LENO
LEOP
tionnaire encyclopédique de V Histoire de France (12 vol. in-8, avec pl.) et a fourni un grand nombre d’articles à Y Univers pittoresque de Didot, ainsi qu’aux journaux et aux revues du temps.
LECLERCQ (Théodore), né à Paris en 1777, d’une famille aisée, mort en 1851, occupa quelque temps un emploi de receveur des droits réunis, mais donna sa démission en 1814 pour se livrer à ses goûts littéraires. Après avoir joué par amusement des proverbes dramatiques, il se mit à en composer lui-même : il déploya dans cette espèce de comédie en miniature une finesse d’observation, une délicatesse de pensée et un bonheur d’expression qui le placent au premier rang, bien au-dessus de Carmontel, le créateur du genre; ses Proverbes , où il peint les ridicules du jour, sont le miroir fidèle de la société de l’époque. L’auteur n’avait voulu travailler que pour les salons : le rapide succès de ses Proverbes l’obligea à les livrer au public. Un premier recueil fut publié en 1823 en 2 volumes; il en parut 6 autres volumes jusqu’en 1833. On y remarque surtout la Manie des proverbes, qui est comme une introduction générale, le Mariage manqué. Tous les comédiens ne sont pas au théâtre , V Humoriste , le Château de cartes , le Jour et le lendemain , le Retour du baron. Les auteurs dramatiques ont fait à Théodore Leclercq de fréquents emprunts, qu’ils n’ont pas toujours avoués. M. Sainte-Beuve a parfaitement apprécié ce spirituel écrivain dans le Constitutionnel du 31 mars 1851.
LELEWEL (Joachim), historien polonais, né à Varsovie en 1786, mort à Paris, en 1861, enseigna l’histoire à Vilna et àVarsovie et acquit par ses leçons sur l’histoire nationale une popularité qui le fit destituer et exiler par le gouvernement russe (1826). Il contribua par ses discours et ses écrits à faire éclater en Pologne la révolution de 1830, fut, en 1831, membre du gouvernement national et ministre de l’instruction publique, se réfugia en France après le triomphe des Russes, et y fut nommé président du comité del’émigration ; mais , ayant compromis le gouvernement français par des proclamations hostiles à la Russie, il fut forcé de se retirer pendant quelques années à Bruxelles. Lelewel a publié un grand nombre d'ouvrages , la plupart relatifs à l’histoire nationale : Monuments de la langue et de la constitution de Pologne. 1824; Hist. de Pologne, 1829 (dont il a donné en 1844 une édition française); Hist. de la Pologne sous Stanislas Auguste, 1831; Hist. de la Lithuanie et de la petite Russie, jusqu'à leur réunion à la Pologne, 1839; la Pologne au moyen âge , 1846-51. Il s’occupa aussi avec succès de numismatique et de géographie historique; on estime sa Géographie du moyen âge.
LENNEP (David-Jacques Van), philologue hollandais, né en 1774 à Amsterdam, mort en 1849, fut dès 1799 professeur à l’Athénée d’Amsterdam, donna d’excellentes éditions des Héroïdes d’Ovide et deSabinus(Amsterd., 1807 et 1812), et de l ’Anthologia græca, avec Bosch (5 vol., Utrecht, 1795- 1822) , traduisit Hésiode en hollandais (1823), et composa, soit en latin, soit dans sa langue maternelle, des écrits en prose et en vers fort estimés. — Son fils, Jacques L., né en 1802, est un des poètes les plus populaires des Pays-Bas ; il exploite surtout les légendes du moyen âge.
LENOIR (Alex.), créateur et directeur du Musée des monuments français , né à Paris en 1761, mort en 1839, avait étudie la peinture sous Doyen. Il proposa en 1790 à l’Assemblée nationale de faire rassembler à Paris , dans l’ancien couvent des Petits-Augustins, les objets d’art provenant des églises et couvents supprimés ; fut nommé conservateur du Musée créé à cet effet, réunit et préserva
de la destruction plus de 500 monuments, qu’il restaura avec soin; mais vit en 1 8 1 G anéantir son œuvre et supprimer son emploi par une ordonnance royale qui rendait les monuments religieux à leur destination primitive. Il fut en compensation nommé administrateur de l’église de Saint-Denis. Outre une Notice du Musée des P etits-Augustins (1793), on lui doit ; Musée des monuments français, 1800-1822,8 vol. in-8, avec planches; Histoire des arts en France par les monuments , 1811, in-4, avec atlas ; Atlas des monuments et des arts libéraux, etc. , 1820-1827, in-fol., la Vraie science des artistes , 1823, 2 vol. in-8 ; Monuments des Arts en France depuis les Gaulois, 1840, ouvrages qui contribuèrent puissamment à répandre le goût des arts et la connaissance du moyen âge.
LENORMAND (Mlle), fameuse devineresse, née en 1772 à Alençon, morte à Paris en 1843, reçut une éducation distinguée dans un couvent de Bénédictines, fit dès l’enfance des prédictions qui frappaient d’étonnement ses compagnes, vint en 179o se fixer à Paris (rue deTournon, où elle habita jusqu’à sa mort), et se mita prédire l’avenir en tirant les cartes. Emprisonnée en 1794 pour quelques révélations compromettantes, elle vit sa vogue s’accroître en sortant de prison, et fut, sous l’Empire et pendant la Restauration, consultée et recherchée par les plus hauts personnages, parmi lesquels on compta l’impératrice Joséphine. Elle a publié quelques écrits , entre autres la Sibylle au Congrès d’ Aix-la-Chapelle , 1819, qui lui attira en Belgique un procès dont elle sortit triomphante , et des Mémoires secrets sur Joséphine, 1820. Elle avait promis ses Mémoires, mais ils n’ont pas paru. Mlle Lenormand prétendait être une somnambule éveillée. M. Francis Girault a donné sa Biographie, 1843. On a publié sous son nom , en 1846, le Grand Jeu de société , auquel elle n’a eu aucune part.
LENORMANT (Ch.), archéologue, né à Paris en 1802, se sentit attiré vers l’archéologie et les arts et se trouva de bonne heure, grâce à son mariage avec la nièce de Mme Récamier, introduit dans la meilleure société, où il se fit de puissants protecteurs. Il fut dès l’âge de 23 ans attaché à l’intendance de la maison du roi comme sous-inspecteur des beaux-arts, devint en 1827 inspecteur en titre, accompagna Champollion en Égypte, et étudia avec lui les antiques monuments de cette contrée, fut à son retour nommé bibliothécaire à l’Arsenal, puis devint conservateur à la Bibliothèque royale, fut chargé en 1834 de suppléer M. Guizot dans son cours d’histoire à la Sorbonne, où ses opinions ultramontaines soulevèrent quelque opposition, et fut appelé en 1848 à remplacer M. Letronne dans sa chaire d’archéologie au Collège de France. Il avait été admis dès 1839 à l’Académie des Inscriptions. Il mourut en 1859, pendant un voyage d’exploration en Grèce. Ses principales publications sont ; le Trésor de Numismatique (avec P. Delaroche et Henriquel Dupont, 1836-50); le Musée des antiguités égyptiennes (avec Nestor Lhôte), 1841 ; l’Élite des monuments céramographiques (avec de Witte), 1844-57. A une érudition variée, il joignait une imagination vive et le sentiment de l’art.
LEOPARDI (le comte Giacomo) , écrivain italien, né en 1798 à Recanati (Marche d’Ancône), mort en 1837 , se fit de bonne heure connaître par des travaux philologiques (édition de la Vie de Plotin, traduction de Fronton, dissertations sur Dion Chrysostome, Denys d'Halicarnasse, Eusèbe, etc.); prit rang dès 1818 parmi les poètes lyriques par ses Canzoni patriotiques, et se distingua aussi comme prosateur par des écrits qui sont empreints d’un certain esprit philosophique , mais où l’on regrette de trouver des sentiments désespérants.
LE RM
LETR
Inquiété pour ses opinions, il en conçut un vif chagrin, qui , joint à une constitution maladive, abrégea sa vie. Ses OEuvres complètes ont été punîmes à Florence en 1845, 2 vol. in-8, par A. Ranieri. Ses Operette morali sont à l 'index.
LÉOPOLD (Ordre de), ordre créé en Autriche pari empereur François I en 1808 , pour honorer la mémoire de son pere Léopold II, et récompenser tous les genres de talents , civils ou militaires, sans egard a la naissance. La croix a huit pointes, au milieu desquelles est un écusson portant F. I. A. (I ) ancis eus imper at or Ans tria), avec ces mots : Integntati et merito ; au reverson lit les mots : Opes regum corda subditorum, qui étaient la devise de Léopold II. Le ruban est rouge bordé de blanc.
Léopold (Ordre belge de), créé en Belgique par le roi Léopold en 1832 pour les services rendus à la patrie. La décoration est une croix blanche emaillée, entourée d’une guirlande de laurier et de chene, étayant au milieu, d’un côté, le chiffre du roi, de 1 autre le lion belge, avec cette devise : L union fait la force. Le ruban est rouge moiré.
LEPÈRE, architecte, né en 1762, mort à Paris en 1844, fit partie de l’expédition d’Egypte, enrichit de ses dessins et de ses mémoires le grand ouvrage qui perpétue le souvenir de cette expédition , éleva de concert avec Gondouin la colonne de la place Vendôme, et y plaça en 1833 la nouvelle statue de l’Empereur. Successivement architecte de la Malmaison, de Saint-Cloud, de Fontainebleau, il consacra ses dernières années à la construction de l’église Saint-Vincent de Paul à Paris. Il avait trouvé le moyen de sculpter le granit aussi facilement que la pierre.
LEPRÉVOST d’Iray (le vicomte), membre de l’Institut, né en 1768 au château d’Iray (Orne), mort en 1849. Dépouillé de son patrimoine par la Révolution, il chercha une ressource dans les lettres, fut successivement professeur aux écoles centrales, censeur au Lycée impérial (auj. Louisle-Grand), inspecteur général des études, et se fit connaître du monde savant par des travaux historiques qui lui ouvrirent en 1818 les portes de l’Académie des Inscriptions. Il a publié : Tableau comparatif de V histoire ancienne ,1802 de l' Histoire moderne, 1804 (pour l’usage des écoles) ; Histoire de l’Égypte sous les Romains, couronnée parl’Institut en 1 807 . Il avait en outre composé une tragédie de Manlius Torquatus, 1794, des comédies, un poème en 6 chants, la Vendée, 1824, des Odes, des Poésies fugitives, des imitations des Prophéties d’Isaïe, du Cantique de David sur la mort de Saül, etc.
LERMINIER (Eugène), littérateur et critique, né en 1803 , mort en 1857 , était fils d’un greffier de Strasbourg et fut élevé dans cette ville , où il se familiarisa avec la langue et la littérature allemandes. Après avoir débuté au barreau de Paris, il ouvrit un cours privé sur l’histoire et la philosophie du droit, écrivit en même temps dans le Globe, fut appelé après la révolution de 1830 à une chaire de législation comparée, créée pour lui au Collège de France , y professa des doctrines libérales qui lui valurent pendantplusieurs années les sympathies ardentes de la jeunesse, mais perdit tout d’un coup la faveur de son public pour s’ètre rallié au gouvernement et avoir accepté une place de maître des requêtes, et se vit obligé de quitter sa chaire en 1839. Resté fidèle à la maison d’Orléans après les événements de 1848, il devint un des principaux rédacteurs de l'Assemblée nationale. Outre des écrits de circonstance, M. Lermi nier a publié : Introduction à l’histoire du droit (1829) ; Philosophie du droit (1831) : Influence de la philosophie sur la législation (1833); Histoire des législations comparées (1837) , et a donné à la
Revue des Deux-Mondes de remarquables articles de critique, dont quelques-uns ont été réunis en 1833 sous le titre de Lettres à un Berlinois. Dans ses ouvrages sur le droit, il n’a guère fait que vulgariser en France les travaux de l’Allemagne.
LEROY d’Étiolles ( J. -J. -Joseph) , un des inventeurs de la lithotritie , né en 1798 à Étiolles, près de Corbeil, mort en 1860, étudia la médecine à Paris, s’occupa spécialement des maladies des voies urinaires, exécuta dès 1822 des instruments propres à broyer le calcul dans la vessie sans recourir à la taille, se vit disputer l’honneur de son invention, mais réussk, après de vives contestations, à faire reconnaître ses titres par l’Institut (1825), et obtint en conséquence un grand prixde 6000 fr. (1831). Outre plusieurs mémoires sur des questions spéciales, on a de lui : Exposé des divers procédés employés contre la pierre (1825), Traité de Lithotritie (1836) , Histoire de la Lithotritie (1839).
Leroy de Saint-Arnaud. Voy. Saint-Arnaud.
LE SAGE , pseudonyme. Voy. Las Cases.
LESUR (Ch.-Louis), né à Guise en 1770, mort en 1849, vint jeune à Paris, fut quelque temps historiographe au ministère des relations extérieures , puis inspecteur de la loterie, et passa ses dernières années dans sa ville natale. On lui doit plusieurs ouvrages justement estimés {Politique de la puissance russe , 1 807 ; Histoire des Cosaques , 1814, etc.); maisil est surtout connu comme fondateur et rédacteur de l 'Annuaire historique , qu’il commença en 1818 et poursuivit jusqu’en 1833 : c’est un précieuxrépertoire de documents de toute nature, indispensable à tous ceux qui s’occupent des affaires publiques.
LETRONNE (J.-Ant.), né en 1787 à Paris, d’une famille obscure , mort en 1848 , étudia la géographie sous Mentelle et le grec sous Gail, voyagea de 1810 à 1812 avec un riche étranger, et visita ainsi la France, l’Italie, la Suisse et la Hollande ; fit paraître après son retour un savant Essai sur la topographie de Syracuse au Ve siècle av. J.-C., et quelques autres travaux d’érudition, ce qui le fit choisir pour terminer le Strabon commencé par Laporte-Dutheil ; fut admis dès 1816 à l’Académie des Inscriptions, et bientôt après nommé inspecteur général des études; devint en 1832 directeur de la Bibliothèque du Roi , en 1834 professeur d’archéologie au Collège de France, succéda en 1840 à Daunou comme garde général des Archives, et joignit à cet emploi la direction de l’École des chartes (1847). Letronne a laissé un grand nombre d’ouvrages etde mémoires qui se distinguent à la fois par la sagacité et par la sûreté de la critique. Collaborateur et ami de Champollion le jeune, il fit faire de grands pas à l’archéologie égyptienne : il publia dans ce but des Recherches sur l’Histoire de l'Égypte pendant la domination des Grecs et des Romains , 1823 ; — sur V Objet des représentations zodiacales , 1824, écrites à l’occasion du zodiaque de Denderah; — sur le Christianisme en Égypte , en Nubie , en Abyssinie , 1832; — sur la Statue vocale de Memnon, 1833; — sur Y Inscription de Rosette , 1840 ; — sur la Civilisation égyptienne , 1846; enfin il donna un vaste Recueil des inscriptions grecques et latines de l'Égypte, 1841-1849, 3 vol.in-4. On remarque encore sestravaux surla Métrologie des anciens ; sur l’ Évaluation des monnaies grecques et romaines, 1817 ; sur la Peinture murale chez les Grecs et les Romains , 1840. Letronne a fourni en outre de nombreux articles au Journal des savants , à la Revue archéologique (ces derniers articles ont éîé réunis en 1 v.in-8, 1849) et autres recueils. Il avait donné dans sa jeunesse un Cours élémentaire de géographie, qui a eu de nombreuses éditions. On