‹ Dictionnaire universal d'histoire et de géographie contenant:Chapitre 1185 sur 1261 · CHAP · texte numérisé non relu

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chargé de réprimer la terrible insurrection de juin, suscitée par les partisans de la République démocratique et sociale , et reçut à cet effet le titre de chef du pouvoir exécutif : il montra d’abord quelque lenteur et quelque hésitation sur les mesures à prendre, mais il déploya bientôt la plus grande énergie et parvint, après trois jours d’une lutte acharnée (23, 24 et 25 juin), à se rendre maître du mouvement : le bâton de maréchal de France lui fut offert en récompense , mais il ne crut pas devoir l’accepter. Investi d’un pouvoir dictatorial, il dut prendre les mesures rigoureuses qui étaient nécessaires pour prévenir le retour du désordre: la mise en état de siège, la suspension des journaux hostiles, la transportation des insurgés. En même temps, il refusait son concours à la propagande révolutionnaire , offrait un asile au pape, chassé de ses États, et envoyait des troupes en Italie pour protéger sa retraite. Après la promulgation de la nouvelle constitution, il se porta candidat à la présidence de la République , mais il ne put guère réunir que le cinquième des suffrages : il résigna le pouvoir avec une simplicité digne et alla reprendre sa place sur les bancs de l’Assemblée nationale. Réélu député en 1852, il refusa le serment à la nouvelle constitution et voulut vivre dans la retraite. Il mourut subitement en octobre 1857 , à son château d’Ourne (Sarthe). E. Cavaignac a mérité le respect de ses adversaires mêmes : comme homme politique, il s’est montré droit et sincèrement dévoué à la cause républicaine; mais il était de caractère irrésolu : les Arabes l’appelaient un roseau peint en fer. M. Hipp. Castille a donné sa Biographie ; M. de, La Guéronnière a tracé son portrait (dans ses Éludes et portraits politiques).

CAVOUR (Camille Benso, comte de), le régénérateur de l’Italie, né à Turin en 1810, mort en 1861, était fils d’un ancien préfet de Turin. 11 embrassa d’abord la carrière militaire , mais il fut obligé de la quitter parce que ses opinions libérales s’opposaient à son avancement. Il fonda en 1847 avec le comte Balbole Risorgimento, feuille constitutionnelle , où il traita surtout les questions d’économie politique, fut élu député en 1849, reçut en 1850 le portefeuille du commerce, auquel il ajouta en 1851 celui des finances, et devint en 1852 président du Conseil. Dans ce poste , qu’il occupa presque sans interruption jusqu’à samort,il inaugura une politique libérale et ferme à l’intérieur, hardie et entreprenante à l’extérieur, qui eut pour résultat de grandir le Piémontdansl’opinion de l'Europe, et de créer le royaume d’Italie. Les principaux actes dont il fut le promoteur sont : la vente des biens de mainmorte, la suppression du monopole de l’enseignement attribué aux corporations religieuses, l’alliance avec la France et l’Angleterre dans la guerred’Orient (1854), alliance qui donna au Piémont le droit d’être représenté au Congrès de Paris et l’occasion d’y exposer les griefs de l’Italie, l’adoption du drapeau national italien, la guerre avec l’Autriche, heureusement terminée par la paix de Villafranca (1859), l’acquisition de la Lombardie, cédée par laFrance, l’annexion successive des États de Toscane, de Parme, de Modène, de la Romagne, du royaume des Deux- Siciles, et enfin la proclamation de Victor-Emmanuel comme roi d’Italie (1860). Cavour mourut au moment où il entreprenait de donner à l’Italie Rome pour capitale tout en respectant l’indépendance du pape, voulant, disait-il, établir V Église libre dans l'Italie libre. Sa mort fut un deuil public. La Vie de Cavour a été écrite par J. Devev (Paris , 1 861). Son OEuvre parlementaire a été publiée à Turin en 1862 et aussitôt traduite en français par J. Artom et Albert Blanc.

CHALMERS (le Dr Thomas), théologien écossais (1770-1847), d’abord pasteur à Glasgow, puis professeur de philosophie à l’Université de Saint-André , fut l’ornement de l’Église presbytérienne et consomma la séparation de l’Église et de l’État ( 1 843). Excellent prédicateur, il brillait à la fois par la profondeur des idées et l’élégance du style. On a recueilli ses Sermons (traduits en français par E. Diodati, 1825). Il a aussi laissé des traites théologiques, dont les plus estimés sont : Preuves et autorité de la religion chrétienne^ traduit par Vincent, 1819 et 18.36; La Révélation en harmonie avec l’astronomie moderne, traduit par J.-M. de C., 1827 ; Institutes de théologie , ouvrage posthume; et d’excellents ouvrages d’économie sociale : Économie civile et chrétienne , 1821 ; Économie politique considérée par rapport à l’état moral de la société , 1825. Ses OEuvres complètes ont été recueillies après sa mort par son fils. Th. Chalmers était correspondant de l’Institut. Sa Vie a été écrite parle Dr Hanna, 1851.

CHAMISSO (Adelbert de), écrivain et naturaliste, né en 1781 au château de Boncourt en Champagne, mort à Berlin en 1838, fut emmené par ses parents en émigration, servit quelque temps en Prusse, tout en cultivant les lettres et les sciences naturelles, surtout la botanique ; revint en France après la paix de Tilsitt, et fut quelque temps professeur à Napoléonville, mais ne tarda pas à retourner à Berlin, et y publia en 1814 un livre tout à fait original , écrit en allemand, Peter Schlemihl (trad. par N. Martin, 1838), histoire d’un homme qui a perdu son ombre et qui court le monde pour la retrouver. Il accompagna de 1815 à 1818 Otto de Kotzebue dans son voyage de découvertes, rédigea la partie scientifique de ce voyage , et fut à la fin de sa vie nommé directeur du Jardin des plantes de Berlin. Ses OEuvres, publiées à Leipsick en 1843, sont pour la plupart en allemand : elles se composent d’écrits des genres les plus divers, botanique, linguistique, romans, poésies.

CHANNING(William-Ellery), né en 1780 à New- Port (Rhode-Island) , mort à Boston en 1842, embrassa l’état ecclésiastique, exerça son ministère à Boston, se fit remarquer par son éloquence, sa charité et son esprit de tolérance, et mérita d’être appelé le Fénelon du Nouveau-Monde. Il était un des chefs de l’unitarianisme aux États-Unis. Il fut aussi un des plus ardents promoteurs de l’abolition de l’esclavage. Il s’attacha, dans plusieurs de ses sermons et de ses écrits , à prouver la nécessité sociale de la religion, dont il opposa les préceptes aux mauvais conseils de la pauvreté et aux erreurs du socialisme. Ses OEuvres complètes ont été publiées en 1851 par Maclellan (Londres, 2 vol. in-8). M. Ed. Laboulaye a donné une traduction de ses OEuvres sociales (in- 12, 1854, avec un Essai sur sa vie et ses ouvrages), ainsi que de son Traité de l’Esclavage , 1856. Une dame anonyme a publié : Channing , sa vie et ses œuvres , Paris, 1857.

CHAPSAL (Charles-Pierre) , grammairien, né à Paris en 1787 , mort en 1858, d’abord employé à l’hôtel de ville, se consacra ensuite à la rédaction d’ouvrages classiques qui ont fait sa réputation et sa fortune. Le principal est une Nouvelle Grammaire française, avec Exercices , en collaboration avec Noël , ouvrage plus complet et plus logique que la Grammaire de Lhomond, et qui eut un rapide et légitime succès. Publiée pour la première fois en 1823, cette grammaire comptait. à la mort de l’auteur plus de 40 éditions. Riche des fruits de son travail, Chapsal se retira au château de Polangis, près de Joinville-le-Pont (Seine), et devint le bienfaiteur de la commune. Il légua en mourant une somme de 80 000 francs pour être

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