BORY
1839, fui mariée en 1800 à Murat. Devenue grandeduchesse de Berg, puis reine de Naples, elle se montra digne de ce haut rang, favorisa les arts et les artistes, encouragea les fouilles de Pompéi, et créa à Naples des établissements utiles dont plusieurs subsistent encore. Déclarée régente quand Murat eut été forcé de quitter Naples, elle assura la tranquillité publique , ne s’éloigna qu’après avoir stipulé avec le commodore anglais pour les intérêts de ses anciens sujets, puis se retira au château de Baimbourg près de Vienne, où elle s’occupa exclusivement de l’éducation de ses enfants. Après 1830, elle se réunit à sa famille en Italie. Depuis qu’elle avait quitté le trône, elle avait pris le titre de comtesse de Lipona (anagramme de Napoli , nom italien de Naples).
Bonaparte (Jérôme), le plus jeune des frères de Napoléon, né en 1784 à Ajaccio, mort à Paris en 1860, servit d’abord dans la marine, prit part à l’expédition de Saint-Domingue et remplit avec succès plusieurs missions, notamment celle de réclamer au dey d’Alger 250 Génois retenus en esclavage; quitta en 1806 le service de mer avec le grade de contre- amiral, et fut aussitôt mis à la tête d’un corps d’armée de Wurtembergeois et de Bavarois, avec lequel il enleva la Silésie au roi de Prusse (1807). La même année, il épousa la fille du roi de Wurtemberg et fut placé sur le trône de Westphalie, créé pour lui : il établit sa résidence à Cassel, introduisit dans son royaume les institutions françaises et abolit de nombreux abus. Placé en 1812* à la tête d’un corps de troupes allemandes , il prit part à la campagne de Russie et se distingua aux combats d’üstrowno et de Mohilev, mais, à la suite d’un fâcheux conflit avec le maréchal Davoust, il retourna à Cassel. Il refusa de conserver le trône après les événements de 1814, s’empressa de revenir en France pendant les Cent-Jours, commanda un corps d’armée en Belgique, fut blessé au combat de Hougoumont, et n’en prit pas moins une part fort active à la bataille de Waterloo , où il fit des prodiges de valeur. Après la chute de Napoléon, il se retira près de son beau-père , qui lui conféra en 1816 le titre de comte de Montfort, sous lequel il a été longtemps connu. Rentré en France en 1848 , il contribua à préparer l’élection à la présidence de son neveu, le prince Napoléon, fut nommé successivement gouverneur des Invalides (1848), maréchal de France (1850), président du Sénat (1851), et fut réintégré, après le rétablissement de l’Empire, dans le titre et les honneurs de prince impérial (1852). Son corps a été déposé aux Invalides auprès de celui de Napoléon. L’évêque de Troyes, Mgr Cœur, prononça son oraison funèbre. Il a laissé des Mémoires , publiés en 1862.
Bonaparte (Charles-Lucien), prince de Canino et Musignano, fils aîné de Lucien, né en 1803, mort en 1857 , fut élevé à Rome , épousa en 1822 , à Bruxelles, sa cousine Zénaïde, fille de Joseph, se rendit avec elle aux États-Unis, où résidait son beau-père, publia dans ce pays plusieurs ouvrages estimés d’ornithologie ( American Ornilhology , Philadelphia , 1825 ; Ornithology of the North America, 1826), fit paraître, après son retour en Italie, d’autres travaux qui ajoutèrent encore à sa réputation ( Ornithologie comparée de Home et de Philadelphie , Rome, 1828; Observations sur le Règne animal de Cuvier , 1830; Classification des animaux vertébrés, 1831; la Faune italienne, 1833-41, etc., tous en italien); organisa en Italie les congrès scientifiques, et mérita par son zèle pour la science d’être admis dans la plupart des sociétés savantes de l’Europe et d’être nommé correspondant de l’Institut. Élu en 1848 membre de l’Assemblée constituante de Rome , il en était président en
1849 et il ne sut pas s’opposer aux excès qui amenèrent si promptement la chute de la nouvelle république. Rendu à la vie privée , il vint résider à Paris et reprit les travaux qui l’ont placé dans les premiers rangs des zoologistes.
BONJOUR (Casimir), homme de lettres, né en 1795 à Clermont en Argonne , fut admis à l’École normale, mais professa peu de temps, entra dans les bureaux des finances, et travailla pour le théâtre, tout en remplissant les devoirs de sa place. Destitué par M. de Villèle comité libéral , il se livra dès lors tout entier à ses goûts littéraires et donna au Théâtre-Français plusieurs comédies de mœurs, qui réussirent. En 1830, il refusa une préfecture et préféra la modeste place d’inspecteur des études à la Flèche , comme plus conforme à ses goûts ; ilfut depuis nommé bibliothécaire à Ste-Geneviève. On a de lui : la Mère rivale (1821), les Deux cousines (1823), le Mari à bonnes fortunes { 1824), l’Argent (1826) , le Protecteur elle Mari (1829), le Presbytère (1833) , Ze Bachelier de Ségovie (1844 , à l’Odéon) , toutes comédies en vers : les trois premières sont les meilleures. C. Bonjour est un de ceux qui luttèrent contre l’invasion du mauvais goût : si ses œuvres n’ont pas une grande force comique, elles sont pleines d’esprit et de finesse et ont toujours un but louable ; le style en est pur et châtié.
BONPLAND (Aimé), naturaliste, né à la Rochelle en 1773, mort en 1858, étudia la médecine , accompagna en 1799 Alexandre de Humboldt dans son voyage d’exploration en Amérique et en publia avec lui la relation, rapporta une riche collection de plantes inconnues dont il fit don auMuséum d’histoire naturelle, fut chargépar l’impératrice Joséphine de la direction de son jardin botanique de Malmaison , repartiten 1816 pour le nouveau monde, occupa une chaire d’histoire naturelle à Buénos-Ayres, parcourut à pied une grande partie de l'Amérique du Sud, créa à Santa-Anna, près de San-Borja (Corrientes) une plantation où il naturalisa, entre autres plantes, le maté , dont le Paraguay avait eu jusque-là le monopole, fut enlevé en 1821, pendant une de ses explorations scientifiques, par le dictateur du Paraguay, le docteur Francia, qui feignit de le prendre pour un espion, ne recouvra la liberté qu’au bout de dix ans, retourna après sa libération à sa plantation de Santa-Anna, où il reprit ses expériences agricoles, et se fit chérir de tous, Indiens comme Européens. Outre le Voyage en Amérique, dont il rédigea la partie botanique, on lui doit : Description des plantes rares de la Malmaison (1813), et Vue des Cordillères et monuments indigènes de l’Amérique (1819).
BORGHESI (Bartolomeo , comte) , savant numismate et épigraphiste , né en 1781 à Savignano près de Rimini,mort en 1860, avait reçu de son père un riche cabinet de médailles, qu’il augmenta considérablement. 'Pendant les troubles de l’Italie, vers 1820, il se retira dans la petite république de Saint-Marin, afin de s’y livrer en paix à l’étude, et y publia sur la numismatique et l’épigraphie de nombreux travaux qui attirèrent sur lui l’attention de l’Europe savante et le firent élire associé de l’Institut de France et de l’Académie de Berlin. Son principal titre est la publication de Nouveaux fragments des Fastes consulaires du Capitole , avec commentaires, en italien , Milan, 1818-20. Il a laissé d’importants manuscrits et une vaste correspondance. L’empereur Napoléon III a fait publier à ses propres frais, ses OEuvres complètes, 1862 et ann. suiv.
BORY DE SAINT-VINCENT (le colonel) , membre libre de l’Académie des sciences, né en 1780 à Agen, mort en 1846, fut attaché en 1800 comme naturaliste à l’expédition du capitaine Baudin, et