le publia dans cette île en 1822, sous la rubrique de Philadelphie). Le roi Joseph a laissé des Mémoires et une Correspondance, qui ont été publiés par M. du Casse, de 1852 à 1854 (Paris, K) vol. in-S) , et qui jettent un grand jour sur l’histoire de l’Empire. Il laissa deux filles (Voy. le tableau ci-dessus).
Bonaparte (Louis), né en 1778 à Ajaccio, mort en 1846 à Florence, fut, dès l’âge de 16 ans, aide de camp de son frère à l’armée d’Italie , le suivit en Égypte; fut marié en 1802, presque malgré lui, à la fille de Joséphine, Hortense de Beauharnais, avec laquelle il ne sympathisait pas et dont il finit par se séparer ( Voy. Hortense); reçut , à la création de l’Empire , le titre de grand connétable; organisa enl8< 5, avec une merveilleuse rapidité, l’armée du Nord, à la tête de laquelle il occupa le territoire de la République batave ; quitta loyalement le pays aux premières nouvelles de la paix, ce qui lui concilia l’estime des habitants; fut élevé en 1806 sur le trône de Hollande, et sut se faire aimer dans son royaume, mais abdiqua en 1810, quand il vit qu’il ne pouvait pas y faire le bien et qu’il connut les projets de Napoléon, qui ne tarda pas en effet à reunir la Hollande à l’Empire. Ce prince philosophe vécut depuis dans la retraite sous le nom de comte de Saint-Leu , et resta étranger au retour de Napoléon en 1815. Il a publié des Documents historiques sur le gouvernement de la Hollande (3 vol. in-8, Paris, 1820), ouvrage précieux pour l'histoire , mais où Napoléon n’est pas épargné. Comme Lucien et Joseph, il cultiva les lettres. Il avait en 1814, dans un Essai sur la versification , proposé de substituer le rhythme à la rime en scandant les vers suivant la distribution des accents prosodiques; il voulut même appliquer ce système et composa quelques poésies en vers rhythmiques ( Lucrèce , tragédie ; llulh et Noémi, opéra-comique); mais cette tentative n’eut aucun succès. On a encore de lui des Odes (Vienne, 181 3) et des Poésies diverses (Florence , 1828), où l’on trouve, avec une philosophie douce, de nobles sentiments exprimés en beaux vers ; un roman, Narie ou les Peines de l'amour (publié dès 1800, réimprimé en 1 81 4 sous le titre de Marie ou les Hollandaises ), roman qui paraît être sa propre histoire.— De trois enfants qu’il avait eus d’Hortense’ {Voy. le tableau ci-dessus), un seul survit : c’est le prince Louis-Napoléon, aujourd’hui empereur.
Bonaparte (Caroline), née en 1782, morte ep
BONA