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KRUG

de cette contrée forment une confédération ; ils ont des demeures fixes, s’occupent de culture, de jardinage, de la fabrication des armes et des monnaies. Indépendante de temps immémorial, la Kabylie a été la dernière des contrées de l’Algérie à reconnaître notre domination. Le général Bugeaud parcourut en vainqueur la Grande Kabylie, en 1847 , mais sans en prendre possession effective; la partie de la Petite Kabylie qui s’étend entre Gollo et Djigelli a été soumise en quelques semaines par le général Saint- Arnaud, en mai et juin 1851 ; la soumission du, reste du pays a été accomplie de 1852 à 1857 par les généraux Mac-Mahon , Camou , Pélissier, Bosquet, Renault, et achevée par le maréchal Randon.

KALKBRENNER (Frédéric), pianiste et compositeur, né à Berlin en 1788, mort à Paris du choléra en 1849, fils du célèbre compositeur Christian Kalkbrenner, eut pour maître L. Adam à Paris, Haydn et Clementi à Vienne; se plaça de bonne heure au premier rang des virtuoses," parcourut l’Europe, obtenant partout l’admiration du public, ainsi que la faveur des souverains, dont plusieurs le décorèrent de leurs ordres, se fixa à Paris en 1824 et y ouvrit une école destinée aux professeurs, d’où sont sortis d’excellents maîtres. Il avait adopté la belle manière liée et chantante de Clementi. F. Kalkbrenner a laissé en mourant 187 ouvrages pour le piano, parmi lesquels on remarque son concerto en fa bémol. On estime sa Méthode pour apprendre le piano à l’aide du guidemains , les Éludes qui font partie de cette Méthode, les Études dédiées à Clementi; les Préludes dans les toniques , et surtout son Traité de composition pour les pianistes. Comme Pleyel, F. Kalkbrenner avait fondé à Paris une manufacture de pianos d’un genre nouveau : ses pianinos étaient fort prisés.

KANARIS (Constantin), intrépide marin grec, né en 1792 à Psara, mort en 1860, était capitaine d’un petit bâtiment marchand lorsque éclata l’insurrection grecque. En 1822, après les massacres deChio, il proposa à l’amiral Miaoulis d'incendier la flotte turque dans le port de Chio avec deux brûlots et réussit dans ce hardi projet. Il accomplit depuis plusieurs expéditions de même genre et avec le même succès à Ténédos, à Samos, à Mytylène, et eut ainsi une grande part au triomphe de la cause hellénique. Il fut nommé successivement capitaine de vaisseau, chef d’escadre, amiral, sénateur; il a été plusieurs fois ministre de la marine, de 1846 à 1855. A la bravoure, Kanaris joignait une grande simplité de mœurs et une rare modestie.

KÉRATRY (Aug. , comte de) , homme de lettres et homme politique, né à Rennes en 1769, mort en 1859, était fils d’un gentilhomme qui présida les États de la noblesse de Bretagne en 1789. Il adopta les idées de réforme, n’en fut pas moins emprisonné à Nantes par ordre de Carrier et ne dut la vie qu’aux instantes réclamations de ses compatriotes, fut élu député du Finistère en 1818, prit rang parmi les défenseurs des idées libérales , fut écarté par l’influence du ministère aux élections de 1822, mais continua la lutte dans le Courrier français, dont il était l’un des fondateurs; fut poursuivi pour ses opinions, mais acquitté: rentra à la Chambre en 1827, prit part aux actes d’opposition qui amenèrent la révolution de juillet (1830) ; fut , après cette révolution, appelé au Conseil d’État, puis élevé à la pairie et soutint dès lors la politique conservatrice; se démit en 1848 de ses fonctions de conseiller d’État, fut élu en 1849 membre de l’Assemblée législative, présida l’Assemblée comme doyen d’âge et se prononça énergiquement contre les démagogues. Il avait débuté dans les lettres dès 1791 par un recueil de

Contes et Idylles; il donna depuis plusieurs romans de mœurs et des ouvrages de philosophie : De l'existence de Dieu et de V immortalité de l’âme, 1815; Inductions morales et philosophiques, 1817 ; Du beau dans les arts d’imitation , 1822; Examen philosophique de Kant , 1823-

KHORSABAD, village désert de la Turquie d’Asie , à 20 kil. N. E. de Mossoul. M. P.-E. Botta , consul de France, y découvrit en 1843 les restes d’un vaste palais couvert de bas-reliefs et d’inscriptions cunéiformes , qui paraît avoir appartenu à l’antique Ninive. Une partie de ces précieux restes, dessinés sur place parM.E.Flandin, a été en 1845 transportée en France et déposée au Louvre.

KLOPICKI (Joseph), général polonais, né èîi 1772, mort en 1854, combattit les Russes sous les ordres de Kosciuszko de 1792 à 1794, participa aux campagnes des Français en Italie, en Espagne et en Russie, quitta le service à la paix et vécut dans la retraite jusqu’à la révolution polonaise de 1830. Il fut alors proclamé dictateur par les Polonais; mais , ne se fiant pas assez dans l’énergie des siens , il s’effraya de sa propre responsabilité et donna sa démission en 1831 : il resta cependant à l’armée et dirigea la bataille de Grochow, où il fut blessé. Il se retira à Cracovie sans y être inquiété.

KLUBER (J.-L.), publiciste, né en 1702 à Thann, près de Fulde, mort en 1839, enseigna le droit aux Universités d’Erlangen et de Heidelberg, fit l’éducation du prince électoral de Bade, remplit pour le grand-duc de Bade de nombreuses missions diplomatiques, et fut appelé en 1817 à Berlin par le roi de Prusse, qui le nomma conseiller privé; mais il quitta bientôt cette cour où il ne pouvait exprimer librement sa pensée. On lui doit la publication des Actes du Congrès de Vienne en 1814 et 1815 (Erlangen, 1815-1819); le Droit public de la Confédération germanique, Francfort, 1817; le Droit des gens de l’Europe , Stuttgart, 1819. Ces deux derniers ouvrages font autorité.

KOPP (Fréd.) , savant allemand, né en 1762 à Cassel, mort à Marbourg en 1834, a publié : Palæographia critica, 4 vol. in-4, Manheim, 1817- 1829 ; Anciennes écritures ( Bilder der Vorzeit) , avec planches, 2 vol. in-4, 1819-1821 : c’est un recueil de fac-similé. Il a aussi écrit sur le droit et l’histoire de l’Allemagne, et a préparé une bonne édition de Marcien Capella, qui fut publiée en 1836 par le célèbre Godefroi Hermann , son ami.

KRILOFF (Iwan), fabuliste russe, né à Moscou en 1768, mort en 1844, était depuis 1811 conservateur de la bibliothèque impériale de Saint-Pétersbourg. Il débuta dans leslettres parunecomédie, le Magasin de modes, 1807; malgré le succès de cette pièce, il préféra se donner tout entier à la composition des fables. Il est en ce genre le classique de la Russie. La plupart de ses sujets sont empruntés à La Fontaine; mais il a su parfaitement se les approprier et les adapter au goût de sa nation. Parmi les éditions de ses Fables, on admire celle que le comte Gr. Orloflf donna à Paris en 1825, avec des traductions en vers français et italiens (chaque fable y a son traducteur particulier). Elles ont été traduites en prose parMasclet, Moscou, J 828.

KRUG (Wilh. Traugott), philosophe allemand, né en 1770 près de Wittemberg, mort en 1841, enseigna la philosophie successivement à Wittemberg (1794), à Francfort-sur-l’Oder (1801), à Kœnigsberg, où il remplaça Kant (1804), à Leipsick (1809), s’enrôla en 1813" pour repousser l'invasion française , s’occupa beaucoup depuis de politique, combattant énergiquement le pouvoir absolu, et fut élu en 1 833 député de l’Université de Leipsick à la diète saxonne. Parmises nombreux écrits, on re^ marque : Plan d’un nouvel Organon , 1801, dans lequel il annonce un système nouveau ; Philoso -

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phie fondamentale , 1803, où il pose les bases de ce système; Système de philosophie théorique , 1806-1809, et Système de philosophie pratique, 1817-1819 , ouvrages où il tire les conséquences des principes posés; Histoire de la philosophie ancienne , 1816, et Dictionnaire des sciences philosophiques . 1827-1834, dans lesquels il applique sonsystèmeàla critique de tousles autres. Disciple de Kant, Krug tenta de compléter le criticisme et de le rapprocher du bon sens : il prétendait que ni l’idéalisme , ni le réalisme ne satisfont la raison , mais que l’un et l’autre se concilient par l’union originelle de l’être et du savoir dans la conscience ; c’est ce qu’il nomme 1 e synthé tisme transcendantal. Il s’occupa aussi de questions théologiques ; ses Lettres sur la perfectibilité des idées religieuses (1796) ont servi de base à toutes les utopies modernes sur la perfectibilité en matière de religion.

KRUMMACHER(F.-Ad.'), écrivain protestant, né en 1768 à Tecklemhourg (Westphalie), mort en 1845, enseigna la théologie à Duisbourg, puis fut pasteur et prédicateur à Grevelt , à Bernbourg, enfin à Brême, où il mourut. S’attachant surtout à rendre la religion accessible, il publia dans ce but en 1805 des Paraboles qui eurentune grande popularité (elles ont été traduites par M. Bautain, 1821, et par M. Teillac, 1838). Ami de l’enfance, il a écrit pour le jeune âge le Monde des enfants, 1806, et un recueil d’ Apologues , 1810.

KRUSE (Christian), chronologiste, né en 1753 à Hiddigwarden (Oldenbourg), mort en 1827 , lit l’éducation des fils de l’administrateur du duché d’Oldenbourg, fut ensuite chargé de la direction générale des établissements d’instruction du duché , devint en 1812 professeur d’histoire à l’Université de Leipsick, et consacra la plus grande partie

LABARRAQUE ( Ant.-Germain ) , pharmacien, né en 1777 à Oloron (Basses-Pyrénées), mort en 1850, fut d’abord employé dans la pharmacie militaire , s’établit pharmacien dans la capitale en 1805, remporta le prix proposé en 1820 par la Société d’encouragement à celui qui trouverait le moyen d’assainir l’art du boyaudier , découvrit ce moyen dans l’emploi des chlorures de calcium et de sodium. livra généreusement sa découverte au public , et en fit lui-même de nombreuses et importantes applications, notamment au curage des égouts , à l’assainissement des lieux infects , à l’embaumement des corps, au pansement des plaies, au traitement de maladies réputées contagieuses, typhus, fièvre jaune, choléra, morve, etc. L’Académie des Sciences lui décerna un prix Montyon (1823); l’Académie de Médecine et la Société de pharmacie s’empressèrent de l’admettre dans leur sein; il fut en outre décoré et appelé au conseil de salubrité. M. Labarraque a exposé ses procédés dans l 'Art du boyaudier (1822) ei dans une brochure sur Y Emploi des chlorures (1823).

LAB LACHE (Louis), célèbre chanteur, né en 1794 à Naples, d’un père français, mort en 1858, débuta en 1812 à Naples, comme buffo , parcourut successivement les villes de Messine, Falerme, Milan, Venise, Turin, Vienne, accueilli partout avec une faveur sans cesse croissante, et vint se fixer à Paris en 1830. Pendant plus de 25 ans il y fut sans rival aux Italiens. Lablache possédait une voix de basse d’une puissance et d’une souplesse merveilleuses; sa science musicale, son goût parfait et en même temps la rondeur et la bonhomie de son jeu , tout contribuait à en faire un artiste consommé. Les pièces où il a été

de sa vie à l’exécution d’un grand Atlas des États erm)peens,ouvragedevenuclassique,oùrontrouve en regard l’une de l’autre la géographie et la chronologie de chaque siècle. Cet Atlas a été reproduit en français, avec de notables améliorations, par MM. Lebas et Ansart, Paris, 1832 et 1 836, gr. in-fol.

KRUSENSTERN (Adam de), navigateur russe, né en 1770 en Esthonie, mort en 1851 , exécuta de 1803 à 1806, pour le gouvernement russe, un voyage autour du monde, dans lequel il fit plusieurs découvertes, entre autres celle des îles Orloff, publia en 1810 la Délation de ce voyage (trad. en français par Eyriès,182l), explora en 1815 le détroit de Behring, et chercha un passage qui conduisît directement d’Amérique à Arkhangel par le N.-O. Il fut nommé en 1826 vice-amiral et sous-directeur du corps des cadets. Krusenstern a surtout avancé l’hydrographie; on lui doit un magnifique Atlas de l’Océan Pacifique, 1824 et années suivantes. Il avait publié dès 1819 un recueil de Matériaux pour l’hydrographie du Grand Océan. Ce savant navigateur était associé étranger de l’Institut de France.

KRYLOFF. Voyez Kriloff.

KUHN (H.-Gottlob) , professeur de physiologie et de pathologie à Leipsick, né en 17 54 à Spergau (Saxe), mort en 1840, a attaché son nom à la collection intitulée Medicorum græcorum opéra quæ exstant, gr. et lat., 26 vol. in-8, Leips., 1821- 33 : c’est une des plus importantes publications du siècle ; on regrette cependant de ne pas y trouver les écrits d’Aétius. d’Oribase , d’Alexandre de Tralles, de Paul d’Égine. On doit aussi à Kuhn plusieurs ouvrages originaux , se rapportant pour la plupart à l’histoire de la science . entre autres une Histoire de l’électricité médicale , 1783-97.

le plus applaudi sont la Sémiramide , Il Matrimonio segreto, V Élixir d’Amore , la Gazza ladra , Cener entoila , I Puritani, Norma.

LABORDE (le comte Alexandre de), né à Paris en 1773 , mort en 1842, était issu d’une famille du Béarn et avait pour père J. -Joseph de Laborde , riche financier espagnol qui s’établit en France et fut anobli pour ses services, mais qui périt en 1794 sur l’échafaud révolutionnaire. Après avoir passé sa jeunesse en Autriche, il rentra en France dès 1797 , accompagna en Espagne Lucien Bonaparte, envoyé en ambassade près de Charles IV, visita le pays en amateur éclairé des arts, publia à son retour le Voyage pittoresque et historique de l’Espagne (1807-1820, 4 vol. grand in-fol.) , ouvrage magnifique, qui fit sa réputation, mais qui absorba la plus grande partie de sa fortune; fut attaché au Conseil d’Etat et chargé de plusieurs missions, eut part en 1814 à la capitulation de Paris comme adjÜdant-majorde la garde nationale, fut élu député en 1822; défendit à la tribune les idées libérales , contribua à la révolution de 1830 et fut dès le 30 juillet nommé préfet de la Seine ; mais se montra peu propre à l’administration et fut, dès l’année suivante, remplacé dans ce poste. Il n’en resta pas moins attaché au roi Louis- Philippe , qui le choisit pour aide de camp. Il était depuis 1813 de l’Académie des Inscriptions, et depuis 1832, de l’Académie des Sciences morales. Outre des ouvrages de circonstance, on lui doit ; Itinéraire descriptif d * l’Espagne , 1808 et 1827 ; Voyage pittoresque en Autriche, 1821 ; les Monuments de la France classés chronologiquement, 1832-36. M. Guigniaut a lu une excellente Notice sur Al. de Laborde à l’Académie des In-

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scriptions en 1861 . — Son fils, M. Léon de Laborde, né en 1807, s’est fait connaître par d’intéressantes recherches sur l’histoire de l’art, de la gravure, de l’imprimerie , et sur les bibliothèques; il a publié en outre : les Grandes habitations françaises au xvne siècle; Voyages dans l’Arabie Pétrêe , 1830, — en Asie Mineure et en Syrie , 1837 . Il a remplacé son père à la Chambre des Députés et à l’Academie des Inscriptions.

LACORDAIRE (le P. J.-B.-Henri), célèbre prédicateur, né en 1802 à Recey-sur-Ource , près de Châtillon (Côte-d'Or) f mort à Sorèze en 1861 , était fils d’un médecin. Après avoir étudié le droit et avoir débuté au barreau de Paris, il embrassa l’état ecclésiastique à 22 ans, entra au séminaire de Saiut-Sulpice , fut ordonné prêtre en 1827 , se lia bientôt après avec l'abbé Lamennais, et coopéra avec lui à la rédaction de Y Avenir , journal religieux et politique, mais il renonça à cette publication quand elle eut été désapprouvée par le Saint-Siege. Il ouvrit en 1835, à Noire-Dame de Paris, des Confèrences d’un genre tout nouveau, qui attirèrent la foule et amenèrent d'éclatantes conversions , surtout parmi les jeunes gens. Il conçut alors le projet de restaurer en France l’ordre des Frères prêcheurs, se rendit dans ce but, en 1839, à Rome, au couvent de la Minerve, où il prit l’habit et le nom de saint Dominique, reparut en 1841 à Notre-Dame, où il reprit ses Conférences avec un nouveau succès, et prêcha avec le même éclat dans plusieurs des*grandes viiles de France (Lyon, Bordeaux, Toulouse, Nancy, Metz, Grenoble, etc.). Élu en 1848 représentant à l’Assemblée nationale, il quitta bientôt cette Assemblée tumultueuse, où la voix de la religion ne pouvait être entendue. Il obtint du pape en 1850 que les couvents dominicains de France fussent érigés en une province particulière et en fut -aussitôt nommé provincial , mais, à l’expiration de ses fonctions (1854) , il refusa d’être reélu. Il prit alors la direction du collège libre de Sorèze, direction qu’ilconserva jusqu’à samort.. Il fut admis en 1860 à l’Academie française, en remplacement de Tocqueville. Le P. Lacordaire a été un des orateurs les plus brillants du siècle : sesprédications , appropriées aux besoins et au goût de l’époque, produisaient beaucoup d’effet : mais il se faisait remarquer plutôt par l’imagination, le mouvement et l’action oratoire que par la rigueur du raisonnement ou l’enchaînement des idées ; on l’a justement surnommé le romantique de la chaire. En religion, sa pensée constante fut de réconcilier le Catholicisme avec la liberté et le progrès. Outre ses Conférences , qui ont été publiées à mesure qu’elles paraissaient, on a de lui une Vie de S. Dominique (1840), dont l’exactitude historique est contestée, les Oraisons funèbres de Forbin-Janson . évêque de Nancy, d'O'Conneil et de Drouot : cette dernière est son chef-d’œuvre. Ses OEuvres complètes avaient paru dès 1858.sParis, 6 vol. in-8. — Son frère aîné, Théodore Lacordaire, né en 1801, professeur à l’Université de Liège, s’est fait avantageusement connaître comme voyageur et comme naturaliste. On estime surtout ses travaux sur Y Entomologie.

LACRETELLE (Charles) , historien , né à Metz en 1766, mort en 1855, vint jeune à Paris où il débuta dans la littérature et la polémique sous le patronage de son frère aîné, rendit compte dans le Journal des Débats des travaux de l’Assemblée nationale et put ainsi voir de près les grands événements qu’il devait plus tard raconter, fut proscrit au 13 vendémiaire (an îv) comme l’un des chefs du mouvement contre la Convention , puis arrêté au 18 fructidor (an vi) , et ne sortit de prison qu’au 18 brumaire (an vin); fut nommé

en 1 800 membre du bureau de la presse et plus tard censeur; fit paraître depuis 1801 plusieurs ouvrages historiques, fut nommé en 1809 professeur d’histoire à la Faculté des lettres de Paris et ne résigna sa chaire qu’en 1853 : son cours, qu’il fit assidûment jusqu’à l’âge le plus avancé, était un des plus suivis. Ch. Lacretelle avait été admis à l’Académie en 1813. On a de lui : Précis historique de la Révolution française , 1801- I8<)G, 6 vol. in-8; Histoire de France pendant le xvme siècle , 1808, 6 vol. in-8 , souvent réimprimée : c’est le plus estimé de ses écrits; Histoire de la Révolution française , 1821-1826, 8 vol. in-8, faisant suite au précédent; Histoire de Fmnce depuis la Restauration , 1829-1835, 4 vol. in-8; Histoire du Consulat et de l'Empire , 1845-46 : dans ce dernier ouvrage, l’auteur, affaibli par l’âge, tente, mais avec peu de succès, de lutter contre ['Histoire de M. Thiers. On lui doit encore une Histoire des guerres de religion , 1814-1816, 4 vol. in-8. — Les qualités qui distinguent Ch. Lacretelle comme écrivain, et qui le faisaient aimer et estimer comme professeur, sont l’impartialité, la bienveillance, un esprit sage, exact et judicieux, une éloquence à la fois simple, vive et pénétrante, mais il n’a pas les qualités essentielles de l’historien. M. Biot, qui l’a remplacé à l’Académie, y a fait son Éloge dans son discours de réception (1 857).

LACROIX (Silv.-Franç.), savant mathématicien, né en 1765, mort en 1843, se fit connaître dès 1787 par un travail sur les assurances maritimes, qui fut couronné par l’Académie des Sciences; entra à l’Institut dès la fondation, enseigna successivement les mathématiques à l’École militaire, à l’École centrale des Quatre-Nations , à l’École polytechnique, à la Faculté des Sciences, dont il devint le doyen, enfin au Collège de France (18 1 5). On lui doit un Cours de Mathématiques , publié de 17 96 à 1801, ouvrage élémentaire, remarquable par la clarté de l’exposition, et dans lequel il introduisit l’usage de la méthode analytique; un Traité du calcul différentiel et intégral (17 97 ,2 vol. in-4, et 181u-l819, 3 vol. in-4), ouvrage d’un genre plus élevé, qui est le vrai fondement de sa réputation; un Essai sur l'enseignement des Mathématiques , I8t»5, in-8, écrit philosophique où l’on remarque la partie qui traite des méthodes.

LADOUCETTE (le baron J. -Ch. -François de), né en 1772 à Nancy, mort en 1848, était fils d’un avocat distingué. Il fut successivement préfet des Hautes-Alpes (où il créa la route du Mont- Genèvre), de la Roër, de la Moselle ; rentra dans la vie privée à la chute de l’Empire , et se livra tout entier à son goût pour les lettres. Président de la Société des antiquaires, il justifia ce choix par d’importants travaux : Archéologie de Mans Seleucus (Mont-Saléon, Hautes-Alpes), 1806; Voyage entre Meuse et Rhin, 1818; Histoire , Antiquités , etc. , des Hautes- Alpes, 1820 : c’est le meilleur ouvrage qui ait paru sur la statistique de ce pays. Il a aussi composé des Fables en vers (1826), les unes imitées de Lessing, Pfeffel, Richardson, les autres tirées de son propre fonds, ainsi que des romans, des nouvelles, des contes, qu’on lit encore avec plaisir. M. Beaulieu a donné une Notice sur Ladoucette (1849).

LA FERB1ÈRE (L. Firmin), savant juriste, né en 1798 à Jonzac, mort en 1861 , fut successivement avocat à Bordeaux , professeur de droit à Rennes, inspecteur général des Facultés de droit, fut élu conseiller d’État par l’Assemblée nationale en 1849, fut chargé en 1854 d’administrer l’Académie de Toulouse, et fit partie, à partir de 1855, de l’Académie des Sciences morales. 0\i lui doit, entre autres publications ) une Histoire du Droit civil de Rome et du Droit français ,

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