JOMA
JOUF
apres les Cent-Jours, ministre de la marine, mais se retira bientôt pour n’avoir pas à signer la reddition de Landau. Étranger depuis à la politique, il s’occupa activement des intérêts du Protestantisme, culte auquel ii appartenait.
JAY (Antoine), homme de lettres, né en 1770 à Guitres, près de Libourne, mort en 1854, remplit d’abord des ^fonctions civiques à Libourne , y renonça bientôt pour aller visiter l’Amérique (1796), séjourna sept ans aux États-Unis, et s’y lia avec quelques hommes importants , fit paraître à son retour une relation de ses excursions dans les contrées inexplorées de l’Amérique du Nord (1803), présenta en 1806 au concours de l’Académie française un Tableau de la littérature française au xvme siècle, qui fut couronné, composa dés Éloges de Corneille (1808) et de Montaigne (1812), qui obtinrent la même distinction, fit paraître en 1812 le Glaneur ou Essais de Nicolas Freeman , recueil philosophique et humoristique, fut ensuite chargé par l’Empereur de la direction du Journal de Pciris, auquel il donna une nouvelle vie, et publia en 1815 une Histoire du ministère du cardinal de Richelieu , qui est le plus estimé de ses ouvrages. Devenu, sous la Restauration, un des coryphées du parti libéral, il fonda en 1815, avec quelques amis, le journal T Indépendant (qui prit peu après le titre de Constitutionnel), puis la Minerve (1 8 1 8), feuille périodique qui devint bientôt l’oracle du parti, fut, ainsi que M. de Jouy, emprisonné pour la hardiesse de ses attaques et écrivit avec lui pendant sa captivité les Ermites en prison , et après sa libération les Ermites en liberté . Arrivé au faîte de la popularité, il fut élu député de Paris en 1827. Sa dernière publication est la Conversion d’un romantique( 1830). Jay a participéà la rédaction du Mercure du xixe siècle. Écrivain élégant et pur, il fut admis en 1832 à l’Académie française. Ses OEuvres ont été réunies en 1831 (4 vol. in-8L
JOBARD (J. -B.), savant belge, d’origine française, né en 1792 à Baissey (Haute-Marne), mort a Bruxelles en 1861, fut d’ahord ingénieur du cadastre dans les Pays-Bas, puis s’occupa avec succès de technologie. Il importa en Belgique la lithographie en la perfectionnant (1816) et fit luimême quelques inventions utiles, ce qui lui valut d’être nommé directeur du Musée de l’industrie belge; mais il est surtout connu comme l’ardent défenseur de la propriété intellectuelle, pour laquelle il inventa le mot barbare de Monautopole (c.-à-d. monopole de soi-même, de ses propres œuvres). Après avoir donné dans plusieurs brochures des aperçus de sa théorie, il l’exposa au long dans sa Nouvelle Économie sociale ou Monautopole industriel , artistique et littéraire , Bruxelles, 1845, qu’il fit suivre en 1855 du Code complémentaire de l’Économie sociale. Il s’est aussi essayé dans la poésie et a laissé des Fables estimées. Jobard était membre de l’Académie c(e Bruxelles et associé de plusieurs Académies étrangères.
JOMARD (Edme-François) , géographe et archéologue, né à Versailles en 1777 , mort en 1862, entra à l’École polytechnique dès sa fondation (1794), en sortit ingénieur-géographe, futadjoint en cette qualité à l’expédition d’Égypte, dressa le plan topographique d’une partie du pays conquis et dessina un grand nombre de monuments antiques; devint, après son retour, secrétaire de la commission chargée de rédiger la Description de l’Égypte et prit la plus grande part à cette œuvre monumentale, à laquelle il consacra 18 armées (1803-21); travailla activement en 1814 et 1815 à introduire et à répandre l’enseignement mutuel, ainsi que plusieurs inventions importées d’Angleterre; fut admis en 1818 à l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, fut en 1821 un des fonda¬
teurs de la Société de Géographie, dont il devint l’âme et qu’il présida presque constamment , et lut nommé en 1828 conservateur des collections géographiques à la Bibliothèque royale : dans ce poste, qu’il occupa jusqu’à sa mort, il s’attacha à mettre les collections dans un ordre parfai t et il les enrichit de précieuses acquisitions. Investi de la confiance du pacha d’Égypte Méhémet Ali, qui lui décerna le titre honorifique de bey, Jomard détermina ce prince à envoyer en France chaque année des sujets choisis pour s’instruire dans les différentes branches des sciences (1826), et fut chargé de diriger cette espèce de missiou égyptienne, qui contribua beaucoup à maimenir l’influence morale de la France en Égypte. Outre les parties qu’il avait rédigées dans la Description de î’ Egypte, et parmi lesquelles onremarque son Mémoire sur le système métrique des anciens Égyptiens, il a publiéplusieurs mémoires, avec d’excellentes cartes, sur divers points intéressants de la géographie ancienne et moderne de l’Égypte, sur l’Arabie, l’Afrique, le Nil, le Niger, ainsi qu’un assez grand nombre d’écrits sur l’enseignement mutuel. Jomard faisait partie de plusieurs Académies étrangères et était un des membres les plus actifs, non-seulement de la Société de Géographie, mais aussi de celles d’enseignement mutuel, d’encouragement et d’ethnographie. Sans avoir fait de découvertes par lui-même, ii a, comme président de la Société de Géographie, contribué puissamment par ses indications et ses efforts à diriger les recherches, à encourager et à récompenser les découvertes.
JOSEPH, roi d’Espagne. V. Bonaparte (Joseph).
JOUBERT (Joseph), écrivain, né en 1754 à Montignac (Dordogne), mort en 1824, professa quelque temps dans les collèges de la Doctrine , mais fut obligé par la faiblesse de sa santé de renoncer à l’enseignement, vint à Paris, s’y lia étroitement avec Fontanes, qui le fit entrer dans l’Université impériale dès son organisation, et le nomma inspecteur général. Joubert avait écrit, sans les destiner à la publicité, des réflexions et maximes, qui se font remarquer à la fois par le style, par la justesse de la pensée et la délicatesse du sentiment ; elles ont été publiées en 1838 par les soins de Chateaubriand , sous le titre de Pensées; il en a paru une 2e édit, en 1849, avec une Notice sur Joubert , par P. Raynal.
JOUFFROY (le marquis de), inventeur du bateau à vapeur, né vers 1751 en Franche-Comté, mort aux Invalides en 1832, était avant la Révolution capitaine d’infanterie. En visitant la pompe à feu de Chaillot, il conçut l’idée d’appliquer la vapeur à la navigation : il fit un premier essai en 1776 sur le Doubs, et le renouvela avec succès en 1783 à Lyon, sur la Saône ; mais, sans fortune, sans appui, il ne put donner suite à son invention, qui fit bientôt après la gloire et la fortune de Fulton ; il refusa néanmoins de la porter à l’étranger. Une compagnie formée à Paris en 1816 lui fournit enfin lesmoyens d’exécuterses plans; maisuneruineuse concurrence l’empêcha de réussir. Les étrangers avaient contesté sa découverte : l’Académie des Sciences reconnut et proclama ses droits en 1840. — Son fils, M. Achille de Jouffroy, a publié l’histoire de ses travaux (Des bateaux à vapeur, 1839) et a lui-même perfectionné son invention.
Jouffroy (Théodore), professeur de philosophie, né en 1796 aux Pontets (Doubs), morten 1842, entra à l’École normale, où il puisa le goût de la philosophie dans les leçons de Royer-Collard , y fut nommé maître de conférences dès 1817 , reste sans emploi à la suppression de l’École normale (1822), fit alors des cours particuliers qui furent suivis par des jeunes gens d’élite, écrivit à la même
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époque dans le Globe , feuille libérale qui exerça une puissante influence sur l’opinion ; fut rendu à l’enseignement public en 1828, et pourvu d’une chaire de philosophie à la Faculté des lettres, à laquelle il joignit en 1832 une chaire au Collège de France. Il obtint dans ses cours de grands succès par l’originalité de ses consciencieuses recherches et la lucidité de son exposition ; mais sa santé altérée le força de bonne heure à interrompre ses leçons. Il avait été admis dès 1833 à l’Académie des Sciences morales, et fut appelé en 1 840 au Conseil de l’instruction publique. Députéde Pontarlier depuis J 831, il se signala dans cette nouvelle carrière par la sagesse de ses vues et l’indépendance de ses opinions. On doit à M. Jouffroy la traduction des Esquisses de philosophie morale de Dugald Stewart (1 vol. in-8, 1826), et des OEuvres complètes deReid(6 vol. in-8, 1828-1836), précédées de préfaces étendues; un Cours de droit naturel, professé à la Faculté des lettres (3 vol. in-8 , 1834- 1842); un Cours d’esthe’tique (1 vol, in-8, publié en 1843 d’après les rédactions d’un de ses auditeurs); des Mélangesphilosophiques, 1833 ; enfin de Nouveaux mélanges (1 vol. in-8 , publiés après sa mort par M. Damiron). Disciple des Écossais, M. Jouffroy s’est attaché à établir la possibilité de la science psychologique et à tracer la ligne de démarcation qui la sépare de la physiologie; il a fortement insisté sur la méthode et l’organisation de la science; mais il l’a peu avancée lui-même. En morale, il s’est surtout préoccupé du problème de la destinée humaine et de la loi morale : son Cours de droit naturel, le plus important de ses écrits, est consacré à l’examen de ce grand problème ; malheureusement , il n’a pu l’achever. M. Mignet a lu à l’Institut en 1853 une Notice historique sur Th. Jouffroy.
JOURDAN (le docteur Ant.-Jacq.-Louis) , infatigable traducteur, né à Paris en 1788, mort en 1848, servit dès 1807 dans la chirurgie militaire, profita de ses campagnes en Allemagne pour se familiariser avec la langue et la littérature du pays , fut licencié en 1814, et consacra dès lors tout son temps à des travaux de cabinet qui le firent admettre à l’Académie de Médecine. Un des premiers, il initia la France au mouvement scientifique de l’Allemagne : on lui doit la traduction d’un grand nombre d’ouvrages des genres les plus divers , médecine, chimie, philosophie, droit même. Nous citerons : l 'Histoire de la médecine , de Sprengel (1815-20); Y Anatomie du cerveau , de Fr. Tiedemann (1823) ; Y Art de prolonger la vie , de Hufeland ( 1 824) ; Y Anatomie générale de Meckel (1825) ; la Chimie de Berzélius (1829-33) ; la Doctrine homœopathique et les Maladies chroniques d’Hahnemann (1832), ainsi que la Matière médicale du même ( 1 834) ; Y Anatomie comparée de Carus (1835) ; la Physiologie de Burdach (1837-41); Y Encyclopédie anatomique de Bischofî, Henle, etc. (1843-47). Ses premières traductions, faites précipitamment, sont bien inférieures à celles qui suivirent. On lui doit une Pharmacopée universelle (1828 et 1840) , œuvre prodigieuse de patience et d’érudition. Tous ses ouvrages furent publiés par Baillière.
JOUY (V.-Jos. -Étienne , dit de), littérateur, né en 1764 au village de Jouy (Seine-et-Oise) , dont il prit le nom, mort en 1846 à Saint-Germain,
servit fort jeune en Amérique, puis dans l’Inde, où il eut les aventures les plus romanesques; fit les premières campagnes de la Révolution , mais quitta de bonne heure le service pour se consacrer aux lettres. Il débuta par de gais vaudevilles qui furent applaudis; mais ce qui commença vraiment sa réputation, ce fut l’opéra de la Vestale (musique de Spontini) , 1807 , qui eut une vogue extraordinaire, et lui valut en 1810 le prix décennal de poésie lyrique; il donna encore à l’Opéra Fernand Cortex (avec Spontini) , 1807 ; les Bayadères (avec Catel), 1810; les Amazones et les Abencerrages (avec Cherubini), 1812-1813; enfin Moïse , 1827, et Guillaume Tell , 1829 (avec Rossini) : ces deux pièces rappelèrent ses premiers succès. S’essayant aussi avec bonheur dans la tragédie , il fit représenter au Théâtre-Français en 1813 Tippo Saëb , tragédie inspirée par le souvenir de sa campagne dans l’Inde; en 1822 Sylla, son chef-d’œuvre (cette pièce eut une grande vogue, à laquelle contribuèrent les allusions politiques); en 1825 Bélisaire , en 1827 Julien dans les Gaules ; ces dernières tragédies furent froidement accueillies. Il écrivait en même temps, sous le masque de Y Ermite de la Chaussée-d’ Antin, de légères et spirituelles esquisses des mœurs parisiennes, qui, publiées par articles détachés dans le Mercure à partir de 1812, amusèrent le public et piquèrent vivement la curiosité; mais, entraîné par le succès, il abusa du genre qu’il avait créé, et donna plusieurs suites à son Ermite , espèces de copies qui étaient loin de valoir l’original. Chaud défenseur des idées libérales et l’un des derniers représentants des opinions voltairiennes, M. de Jouy fut , avec Étienne et Jay , un des écrivains qui firent la plus rude guerre à la Restauration : il écrivit dans le Constitutionnel , dans la Minerve, et dans une foule de petits journaux, des articles de vive opposition; il eut par suite à subir, avec Jay, son collaborateur, une détention de quelques mois, qui n’eut d’autre effet que de les rendre plus populaires, et qui leur suggéra l’idée de deux nouveaux ouvrages, \es Ermites en prison et les Ermites en liberté (1823-1824). Après la révolution de 1830, le roi Louis-Philippe le nomma bibliothécaire du Louvre. M. de Jouy a publié lui-même de 1823 à 1827 ses OEuvres complètes , 27 vol. in-8. Il avait été reçu à l’Académie française en 1815. M. Empis, son successeur, a lu son Éloge a l’Académie le 26 décembre 1847.
JULLIEN (Marc-Ant.), dit de Paris , né à Paris en 1775 , mort en 1848, fils du conventionnel Jullien (de la Drôme), fut, étant à peine âgé de 18 ans, envoyé en mission dans l’Ouest et le Midi, se vit à son retour accusé d’avoir participé aux excès de l’époque et fut incarcéré 14 mois, prit du service à l’armée d’Italie, remplit quelque temps les fonctions de capitaine d’état-major près de Bonaparte , qui le chargea de rédiger le Courrier de l’armée d’Italie, puis entra dans le corps de l’inspection aux revues, mais fut écarté sous l’Empire à cause de ses opinions libérales, encourut pour le même motif la disgrâce des Bourbons, et fonda en 1819 la Revue encyclopédique, qui rendit d’incontestables services à la science. On a de lui ; Essai général d’éducation , 1808; Essai sur l'emploi du temps, 1808; Méthode de Pestalozzi , 1812; Plan de lectures historiques, 1821.
/ KABYLIE, nom général donné à toute la partie montagneuse de l’Algérie, habitée par les Kabyles, est plus spécialement appliqué à la chaîne qui longe la Méditerranée , à l’E. d’Alger, depuis
Dellys jusqu’à Philippeville. On y distingue la Grande Kabylie ou Kabijlie du Djurjura , entre Dellys et Bougie; la Petite Kabylie, à l’E. de la précédente , entre Djigelli et Gollo. Les habitants
KÉKA.