CARL
CAST
l’état de l’agriculture , et publia à son retour trois beaux rapports sur ce sujet (dans les Mémoires de la Société d’agriculture , 1807-1813). Il obtint en 1808 la chaire de botanique à la Faculté de médecine de Montpellier, avec la direction du jardin botanique, et donna en 1813 la Théorie élémentaire de la botanique , son chef-d’œuvre : il y enseignait les rapports naturels des parties de la plante, et analysait la valeur de chacune de ces parties. Persécuté en 1815 pour avoir accepté pendant les Gent-Jours les fonctions de recteur de l’Académie de Montpellier, il donna sa démission et quitta la France. Genève, sa patrie, l’accueillit avec empressement, et créa pour lui une chaire d’histoire naturelle et un jardin botanique; en outre, il y fut élu membre du conseil souverain. Là, reprenant ses travaux avec une nouvelle ardeur, il entreprit en 1818 de donner la description de toutes les plantes connues, et publia les deux premières parties de ce grand travail ( Regni vegetabilis systema naturale , vol. I, 1818 ; II , 1821); cette publication, conçue sur de trop vastes proportions, n’ayant pu se continuer, il la reprit dans un ouvrage plus abrégé , Prodromus regni vegetabilis , continué après sa mort par son fils. On lui doit encore Y Organographie (2 vol. in-8, 1827) et la Physiologie végétale (3 vol. in-8, 1832), qui, avec la Théorie élémentaire, formentun corpsde science complet. Outre ces divers ouvrages, de Candolle a donné un grand nombre de mémoires et d’articles détachés (recueillis en partie dans sa Collection- de mémoires, 1828) : on y remarque ses Expériences relatives à l'influence de lalumière sur les végétaux et sa Géographie botanique. De Candolle estle seul homme qui, depuis Linné, ait embrassé toutes les parties de la science des végétaux avec un génie égal. Il s’attacha à découvrir les lois intimes des êtres; il suivit les organes des plantes dans toutes leurs transformations , et expliqua d’une manière heureuse les difformités ou anomalies apparentes; mais c’est peut-être par ses travaux sur les méthodes qu’il avança le plus la science : il fit triompher définitivement la méthode naturelle, et poussa aussi loin que possible la classification; il portait à la fin de sa carrière le nombre des espèces connues à 80 000. De Candolle était associé étranger de l’Académie des Sciences. M. Flourens a prononcé son Éloge devant cette compagnie en 1842. Il a laissé lui-même des Mémoires sur sa vie. — Son fils, Alphonse de Candolle, lui succéda à Genève dans la chaire de botanique, et continua ses publications. 11 a été élu en 1851 , à l’unanimité, associé de l’Institut.
CANINA (L.), architecte et antiquaire, né en 1785 à Casai, mort en 1856 , vint se fixer à Rome , fut choisi pour architecte par le prince Borghèse et fut chargé par le pape de faire des fouilles dans la campagne de Rome et sur la voie Appienne. Il a publié un grand nombre de travaux utiles, qui auraient plus de prix encore s’il eût eu plus d’érudition et de critique. Les principaux sont : Topographie de Piome antique . Description du Forum , les Édifices de Rome antique , l'antique cité de Voies , l'Étrurie maritime antique, la Campagne de Rome ancienne et moderne , la Voie Appienne. Il était associé étranger de l’Institut.
CARLOS (don) de Bourbon, prétendant espagnol, né en 1788, mort à Trieste en 1855, était le fils de Charles IV et le frère de Ferdinand VII. Il partagea la captivité de sa famille à Valençay, rentra dans son pays en 1814, se mit, pendant le règne de Ferdinand VII, à la tête du parti absolutiste et théocratique , qui prit de lui le nom de carliste , protesta contre la pragmatique sanction par laquelle Ferdinand Vil, abolissant la loi salique , appelait à lui succéder sa fille Isabelle sous
la régence de Marie-Christine ; fut exilé a la suite de cette protestation; se fit proclamer roi, sous le nom de Charles V, après la mort de Ferdinand (1833), pénétra en Espagne à la tète des insurgés (1834), mais sans pouvoir rien accomplir, se vit contraint à se réfugier en France , fut interné à Bourges de 1839 à 1845 , et refusa constamment de renoncer à ses droits. — Son fils, qui maintint ses prétentions, est connu sous le nom de comte de Montemolin. Voy. ce nom.
CAROLINE BONAPARTE. Voy. Bonaparte.
CaRREL (Armand), écrivain politique, né à Rouen en 1800, d’une famille de commerçants, servit quelque temps comme sous-lieutenant, prit part à la conspiration du colonel Caron à Belfort (1822), mais sans être découvert: passa en Espagne en 1823, et s’enrôla dans un bataillon français qui combattait pour la cause constitutionnelle ; fut pris et traduit devant un conseil de guerre, et n’échappa qu’avec peine à une condamnation capitale (1824). Il fonda au commencement de 1830, avec MM. Thiers et Mignet,Ze National , feuille qui dès son apparition exerça une grande influence sur l’opinion; il devint après la révolution de Juillet le rédacteur en chef de ce journal. Professant ouvertement les doctrines républicaines, il eut par suite à soutenir plusieurs procès de presse, dont un, en 1834, devant la Cour des pairs : il se défendit lui-même avec éloquence, et montra une grande hardiesse. Il périt de la manière la plus malheureuse en 1 836, tué dans un duel politique. Carrel exerçait un grand empire sur son parti : seul peut-être il eût pu le discipliner. 11 a mérité l’estime de ses adversaires mêmes par la loyauté de son caractère. Outre un grand nombre d’articles de journaux, on a de lui : Résumé de l’histoire des Grecs modernes , 1825; Histoire de la contre-révolution en Angleterre , 1 827 ; Essai sur la vie et les écrits de Paul- Louis Courier (en tête des OEuvres de cet écrivain). Ses OEuvres politiques et littéraires ont été publiées en 1858 avec une Notice biographique par Littré.
CARRION-NISAS (le baron Henri), militaire et homme de lettres , d’une famille noble du Languedoc , né à Pézenas en 1707 , mort en 1840, avait été camarade de Bonaparte à l’école de Brienne, et était officier de cavalerie en 1789. Il s’attacha à Bonaparte après le 18 brumaire, entra au Tribunat, où il appuya l’établissement de l’Empire , fut néanmoins disgracié un moment pour avoir combattu hardiment quelques propositions de l’Empereur, rentra en grâce en 1806, et rendit des services signalés, surtout dans les campagnes d’Espagne et de Portugal, d’Allemagne et de France; fut sous la première Restauration secrétaire général du ministre de la guerre, mais se rallia à Napoléon en 1815, rédigea l’adresse lue au Champ-de-Mai au nom du peuple français, et défendit vigoureusement les ponts de Saint-Cloud et de Sèvres , ce qui lui valut de la part du gouvernement provisoire le grade de général de brigade. Il quitta définitivement le service après le triomphe de l’ennemi. On a de lui : Organisation de la force armée, 1817 ; Histoire de l'art militaire , 1823; Campagne d’Allemagne en 1800, pub. enl829. Il avait aussi composé des tragédies, mais elles eurent peu de succès. —Son fils, Antoine, né en 1794 , d’abord attaché aux bureaux de la guerre, élu représentant du peuple en 1848, s’est fait connaître par des écrits politiques et historiques, parmi lesquels on remarque les Peuples et les Armées, 1820; Bonaparte et Napoléon , parallèle; Des idées républicaines, 1821. Le père et le fils ont travaillé aux Victoires et conquêtes des Français.
CASTAGNOS (don Francisco-Xavier de), duc de
CAST
CAYA
Baylen, général espagnol, né en 1758 dans la Biscaye, mort à Madrid en 1852, servit avec distinction en 1793 dans l’armée de Navarre contre les troupes républicaines de la France ; devint en 1798 lieutenant général, mais se fît bannir peu après pour s’ètre montré opposé au système de paix à tout prix suivi par son gouvernement; fut rappelé lors de l’invasion des Français et investi du commandement d’un corps d’a'rmée sur les frontières de l’ Andalousie ; battit le général Dupont à Baylen (19 juillet 1808), et le contraignit a y signer une déplorable' capitulation, mais fut à son tour battu par le général Lannes à Tudela, au mois de novembre de la même année; unit alors ses forces à celles de Beresford et de Wel- . lington, eut la plus grande part à la bataille de Vittoria, gagnée par ce dernier le 21 juin 1813; n en fut pas moins destitué par la régence par suite de dénonciations politiques; fut1” réintégré par Ferdinand YII de retour dans ses États, nomnm capitaine général de la Catalogne, puis elevé à la présidence du Conseil de Castille (1825) , mais se vit écarté en 1833 pour s’être opposé aux modifications apportées dans le droit de succession au trône. Il rentra aux affaires, malgié son grand âge , après la chute d’Espartero (1843) ; remplaça Arguelles comme tuteur de la jeune reine, et fut comblé d’honneurs jusqu’à la fin de sa longue vie. Il avait été fait par Ferdinand duc de Baylen et grand d’Espagne.
CASTEL (René-Richard), poète et naturaliste, né en 1758 à Vire, mort en 1832 à Reims, du choléra, fut député du Calvados à l’Assemblée législative , se retira en Normandie après la session, et s’y livra aux lettres; fut nommé, lors de la création de l’Université, professeur de belles-lettres au lycée Impérial (Louis-le-Grand) et devint inspecteur général des études, poste qu’il perdit à la Restauration. Il avait publié dès 1797 les Plantes, poème didactique dans le goût de l’époque , qui fit sa réputation, et qui fut désigné pour un des prix décennaux. Il fit paraître en 1 805 un autre poème, la Forêt de Fontainebleau. Comme naturaliste, il donna, de 1799 à 1 802, avec Patrin, Sonnini, Latreille, etc., un Cours complet d' Histoire naturelle.
CASTELFIDARDO, bourg d’Italie, dans la marche d’Ancône et à 1 2 k. S. de cette ville. Les troupes pontificales, commandées par le général Lamoricière, y furent battues le 18 sept. 1860 par les troupes sardes, que commandait le général Cialdini.
CASTELLANE (Victor, comte de) , maréchal de France, d’une famille noble et ancienne de Provence, né à Paris en 1788, mort en 1862 , tenait par sa mère à la famille des Rohan. Son père avait été en 1789 député de la Provence aux États généraux. Il s’enrôla dès 1804, servit dans la cavalerie, fît avec distinction les campagnes de l’Empire, fut décoré à Wagram de la main même de l’Empereur, se signala dans la retraite de Russie et fut fait colonel-major des gardes d’honneur en 1813, ayant à peine 25 ans. Employé dans la guerre d Espagne sous la Restauration (1823), il se fit rappeler pour n’avoir pas voulu s’associer aux vengeances ultra-royalistes de Ferdinand VII. Il prit part au siège d’Anvers en 1832, y fut fait lieutenant gé éral et devint pair de France en 1837. En 1848, il comprima avec énergie le soulèvement de Rouen, ce qui le désigna pour le commandement de Lyon : appelé en 1851 à ce poste difficile, il sut y contenir la population dans les jours de crise les plus menaçants; il reçut en récompense une place au Sénat et bientôt après le bâton de maréchal (1852). Cet excellent officier se recommandait surtout par une stricte observation de la discipline militaire. Il a doté la ville de
Lyon d’une magnifique promenade, aboutissant à son tombeau, qu’il avait fait élever de son vivant. , CATALANI (Angelica), célèbre cantatrice , née à Smigaglia en 1779, morte à Paris en 1849, était fille d un bijoutier. Elle quitta, non sans résistance, le couvent pour le théâtre, débuta à Venise en 1795, passa en Portugal, où elle fit partie delà chapelle du roi jusqu’en 1799; contracta en 1806 un engagement très-avantageux à Londres , et , en se rendant dans cette ville, passa par Paris, où elle obtint un succès prodigieux ; revint en France en 1814, et reçut de Louis XVIII le privilège du théâtre italien de Paris, mais éprouva dans^cette gestion des pertes qui la déterminèrent à y renoncer; parcourut l’Allemagne, l’Italie, la Suède, la Russie, et fut partout applaudie avec enthousiasme. Ayant amassé une immense fortune, elle se retira en 1823 à Florence, où elle fonda une école gratuite de chant qu’elle dirigeait ellemême. Elle avait épousé en 1800, à Lisbonne, un officier français, M. de Valabrègue. Catalani avait une magnifique voix de soprano, mais elle n’était ni actrice, ni même grande musicienne; elle dut presque tout à la nature, qui lui avait donné un admirable instrument. Elle* brillait surtout dans les concerts, où ses vocalisations surprenantes la laissèrent sans rivale.
CAUCHY (Aug.-Louis) , mathématicien, né à Paris en 1789, mort à Sceaux en 1857, était fils de L. François Cauchy, archiviste de la Chambre des Pairs. Admis dès l’âge de seize ans à l’École polytechnique , il entra dans le corps des ponts et chaussées, puisse voua à l’enseignement, devint professeur à l’École polytechnique et à iaFaculté des sciences, et fut en 1816 nommé,par ordonnance, membre de l'Institut. Royaliste dévoué, Cauchy suivit Charles X en exil et fit l’éduca' ion scientifique du duc de Bordeaux. Il refusa le serment en 1852, mais n’en fut pas moins maintenu dans ses fonctions. Ce savant infatigable a composé une foule de Mémoires , parmi lesquels on remarque sa Théorie des ondes, couronnée en 1815 par l’Institut ; ses Mémoires sur la polarisation de la lumière et sur la Théorie des nombres. Il a en outre publié : Cours d'analyse de l'École polytechnique , 1821; Leçons sur les applications du calcul infinitésimal à la géométrie, 1826 ; Exercices de mathématiques , 1827. Cauchy ne se distinguait pas moins par sa piété et sa charité que par sa profonde science.
CAVAIGNAC (Eugène), général français, issu d’une famille considérable du Quercy, né à Paris , en 1802 , était fils du conventionnel J. -B. Cavaignac, mort en exil, à Bruxelles, en 1829, et frère de Godefroy, l’un des chefs les plus ardents du parti républicain sous Louis-Rhdippe , rédacteur de la Réforme et président de la Société des Droits de l'homme (mort en 1845). Après avoir fait ses ét des à Sainte-Barbe, Eugène Cavaignac fut admisà l’École polytechnique , entra dans le génie , fit en 1828 la campagne de Morée, manifesta hautement, après la révolution de 1830, ses tendances républicaines , et fut par suite mis temporairement en disponibilité. Envoyé en 1832 à l’armée d’Al'rique, il se signala dans plusieurs expéditions [érilleuses, : ésista pendant quinze moi* dans le méchouar de Tlemcen à tous les efforts d’Abd-el- Ka .er (183G-37) , défendit également avec un courage héroïque la place de Chercheli et y fut blessé (1840). Il commandait la province d’Oran lorsque éclata la révolution de Février 1848 : il fut aussitôt nommé gouverneur général fie l’Algérie, avec le titre de général de division, fut élu représentant du peuple par les départements de la Seine et du Lot, et appelé au ministère de la guerre à la suite de l’attentat du 15 mai contre l’Assemblée nationale. Il fut peu de jours après