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lui doit l’édition de Rollin en 30 vol. publiée par Didot, de 1821 à 1825. M. Walckenaër a lu son Éloge à l’Académie des Inscriptions (1850).
LÉZARDIÈRE (Mlle Marie-Pauline de), née en 1754 au château de la Verci en Vendée, morte en 1835, était fille du baron de Lézardière, ami de Malesherbes et de Necker. Elle reçut une éducation sérieuse , prit un goût vif pour les études historiques, et entreprit sur la législation politique de la monarchie française un immense travail, pour combler la lacune qu’offre sur ce point l’Esprit des Lois de Montesquieu. L’ouvrage était en grande partie imprimé en 1702, et il en avait déjà paru deux volumes ; mais les malheurs de la Révolution firent anéantir presque toute l’édition, et forcèrent la famille de Lézardière à émigrer. La publication ne put être reprise et ne fut exécutée qu’après la mort de l’auteur, par les soins du vicomte de Lézardière , son frère , et l’ouvrage parut en 1844 sous le titre de Théorie des lois politiques de lamonarchie française, 4 vol. in-8. Cet ouvrage, d’une science et d’une solidité étonnantes pour une femme, s’appuie sur les meilleures autorités et est accompagné de pièces justificatives.
LINGARD (le Dr John), historien anglais, né en 1769 à Hornby, près de Lancastre, mort dans ce même lieu en 1851, était prêtre catholique, et avait été élevé à Douai par les Jésuites. Il exerça longtemps son ministère à Newcastle-upon-Tyne (Northumberland), et passa ses dernières années à Rome. Il se fit d’abord connaître par des ouvrages de controverse , où il défendait la religion catholique contre les attaques des écrivains protestants; débuta comme historien en 1809 par les Antiquités de T Eglise anglo-saxonne , puis consacra tous ses loisirs à la rédaction du grand ouvrage auquel son nom est resté attaché , son Histoire d’Angleterre depuis l’invasion des Romains jusqu’à la révolution de 1688. Cet ouvrage, qui commença à paraître à Londres en 1819, ne fut achevé qu’en 1832 ; il le révisa et le compléta dans plusieurs éditions successives , dont la dernière ne fut terminée qu’en 1850. Faite au point de vue catholique, cette histoire est destinée à réparer les erreurs et les injustices des écrivains protestants, ainsi qu’à combler leurs lacunes. Elle obtint un très-grand succès, même auprès des protestants : tous ont rendu hommage à la vaste érudition de l’auteur, à ses recherches consciencieuses , à son style nerveux et concis : c’est un des grands monuments dont s’honore la littérature anglaise en ce siècle. Elle a été traduite par MM. de Roujoux et Amédée Pichot, 1825-31 (avec une Continuation depuis 1688 par Mariés), et plus récemment par M. Léon de Wailly, 1843- 44 (avec continuation par Th. Lavallée). Une 6e édition, publiée après la mort de l’auteur, est précédée de sa Vie par le Rév. M. -Aloysius Tierney.
LINOIS (Ch.-Alex.-Léon , comte Durand de), marin, né à Brest en 1701 , mort en 1848, servitavec distinction dans l’Inde et en Amérique, devint en 1795 capitaine du vaisseau le Formidable , combattit en héros la flotte anglaise à l’île de Groix (28 juin 1795), mais vit son vaisseau prendre feu, et tomba au pouvoir de l’ennemi; fut bientôt échangé, puis nommé contre-amiral (1799), battit les Anglais dans la baie d’Algésiras (6 j uillet 1 80 1 ), opposa en 1806, près de Madère, la plus vigoureuse résistance à la flotte de l’amiral Warren , bien supérieure en nombre, mais fut pris de nouveau, et ne recouvra sa liberté qu’en 1814. Nommé d’abord par Louis XVIII gouverneur de la Guadeloupe, il fut révoqué et mis prématurément à la retraite, en 1815, à la suite d’une insurrection.
LION Néerlandais (Ordre du), ordre fondé en 1815 par Guillaume Ier, roi des Pays-Bas, pour le
mérite civil, a pour insignes une croix à quatre branches, offrant au milieu, d’un côté un lion couronné, de l’autre ces mots : Virtus nobilitat. Le ruban est bleu foncé , avec une bande orange.
Lion de Zæringhen (Ordre du), ordre fondé en 1812 par le grand-duc de Bade, Charles, et ainsi nommé pour consacrer l’origine de sa maison , issue de celle de Zæringhen. Cet ordre a pour insignes une croix d’or, dont l’écusson porte les armes de Bade et offre en outre d’un côté les ruines du château de Zæringhen, de l’autre un lion prêt au combat. Le ruban est vert bordé d’orange.
LISFRANC (Jacques), grand opérateur, né en 1790 à Saint-Paul-en-Jarrest (Loire), mort en 1847, était d’une famille de médecins où il puisa le goût de son art. Il étudia à Lyon , se perfectionna à Paris sous Dupuytren, entra jeune dans le service de santé militaire , vint en 1814, après le licenciement de l’armée, se fixer à Paris, où il devint successivement agrégé de la Faculté, chirurgien en second, puis chirurgien en chef de la Pitié, et se fit un nom par ses cours de clinique autant que par son habileté à opérer. On a de lui un Précis de médecine opératoire (1845-48, 3 vol. in-8, continué par M. Jobert de Lamballe). Sa Clinique chirurgicale avait déjà été publiée en 1842 (3 vol. in-8). On lui doit en outre d’intéressants mémoires (dont un sur la Rhinoplastie , 1832). Lisfranc donna aux opérations une précision géométrique : son nom restera attaché à deux procédés de son invention, l’un pour désarticuler l’épaule avec plus de célérité, l’autre pour amputer le pied dans son articulation ta rso- meta tarsienne, de manière à laisser à l’amputé une plus large base de sustentation.
LIST (Frédéric), économiste, né en 1789 dans le Wurtemberg, mort en 1846, fit partie du parlement wurtembergeois, en fut exclu à cause de la hardiesse de ses opinions , passa en 1824 aux États-Unis, s’y occupa surtout de chemins de fer, et y conçut le pian d’un système général de chemins de fer allemands, qu’il s’efforça de réaliser à son retour (1831). Il avait eu dès” 1819 la première conception du Zollverein (association douanière des peuples allemands) : cette institution, après avoir été longtemps repoussée, finit par être adoptée par presque tous les États de la Confédération germanique; il fonda pour la soutenir un journal, le Zollverein-blatt. Il publia divers autres écrits qui avaient également pour but la prospérité de l’Allemagne , notamment son Système national d' Économie politique (1840); mais, rencontrant partout des obstacles, il se découragea, et mit fin à ses jours. Le Système national a été traduit en 1851 par M. Richelot.
LOCRÉ de Roissy (Guill., baron), jurisconsulte, né en 1758 à Leipsick, de famille franc. ,m. en 1 840, était avocat au Parlement de Paris en 1789. Chargé en 1794 par Merlin ^et Cambacérès de classer les lois décrétées jusqu’à cette époque, puis nommé secrétaire rédacteur du Conseil des Anciens en 1795, enfin secrétaire général du Conseil d’État sous le Consulat et l’Empire, il put suivre dans toutes ses phases le travail d’enfantement de la législation nouvelle , et rendit un vrai service aux jurisconsultes en publiant les ouvrages suivants, qu’il était mieux que personne en position de rédiger: Espritdu Code Napoléon , 1806,7 vol. in-8; Esprit du Code de Commerce , 1808-1813, 10 vol. in-8; Espritdu Code de Procédure, \ 8 1 6, 5 vol., in-8; Législation de la France , 1826-1832, 31 vol. in-8.
LOISELEUR - DESLONGCHAMPS (Auguste), orientaliste, employé à la Bibliothèque royale, né à Paris en 1 805, mort en 1 840, était fils d’un savant médecin, connu lui-même par d’excellents ouvrages de botanique et d’économie rurale (né à
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Dreux en 1774, mort en 1850). Il étudia le sanscrit sous Chézy, et publia dans la langue originale un des livres les plus importants de l’Inde ancienne, les Lois de Manou (Manava-Dharma- Sastra), avec traduction française, 2 vol. grand in-8, 1832-1833. On lui doit encore un Essai sur les Fables indiennes, 1838, in-8, et l’ Amarakocha , dictionnaire sanscrit, qui n’a été terminé qu’après sa mort, 2 vol. in-4, 1839-1845.
LORIQUET (le P. J.-N.), jésuite, fils d’un maître de pension d’Prpernay, né en 1767, mort en 1845, occupa pendant les premières années de l’émigration une place de précepteur à Anvers, entra en 1801 dans la congrégation des Pères de la Foi, qui se fondit plus tard dans laCompagnie de Jésus, enseigna avec un zèle infatigable dans plusieurs des maisons de l’ordre , organisa les études avec un grand succès dans quelques-unes, fut en 1814 nommé supérieur du petit séminaire de Saint-Acheul, qu’il éleva rapidement au plus haut degré de prospérité, ne quitta ces fonctions qu’en 1828 , par l’effet des lois sur les congrégations non autorisées, fut nommé en 1833 supérieur de la maison de Paris, et s’occupa activement jusqu’à sa mort de la direction religieuse d’un grand nombre de couvents. Il a composé ou refait pour ses élèves une foule de livres élémentaires : grammaire, arithmétique, mythologie, histoire, géographie. La plupart de ces abrégés sont écrits avec une concision élégante; mais son Histoire de France, imprimée pour la première fois en 1814, est empreinte d’une partialité notoire, et a été l’objet des critiques les plus vives ; cet ouvrage a du reste été considérablement modifié par l’auteur (fans les éditions subséquentes. La plupart de ses livres portent les initiales A. M. D. G. (ad majorera Dei gloriam), ou un soleil perçant les nuages à l’horizon, avec cette devise : Lucet, non nocet. Le P. Loriqueta publié des Souvenirs de St-Acheul, 1829 et 1830, une histoire de la suppression de sa Compagnie sous le titre de Choiseul, Pombal et d’Aranda, et un traité de la Dévotion à S. Joseph. M. Henrion a écrit sa Vie.
LOUIS Bonaparte. Voy. Bonaparte (Louis).
LOUIS-PHILIPPE , roi des Français, fils aîné de Louis- Philippe-Joseph , duc d’Orléans (dit Philippe-Égalité) , né à Paris en 1773, porta le titre de duc de Chartres jusqu’à la mort de son père (1793), fut confié, ainsi que sa sœur Adélaïde, aux soins de Mme de Genlis, qui lui donna une éducation conforme aux idées philosophiques de l’époque ; reçut dès 1785 le brevet de colonel des dragons de° Chartres , adopta avec enthousiasme les principes de la Révolution, courut à la frontière se mettre à la tête de son régiment aussitôt que l’étranger eut envahi le sol français, se signala dès le début dans plusieurs affaires, notamment au combat de Quiévrain, où il rallia les fuyards (28 avril 1792), se çouvrit de gloire à Valmy (20 septembre) et surtou t à Jemmapes (6 novembre), oùil commandait comme lieutenant général et où il décida la victoire; n’en fut pas moins proscrit en 1793, se vit forcé de quitter l’armée avec Dumouriez, son général en chef, pour échapper à une arrestation imminente , mais refusa les offres avantageuses que lui faisait le général autrichien s’il voulait servir contre la France; se réfugia avec sa sœur en Suisse , en y cachant son nom, et fut heureux de se placer comme professeur dans le modeste collège de Reichenau, où il resta huit mois; quitta cette retraite pour visiter les contrées septentrionales, et pénétra jusqu’au cap Nord; consentit en 1796, sur le vœu du Directoire, à s’embarquer pour l’Amérique, afin d’obtenir l’élargissement de sa mère et de ses frères détenus en France, revint en Europe en 1 800,
et se fixa en Angleterre, où il se rapprocha des autres membres de la famille de Bourbon ; habita sept années, avec les ducs de Montpensier et de Beaujolais, ses frères, la résidence de Twickenham , qu’il ne quitta que pour accompagner à Malte le duc de Beaujolais, son plus jeune frère, atteint d’une maladie mortelle; se rendit de là à Palerme auprès de Ferdinand IV, roi des Deux- Siciles, et y obtint la main de la princesse royale Marie-Amélie (1809); reçut peu après de la junte de Séville l’invitation de se rendre en Espagne, pour s’y mettre à la tête du parti national, se rendit à cet effet en Catalogne, puis à Sévilla(1810), mais ne fut pas soutenu par ceux mêmes qui l’avaient appelé, et se rembarqua pour la Sicile; rentra en France dès qu’il eut appris les événements de 1814, mais fut accueilli très-froidement de LouisXVIII, qui lui refusa le titre d’Altesse; se vit cependant recherché dès que l’on connut le débarquement de Napoléon (mars 1815), et fut investi d’un commandement supérieur; séjourna de nouveau en Angleterre pendant les Cent- Jours, fut, à son retour, l’objet des défiances de Louis XVIII , ce qui l’obligea à retourner encore une fois à Twickenham; ne put rentrer en France qu’en 1817,^ devint bientôt, par l’effet même de l’état de disgrâce dans lequel il était laissé, un point de ralliement pour les mécontents, s’entoura des notabilités littéraires et politiques de l’époque , et même en dédommagea plusieurs des rigueurs du pouvoir; acquit ainsi une grande popularité, et se trouva tout désigné à l’opinion publique lorsque éclatèrent les évènements de 1830. Il accueillit, dès le 31 juillet, le vœu des députés qui le pressaient de remplir les fonctions de lieutenant général du royaume, fonctions auxquelles Charles X l’appelait de son côté, convoqua les Chambres, qui lui déférèrent la royauté, et reçut la couronne, sous le nom de Louis-Philippe, après avoir prêté serment à la nouvelle constitution, promettant que la Charte serait désormais une vérité 9 août).
Le nouveau roi mit tous ses soins à rétablir l’ordre, fortement ébranlé par la révolution ; placé entre des partis extrêmes, il adopta une politique de modération et d’équilibre que l’on a désignée sous le nom de juste-milieu ; toutefois il se montra , selon les circonstances, plus ou moins favorable au mouvement ou à la résistance; de là divers ministères qui sont assez caractérisés par les noms de leurs chefs : au début, MM. Dupont de l’Eure et Laffitte (1er août et 2 novembre 1 830), puis M. Casimir Périer (13 mars 1831), continué parle maréchal Soult (11 octobre 1832); M. Thiers (22 février 1836 et 1er mars 1840), M. Molé (6 septembre 1836 et 15 avril 1837), enfin M. Guizot 29 octobre 1840-23 février 1848). Les principaux événements de ce règne sont ; le refus du trône offert par les Belges au duc de Nemours (17 février 1831), l’entrée en Belgique d’une armée française (9 août), qui repousse les Hollandais, la prisé d’Anvers (23 décembre 1832) ; le mariage de la princesse Louise avec le roi des Belges (9 août 1832), mariage qui resserre les liens de la Belgique et de la France; l’expédition contre le Portugal dirigée par l’amiral Roussin, qui force l’entrée du Tage (il juillet 1831) et dictedes conditions à don Miguel ; l’occupation d’Ancône par nos troupes (23 février 1832), occupation qui arrête les progrès des Autrichiens en Italie; l’énergique répression des insurrections de Lyon (21 novembre 1831 et 9 avril 1834'' et de Paris (5 et 6 juin 1832, 13 et 14 avril 1834); l’arrestation à Nantes de la duchesse de Berry, qui tentait d*e soulever l’Ouest (8 novembre 1832); la conclusion du traité de la Quadruple alliance entre là France, l’Angleterre, l’Espagne et le Portugal, pour assu-
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rer la paix de la Péninsule troublée par des prétendants (22 avril 1834); le payement , après de longs débats» d’une créance de 25 millions réclamée par les États-Unis (18 avril 1835) ; l’horrible attentat de Fieschi ( Voy . ce nom), dirigé contre le roi et ses fils (28 juillet 1835); le vote d.es lois répressives dites de septembre proposées à cette occasion; l’avénement du ministère conciliateur de M. Molé , qui débute par une amnistie (8 mai 1837) , mais dont l’action est entravée par une regrettable coalition ; le mariage du duc d’Orléans, fils aîné du roi , avec une princesse protestante , Hélène de Mecklembourg (mai 1837); la guerre avec les Mexicains, le bombardement et la prise de Saint-Jean d’Ulloa, leur plus forte citadelle, par l’amiralBaudin(27 novembre 1838), et la conclusion d’un traité avec le Mexique ; les démêlés avec la république Argentine (1838), auxquelsmitfin l’amiral deMackau (oct. 1840); la demande d’une dotation pour le duc de Nemours , demande dont le rejet entraîne un changement de ministère (ter mars
1840) ; l’appui donné par le nouveau cabinet au aacha d’Égypte en guerre avec le sultan, et, Dar suite, la conclusion d’un traité signé entre !.es grandes puissances, à l’exclusion de la France, pour arrêter les progrès de Méhémet-Ali (15 juillet 1840); la rentrée de la France dans le concert européen par le traité dit des Détroits , relatif à l’entrée des Dardanelles et du Bosphore (13 juillet 1841), et par le traité du droit de visite (décembre 1841) ; la translation en France des restes de Napoléon, déposés solennellement aux Invalides (15 décembre 1840), et l’inauguration de la colonne de la grande armée à Boulogne ( 15 août
1841) ; la mort déplorable du ducd’Orléans (13 juillet 1842), et le vote de la loi qui défère la régence au duc de Nemours; l’occupation par l’amiral Dupetit-Thouars des îles Marquises (1er mai 1842) et de la Société (septembre 1842-novembre 1843); le traité de commerce conclu avec la Chine (24 octobre 1 844) ; le mariage du duc de Montpensier avec la sœur de la reine d’Espagne, effectué malgré l’opposition du cabinet anglais (10 octobre 1846). Pendant le même temps, notre domination s’étendait en Afrique, où les fils du roi prenaient la part la plus active et la plus glorieuse à nos succès. {Voy. Algérie.) — En outre, un grand nombre de lois étaient rendues sur les matières les plus importantes, telles que la presse (8 octobre et 29 novembre 1830, 28août 1835),lejury (11 janvierl831), la garde nationale (22 mars 1831), les élections (19 avril), la réforme du Code pénal (7 décembre 1831 et 28 avril 1832), la répression de la traite (15 janvier 1831) et l’émancipation progressive des esclaves; le régime des aliénés (30 juin 1838) et la réforme des prisons (18 mai 1844); l’instruction primaire (28 juin 1833), les écoles de médecine et de pharmacie (27 septembre et 13 octobre 1840), et la fondation d’une école française à Athènes (11 septembre 1846), les encouragements aux caisses d’épargne (22 février 1837 et 22 juin' 1845) , la suppression des maisons de jeu et de la loterie (lerjanvier 1838, lB'r janvier 1839), le travail des enfants dans les manufactures (22 mars 1841), le recrutement de l’armée (26 avril 1843). — Enfin, un grand nombre de monuments et de travaux d’utilité publique étaient entrepris ou achevés, entre autres
a colonne de Juillet et la colonne de Boulogne, i.’Arc de triomphe, la Madeleine, Notre-Dame de Lorette , Saint-Vincent de Paul, l’hôtel de ville de Paris, le palais du quai d’Orsay, les ponts Louis- Philippe et du Carrousel, l’hôpital Louis-Philippe ; les châteaux royaux étaient splendidement restaurés aux frais du roi; le palais de Versailles était converti en un magnifique musée historique consacré à toutes les gloires de la France (1837) ; Paris
était entouré de fortifications (1840-46), ainsi que Lyon et Grenoble ; la construction des grandes lignes de chemins de fer était décrétée (1842).
Un règne si prospère finit cependant par une grande catastrophe : depuis longtemps des réformes étaient réclamées dans le système électoral et parlementaire; plusieurs propositions avaient été faites à cet égard, mais toutes avaient été rejetées : de là un mécontentement et une agitation qui, àlafinde 1847 et au commencement de 1848, furent exaltés encore par les banquets de réformistes qu’avaient organisés et que présidaient les chefs de l’opposition. Un banquet annoncé à Paris pour le 22 février ayant été défendu, il s’ensuivit une collision; le roi, pour éviter l’effusion du sang, changea son ministère au lieu de résister , et forma un cabinet favorable à la réforme (23 février); puis, ces concessions ne suffisant plus, il abdiqua en faveur de son petit-fils le comte de Paris (24); mais cette abdication fut considérée comme non avenue : un gouvernement provisoire fut établi et la République proclamée. Obligé de fuir avec sa famille, Louis-Philippe retourna une dernière fois en Angleterre , où il prit le nom de comte de Neuilly ; il y mourut le 26 août 1850 , au château de Claremont, dans sa 77e année.
Louis-Philippe a été jugé très - diversement. Tous reconnaissent en lui une haute capacité; mais ses adversaires l’ont accusé, les uns d’avoir usurpé, en acceptant la couronne au détriment de l’héritier légitime, le duc de Bordeaux; les autres d’avoir manqué à son origine en comprimant l’esprit libéral et en refusant obstinément des réformes qui eussent été sans danger; d’avoir faussé le gouvernement constitutionnel en faisant prédominer sa volonté personnelle; d’avoir favorisé ou toléré la corruption politique; d’avoir voulu la paix à tout prix; la plupart l’accusaient de thésauriser, tandis qu’il contractait plus de trente millions de dettes dans un intérêt public. Ses amis repoussent toutes ces imputations comme autant d’indignes calomnies, et proclament Louis-Philippe un des plus sages rois qui aient régné sur la France. En attendant l’arrêt définitif de l’impartiale histoire, on doit reconnaître dès à présent que ce prince respecta constamment la Charte qu’il avait jurée ; qu’il réussit à rétablir l’ordre à l’intérieur, à maintenir la paix à l’extérieur, que la France a joui sous son règne de la liberté la plus étendue, de la prospérité la plus grande; qu’il encouragea de tout son pouvoir les lettres, les arts, l’industrie, enfin qu’il donna aux travaux publics une immense impulsion : aussi avait-il mérité d’être surnommé le Napoléon de la paix. En outre, il offrit sur le trône l’exemple des vertus privées, éleva ses fils dans des sentiments tout nationaux, et répandit sur les malheureux de toute opinion d’innombrables bienfaits, qdmirablement secondé en cela par la reine Amélie; enfin il se montra clément envers ses ennemis , et se refusa toujours à relever l’échafaud politique. — Néanmoins peu de princes ont été l’objet d’attentats aussi répétés : indépendamment des conspirations de toute espèce dirigées contre son trône, sa vie fut attaquée sept fois: une lre, le 19 nov. 1832, par une main qui resta incertaine , et depuis par Fieschi (28 juillet 1 835), Alibaud et Meunier (25 juin et 27 décembre 1836), Darmès(22 octobre 1 840) , Lecomte, Joseph Henri (16 avril et 29 juillet 1846). Le plus souvent il fit grâce de la vie à ses assassins.
Louis-Philippe eut un grand nombre d’enfants : 1° Ferdinand, duc d’Orléans, né en 1810, mort en 1842, marié à la princesse Hélène de Mecklembourg, dont il eut deux fils, Louis-Philippe, comte | de Paris, né en 1838 , et Ferdinand , duc de Char-