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de l’Empire. Depuis 1830, elle fit paraître une série d’ouvrages dans le goût du jour : la Physiologie du ridicule , la Duchesse de Châteauroux. la Comtesse d’Egmont , le Comte de Guiche, etc. Parmi ses œuvres dramatiques, on a remarqué le Marquis de Pomenars, donné à la Comédie- Française en 1819; le Chevalier de Canolle , à l’Opéra-Comique, 1836. Poète et bonne musicienne , elle a composé les paroles et la musique de plusieurs romances qui ont eu la vogue, entre autres Mœris. Elle a laissé des mémoires : les Souvenirs d’une vieille femme , publiés en 1834, en sont un fragment. Tous les écrits de Mme Gay , quoique de genres fort divers, brillent également par un esprit naturel, par un style net et courant , et respirent un rare parfum d’élégance et de bonne compagnie. Mme Gay est mère de Mlle Delphine Gay (Mme Ém. de Girardin) : on a dit, sans vouloir en cela rabaisser ses mérites personnels, que sa fille était son plus bel ouvrage.

GAY-LUSSAC (Nie. -François), chimiste et physicien, né en 1778 à Saint-Leonard (Haute-Vienne), mort en 1850, entra à l’École polytechnique, puis à celle des ponts et chaussées, fut de bonne heure distingué par Berthollet, qui l’introduisit dans la Société d’Arcueil et le dirigea dans ses premiers essais, débuta en 1802 par un beau travail sur 1a, loi de la dilatation des gaz, exécuta en 1804, avec M.’ Biot d’abord, puis seul, deux célèbres ascensions aérostatiques, s’éleva jusqu’à 7000 mètres et fit dans ces hautes régions d’intéressantes observations de physique; voyagea en 1805 et 1806 avec M. Alex, de Humboldt pour recueillir des observations magnétiques; entreprit en 1808, avec M. Thénard , au moyen de la pile galvanique, des recherches sur le potassium, le sodium, le bore , récemment découverts par Davy, et publia en 1811 le résultat de ses travaux sous le titre de Recherches physico-chimiques (2 vol. in-8); fit dès 1813 une étude approfondie de 1 ’iode, que le salpêtrier Courtois avait trouvé par hasard , et publia sur ce sujet en 1816 un Mémoire qui est peut-être la meilleure de ses productions; porta la lumière d’une savante analyse sur une foule de sujets de chimie et de physique , tels que le chlore, l’acide fluorique, l’azote, le soufre, l’acide prussique (qu’il reconnut pour être un hydracide), le cyanogène, l’acide hydrochlorique ; découvrit l'acide chlorique oxygéné; étudia l’expansion de la vapeur, l’hygrométrie, la capillarité; compléta et fixa la théorie des proportions définies; inventa l’alcoomètre, construisit un baromètre transportable, trouva des méthodes plus sûres pour essayer l’or et l’argent, et porta dans les procédés et les instruments de la science une rigueur et une précision inconnues jusque-là. Il avait été admis à l’Institut dès 1804; il devint bientôt professeur de physique à la Faculté des sciences , professeur de chimie à l’École polytechnique et au Muséum, vérificateur des ouvrages d’or et d’argent, à la Monnaie, membre du conseil de perfectionnement des poudres et salpêtres, membre du comité des arts et manufactures, etc. Député depuis 1831, il fut en 1839 nommé pair de France.— Gay-Lussac aexécuté une foule de travaux de détail qui contribuèrent puissamment aux progrès de la physique et de la chimie; en même temps son enseignement lucide et intéressant répandait le goût de la science. Ses nombreux mémoires ont été publiés dans les recueils de la Société d’Arcueil, de l’Académie des Sciences, de la Société philomathique, dans les Annales de physique t et de chimie, qu’il rédigea avec M. Arago de 1816 à 1840. Son Cours de physique a été recueilli et publiéen 1 827 par M. Grosselin ; son Cours de chimie, par M. Gaultier de Claubry(1828). Ce sa¬

vant eut avec plusieurs étrangers contemporains, surtout avec Dalton , Davy et Berzélius , de vifs démêlés sur la priorité de quelques découvertes.

GEEFS (Guill.). sculpteur belge, né en 1806 à Anvers, mort en 1860, étudia à Paris, retourna en Belgique lors de la révolution de 1830, exécuta avec succès à Bruxelles le Monument du général Belliard , le Tombeau du comte de Mérode, le Monument de la place des Martyrs (victimes de la révolution belge) , le Monument de Rubens à Anvers , celui de Grélry à Liège , ainsi qu’une foule de statues, parmi lesquelles on remarque Françoise de Rimini et la Princesse de Ligne. Il réussissait également dans la sculpture sur bois : c’est à lui qu’on doit la chaire de la cathédrale de Liège.

GÉNIN (François) , philologue , né à Amiens en 1803 , mort en 1856, fut élève de l’École normale, professa au collège et à la Faculté de Strasbourg , écrivit en même temps dans le National et devint en 1848 chef de division au ministère de l’instruction publique. Écrivain laborieux et spirituel, mais caustique, il a publié, outre des ouvrages de polémique aujourd’hui oubliés, des travaux sérieux d’érudition qui prouvent de l’invention et de la finesse , mais aussi l’amour du paradoxe : Variations du langage français depuis le xne siècle, 1845 : Lexique comparé de la langue de Molière et des écrivains du xvne siècle, 1846; Récréations philologiques , 1856. On lui doit des éditions des Lettres de la reine de Navarre , 1841 ; de la Chanson de Roland, 1850; de V Éclaircissement de la langue française , par J. Palsgrave (dans les Documents inédits sur l’histoire de France , 1852); de la farce de Maître Patelin , 1854.

GENOUDE fAnt.-Eugène de), publiciste, né en 1792 à Montélimart , mort en 1849 à Hyères, fut successivement étudiant en droit, professeur au lycée Bonaparte , séminariste , aide de camp du prince de Polignac , et se consacra enfin à la politique. Après avoir écrit dans le Conservateur et dans le Défenseur, il prit, à partir de 1823, la direction de la Gazette de France, où il soutint constamment la cause de la monarchie et de la religion, et ne cessa depuis 1830 de réclamer le suffrage universel. Devenu veuf en 1835, il embrassa l’état ecclésiastique. Élu député delà Haute- Garonne en 1846, il ne joua pas un rôle important à la Chambre et ne put être réélu en 1 848 , bien que le suffrage universel , pourlequel il avait tant combattu, eût enfin triomphé. M. de Genoude a publié de nombreux écrits, appartenant les uns à la polémique du jour, les autres à la théologie et à l’histoire, entre autres une Histoire de France en 23 vol. in-8, 1844-48; les Pères des trois premiers siècles , traduits en français (6 vol. in-8, 1837-43) , et une nouvelle traduction d ■ la Bible (23 vol. in-8, 1821-24, et 5 vol.in-4, 1839-40) : cette traduction fut publiée aux frais de l’État, et lui valut une pension; cependant les juges les plus compétents préfèrent à la diction brillante de hauteur la noble simplicité de Sacy.

GEOFFROY SAINT-HILAIRE (Étienne) , célèbre zoologiste , né en 1772 àÉtampes, mort en 1844, sortait d’une famille desavants médecins. Destiné à l’état ecclésiastique, il préféra se vouer aux sciences naturelles, dont il avait puisé le goût dans les leçons de Brisson et de Daubenton et dans la société d’Haüy. Pendant les massacres de septembre (1792), il sauva, au péril de sa vie, plusieurs ecclésiastiques détenus, et avant tous Haüy, qui était incarcéré comme prêtre insermenté. Devenu cher à ses maîtres par cet acte de dévouement, il fut , sur la proposition de Daubenton, nommé sousdémonstrateur au Jardin des plantes ( 1 7 93) ; trois mois après , cet établissement ayant été réorganisé , il y devint professeur-administrateur , et fut

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